‹ Mémoires sur les animaux sans vertèbres (volume 3)Chapitre 57 sur 129 · LL · texte numérisé non relu

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DES ASCIDIES COMPOSÉES. » 27 stomus , parce qu'il avait observé à la surface de ce corps des cellules proéminentes , pourvues chacune de deux oscules ou petites bouches. En supposant le fait exact, un des deux oscules ne pouvait que servir d’anus; mais deux ouvertures parfaitement semblables , et couronnées également de six rayons, ne répondaient-elles en effet qu'a un seul animal? °

Cette question est aujourd’hui résolue: J'ai observé, dans la collection de M. Cuvier, deux espèces d’Alcyons gélatineux, qui méritent, aussi

bien que le précédent, le surnom d’ascidioides,

parce que leurs petits animaux ont, de même que les Ascidies, deux ouvertures tubuleuses ,. semblables pour la forme , quoique leurs relations soient très-diflérentes, puisque l’une conduit à la bouche, et l’autre à l’anus. L’examen de l’organisation intérieur de ces Alcyons à deux oscules n'a prouvé qu’elle ne différait point de celle des Alcyons précédemment déerits. Il est donc démontré par l’analogie, que les espèces d’Alcyons pourvues de six tentacules simples, quel que soit le nombre des oscules apparens, en ont toujours deux à chacune de leurs cellules. La position et la forme de ces ouvertures, lorsqu’elles sont également visibles, et qu’elles surmontent des cellules elles-mêmes proéminentes, donnent aux Alcyons gélatineux laspect général des ascidies, Il paraît certain que les rapports de

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ces animaux entre eux ne se bornent pas à cette apparence extérieure, et que leur añalogie s'étend très-loin. M. Cuvier, en examinant avec moi les dessins relatifs à mon premier Mémoire, a cru y voir une organisation rapprochée de celle des Ascidies de sa quatrième division. La comparaison que nous avons faite aussitôt de ces dessins | et de ceux qu’il avait lui-même exécutés pour Panatomie des Ascidies, a confirmé ce soupçon (a). J'ai donc dirigé mon attention de ce côté; et après avoir comparé de nouveau sur la nature les Ascidies et les divers genres d’Alcyons gélati neux, scrupuleusement organe par organe, Je me suis convaincu qu'il manquait peu de chose à leur parfaite ressemblance, et que l’analogie se soutenait dans presque tous les points.

Ainsi le ventricule thoracique des Alcyons répond au sac ou ventricule branchial des Ascidies. Son entrée est garnie des mêmes filets; sa siructure présente de même des vaisseaux longitudinaux, se croisant à angles droits avec des vaisseaux transverses, qui tiennent par un bout à une veine, et par lautre vraisemblablement à deux artères pulmonaires : on doit donc penser qu'il sert aussi à larespiration. Ce qu’il y adesingulier,

(a) Le 17 février 1815. Ce résultat, que sa parfaite évidence rendait intéressant, était connu huit jours après de tous les zoologistes de la capitale.

c’est la quantité d’animalcules dont ce ventricule respiratoire est souvent rempli et gonflé. Un fait non moins remarquable , est la grosseur et la solidité que ces vaisseaux , si fins dans les Ascidies, prennent dans quelques Alcyons. On en aura une idée quand on saura que le réseau , presque cartilagineux , que j'ai trouvé chez certaines espèces, et dont j'ai donné ci-devant une description détaillée , n’est autre chose que le tissu vasculaire de leur sac branchial.

L'ouverture, couronnée de six tentacules, par laquelle l’eau et les alimens s’'introduisent dans la cavité du thorax, ne peut être comparée qu’à lorifice branchial des Ascidies , lequel est aussi quelquefois marqué de six plis. D’après ce principe, la véritable bouche du Polype serait, comme dans l’Ascidie, non lorifice qui reçoit les alimens du dehors , mais la petite ouverture qui les transmet immédiatement au tubeintestinal.Néanmoins , comme cette ouverture, située au fond du sac branchial (a), n’a point delèvres, on pour-

(a) La bouche des Ascidies et des animaux que je leur compare est placée vers l'extrémité inférieure de la veine branchiale , à sa droite, et fait face au dos ou aux deux artères. Sa position , relativement à la cavité, est tantôt plus haute, tantôt plus basse : on peut dire qu’elle n’est jamais au-dessus de son milieu, mais qu’elle est très-rarement à son extrême fond, surtout dans les Ascidies ordinaires ; .

30 9e MÉMOIRE. SUITE

rait lui appliquer le nom de pharynx, et laisser celui de bouche à l’orifice extérieur, dont les tentacules ou rayons charnus représentent en effet les tentacules des Polypes proprement dits,

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