‹ Mémoires sur le système nerveux des mollusques acéphales lamellibranches ou bivalves ;Chapitre 2 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lorsqu'on entreprend de traiter une question relative à une classe entière du règne animal, on est sans doute encouragé par l’espoir de découvrir quelques parcelles de ce trésor inépuisable de vérités que récèle la nature organisée, et dont elle récompense par intervalles ses persévérants, ses plus zélés scrutateurs.

(1) Communiquée à l'Académie dans sa séance du 3 mai 1852. 1°

n DU SYSTÈME NERVEUX

Mais on éprouve aussi des instants de découragement, lorsqu'on s'aperçoit que toute question semblable s'agrandit et s'étend, à mesure que l'on cherche à l’approfondir, et que l’on prévoit la nécessité où l’on sera, par suite de la brièveté du temps et de la rapidité de la vie, de se résigner à la laisser incomplète, sans pouvoir parvenir à l’épuiser.

Ces réflexions me sont venues tout naturellement à l'occasion du Mémoire que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie pour la troisième fois.

Je ne compte pas un travail préliminaire sur l'animal de l’'Onguline couleur de laque, animal qui était resté inconnu jusqu'à ma Communication à l’Académie, du 8 novembre 1841.

Ce Mémoire fut immédiatement l’occasion de celui d'aujourd’hui, dont la première lecture (à l’Académie) est du 25 novembre 1844.

Je l'avais divisé en trois parties.

La première était relative à l’histoire de la science.

La seconde comprenait vingt Monographies, dont les descriptions étaient éclairées par quarante et une figures, distribuées dans neuf planches, et représentant les divers systèmes nerveux décrits dans ces Monographies.

La troisième partie se composait à la fois d’une description générale des divers arrangements du système nerveux dans cette classe, et de sa structure intime; l’une et l’autre résumées dans vingt-six paragraphes, qui ont été imprimés dans le compte rendu de cette séance (1).

(1) T. XIX , p. 1132-1137.

Ce Mémoire, qui avait été renvoyé, à ma demande (1), à Ta Section de zoologie et d'anatomie comparée, n'ayant pu être examiné en temps utile par cette section, me fut remis, par son honorable président, immédiatement après la séance du 9 décembre suivant.

Le 24 février 1845, j'eus l'honneur de l’adresser de nouveau à l’Académie, cette fois par: l'organe de M. le secrétaire perpétuel, avec une NOTE ADDITIONNELLE, qui fut imprimée dans le compte rendu de la même séance (2). J'ajoutai la prière à M. le président de vouloir bien nommer des commissaires pour l'examiner et en rendre compte à l’Académie (3).

Le temps ne leur ayant pas permis de faire immédiatement cet examen, ayant d’ailleurs moi-même l'intention de compléter, autant que possible, ce premier travail resté longtemps chez M. de Blainville, je priai M. le secrétaire perpétuel, l’un des commissaires, auquel M. de Blainville l'avait fait passer, de vouloir bien me le rendre.

Souvent détourné, par d’autres devoirs, de cette tâche que je m'étais imposée, ce n’est qu'après un intervalle de sept années, écoulées depuis ma dernière communication, que je viens, enfin, offrir à l’Académie le résultat de mes anciennes et récentes recherches sur ce sujet d'anatomie comparée des plus difficiles à étudier.

(x) Je n'étais alors que correspondant.

(2) T. XX , p. 482 à 484.

(3) Les commissaires désignés furent MM. de Blainville, Flourens, Milne-Edwards. On à omis d'imprimer leurs noms dans le compte rendu de la séance.

Je ne pouvais me dispenser de rappeler ces souvenirs personnels, pour constater, à plusieurs égards, mes droits de priorité sur des travaux postérieurs; ou du moins pour me justifier de revenir sur ce sujet, malgré plusieurs publications, dont l’une toute récente, que je ne connais que depuis quelques jours, a été faite en Allemagne par M. le docteur Keber. J'aurai soin d’ailleurs de parler en détail de ces dernières publications, dans la troisième partie historique de mon Mémoire.

La première ne comprendra encore que l’histoire de la science jusqu'à l'époque de ma communication du 25 novembre 1844.

La seconde sera un exposé succinet des résultats que renferment les Monographies que j'aurai l'honneur de remettre sur le bureau de l’Académie, en distinguant toutefois ceux obtenus déjà en 1841, puis en 1844, 1845 et 1846, de ceux

auxquels je suis parvenu plus récemment.

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