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» comme formée de quatre mâchoires réunies sur un » seul plan : peut-être cependant serait-il possible qu’il » n'y en eût qu’une paire, mais bifide, et à divisions » intérieures très-rapprochées l’une de l’autre ». Rapport. Sans doute l'existence d’une seule paire de mâchoires est possible, mais les lois de l’analogie paraissent écarter cetle supposition. |
(x) « La plupart des genres démembrés de celui des » Écrevisses ont à leur bouche cinq ou six paires d’or- » ganes qui, se mouvant latéralement dans un plan » horizontal, doivent passer pour des mâchoires. . .. Ces » mâchoires sont toutes articulées sous le fhorax , en » avant des pieds dont elles semblent continuer la sé- » rie. ...... Dans les écrévisses à longue queue, la » maächoire extérieure est prismatique , forte, et les » divisions de son palpe terminal étant presque aussi » grosses qué son corps, l’ensemble représente plutôt » un pied que tout autre chose, et a souvent été décrit » comme un vrai pied par les anciens naturalistes ». Cuv. Anatom. comp. , tom. 5, pag. 302—504.
(3) « Les Mantes de mer {Squilla. Fabr. ) ont leurs » deux premières mächoires extrèmement grêles et allon- » gées, en forme de pied , et terminées par une articu- » lation dilatée, arrondie, et par un crochet mobile. » Elles font réellement l'office de pieds et non de mài- » choires. Cuv. loc, cit., pag. 305. |
« Les organes de la bouche des Crustacés, dont nous » venons d'offrir une courte exposition, subissent en » partie , et respectivement , les mêmes changemens que » la forme du corps. Nous avons considéré les parties
» d'un Brachyure et celles d’un Macroure; mais ces mo- » difications sont bien plus surprenantes, lorsqu'on passe » d’un Crabe à la Squille Mante. Les pièces désignées » par Olivier , sous la dénomination d’antennules ou de
» palpes, se sont ici converties en des sortes de pattes où
» de bras... . Les dénominations de bras, appliquées par » Baster, Degeer, à la plus extérieure de ces pièces, ont
» donc un assez bon fondement ». Latr., Hist. des
Crust. et des Ins., tom. 5, pag. bo, 51. Je supprime des détails où l’auteur compare toutes les pattes on-
guiculées de la Squille Mante aux pièces M Lou
des autres Crustacés.
(6) « On n'avait encore aperçu que les deux petits » yeux lisses des Cyames, et M. S., en découvrant » les yeux ordinaires ou composés, nous montre un » fait dont nous n'avions pas encore d'exemple parmi » les Crustacés, et qui indique un nouveau rapproche-
» ment des Cyames avec les Arachnides sans antennes ».
Rapport.
(7) « Frappé de la ressemblance générale du corps » qu'ont les Nymphons avec les Cyames, M. S. pré- » same que les premiers font le passage des Crustacés » aux Arachnides sans antennes. Le suçoir , en forme de » tube conique et avancé qui termine antérieurement le » corps, pourrait être comparé à une tête de Crustacé » dont on aurait retranché le bout... LA
» Othon Fabricius remarque dans sa Faune du Groen- » land que les Pycnogonum, genre très-voisin de celui
» des Nymphons, ont plus d’affinités avec les Crustacés
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»qu'avec les Faucheurs où Linnæus les fait entrer. » Mais les Pycnogonum , de même que les Nymphons, » m'ont point de branchies extérieures, du moins sen- » sibles , caractère qui distingue exclusivement les Crus- » tacés des Arachnides branchifères. M. Latreille avait « soupçonné qu'ils pourraient respirer par le moyen » d’un article tubulaire qui termine l’extrémité posté- » rieure du corps; quelques larves d'insectes sont dans » ce cas. Il a donné à M. S. un Pycnogonum pour »en faire l’anatomie. Cet observateur croit y avoir » aperçu quelques vaisseaux se rendant aux pattes; mais » il n’a pu découvrir aucune ouverture extérieure cor- » respondante. L’œsophage occupe entièrement la cavité » de la trompe ou du premier segment, qui n’offre au- » cune division, et dont l’extrémité est percée d’un trou » formant une espèce d'étoile à trois branches. Cette » trompe n’a point d’analogie avec le suçoir des Ara- » chnides palpistes, et M. S., d’après ces observations, » est persuadé que c’est une tête (a). | » À ces faits, nous ajouterons, 1°. que les mâles des » Nymphons n’ont point de pattes ovifères; 2°. que dans » le genre Phoxichile, les palpes manquent ; 3°. que dans » celui des Pycnogonum il n’y a ni palpes ni mandibu- » les. Les femelles, dans ces trois genres, ont deux pattes » de plus, quoique plus petites, et à chacune desquelles » les œufs sont attachés et rassemblés en pelotte. Si on » place ces animaux entre les Crustacés et les Arach-
(a) Le mauvais état de l’individu n’a pas permis de tenter d’autres recherches.
7 2° MÉM. THÉORIE DE LA BOUCHE » nides palpistes, on aura une série continue d’Apiro- » podes dont les femelles portent les œufs , caractère
pd habitude exclusivement propre aux Crustacés, aux » Aranéides et aux Pycnogonides. ;
» Malgré les rapprochemens ingénieux que présente » M. S., et ceux qu’un de vos Commissaires avait » également faits, il reste encore des doutes sur la place » des Pycnogonides , et nous sommes forcés d’attendre » que dés observations anatomiques la déterminent ». | Rapp.
I n’est pas nécessaire à mon sujet de chercher à fixer la place que la famille des Pycnogonum doit occuper dans un système général. Que ce soient les Arachnides qui succèdent immédiatement aux Crustacés; que ce soient les Myriapodes, peu importe. Ces deux séries d'animaux ont avec les Crustacés une affinité incontestable, et le plus ou le moins est une chose fort difficile à déterminer. Ce qui est aisé à décider, c’est la divergence des affinités en question , divergence telle , que les Crustacés, les Arachnides et les Myriapodes (a) ne peuvent être placés na-. turellement sur uñe seule ligne. Il est donc permis de. mettre la dernière série de côté, et d'examiner simplement comment s'unissent les deux autres. |
La question se réduit à savoir quelle est, dans la classe des Arachnides, là famille la plus voisine 3e. Crustacés. Or c’est un point qui peut certainement se résoudre sans le secours de l’anätomie et par la seule
(a) On pourrait considérer les Myriapodes comme des Arachnides pourvus d’une tête et d’un nombre de pattes indéfini, sans aucun abdomen. + ARS 4
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inspection des organes extérieurs. Les Crustacés ont une tête, et parmi les Arachnides , les Pycnogonum sont les seuls qui aient aussi nne tête. Les Crustacés n’ont point, à proprement parler , d’abdomen , et les Pycnogonum se distinguent des autres Arachnides par la lon-. gueur de leur thorax et l’extrème petitesse de leur abdomen. Les Crustacés ont plus de huit pattes, et, abstraction faite des palpes et des mandibules, les Pycnogonum sont encore les seules Arachnides qui aient plus de huit pattes. Ils en ont même quatorze, si nous y comprenons les palpes et les mandibules , c’est-à-dire, qu'ils en offrent autant que la plupart des Crustacés en -montrent à leur thorax. Si nous considérons plus particulièrement les mandibules et les palpes, nous jugeons que la famille des Pycnogonum est celle où ces organes différent le moins, soit par leur position, soit par leur usage , des pattes ordinaires. Leur insertion est très- éloignée de l’ouverture du pharynx qui se trouve souvent hors de leur portée; elle se fait non à la tête on au segment avancé qui sert de têle, mais immédiatement au thorax. Les palpes ne sont attachés à aucune sorte de mächoires. Et que penser de la suppression quelquefois totale de ces organes? En effet, si les Nymphons ont des palpes et des mandibules., les Phoxichiles n’ont . que des mandibules, et les Pycnogonum proprement - dits w’ont ni mandibules ni palpes. Ces faits curieux ont été observés par M, Latreille. Ils Pont été par moimème sur des individus de Ja collection de M. -La- treille. Cependant les trois genres dont il s’agit recherchent les mêmes alimens; ils ont des habitudes également carnassières, Ceci prouve, sans réplique , que les parties
‘ , ï auxquelles on a donné les noms de palpes et de man-* dibules chez les Nymphons , n’ont aucun emploi nécessaire dans la manducation ; que la bouche a son existence propre et indépendante de celle de ces parties 3 qu’elle est essentiellement composée d’autres organes, et « ce point est tellement décisif, qu’il sufhirait, pour mettre \ en doute si les Pycnogonum rangés jusqu'ici parmi les Arachnides, ne seraient pas placés plus convenablement dans la classe des Crustacés. |
L'absence ou la présence des branchies extérieures est un fait sans importance pour la solution de la question, puisque, d’une part, le défaut de branchies extérieures est un caractère commun à toutes les Arachnides, et que, d’un autre côté, l'existence de ces mêmes branchies est dissimulée et assez équivoque dans beaucoup de Crustacés. | |
Pouvais-je mettre en parallèle un Nymphon et un Cyame ou tout autre Crustacé à quatorze pattes, assimiler la tête à la tête, la bouche à la bouche , les premiers membres articulés aux premières pattes, les seconds aux secondes , etc. , avec la certitude de ne : comparer les uns aux autres qué des organes analogues ? C’est un point que le rapport n’a pas complétement décidé, et que la discussion dans laquelle je viens d'entrer contribuera peut-être à éclaircir.
(8) « Nous pouvons appuyer le sentiment de M. S. » par la remarque suivante : la seconde lèvre auxi- » liaire des Scolopendres est armée de deux crochets »au moyen desquels ces Apiropodes saisissent leur » proie, la percent et distillent dans la blessure une