‹ Mémoires sur le PortugalChapitre 6 sur 7 · AUX THÉORIES NOUVELLES DES SAVANS · texte numérisé non relu

AUX THÉORIES NOUVELLES DES SAVANS

sur l'origine de l'univers , , la formation de la terre , ses revolutions , < l'état primitif des êtres divers qui l'habitent, etc. etc.

1 Volume ilî-18. Prix : i fr. 5o c. — Par la Poste : 2 fr. '

Chaque siècle a sa folie, ses théories plus ou moins absurdes, plus ou moins ridicules : mais , depuis plus de trois cents ans , une idée fixe occupe quelques têtes , embrasse quelques imaginations , dirige certains travaux. Cette pensée, c'est la destruction de toutes les croyances religieuses , c'est l'établissement d'une société athée , sans morale positive , sans lois établies sur les seules bases qui puissent assurer la tranquillité des états, le bonheur, des populations , la sécurité de tous. Pour parvenir au but que se sont proposés les ennemis de la Religion , ils ont d'abord attaqué les dogmes , affaibli autant qu'ils l'ont pu , la vénération pour les antiques vérités du Christianisme ; puis ils ont raillé sur les mystères , ils se sont servi de l'arme de la plaisanterie ; plus tard ils sont devenus érudits , et c'est avec leurs recherches dans les vieux livres et sur les anciens monumens qu'ils ont voulu détruire ce que Voltaire et les siens appelaient Y Infâme. Enfin ils ont embrassé avec joie les divers systèmes sur la formation de l'univers , alors qu'ils ont cru qu'ils pouvaient , par ce moyen , anéantir la religion : il parait qu'ils vont aujourd'hui chercher jusque dans la Lune , non comme Astolphe, la raison qu'ils ont perdue , mais de nouveaux moyens d'arracher des cœurs tout foi, tout espérance.

Chose étrange ! au 17me et au. 18me siècle les physiciens ou naturalistes étaient des hommes pieux qui voyaient partout la main créatrice , le cachet du Tout- Puissant. Newton , loin d'être enorgueilli de ses découvertes , s'humiliait devant l'Auteur de tout bien ; le grand Linnée, en classant , en inventoriant les richesses de la nature se plaisait à célébrer la Sagesse infinie ; Haller répondait victorieusement aux objections mesquines de Voltaire. De nos jours,, Cuvier lui-même n'a pas méconnu la cause de tout ce qui existe. Mais nos géologues vont plus loin que tous ces grands hommes ; ils ont observé quelques couches superposées à la surface du globe, et ils ont assigné à la formation de chacune un temps si long, une durée telle , que , en adoptant leurs idées , il faudrait renoncer à tout ce que nous apprend la Genèse , a ce qui est pour nous , catholiques, une vérité démontrée. 11 est vrai , que quelques savans, parmi lesquels il faut distinguer MM. de Luc et Buckland , ont voulu concilier les livres saints avec la géologie , et que leurs écrits ont ébranlé les mauvais systèmes et rassuré les imaginations alarmées. Mais leurs explications, d'après lesquelles Moïse , véritablement inspiré , aurait raconté d'une manière peu claire , ou trop brève du moins , l'origine de l'univers , peuventelles être toutes adoptées ? Faut-il voir dans VOEuvre des six jours les six formations ouïes Six époques des géologues ? c'est ce dont on peut encore douter, et c'est ce que M. V. de Bonald a vivement attaqué dans l'ouvrage que nous annonçons.

Hâtons-nous de dire que , digne en tout point du beau nom qu'il porte Fauteur n'a pas abordé le sujet immense qu'il traite en peu de pages , sans en avoir apprécié, sans en avoir connules difficultés ;il a étudié tous les systèmes, il les a comparés entre eux , et c'est après avoir reconnu la fausseté des uns, la faiblesse ou l'insuffisance des autres, qu'il n'a voulu chercher la vérité que dans la vérité môme , c'est-à-dire , dans les récits de la Genèse. Il

n'adopte donc pas les explications des géologues , bien intentionnés même, alors que , pour établir une sorte de concordance entre leurs découvertes et le texte sacré , ils créent des hypothèses , ils s'appuient sur des probabilités. M. V. de Bonald est vraiment chrétien ; il croit à ce qui a été révélé ; les aveux, les contradictions , les erreurs patentes et toujours renouvelées , sous diverses formes } par les savans de nos jours, lai fournissent des argumens puissans qu'il ne néglige point , qu'il rapporte avec exactitude, et qui peuvent servir à faire renaître la conviction de ceux qui auraient pu être ébranlés par le ton d'assurance avec lequel on procède en ce moment , et par la morgue pédantesque renouvelée de l'ancienne école , et qui n'est pas moins intolérante et persécutrice aujourd'hui.

On ne saurait trop recommander cet ouvrage à toutes les personnes qui veulent savoir en quoi consistent les questions géologiques dont on parle tant aujourd'hui. Les Ecclésiastiques trouveront là des réponses à la fois religieuses et . scientifiques à toutes les objections qui, par leur nature même sont incertaines , et qui peuvent être dangereuses. Les hommes instruits , mais peu adonnés à ces sortes de recherches , y verront la solution de leurs doutes ; et les ames pieuses et craintives y puiseront des consolations et des espérances , en s'assurant que l'erreur est toujours combattue , qu'une main invisible prolége la vérité, et que les fausses lumières du siècle ne prévaudront jamais contre elle. [Mémorial de Toulouse, n° sju]

Page 1