‹ Mémoires sur le second empire (volume 2)Chapitre 21 sur 100 · LA DISCUSSION 80R LA. REVISION DE LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

LA DISCUSSION 80R LA. REVISION DE LA CONSTITUTION

multiples que leur entraiaement pasaionné eccumalait sur leurs tdtes. Ils pouvaient exaspérer le Chef de l'Etal, le contraindre ainsi à sortir de sa patience, et voir éclater cetle crise, ce Coup d'État, qui, malgré leur forfaaterie, était leur constante inquiétude. Ils devaient, en outre, irriter les gens seasés, troubler le pays pacifique, et diminuer incessamment le nombre, si réduit d^à, de leurs adhérents, pour les rejeter dans les rangs des partisans de Louis-Napoléon. Dans cette voie des agressions systématiques, tout était donc préjudice pour leur cause, tout était profit pour celle du Chef de l'Ëtat.

A quoi donc servaient ces puissantes facultés des hommes les plus éminents de la France réunis en aréopage, si, à eux tous, ils ne réussissaient pas â pénétrer les réelles intentions du Prince auquel ils s'étudiaient à faire écheci Pourquoi ne parvenaient-ils donc pas à découvrir son plan de conduite, à deviner à l'avance ses résolutions, à comprendre la portéede ses actes, à riposter avec opiK)rtunité aux coups qu'il leur portait I Pourquoi, si puissants par l'esprit, par l'expérience, étaient-ils, dans toutes leurs rencontres, battus par leur ennemi, qui, seul, presque sans conseils, du fond de sa retraite de l'Elysée, se jouait de leurs menaces, se fortifiait de leurs fautes et se préparait à les frapper à son heure, s'il ne réussissait à les amener à ses volontés I Pourquoi cet frange contraste? Pourquoi les forts étaient-ils écrasés par celui qu'ils appelaient le faible? Parce que le faible avait avec lui la vérité, la raison, l'immense coopération du pays, un but précis, hau-

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tement avouable, le saint de la France sans secousse et sans désordre, et parce que les forts étaient, au contraire, sans cohésion, parce que l'obscurité pouvait seule prolonger leur compromis, parce que, si respectable que fût lenr dévouement à leur cause, le pays ne voyait en eux, ni le souci de son intérêt, ni le pouvoir d'assurer son repos.

Louis-Napoléon, à mesure que ae répétaient les attaques, bénéficiait de son imperturbable patience pour choisir sa riposte. Souvent, et par calcul, il la faisait attendre ; il tenait à laisser calmer les esprits au lendemain des perturbations parlementaires et mettait une sorte d'affectation à se laisser venger par l'opinion d'abord, avant de se venger lui-même ; puis au jour adroitement choisi, il frappait à son tour, et ses coups faisaient brèche. C'est ainsi qu'après avoir brisé le général Changamier, il avait patiemment laissé la Chambre entasser fautes sur violences ; il avait, sans murmures, laissé passer l'ordre du jour blessant du 6 janvier, le rejet de sa dotation, les sarcasmes, les injures dont on l'avait compendieuaement accompagné, le refus de coopérer i la formation d'un cabinet de conciliation, et jusqu'à ces mots qu'on promenait à la Chambre: « ni un jour, ni un écu, > bravade impolitique, quand on n'avait ni une majorité pour agir, ni le paya pour approuver.

Dans un discours prononcé à Dijon, et dont nous aurons à parler, le Prince-Président devait payer sa dette à ses adversaires, et, en même temps, les avertir de ce qu'il attendait de la Chambre dans la

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