‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbres (volume 3)Chapitre 3 sur 129 · DES HÉMIPTÈRES ET DES APTÈRES SUCEURS · texte numérisé non relu

DES HÉMIPTÈRES ET DES APTÈRES SUCEURS

Lues à la première classe de l’Institut , le 16 octobre 1814.

Le fait le plus digne d'attention que présentent les métamorphoses des insectes, est le changement qui s'opère quelquefois dans les organes de la nutrition de ces petits animaux, et, par une conséquence nécessaire, dans leurs goûts naturels. Tel qui, dans l’état de larve, se nourrissait de substances liquides, ne vit plus dans Pétat parfait que de matiéres solides ; tel recherchait une proie morte, qui poursuit une proie vivante; tel était carnassier, qui devient herbivore. Les uns quittent la fange des eaux sta-

NY ” LR Ld ni 24 RE te d'u:

gnantes pour venir sucer le sang des animaux; d’autres passent des cadavres infects des animaux sur les plantes aromatiques ou sur les fleurs.

Les Papillons ont toujours été cités comme un exemple frappant de ce singulier phénomène. Leur nourriture, qui était d’abord solide, ne peut plus être que fluide. On sait, en effet, que les Chenilles attaquent des substances végétales souvent très-dures, telles que le bois ou l’écorcedes arbres, les feuilles, etc. ; que quelquesunes même rongent des substances animales , et en particulier des tégumens desséchés, des plumes, de la laine, tandis que les mêmes insectes, passés à l’état parfait, ne peuvent plus vivre que des sucs les plus subtiles des végétaux. C’est que la Chenille est pourvue de mâchoires tranchantes et solides, et que le Papillon auquel elle donne naissance fait usage d’une trompe faible et déliée, propre seulement à s’insinuer entre les étamines ou les pétales des fleurs, et à en sucer le nectar. Ce changement particulier aux Lépidop-. ières a frappé d’admirätion les anciens observateurs , et il n’a paru aux observateurs de nos jours ni moins admirable , n1 surtout moins complet. « Les Lépidoptères et les Diptères, dit » un entomologiste célèbre, sont les seuls in- » sectes dont l'organisation masticatoire soitabso- » lument différente dans le premier et le der-

DSI . .

DES INSECTÉS HEXAlODES.

» nier âge dé l'animal ». L'illustre auteur de Anatomie comparée va plus loin encore : « De » toutes les larves, dit-il, ce sont celles des » Lépidoptères ou les Chenilles qui différent le » plus de leurs insectes à l’égard de la bouche ; » et ce qu’il y a de plus singulier, c’est que leur » appareil oral est construit sur le plan des in- » sectes à maächoires, quoiqu’on n’en retrouvé » aucune trace dans les Papillons. »

Ces témoignages sont positifs ; cependant j'ose les révoquer en doute. L’apparence est prise ici pour la réalité. Les Papillons ont, de même que leurs Chenilles, de même que les Coléoptères , les Névroptères et tous les insectes broyeurs, deux lèvres, une supérieure, une inférieure, deux mandibules et deux mâchoires. Ce fait, quelque opposé qu’il soit aux idées reçues ; n’en est pas moins certain. Ces parties occupent même leur place ordinaire. Il est vrai qu’elles sont tellement rapetissées, ou tellement modifiées dans leur forme et dans leurs proportions relatives, qu’il n’est pas étonnant qu’elles aient été méconnues par d’excellens observateurs.

Les dessins que j'ai l’honneur de mettre sous les yeux de la Classe pourront en donner une idée précise. On voit d’abord que la lèvre supérieure doit être très-petite et très-peu apparente : elle est mince, membranceuse, quelquefois demtcirculaire , mais le plus souvent allongée en

pointe, appliquée contre la base de la trompe, et reçue dans sa suture moyenne de manière à fermer exactement le léger écartement qui se trouve entre ses deux filets. Les mandibules sont d’une exiguité proportionnée à celle de la lèvre supérieure. Dans la plupart des espèces, elles paraissent à la loupe beaucoup moins grandes

que les écailles qui couvrent le chaperon : elles

sont appuyées sur les deux côtés de la trompe, et trop écartées pour pouvoir se toucher par leur sommet. Leur mouvement est assez obscur, et dans certains genres, comme dans les Sphinx, elles paraissent plutôt soudées au chaperon aw’articulées ; d’autres fois elle font corps avec la base de la lèvre supérieure : elles sont d’ailleurs cornées, très-lisses dessus et dessous, vides au dedans , tantôt aplaties, tantôt renflées, plus ou moins coniques; divergentes, parallèles ou convergentes; pointues ou obtuses, suivant les genres, mais dans tous bordées de cils trèsépais sur leur tranchant intérieur (a).

Quelque différentes que ces parties puissent paraître des mandibules ordinaires , 1l est impossible de leur en refuser le nom. Serait-ce à cause de leur consistance ? j'ai déjà dit qu’elles étaient cornées, et quoique creuses en dedans, elles sont plus solides que les mandibules de cer-

(a) Voyez les planches 7, 11 el ar.

DES INSECTES HEXAPODES. 5

tains Coléoptères. Serait-ce à cause de leur configuration? la forme conique qu’elles affectent est celle de toutes les mandibules ; elles ont une pointe et une base distinctes; et si elles portent à leur bord interne des cils très-nombreux, les mandibules de la plupart des Hyÿménoptères et des Coléoptères sont également ciliées. Serait-ce à cause de leur peu de mobilité ? mais si elles sont quelquefois soudées, elles sont aussi quelquefois articulées et sensiblement mobiles. Serait-ce enfin à cause de leur extrême petitesse? les Éphémères et les Friganes ont des mandibules plus petites et plus imparfaites encore, et cependant personne ne doute que ces insectes ne doivent être placés parmi les insectes à mächoires..

Si nous passons aux mächoires proprement dites, nous verrons qu’elles ne sont pas moins reconnaissables. Leur tige est fixée à la tête et à Ja lèvre inférieure ; mais leur lame terminale est libre, grèle, souvent très-longue, flexible, fistuleuse, arrondie en dehors, sillonnée en dedans d’ane gouttière dont les bords sont imperceptiblement crénelés, et qui, s’adaptant exactement avec la gouttière de la lame correspondante, forme ainsi un cylindre creux. Ce sont ces deux lames réunies qui composent la trompe ou la langue des Papillons. Cette trompe est finement striée en travers, et garnie d’aspérités vers le bout : elle peut, au moyen de ses fibres annulaires ,

s’'allongser, se raccourcir, ou se replier sur elle+ même. Tout le monde un que l’insecte la tient roulée en spirale pendant le repos.

Quand on a séparé les deux lames de la trompe, et qu’on a détaché avec soin une des mächoires, ‘onest surpris de sa ressemblance avec les mächoires de certains Hyménoptères. On l’est de même quand, sans la détacher,onl’examinesut la bouche de quelques Bombix, dont les mâchoires sont trèspetites, mais libres naturellement. Ce qui rend la ressemblance encore plus frappante, c’est que cet organe porte toujours un palpe, et que ce palpe est inséré précisément au même point que sur les mâchoires des autres insectes. On avait remarqué depuis longtemps que plusieurs Lépidoptères possédaient, outre les palpes ordinaires, deux autres petits palpes. Fabricius avait fait, de ces Lépidoptères à quatre palpes, son génre Tinea auquel il a ensuite ajouté ses genres Phycis et Crambus. M. Latreille les a tous réunis, dans sa famille des Crambites ; toutefois on n’a fait encore aucune attention ni à la forme, ni a la véritable insertion de ces petits palpes. Je puis maintenant assurer que tous les Lépidoptères, sans en excepter les Sphinx et les Papillons, ont quatre palpes, deux palpes maxillaires et décie palpes labiaux. Les palpes maxillaires sont composés, tantôt de deux, tantôt de trois articles. Ils sont de deux articles. très-courts dans

DES INSECTES HEXAPODES, hr

les Papillons, les Hespéries, les Phalènes, les Noctuelles, les Pyrales, les Ptérophores, un peu plus longs dans les Sésies et les Zygènes; de trois artis cles , et très-apparens, dans les Botys, les Galléries, les Crambus, les Alucites, etc. (a). La forme et la longueur proportionnelle de ces articles changent suivant les genres, et peuvent aider à les distinguer. Un fait à remarquer, c’est que, lorsque les palpes maxillaires sont de deux articles, la trompe est toujours nue ou simplement pubescente ; et que, lorsqu'ils sont de trois articles , la trompe est toujours couverte d’écailles. Ces deux points d’organisation , qui s’indiquent mutuellement , peuvent servir à former, dans les Lépidoptères nocturnes, une bonne division. è |

Je dirai peu de choses de la lèvre inférieure : elle consiste en une simple plaque triangulaire, ordinairement écailleuse, unie par une membrane aux deux tiges des mâchoires, et suyportant à sa base les deux palpes que tout le monde connaît. Je me contenterai d'observer que ces palpes, composés communément de trois articles, le sont quelquefois de deux seulement, comme dans les Zeuzères et les Zysènes des auteurs. Au reste, la forme et la proportion de

(a) Je fais usage de la nomenclature employée par M. Latreille, comme de celle qui est le plus généralement adoptée,

‘ces articles varient à l’infini ; elles sont très-faciles à reconnaitre lorsqu'on a enlevé les écailles des palpes, et elles fournissent d’excellens caractères (a).

Lh y Le:

On pense bien qu’une analyse un peu exacte

de la bouche des différens genres de Lépidoptères n’est pas sans quelques difficultés ; mais ce n’est que par une attention minutieuse et par des soins assidus , qu’on peut acquérir une idée juste de la vraie nature et des vrais rapports des êtres. Malgré les travaux récens d’un de nos meilleurs entomologistes, il règne encore un peu d'incertitude et de confusion dans Ja classi-

fication des Lépidoptères. Lorsqu'on les aura tous

examinés sous le nouveau point de vue que je propose, et qu'aux caractères tirés de la bouche et des antennes on réunira, comme Je lai fait, ceux que fournissent les nervures des ailes et

les ongles de ces insectes, les genres seront sans

doute aussi certains et aussi distincts dans cet

ordre que dans aucun autre.

Je ne m’arrêterai point à faire lexposilion de

(a) Les figures jointes à ce Mémoire, et leur explication, ne peuvent donner qu’une idée très-imparfaite de l'extrême variété des palpes labiaux chez les Lépidoptères. J'ai dû retrancher de ce premier écrit des détails trop étrangers à l'objet que je m'y propose : jy reviendrai plus tard. |

DES INSECTES HEXAPODES. 9

ces genres : on les trouvera pour la plupart dans l’histoire des insectes de la Syrie et de l'Egypte (a). On verra que jai fait des eflorts pour donner à la théorie des organes extérieurs des insectes plus d'unité et de simplicité. Les considérations que je viens d’exposer exigeront peut-être que l’on tente quelque réformedans l’ancienne rédaction des caractères. Il suffira, pour juger du degré d’importance de ces réformes, de nous arrêter un instant au caractere de l’ordre.

Caractère des Lépidoptières suivant M. de La-

marck (b) :

Point de mandibules...... Un suçoir de deux pièces , dépourvu de gaïne, imitant une trompe tubuleuse et roulée en spirale dans l’inaction.

Caractère des Lépidoptères suivant M. ja-

treille (c) :

Point de mandibules , de mdbhoires , ni de lévres… Une langue filiforme roulée en spirale.

(a) Et dans la suite de ces Mémoires.

(2) Système des animaux sans vertèbres. (Paris, 1802), pag. 201, 279. — Extrait du cours de Zoologie sur les animaux sans vertèbres. (Paris, 1812), page 60. — Dans ce dernier ouvrage , l’auteur n'indique point d’une mamère positive l’absence des mandibules.

(c) Considérations générales sur l’ordre naturel des amimaux composant les classes des Crustacés, des Aracarides et des Insectes. (Paris, 1810), page 137. |

1O © 1* MËM. THÉORIE DE LA BOUCHE Je ne sais pas trop ce qui pourrait empêcher qu’on substituât à ces caractères le suivant, qui est plus précis à certains égards : We:

Bouche pourvue de lèvres, de mandibules, et de méchoires ; quatre palpes, dont deux maxillaires et deux insérés au bas de la lèvre inférieure. Mandibules très-petites, écartées, peu ou point mobiles, impropres à la mastication. Mächoires intimement unies

à leur base avec la lèvre inférieure, pro-

longées, canaliculées, formant communé- w

ment, par la jonction de leurs lames, une trompe tubuleuse roulée en spirale et. cachée entre les palpes.

Quelque jugement que l’on porte de ce nouveau caractère que j'ai un peu étendu à dessein (a), je consentirais volontiers à en retrancher ces mots : bouche pourvue de lèvres, de mandibules et de mächoires. On peut très-bien, comme l'a fait judicieusement M. de Lamarck , diviser

Ja classe des insectes en insectes broyeurs et en. insectes-szceurs ; mais je ne pense pas qu’on.

puisse tirer le caractère de ces divisions, de la présence ou de labsence des mandibules. Je suis convaincu que, lorsqu'on aura mieux examiné la bouche des insectes proprement dits, c’est-àdire, à six pattes et à deux antennes, on trou-

(a) J'en donnerai ailleurs la véritable rédaction.

DES INSECTES HEXAPODES. 1

vera que, quelque forme qu’elle affecte, elle est toujours essentiellement composée des mêmes élémens (1). Et quelle prodigieuse variété n’observe-t-on pas aussi dans la structure des ailes et des antennes? Cependant, quel que soit Paspect de ces parties, qui oserait les méconnaître ? On sait que l'organe est le même : l’usage seul est modifié ou changé. Voila le plan constant de la nature. Ainsi je crois pouvoir assurer dès à présent que la bouche des Diptéres est formée des mêmes parties que celle des Hyménopières (2). Mais pour démontrer cette propositon , 1l faudrait commencer par exposer l’organisation de la bouche des Hyménoptères qui, malgré les descriptions dont elle a été lobjet, me parait encore imparfaitement connue. On verrait d’abord qu’on s’est trompé sur un point très-essentiel , la place où s'ouvre le pharynx que plusieurs ont placé mal à propos sous la lèvre inférieure. Voici ce que je lis à ce sujet dans un ouvrage justement célèbre. «Les Hymé- » noptères qui sucent le nectar des fleurs sont » reconnaissables au prolongement de leurs mà- » choires et de leur lèvre inférieure, qui sont » souvent beaucoup plus longues que la tête, » et qui forment une sorte de irompe......

» Dans ces trompes allongées , c’est la lèvre infe- » rieure ou la langue, qui forme le vrai vbe » suceur. Élle s'ouvre longitudinalement en «es-

» sous....... Même dans ceux où la langue ne » se prolonge pas en trompe, elle s’ouvre tou- » Jours en dessous, et c’est là un caractère propre » aux Hyménoptères; d’où il résulte que leurs » mandibules leur servent peu pour se nour- » rir.. Ce qu’elles auraient mâché trait diffici- » lement trouver le dessous de la langue pour » être avalé; mais celle-ci pompe une nourri- » ture liquide, ou déjà très-divisée, comme le » pollen, etc. etc. ». Je ne doute pas que lillustre auteur auquel j'emprunte ces paroles n’eüût changé de sentiment , si, dans un ouvrage aussi étendu que le sien, 1l eüt pu donner une attention suffisante à la foule des détails. Toutefois il paraît certain que le pharynx des Hyménoptères n'est pas situé sous la lèvre inférieure, mais au-dessus, comme chez les autres insectes. Ce pharynx est, à la vérité, non-seulement caché par la lèvre supérieure, mais encore exactement recouvert par un organe particulier que Réaumur a déja décrit. C’est une sorte d’appendice membraneux qui est reçu entre les deux branches des mâchoires. Cette partie ayant pour base le bord supérieur du pharynx, peut prendre le nom d’épipharynx ou d’épiglosse. Dans quelques genres, notamment dans les Eucères, le bord inférieur de ce même pharynx donne naissance à unautre appendice plus solide que le précédent, et qui s’emboîte avec lui. Je donnerai à ce der-

DES INSECTES HEXAÏÇ:ES, 15 nier le nom de /angue où &’Aypopharynx. Voilà donc la bouche des Hyÿménoptères composée de quatre organes impaires , sans y comprendre la ganache ou le menton (a); savoir : la lèvre supérieure, l'épipharynx, l'hypopharynx, et la lèvre inférieure, et de deux organes paires, les mandibules et les mâchoires. Les mêmes organes se retrouvent tous, soit séparément , soit simultanément , dans la bouche des Diptères. La lèvre inférieure existe presque toujours ; elle constitue la trompe proprement dite. Les mâchoires existent de même presque toujours : ce sont elles qui portent les palpes, de sorte que les Diptères ont deux palpes maxillaires, et n’ont point de palpes labiaux (b). Quand les mâchoires semblent disparaitre, comme dans les Mouches proprement dites, c’est qu’elles se confondent avec la lèvre inférieure. Les mandibules ne s’observent que dans quelques genres : elles sont, par exemple , très-visibles dans les Taons, où elles ont la forme de deux lames trèsdéliées. L’hypopharynx et l’épipharynx sont la soie, ou les deux soies intermédiaires. La lèvre

(a) Les Hyménoptères n'ont point de z7entum proprement dit; c'est même là un des principaux caractères de cet ordre. Je renvoie, pour les preuves, aux Mémoires suivans.

(5) On en trouvera peut-être dans certaines espèces,

1/4 1® MÉM. PHÉORIE DE LA BOUCIE supérieure est une soie ou écaille plus large, qui couvre les autres (a). La même identité de composition se fait remarquer dans la bouche des Hémiptères et celle des Orthoptères. Touslesauteurs ont écrit que le bec des premiers contenait un suçoir formé par trois soies. Le fait n’est pas exact; le suçoir des Hémiptères se compose toujours de quatre soies bien distinctes, c’esta-dire, de deux mandibules et de deux mûs< choires. Ces quatre pièces sont cornées, ren-— flées à la base, comprimées et armées de cils où de dents très - aiguës , lorsque les espèces sont carnassières. Le demi-fourreau membhraneux qui les recouvre, est une vraie lèvre supérieure, et la gaîne articulée dans laquelle elles sont reçues, une lèvre inférieure souvent garnie de ses palpes. Entre les màächoires se trouve une petite production du pharynx, comparable à la langue charnue des Blattes, des Sauterelles, etc. (b). En un mot, les Hémipières, quoique essentiellement suceurs, sont pourvus de tous les organes que possèdent les insectes le plus éminemment broyeurs. Les Aptères eux-mêmes sont soumis à cette règle générale (c), ou, s’il est

(a) Voyez planche 1v, fig. 1.

(b) Planche 1v, fig. 2 et 3.

(c) Consultez les tableaux mis après les notes, pag. 26 et 27.

DES INSECTES HEXAPODES. 15

quelques genres qui semblent s’y soustraire, ces anomalies apparentes trouvent toujours une ex plication facile. En voilà assez sur un sujet dont J'ai cru pouvoir dire un mot, parce qu'il appuie en quelque sorte mes observations précédentes (3). Je le traiterai avec les développemens nécessaires , dans les Mémoires que je lirai plus tard à la Classe. Je désire porter auparavant son attention sur d’autres objets.

Qu'il me soit permis, le jour où je parais pour la première fois devant la Classe, de solliciter sa bienveillance : ce n’est pas sans avoir hésité que Jentreprends ces lectures. J’ai pa souvent me tromper. La vérité échappe à de bien plus habiles, et je sens que, dans les sciences, la conviclion est toujours combattue par la crainte de l'illusion. Jai une autre inquiétude également fondée : je pourrai présenter comme nouveaux des faits qui ne le seront point. Il est facile d’observer la nature : il est difficile ; dans un temps où les sciences sont si généralement cultivées, de suivre les travaux des observateurs. Je me suis encouragé, en pensant que les hommes les plus instruiis étaient aussi les plus indulgens , et que leurs conseils pourraient faire acquérir a mes recherches le degré de précision et d’intérêt dont elles sont susceptibles.

mm

Es

Page 1