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LA DISCUSSION SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTION

discussion, devenue imminente, de la demande de révision de la Cooslilution. Mats, avant de parler, et en vue surtout de cette solennelle discussion, il avait voulu constituer un ministère parlementaire qui fût de force à soutenir les chocs de la tribune. Le 10 avril 1851, il avait formé un nouveau cabinet, et, ne pouvant y faire ûgurer ceiix que M. Odilon Barrot appelait c les chefs du parti conservateur ■ , et qui n'étaient, au contraire, que les artisans de la coalition, il le composait de ses plus éminents amis, en faisant, toutefois, au parti de la méfiance, cette importante concession de donner à l'un de ses membres autorisés, M. Léon Faucher, le portefeuille le plus essentiel de tous dans un semblable moment, celui de l'intérieur. La présence de M. Léon Faucher, à l'intérieur, disait nettement que tant qu'il occuperait ce poste, lui, le parlementaire par excellence, aucune entreprise ne serait tentée contre l'Assemblée, aucun Coup d 'Élat ne serait à craindre. . Le cabinet du 10 avril était ainsi composé :

MM

Barochb, affaires étrangères.

RouHBR, justice.

Léon Faucher, intérieur.

Magne, travaux publics.

Le marquis de Chasseloup-Laubat, marine.

Le général Randon, guerre.

Pouto, finances.

Le marquis de Crouseiuies, instruction publique.

Buffet, commerce.

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Avant de reprendre ]a lutte, il était évident que la Chambre vonlait attendre les actes des nouveaux ministres, aussi repoussa-t-elle un ordre du jour de méflance présenté prématurément par les gauches. Elle ne désarmait pas, elle attendait.

Cependant le moment solennel était proche, où la Chambre devait atwrder le grand débat de la révision. L'article 111 de la Constitution en déterminait la date possible, on n'attendait que cette échéance constitutionnelle pour engager la lutte décisive sur ce terrain de la revision du pacte fondamental.

L'article 111 était ainsi conçu ;

c Lorsque, dans la dernière année d'une législature, l'Assemblée nationale aura émis le vœu que la Constitution soit modifiée en tout ou en partie, il sera procédé k cette révision de la manière suivante :

< Le vœu exprimé par l'Assemblée ne sera converti en résolution déûnitive qu'après trois délibérations consécutives, prises chacune à un mois d'intervalle et aux trois quarts des suffrages exprimés. Le nombre des votants devra être de cinq cents au moins.

■ L'Assemblée de revision ne sera nommée que pour trois mois. Elle ne devra s'occuper que de la revision pour laquelle elle aura été convoquée. Néanmoins, elle pourra, en cas d'urgence, pourvoir aux nécessités législatives. >

Si, dans le pays, cette disposition constilutionnelle n'était pas connue dans tous ses détails, on n'en ignorait point l'esprit, on savait qu'à partir

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