‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbres (volume 3)Chapitre 20 sur 129 · SUR LA BOUCHE DES ARACHNIDES, DES CRUSTACÉS ET DES ENTOMOSTRACÉS · texte numérisé non relu

SUR LA BOUCHE DES ARACHNIDES, DES CRUSTACÉS ET DES ENTOMOSTRACÉS

Lues à la première Classe de l’Institut, le 19 juin 1815.

Les animaux invertébrés et articulés QUE Linné a compris sous la dénomination d’insectes, se divisent naturellement en deux classes.

La première classe renferme les espèces qui, parvenues à l’état parfait, n’ont jamais que six pattes attachées aux trois premiers anneaux du corps. On peut leur donner le nom d'insectes Hexapodes.

Dans la seconde classe, les insectes parfaits ont toujours plus de six pattes. Je les désigne- rai par le nom d'insectes Æpiropodes (a), parce que leurs pattes sont souvent très-nombreuses,

(a) M. Mongez , membre de l'Institut, ma proposé celui d'Ayperhexapodes.

ho 2° MÉM. THÉORIE DE LA BOUCUE

et que d’ailleurs l’analyse semble les multiplier à l'infini. |

Les insectes Hexapodes sont tous les insectes aïilés auxquels on doit ajouter la Puce, le Pou, de Ricin, les Forbicines, les Podures (a). \

Les insectes Apiropodes sont les Entomostracés, les Crustacés, les Pycnogonum , Scorpions , Araignées et autres insectes sans antennes , les Scolopendres , les Iules.

On sait a quel point la nature a varié les parties dont elle a formé la bouche des Hexapodes. {1 n’y a aucune analogie apparente entre les mächoires dentées des Coléoptères , la langue spirale des Lépidoptères, le bec roide et articulé des Hémiptères, la trompe rétractile des Diptères, etc. La bouche des Apiropodes semble conserver dans sa composition plus d’uniformité. Néanmoins lanalyse démontre qu’elle subit des changemens bien autrement importans.

Pour le prouver, examinons d’abord celle des Hexapodes. |

S1 Je prends un Orthoptère, une Sauterelle, par exemple, je trouve que la bouche de cet insecte, abstraction faite de la langue et des au: tres dépendances du pharynx, est composée de quatre sortes d'organes superposés les uns aux

(&) On pourrait faire quelques objections relativement aux Forbicines et aux Podures.

. Lit

DES INSECTES APIROPODES, A

autres dans l’ordre suivant : 1°. la lèvre supérieure ou le labre, 2°.les deux mandibules, 3°. les deux mâchoires , 4°. la lèvre inférieure ou lèvre proprement dite, qui est plus ou moins fendue, et qu’on peut considérer comme formée par la réunion des deux secondes mächoires.

J’observe de plus que cette bouche occupe le devant d’une tête munie d’yeux composés, d’antennes , et attachée, par une articulation disüncte, à un thorax pourvu de trois paires de pattes.

Quei que soit linsecte Hexapode que j’examine ensuite, Lépidoptère, Diptère, Hémiptère , etc., je trouve toujours à sa bouche quatre sortes d'organes correspondans à ceux de l’Orthoptère, et disposés dans le même ordre. Il y a d’abord une première pièce pour la lèvre supérieure, et puis successivement deux pour les mandibules , deux pour les mâchoires, et une pour la lèvre inférieure. Ces diverses pièces sont portées par une tête toute semblable à celle de l'Orthopière, c’est-à-dire, munie des mêmes yeux composés , des mêmes antennes, et articulée de même au thorax qui porte les six pattes. Cette stabilité dans la disposition et les relations réciproques de tous les organes, prouve que les modifications qui caractérisent la bouche des diverses familles d'Hexapodes, quelque grandes qu'elles paraissent au premier aspect, ne por-

tent cependant que sur la.-forme et l’usage des parties, et nullement sur leur nature intime. Voilà

pourquoi j'ai avancé, dans mon premier Mé-

moire , que la bouche de tous les insectes à six

pattes et à deux antennes , quelle que füt sa

structure apparente , était essentiellement com-

posée des mêmes élémens.

Les Hexapodes, comme je viens de le faire

entendre, ont tous une tête articulée et parfai-

iement distincte du corps. Les Apiropodes, au contraire, ont la tête plus ou moins confondue, soit avec tout le corps, soit avec une portion du corps; souvent même on ne leur distingue ni antennes, ni tête. Aussi la même analyse appliquée successivement à la bouche des Hexapodes et à celle des Apiropodes, produit-elle des résultats absolument différens.

On découvre, en effet, que parmi les Apiropodes , quelques familles seules ont la bouche uniquement composée de parties comparables

aux mâchoires et lèvres des Hexapodes ; que - . Là , :

d’autres. familles ont ces parties accompagnées

de pièces auxiliaires qui n’ont point leurs analogues à la tête des Hexapodes, mais qui peuvent les retrouver, vu l’union intime de la tête des Apiropodes avec le tronc, au thorax et dans les pattes de ces mêmes Hexapodes. On découvre enfin que la bouche de beaucoup d’autres familles a perdu les élémens qui constituent

ES

DES INSECTES APIROPODES. 43

celle des Héxapodes , que les pièces ci-devant accessoires sont devenues tout à coup les pièces principales ; de sorte qu’on est conduit, malgré

soi, à cette conséquence, que, chez ces der-

niers Apiropodes , les organes qui servent à la manducation ne différent pas essentiellement de ceux qui, chez les premiers Apiropodes et chez les Hexapodes, servent à la locomotion.

Ce résultat singulier donne et peut seul donner le complément de la théorie générale de la bouche des insectes. C’est la certitude où je crois être de son exactitude, qui m’a permis d’annoncer , il y a quelque temps, cette théorie à la Classe (a). J’ose espérer qu’elle trouvera des preuves suffisantes pour la justifier dans les faits

suivans (1).

PREMIER FAIT. (Planche 1.)

L’Iule a une tête apparente, pourvue d’yeux composés , et garnie de deux antennes. Le chaperon tient lieu de lèvre supérieure. On observe audessous deux mandibules, deux premières mâchoires, deux secondes mâchoires soudées entre elles et avec les deux précédentes, les quatre màchoires se réunissant pour former la lèvre inférieure. On compte ensuite trois paires de pattes,

(&) Par une note remise à M. de Lamarck, le 19 octobre 1014, et communiquée à la Classe le 23 du même mois.

dont deux sont comme appliquées sur la bouche, les anneaux qui les portent étant fort courts. Ces trois premières paires de pattes sont, suivant Degcer, les seules que Flule apporte en naissant; observation qui, d'accord avec leur position, doit les faire considérer comme représentant les six pattes pectorales des Hexapodes. Viennent ensuite de nombreux anneaux , et autant de paires de pattes, car llule, malgré lV’opinion contraire, ne peut avoir, et n’a en effet qu’une paires de pattes à chaque anneau. Seulement les anneaux sont en général alternativement écailleux et membraneux, et les anneaux membraneux sont cachés sous les anneaux écailleux (2).

La bouche de l’Tule n’offre donc pas d’autres pièces que celle des Hexapodes ; ces pièces y sont même rapetissées , dénuées de palpes, sènées dans leurs mouvemens ; leur action ne peut être que lente et faible. Cependant les six pattes pectorales de lfule ne servent encore qu’à la locomotion comme celles des Hexapodes, quoiqu’elles soient suivies d’un grand nombre d’autres pattes qui ne se trouvent pas dans les premiers. .

SECOND FAIT. ( Planche 11.) |

k La Scolopendre présente de même que Fl’lule deux antennes, deux yeux composés, un vaste

(| re. ‘ ; Vi di OUR

DES INSECTES APIROPODES. 45

chaperon couvrant la bouche, deux mandibules, deux premières mâchoires, deux secondes màchoires fort petites, unies par leur base avec les précédentes, les quatre formant ensemble une lèvre inférieure (3). La bouche des Scolopendres est donc rigoureusement parlant la même que celle des lules, et l'affinité des deux genres aurait dû depuis long-temps le faire soupconner. Mais les Iules ont les pattes courtes, et les mouvemens lents. Les Scolopendres ont de longues pattes ; elles sont agiles, carnassières, destinées à se nourrir de proie vivante. Il est clair que la bouche des Tules ne pourrait convenir seule à de telles habitudes.

Après la lèvre inférieure je devrais trouver la première paire de pattes, puis la seconde, la troisième , etc. Au lieu de cela, j’observe une prémière lèvre inférieure auxiliaire, composée de deux longs palpes épineux et onguiculés; puis uneseconde lèvre inférieure auxiliaire, couvrant toute la bouche, surmontée de deux palpes robustes, armés chacun d’un ongle courbé, dur et très-aigu ; et enfin une paire de pattes qui n’est ici que là première, mais qui dans les Jules serait déja la troisième. |

Si j'examine avec soin l’insertion de ces di- Verses parties, je vois qu'aucune des dernières ne tient réellement à la tête, mais que les deux lèvres auxiliaires de la Scolopendre occupent

46 2° MÉM. THÉORIE DE LA BOUCHE exactement la place des deux premières paires de pattes des Tules..Je conclus qu’elles ne sont

qu’une modification de ces deux premières paires

de pattes.

Si je compare ensuite ces deux lèvres auxiliaires aux pattes qui leur succèdent, et mieux encore aux pattes antérieures des fules (a), je trouve des deux côtés une base mobile ou une hanche; les deux hanches réunies formant évidemment le corps de la lèvre ou le support commun des palpes; un premier article ou une cuisse, un second et un troisième articles ou une jambe (b); enfin un quatrième article avec son crochet ou

un tarse armé de son ongle. En un mot, la com-

posilion de part et d’autre est la même. Je conclus de nouveau que les lèvres auxiliaires de la Scolopendre ne sont qu’une transforwation assez mal déguisée de ses premières pattes. |

C’est avec les crochets des palpes de leurs lèvres auxiliaires que les Scolopendres saisissent, percent et tuent leur proie. Ces fonctions sont fort étrangères aux palpes des Hexapodes, qui, d’ailleurs n’ont jamais ni onglets, ni crochets (c);

(æ) Voyez planche 1, fig. 1 b,c, duta b,€., (8) La jambe des Apiropodes est généralement de deux

pièces , et non d’une seule comme celle des Hexapodes.

(c) Je connais une exception assez singulière , mais qui

est au fond plus apparente que réelle : l’ongle n’est qu'un

DES INSECTES APIROPODES. 47

elles s’accordentiparfaitement bien, au contraire, avec les attributions générales des paites antérieures des Apiropodes (a). Je conclus toujours que les lèvres inférieures auxiliaires des Scolopendres sont réellement leurs pattes antérieures.

Il paraît donc constant que les Scolopendres ne diffèrent essentiellement des Iules, que parce que les deux premières paires de pattes antérieures sont converties en lèvres auxiliaires, et que la troisième seule commence à servir à Ja marche. Après celle-ci on trouve, comme dans les lules, une longue suite d’anneaux tous portant des pattes. +

Ainsi nous avons déja découvert dans la bouche des Myriapodes des organes absolument étrangers a celle des Hexapodes, et ces organes, si semblables à deux lèvres inférieures, ne sont en réalité que deux paires de pattes. Cette puissance, que la nature possède de transformer les organes de la locomotion en organes de la manducation, peut facilement s'exercer sur les Apiropodes, dont la tête est plus ou moins confondue avec le corps , et dont les pattes sont toujours plus nombreuses que celles des Hexapodes.

poil plus gros que les autres, et qu’on fait tomber avec facilité.

(æ) Les pieds antérieurs de plusieurs vertébrés concourent aussi plus ou moins directement à l'acte de la manducation. |

TROISIÈME FAIT. ( Planthe 111.)

Le Crabe a la tête et le corps entièrement con fondus ; on lui trouve malgré cela deux grands yeux composés et quatre antennes. Sa bouche possède une lèvre supérieure, et une langue profondément bifide (a). Elle a de plus deux mandibules, deux premières machoires, et deux secondes mâchoires disiinctes lune de l’autre, ne formant point par conséquent de lèvre inférieure. Après ces secondes mâchoires , 1l n’y à pas encore de pattes proprement dites, mais om irouve une première paire de mâchoires auxiliaires, puis une seconde, puis une troisième plus grande que les autres, et qui les recouvre toutes. Leur disposition doit porter à penser que les six pattes antérieures des lules, c’est-à-dire, toutes les pattes des Hexapodes, sont ici transformées en mâchoires (b). Derrière la bouche on compte successivement cinq paires de grandes paites destinées à la locomotion, qui n’ont plus d’analogues chez les Hexapodes. Le corps est

(a) Cette langue a été décrite par M. Cuvier comme une paire de mâchoires (la sixième), et par Fabricius comme une lèvre inférieure, un /abium ; dénominatüon qui lui conviendrait assez, si elle n PP déjà aux secondes

mâchoires des Hexapodes.

(8) Foyez les tableaux placés à la suite de ce Mémoire, n° 1.

DES INSECTES APIROPODES. 49

terminé par une queue qui présente en dessous quelques paires d’appendices articulées , plus ou moins propres à la natation, et qu’on peut considérer comme des pattes caudales (a).

J'ai dit que la seule position des six dernières mâchoires des Crabes devait les faire regarder comme autant de pattes converties en màchoires. Ce sentiment est encore appuyé par d’importantes considérations.

1°. Les six mâchoires en question portent chacune à leur base extérieure une sorte de long palpe ou plutôt de cirrhe dorsal qui a la forme d’un fouet armé de sa courroie , et que je nommerai pour cette raison, cirrhe flagelliforme, en latin flagrum. Ces cirrhes, qui diffèrent beaucoup des palpes ordinaires , sont des organes absolument étrangers aux véritables mâchoires ; mais on retrouve des filets fort analogues aux pattes antérieures de plusieurs Entomostracés.

2°. Les mâchoires auxiliaires des Crabes sont

(a) La queue des Crustacés proprement dits (Malacostracés, Latr.) est essentiellement composée de sept anneaux , dont les six premiers portent chacun une paire de pattes. Les Crabes devraient donc tous avoir , outre leurs Pattes thoraciques, douze pattes caudales. Mais il avorte constamment une ou plusieurs paires de celles-ci dans certaines familles. Voyez ci-après la théorie des organes extérieurs des Crustacés à dix et à quatorze pattes.

Depuis la lecture de ce Mémoire, j'en ai communiqué les principales idées à M. Leach, savant naturaliste anglais, qui doit les adopter dans sa grande Histoire des Crustacés.

5o : 9° MÉM. THÉORIE DE LA BOUCHE

articulées comme les pattes proprement dites, et composées en général du même nombre d’articulations. Cette forme articulée les a fait regarder par beaucoup de naturalistes , moins comme des mächoires que comme des espèces de palpes.

Mais ces prétendus palpes sont presque toujours armés à leur bout d’aiguillons ou d’onglets. Les vrais palpes n’ont rien de semblable.

3°. Les cirrhes flagelliformes des mâchoires auxiliaires sont insérés à l’article qui dans les pattes prendrait le nom de hanche, et par cette insertion ils représentent exactement la division extérieure de ces pattes bifides (a) qui garnissent la queue de presque tous les Crustacés , et qui se montrent même au thorax des Squilles et des Mysis (b).

4°. On sait que les pattes des Crabe et ae autres Crustacés décapodes ont un caractère particulier, c’est de donner des points d'attache aux branle C'est même, je crois, une loi à peu près générale chez les Crustacés et les Entomostracés que leurs branchies soient attachées à leurs pattes proprement dites ou à leurs. pattes

(a) F’oyez planche 1x, fig. 2. 4

(b) Et à celui d’une espèce constituant un nouveau genre ( Pasiphæa ), plus voisin des Crabes que les Mysis et les Squilles : décrite par M. Risso comme un Alphée, sous le nom d’Z/pheus Sivado ; reçue et observée seulement depuis la lecture de ce Mémoire ; 7'OOMIRLERIAUES avec beaucoup d’autres par M. Cuvier.

DES INSECTES APIROPODES. Dry

vaudales (a). Les mâchoires auxiliaires des Crabes, au moins les quatres dernières, ont des branchies tout aussi bien que les pattes. Cette attribution n’est dans aucune espèce connue celle des véritables mâchoires.

5°. Enfin dans les Crabes allongés, les licrevisses, par exemple, les mâchoires auxiliaires commencent à s'éloigner de la bouche et à s’aligner avec les pattes, dont elles semblent continuer la série en avant. Les plus grandes en reprennent même jusqu’à un certain point la forme et les fonctions, si bien qu’elles ont été décrites autrefois comme de véritables pattes (b) (4).

On trouve donc dans la bouche du Crabe les élémens qui constituent la bouche de linsecte Hexapode : on y trouve de plus d’autres élémens auxquels on ne peut supposer d’analogie qu'avec les six pattes de ce même Hexapode. S'il reste quelque doute à ce sujet, le fait suivant complétera la démonstration: |

® QUATRIÈME FAIT. ( Planche 1r.)

La Crevette ( Gammarus ) a de même que le Crabe deux yeux composés, quatre antermes, une grosse lèvre supérieure, une langue profon-

(a) Quelquefois, comme dans les Cyames, les Aselles, les Bopyres , les Cymothoa , les branchies ne se distinguent plus des paîtes elles-mêmes.

(6) L’A4lpheus Sivado de M. Risso a réeJ'ement douze pattes thoraciques employées à la locomotion,

dément bifide, deux mandibules, deux premières mäâchoires, et deux secondes initie libres, ne foitant point ensemble une lèvre inférieure. En arrière de ces secondes mâchoires on ne trouve pas six mâchoires auxiliaires : il ÿ en a seulement deux soudées l’une à l’autre par la base, et imitant exactement une lèvre inférieure surmontée de ses deux palpes. Mais ces palpes sont armés de forts crochets (a). On compte ensuite, sous les anneaux dont le corps se compose, non dix pattes, mais quatorze, c’est-a-dire, quatre de plus que dans le Crabe, nombre parfaitement égal à celui des mâchoires auxiliaires que la Crevette a de moins, que lui. On ne peut donc se refuser à croire que les quatre dernières mächoires auxiliaires des Crabes et des Écrevisses sont redevenues dans la Crevette de véritables pattes. Quant aux deux premières, elles conservent Vapparence de mâchoires ou de lèvre inférieure, non-seulement dans la Crevette, mais dans tous les Crustacés à quatorze pattes qui me sont connus. Toutefois dans les Squilles et les Mysis ces fausses mâchoires ressemblent beaucoup aux autres pattes antérieures ; elles en exercent presque les fonctions, et plusieurs auteurs, même

FTP.

(a) Dans l’Z/pheus Sivado , les hanches des deux pinces de devant se réunissent en forme de lèvre. Cette singularité est d'autant plus remarquable qu’elle n’a lieu que dans un des sexes.

DES INSECTES APIROPODES. 53

parmi les modernes, ont décrit les Squilles comme des Crustacés à seize pattes (a) (5).

La vérité est que tous les Crustacés proprement dits ont seize pattes. Ils ne diffèrent entre eux que par le nombre de pattes qui se trouvent converties en mâchoires auxiliaires (bd). Il y en a six dans les Crabes et les autres Crustacés décapodes (c). Il y en a deux seulement dans les Cloportes, les Aselles, les Bopyres , les Crevettes, les Squilles et tous les autres Crustacés dits Branchiopodes (d); différence au reste d’un genre analogue à celle que nous avons déja observée entre les Scolopendres et les Tules.

Jé ne compte pas au nombre des membres constans des crustacés leurs nageoires ou pattes caudales. Ces pattes et la queue qui les soutient existent toutefois dans la Crevette, mais la nature ne tarde pas à les retrancher.

(&) Quand on enlève la tête de certains petits Crustacés, des Cymothoa, par exemple , les mâchoires auxiliaires restent attachées au premier anneau du corps.

(6) IL résulte de là que, pour connaître le nombre des mâchoires d’un Crustacé , 1l suffit de compter ses pattes. Consultez sur la bouche de ces animaux les auteurs les plus récens et les plus estimés , et vous verrez combien d'erreurs ce seul point de théorie aurait pu prévenir.

(c) Crustacés Cryptobranches de M. de Lamarck.

(Z) Crustacés Gymnobranches du même auteur, le genre Branchiopode et tous ceux de la troisième section non Compris,

54 2° MÉM. THÉORIE DE LA BOUCHE CINQUIÈME FAIT. ( Planche r.) :

Fabricius a mis dans le même genre les Pycnogonum qui n’ont point d'antennes, et les Cyames qui en ont quatre. C'est-une méprise sans doute, mais une méprise produite par les rapports réels qui se trouvent dans l’habitation, le genre de vie, et surtout la forine générale du corps de ces insectes parasites (a).

Si je comparais entre eux le Cyame, si voisin des Crevettes, et le Nymphon qui est de la famille des Pycnogonum, peut-être ferais-je voir comment la nature arrive à la bouche des Arachnides en quittant celle des Crustacés.

Le Cyame a une tête allongée, conique, pourvue de gros yeux composés, de quatre antennes, et d’une bouche formée des mêmes parties que celle de la Crevette , mais autrement disposées (b), et déjà si exiguës qu’elles ont échappé à la vue de labricius. Le corps est oblong, plat, divisé en sept anneaux séparés par de profondes incisions ; les côtés prolongés de ces anneaux donnent naissance à quatorze membres articulés,

que la variété de leur forme et du nombre de

(a) Les Pycnogonum. ne sont point parasites à la manière des Cyames. Il paraît qu’ils s’attaquent principalement aux coquillages bivalves. 7’oyez, pour les affinités des deux familles, la Zoologie danoise du célèbre Muller,

(b) Voyez les planches 1v et v, et leur explication.

DES INSECTES APIROPODES. 59

leurs articulations a fait distinguer en pattes proprement dites, et en fausses pattes. Fabricius a mème désigné comme des palpes les deux pattes antérieures. Ces quatorze pattes ne sont suivies d'aucune autre. Il n’y a point de queue. On trouve à sa place un petit inanelen abdôéminal qui porte l'anus.

Le Nymphon a la tête plus allongée que le Cyame, mais celte tête est un simple tube un peu conique, dépourvu d’yeux composés, d’antennes , et dont la bouche terminale laisse à peine entrevoir quelques vestiges de lèvre et de mächoires. Les yeux du Nymphon sont trèspelits , lisses et groupés près de la tête sur le dos. Ce qu’il y a de singulier, c’est qu’on trouve aussi deux petits yeux lisses au Cyame. Ce sont même les seuls que les naturalistes aient aperçus(6). Le corps du Nymphon est allongé, plat, et profondément découpé comme celui du Cyame. H porte de même quatorze membres ou parties articulées, qui toutes pourraient prendre le nom de pattes ou de fausses pattes. Les deux premières sont courtes, de trois articles seulement, et terminées en pince, Fabricius les considère comme des palpes, et M. Latreille comme des mandibules, à cause de leur ressemblance avec les mandibules des Faucheurs. Le moyen toutefois de trouver quelque analogie entre la position ou les fonctions de ces deux petites pinces, et

celles des vraies mandibules ? Les secondes pattes sont presque aussi courtes que les premières, formées de cinq articulations comme les palpes

des Faucheurs, et terminées de même par un

petit ongle. Fabricius et M. Latreille les pren-

nent tous deux pour des palpes. Les troisièmes

sont encore assez courtes, grêles, multi-articulées à leur bout; elles n'existent que dans les femelles (a), et sont destinées à porter les œufs. M. Latreille les appelle simplement de fausses pattes. Les huit dernières sont fort longues ; elles imitent assez bien les huit pattes des Faucheurs. Le corps, de même que celui du Cyame, n’a pas de queue; il se termine brusquement par un petit abdomen. |

Il est évident que le Nymphon a perdu les

antennes , les yeux composés , et les organes

masticatoires du Cyame; mais il paraît également certain qu'il en a conservé les quatorze pattes: Cependant les quatre antérieures sont déjà tellement modifiées dans leur forme , qu’elles ont recu les noms de mandibules et de palpes. Il neresteainsique dix pattes au Nymphon femelle. La même soustraction n’en conserve que huit au Nymphon mâle. Quand on. considère les changemens qui s’opèrent à l'extérieur dans les genres qui conduisent des Crabes aux Phalangium, on

(1) Cette observation est due à M. Latreille.

DES INSECTES APIROPODES. 57

croirait que la nature en retranchant aux Crustacés leurs organes antérieurs , et remplaçant leur queue par un abdomen, les convertit en

Arachnides (a) (7).

SIXIÈME FAIT. (Planche vi.)

Le Phalangium ou Faucheur n’a n1 antennes, ni yeux composés , ni aucune sorte de tête distincte. Ses yeux sont lisses et groupés sur le dos. On ne lui voit pas même de pharynx, mais on observe à sa place une sorte de langue dure et pointue, et aux deux côtés deux trous imperceptibles pour le passage des alimens; organisation singulière (b), dont nous n’avons pas encore vu d'exemple chez les autres Apiropodes, et qui semble indiquer une subversion totale dans le système de la manducation. Aussi les mandibules et les palpes du Phalangium ne sont-ils que des

(a) Les organes antérieurs et articulés du Crabe, retranchés dans l’Arachnide , sont , 1°. les antennes; 2°. les mandibules ; 3°. les premières et les secondes mâchoires ; 4°. les premières mâchoires auxiliaires ; 5°. les pinces ou premières pattes du thorax. Il est assez singulier que les mâchoires auxiliaires du Crabe , moins la première ‘paire, fassent les mandibules et les mâchoires de l’Arachnide , et que les pattes thoraciques du même, moins la première paire, fassent également les pattes ambulatoires de cette même Arachnide.

(b) Ce double pharynx paraît propre aux Arachnides. On trouve à peine quelque chose de comparable ailleurs.

58 2° MÉM. TITÉORIÉ DE LA BOUCHE parties correspondantes à ces pattes de devant, auxquelles on a donné les mêmes noms dans le Nymphon.

Le Phalangium a donc deux mandibules com posées de trois articles, le second et le troisième faisant la pince, et deux mâchoires portant chacune un palpe de cinq articles, le dernier armé d’un ongle. On lui trouve ensuite, comme chacun sait, quatre paires de longues pattes.

En examinant les palpes des Faucheurs et des

autres Arachnides , et les comparant aux pattes

proprement dites, on a bientôt des preuves mul-

tipliées qu'ils ne doit eux-mêmes que des pattes

antérieures plus ou moins déguisées.

Premièrement, leurs premier et second articles

représentent la cuisse, les troisième et quatrième

la jambe, le dernier et son ongle le tarse des autres pattes des Arachnides ; la mâchoire ellemême en est la hanche ou le support. Ces rapprochemens sont si bien fondés, que, dans les Phalangium, les quatre longues pattes antérieures qui servent à la marche aussi bien que les quatre postérieures, ont néanmoins leur première pièce,

ou leur hanche, convertie en mâchoire surnu-

méraire. En effet, le Phalangium a six imâchoires, dont deux seulement portent des palpes, et quatre autres de véritables pattes. Le Scorpion offre une conformation analogue. Mais dans la plupart des familles, les hanches des pattes anté-

DES INSECTES APIROPODES. 59

rieures ne diffèrent point de celles des pattes postérieures. |

Secondement, tantôt les palpes sont simplement onguiculés comme chéz les Faucheurs et les Araignées, tantôt terminés en tenailles comme chez les Scorpions et les Pinces : formes que je chercherais vainement dans les palpes des Hexapodes, mais qui se retrouvent avec toutes leurs variétés dans les pattes antérieures des Crabes,. des Squilles, des Crevettes, etc. (a); qui se retrouvent même dans celles de certains Hexapodes, notamment des Nèpes ou Scorpions aquatiques dont les pattes antérieures ont été prises par Geoffroy, avec plus de raison qu’on ne la pensé jusqu'ici, pour des antennes ou des palpes

(a) Les entomologistes ont examiné avec assez de négligence les membres des Apiropodes, des Crustacés particulièrement. Après avoir observé que les jambes des Crabes étaient formées de deux articles , et leur tarse d’un seul , ils ont supposé une organisation particulière et mverse de la précédente pour les deux pattes de devant, prenant la pince qui termine chaque bras pour le tarse, tandis que celui-ci ne constitue que le pouce de cette pince. Dans les Crevettes, la pince , lorsqu'elle existe , est formée par les deux articles de la jambe : le tarse n'est pas toujours supprimé pour cela ; on le retrouve souvent au bout de ces singulières pinces dont le pouce est alors armé d’un crochet mobile. Foyez la planche 1v de ce Mémoire, et son explication.

analogues à ceux des Pinces et des Scorpions (a).

Troisièmement, comme les serres des Crustacés et les pattes ravisseuses de beaucoup d’Hexapodes , ils ont pour usage de saisir et d’arrèter la proie; aussi plusieurs auteurs les ont désignés sous le nom de bras. Ils posent souvent à terre, et ne paraissent pas absolument étrangers à la marche. Il y a même des genres, tels que les Solpuges, où les palpes et les deux pieds antérieurs se ressemblent tellement, qu’on peut dire avec une égale raison , des uns et des autres, qu’ils sont des palpes et qu’ils sont des pattes (b).

Je pourrais faire voir des rapports entre les palpes des Arachnides et les pattes proprement dites de beaucoup d’Apiropodes , jusque dans les fonctions les plus accessoires. Par exemple, les parties du sexe mâle des Araignées et des Crabes sont doubles ; celles des Crabes sont aux dernières pattes thoraciques, ou aux premières pattes caudales ; celles des Araïgnées à leurs deux palpes. Dans les femelles, les pattes

(a) Le crochet terminal des pattes antérieures des Nëpes, Ranûâtres, Naucores, etc., est formé de la jambe et du tarse réunis. Geoffroy compare ces pattes aux pinces de l'Ecrevise; et M. Latreïlle, dans son Histoire dés Naucores , aux serres de l’Araignée.

(8) D’après les belles expériences de M. Lepeletier , les palpes des Araignées se régénèrent aussi bien que leurs pattes. ;

DES INSECTES APIROPODES. 6t

ont une autre fonction; c’est de porter les œufs, après la sortie de lovaire, jusqu’à ce que les petits soient éclos. Les Crabes les gardent attachés à leurs nâgeoires ou pattes caudales ; les Nymphons à leurs pattes antérieures, etc. On voit de même des Araignées femelles se priver de nourriture pendant plusieurs semaines, parce qu'elles portent leurs œufs accrochés à leurs mandibules, et soutenus par leurs palpes (a).

Les mandibules des Arachnides différent plus des pattes proprement dites, que les palpes ; mais les traits d’analogie qu’elles conservent avec ces derniers, prouvent bien que leur origine est commune. La plupart sont composées de deux articles, c'est-à-dire, d’une cuisse et d’une jambe ; elles sont presque toujours armées d’un onglet mobile et très-aigu : souvent aussi elles ont la forme de pinces. Elles ne sont point convergentes ; elles sont rapprochées et dirigées parallèlement en avant. Elles ne servent point à broyer la proie, mais à la saisir, à la percer et a la tenir fixée contre les mächoires : celles-ci la pressent alternativement et en expriment les sucs qui passent ainsi dans les pharynx. Les crochets mandibulaires des Araignées et des Sol-

(a) Je renvoie le lecteur à l'Histoire des Aranéides, par M. Walckenaer : il y trouvera une foule d'observations aussi neuves que curieuses,

puges ne sont pas réputés moins venimeux que

ceux des palpes inférieurs des Scolopendres. En

un mot, les mandibules des Arachnides ne sont au fond que deux palpes antérieurs plus gros, et surtout plus courts que les palpes posté-

rieurs (a) (86).

Il me paraît donc certain que les Arachnides

ne possèdent ni vraies mandibules, n1 vraies

mächoires. Comme elles sont aussi privées de

labre proprement dit, d’yeux composés et d’an-

tennes, elles manquent des parties les plus appa-

rentes de la tête des Hexapodes. On peut dire de la plupart des Crustacés, qu'ils ont la tête confondue avec le corps, et des Arachnides, qu’elles n’ont pas même de tête (9). !

Ainsi, à ne considérer que les organes exté-

rieurs de la nutrition et du mouvement, on

pourrait en quelque sorte définir les Arachnides des Crustacés sans tête, à douze pattes, dont les deux premières paires sont converties en man dibules et en mâchoires. |

Dans ce sens, toutes les Arachnides ont deux imandibules et deux mächoires. La nature se contente de les modifier à peu près comme elle le fait chez les Hexapodes. Je prouverai ailleurs que les deux lames du suçoir des Ixodes, des

Argas, etc. sont deux mandibules tout -à-fait

(a) Ils sont quelquefois plus longs.

FT. Frs

DES INSECTES APIROPODES. 65

comparables à celles des Scorpions et des Miies (a). Ces lancettes cornées et acérées, avec lesquelles les Arachnides parasites entament si

profondément la peau des autres animaux, se + trouvent donc, en dernière analyse, de vérita-

bles pattes; transformation qu’on peut à peine concevoir , et qui cependant me parait incontestable.

SEPTIÈME FAIT. ( Planche Fri.)

Un Apus, de la classe des Entomostracés, vu en dessous, montre deux antennes, une lèvre supérieure , une langue profondément bifide , deux mandibules, deux premières mâchoires, et deux secondes mâchoires ne formant point, par leur réunion , une lèvre inférieure. Il offre ensuile environ soixante paires de pattes natatoires portant toutes une branchie à leur base externe, ct ayant à leur base interne un feuillet cilié, qui les fait ressembler à autant de mâchoires auxihaires. La première paire se termine par plusieurs longs cirrhes articulés, assez semblables aux cirrhes flagelliformes des Crabes, et que

quelques-uns ont pris pour des antennes.

L’Apus aurait donc une bouche entièrement conformée comme celle du Crabe, si ses trois

(æ) C'est un fait que j’ai déjà annoncé, Cette famille est portée sur le tableau n° 3.

premières paires de pattes étaient converties plus

décidément en mâchoires auxiliaires, ou seule-

ment si les suivantes ressemblaient davantage à

de simples pattes. La présence des antennes fait aussitôt supposer celle des autres parties de la tête, et annonce que la bouche de PApus ne

doit rien avoir de commun avec celle des Ara-

chnides.

Passons à un autre Entomostracé qui, par une négligence assez singulière, se trouve aujourd’hui placé dans la même famille que lApus.

HUITIÈME ET DERNIER FAIT. ( Planche vr11.)

Le Limule, considéré en dessous, ne laisse pas voir d'antennes. On doït déjà penser que les vraies mandibules sont également supprimées (a). On n’aperçoit, en effet, que deux pelites pinces de trois articles chacune, que M. Cuvier nomme des palpes, M. Latreille, des mandibules , et qui sont en tout semblables aux mandibules des Nyÿmphons et des Phalangium.

Après ces fausses mandibules, au lieu des deux mächoires et des huit pattes que l’on observe dans les Arachnides, on trouve dix pattes qui sont par leur base autant de mâächoires, ou,

re

(a) L'absence des antennes ne prouve pas celle des mandibules et des mâchoires, mais elle donne le droit de le soupconner.

… SRE

DES INSECTES APIROPODES. 65 si l'on veut, dix mâächoires, qui sont, par leur extrémité, autant de pattes; c’est-à-dire, qu'il n’y a pour la locomotion que les organes même qui servent à la mastication. Ces dix pattes, terminées par des pinces semblables à celles des mandibules , sont disposées comme des rayons autour de la bouche , qui est en même temps inférieure et centrale. Nous avons déja vu dans les Faucheurs les pattes ambulatoires transformées en mâchoires par leur base, mais c'étaient seulement les quatre pattes antérieures. Îc1 elles le sont toutes. Je ne parle pas des pattes caudales qui sont soudées par paires et changées en larges feuillets pour couvrir les branchies. |

La bouche du Limule n’a qu’un pharynx; il s'ouvre sous la hanche commune, qui porte les deux petites pinces , et qui imite parfaitement une lèvre supérieure. L’œsophage se dirige en avant, car l’estomac du Limule est, comme celui du Crabe, situé vers le bord antérienr du test. Deux appendices dentées et cornées ferment la bouche postérieurement : on peut les regarder comme deux hanches dont les pattes sont sup- primées.

De lApus au Limule, la distance est presque

aussi grande, l’opposition aussi marquée, que

du Crabe au Phalangium. Nous devons donc

aussi supposer beaucoup de nuances intermé- - . f

diaires entre ces deux genres : on les trouvera certainement, en examinant avec Soin les autres Entomostracés, tels que les Caliges, les Binocles, etci(a). LUCE

Il me serait facile de multiplier les se tions. Je me contenterai d'assurer que celles que je pourrais ajouter aux précédentes conduiraient au même résultat (b). Au reste, je ne dissimulerai pas que quelques genres assez importans, ont jusqu’à ce jour échappé à mes recherches ; mais ces genres sont composés d’espèces tr bancs ou irès-rares, et qui manquent aux collections que J'ai été à portée d'examiner.

Je crois avoir prouvé que, chez les insectes que je nomme Æpiropodes, les organes de la locomotion aident et quelquefois même remplacent complétement les organes spéciaux de la manducation. Mais la proposition inverse ne peut être établie, et si l'on est conduit par mille exemples à penser que les pattes font souvent l'office de mandibules et de mâchoires, l’on n’en a aucun qui porte à croire que les mandibules et les mächoires fassent jamais l'office de pattes(e) (10).

(a) T'oyez le tableau n° 3.

(ë) Les preuves que fournit l'inspection des parties extérieures peuvent être fortifiées par de puissantes et * nombreuses considérations anatomiques , comme nous le verrons en son lieu.

(c) C’est une idée que les rapports d'organisation qui

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Le résultat de ce Mémoire est que les Apiropodes à deux et à quatre antennes sont les seuls dont la bouche soit pourvue des organes spécialement destinés à la mastication, c’est-àdire , de mandibules et de mâchoires comparables à celles des Hexapodes; que souvent même l’action: de ces organes spéciaux est fortifiée par celle de quelques organes auxiliaires formés aux dépens des pattes antérieures ; enfin, que ces mêmes organes auxiliaires sont les seuls qu’on retrouve chez tous les Apiropodes sans antennes; de sorte que la bouche de ces derniers, à quelque degré qu’elle simule celle des insectes Hexapodes, ne possède cependant que de fausses mandibules, de fausses mâchoires et de faux

palpes (11),

existent entre les diverses parties articulées des insectes pourraient facilement suggérer.

LE

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