I. — Étuile des Rudiments
Si nous observons une coupe transversale prise sur un anneau jeune et dont les produits génitaux ne sont pas encore développés , nous remarquons, tout d’abord, la grande prédominance des fibres musculaires longitudinales qui occupent la plus grande partie de la coupe (PL VI fig. 5 en fml). Ces fibres sont groupées en petits faisceaux séparés par les tissus ; les couches musculaires circulaires sont peu épaisses , la zone centrale (id. zc) est peu étendue.
Le tissu interposé aux faisceaux musculaires longitudinaux, étudié à l’aide de forts grossissements, se montre comme un réseau très fin, très serré, qui contient de nombreux éléments fusiformes ou arrondis, nucléés, manifestement rattachés au réticulum. La zone intermédiaire, en continuité parfaite avec la précédente , nous offre une structure histologique identique, à cela près que les éléments cellulaires , y sont plus abondants. Les corpuscules calcaires, peu nombreux chez le Leuckartia , se trouvent aussi représentés dans cette zone. La zone intermédiaire passe sans transition à la zone souscuticulaire, nous avons indiqué sommairement la nature des éléments qui la forment. Nous n’étudierons pas ces différentes parties en détail à propos du Leuckartia ; chaque organe et chaque tissu devant être étudié plus spécialement chez le type qui les laisse voir avec le plus de facilité.
lia zone centrale elles éléments qui y prennent naissance, vont spécialement nous occuper. Cette zone est très réduite dans l’anneau jeune, si on la compare à ce qu’elle devient dans l’anneau adulte. (Pl. VI cf fig. 5 et 6). Elle offre une différence bien tranchée avec le tissu qui s’étend de la couche musculaire
circulaire à la cuticule par les éléments qui la forment. Ces éléments sont généralement arrondis, ils se colorent fortement par les réactifs et présentent, en un mot, tous les caractères des cellules en voie de multiplication. Entre ces cellules, courent dans le sens de la hauteur de l’anneau, des fibres qui vont se continuer en haut et en bas avec les éléments interposés aux muscles longitudinaux. Elles marquent ainsi, de la façon la plus complète, l’unité de tout le tissu du Cestode, depuis la cuticule jusqu’à la zone centrale. Les éléments cellulaires de la zone centrale appartiennent aux ramifications de ces fibres et se rattachent par leurs prolongements au réticulum qu’elles forment. Ce sont, si l’on veut, les noyaux de ce tissu réticulé, qui reprennent leur caractère cellulaire.
Les cellules delà zone centrale, sontd’abord uniformément répandues ; elles deviennent plus nombreuses dans la partie médiane, puis', les points de prolifération se délimitent. C’est surtout vers l’une des extrémités du grand diamètre, à Vun des bords latéraux , et vers le centre , que la multiplication cellulaire est plus intense.
Plus tard, deux courants de cellules embryonnaires partent du point de prolifération centrale et vont rejoindre le rudiment latéral ; ils sont dus aussi à la prolifération des éléments de la zone centrale. Ces traînées et amas cellulaires se voient avec la plus grande netteté, sur la coupe d’anneaux d’un certain âge, grâce au tassement des éléments qui les forment, et à la faveur de la coloration intense qu’ils prennent sous l’influence des réactifs. En même temps, les parties de la zone centrale intermédiaires à ces différents rudiments, sont frappées d’un arrêt de développement, et leurs éléments commencent à se transformer en fibres. Ces modifications conduisent à l’état définitif des tissus de la zone centrale et contribuent à faire ressortir les différents rudiments.
Les coupes successives pratiquées dans un même anneau, nous font connaître les caractères des différents centres de prolifération. Une coupe déterminée peut nous montrer, par exemple, l’amas cellulaire que nous appelons pour plus de commodité le rudiment central. Ce rudiment est de forme ovoïde, il occupe tout le petit diamètre de la zone centrale et constituera principalement la matrice. La même coupe nous fait voir le rudiment latéral , de forme ovoïde-allongée, étendu dans le sens du grand diamètre ; il doit donner naissance à la poche péniale et au vestibule du vagin.
Entre ces deux rudiments s’étendent les deux gros courants cellulaires dont nous avons parlé ; ils sont un peu écartés l’un de l’autre, légèrement
ondulés : ils se réunissent avant d’aborder les rudiments auxquels ils aboutissent (PL III, fig. 10). Ces traînées celluleuses formeront le spermiducte et le vagin*
La coupe qui suit immédiatement celle que nous venons de décrire, est toute différente : nous n’y rencontrons plus le rudiment latéral, ni les courants cellulaires qui y aboutissent. Au point occupé par le rudiment central dans la coupe précédente, nous trouvons un amas cellulaire beaucoup plus étendu. Cet amas, appliqué contre le rudiment central ovoïde, a la forme d’un losange. Lorsqu’on l’analyse, on voit qu’il est formé, à droite et à gauche, de trois courants cellulaires ondulés, très nets vers le centre, et qui se fondent les uns dans les autres à l’extrémité. Ces courants cellulaires marquent le rudiment de l’ovaire. Il se réunissent vers le centre, au-dessus d’un autre rudiment asymétrique peu développé, que nous étudierons plus loin sous le nom de pavillon (Pl. III, fig. 11).
Tous ces rudiments sont exclusivement formés par les cellules de la zone centrale qui restent en parfaite connexion avec le tissu réticulaire.
La coupe qui vient ensuite, ne présente pas trace de prolifération cellulaire spéciale, les rudiments dont nous venons de parler sont extrêmement minces : tous les organes du Cestode devant naître aux dépens des rudiments que nous venons de décrire, on voit combien est faible l’épaisseur des anneaux de la partie antérieure du Leuclartia .