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La première , que nous cyroDs avec toute Jrançhise , sans nous enquérir qui elle peut choquer, c'est que lorsque l'on a fait à l'espèce humaine un certain degré de mal , on n'a plus la faculté ni le droit de lui faire du bien. Bonaparte était un homme d'un génie immense ; il était plus propre que personne à dominer un peuple enthousiaste alors de la gloire militaire , et auquel le bruit et l'orgueil de la victoire disaient oublier par intervalles les jouissances de la liberté. Mais Bonaparte, fils de la république, avait conspiré sa ruine. Pour l'effectuer , il avait dû travailler sans relâche à la destruction , non-seulement des formes républicaines auxquelles la nation n'était point attachée, mais des principes qu'elle avait proclamés en 1789 et dont elle n'avait cessé de vouloir l'application, au milieu de^ crimes de la terreur^ sous l'Ineptie, tantôt pusillanime et tantôt persécutrice du gouvernement directorial, et au sein des pompes éblouissantes des conquêtes impériales.
En déclarant la guerre à ces principes, Bo-* naparte avait en quelque sorte jeté le gant a toute la France. En ne permettant à aucune supériorité morale de s'élever sans avoir pris ses ordres et s'être assouplie à son système,
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il s^était mis en lutte avec toutes les supériorités qui se sentaiait dignes d'être indépendantes. En noiïs reportant par ses entreprises^ gigantesques aux temps des Sésostris ou des Alexandre, il avait armé contre lui tous lea intérêts pacifiques, créés par le commerce et par Kndustrie, ces deux grands leviers des siècles modernes.
Renversé en i8i4, bien moins par les roia coalisés que par Tinaction d'un peuple qui s'était mis à part de son gouvernement, parce qu'il était étranger à ses vœux, à ses spéculations, à ses habitudes, Bonaparte, en se retirant à l'île d'Elbe , avait laissé derrière lui ces fôcheux souvenirs. Les fêiutes de la restauration les avaient eSacés durant son absence ;^ mais à son retour ils se réveillèrent et mirent à rétablissement de toute constitution sur la^ quelle auraient flotté ses drapeaux d'invincibles obstacles.
Ce fut donc une erreur dans leé amis de la liberté, qui, voulant mettre un terme à sa dictature , s'unirent à lui pour fonder un gouvernement constitutionnel ; ce fut une erreur de croire que la confiance nationale l'environnerait de nouveau.
Cette erreur, je l'ai partagée, on Terra dans
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le coiira de cet ouTragp quela forent odes motife et quelles réflexions me décidèrent.
Mais )e caressais U9e chimère que rien ne pouvait réaliser : un peuple tolè|re ce qui est établi^ même quand ce qui est établi le blesse ; mais pour relever ce qui est renversé, il fautl'ac^ sentiment populaire; quand il est perdu, rien n^est k espérer.
La vérité que nous éncNaçons ici renfenne pour les hommes puitsans une leçoii qu'il serait peu sage de repouliser* Jamais circonstances plus impérieuse» ne s€Hppi>laient devoir. rallier une nation autour dd Tbomne qui était à sa tête : Kpeoacée par d'innombrables armées , elle ne pouvait espéra son salut que de la victoire, ft le premier capitaine de l'Europe, ceiui qiii avait disposé de la victoire durant douze an^ nées, s^o0rait pour guider contre l'ennemi ses {Auftlang^s guerrières. Q était évident pofur tout esprit juste qu'abandoamer Bonaparte au mi<* Ueu de rorage, c'était livrer le territoire à l'in^ vasîon étrangère. Les conséquences de cette invasion a'étaicliit (dos calculables. L'espèce de modération qui arvait caraetérisé la conduite des souverains maîtres de notre sol , en i8i4 y tenait à des causes qui n'existaient plus* Ces souverains si souvent terrassés au moment
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même où l'espoîr du succès les eiDiyf ait ^ s'étaient façonnés à l'obéissance. Accoutumés à subir la loi d'un vainqueur qu'ils n'avaient plus' d'une ibis désarmé qu'en lui prodiguant leurs trésors , en lui cédant leurs provinces et en briguant son alliance, ils se sentaient pour ainsi dire en révolte en se soulevant contre lui. De là les déclarations rassurantes y les séduisantes promesses qui. avaient accompagné leur première entrée en France. Ils jouissaient avec une modestie tremblante d'un bonheur inespéré, et la crainte se cachait sous les appa« ^ renées de la magnanimité.
Il en était autrement en i8i5 : l'inviolabilité du sol français n'avait plus son prestige, l'expérience l'avait dissipé; l'étraûger revenait avec le sentiment d'une vengeance mal assouvie et d'une avidité plutôt irritée que satisfaite j il était donc de l'intérêt de tous , même de ceux qui haïssaient Bonaparte , de le secourir : dans ses efforts contre l'étranger, sauf à s'en délivrer ensuite.
Néanmoins,. toutes ces considérations furent méconnues. Bonaparte parut à la majorité de la nation l'ennemi véritable ; les Prussiens et les Russes semblaient moins: redoutables que lui. Ce fut contre lui que les Chambres dirigé-