II INTRODUCTION
révolutionnaire, si on peut donner le nom de jugements à des listes de proscription, et le titre de juges à des pourvoyeurs de l'échafaud.
L'histoire du Comité de sûreté générale et du Comité de salut public est encore à faire. Elle n'est pas sans offrir des difficultés qui ont jusqu'ici découragé toute tentative de ce genre. Après la réaction de thermidor, les volumineuses archives des Comités ont subi, à diverses reprises, des triages de précaution, des fouilles et des spoliations intéressées. La plupart de ces pièces qui avaient été l'arrêt de mort de tant de victimes, ont disparu, quand la Terreur fut condamnée à son tour, quand la délation poursuivit les délateurs et quand les proscripteurs .furent menacés de proscription. Il n'existe aux Archives nationales que quatre registres du Comité de salut public, dont le dépouillement a été récemment effleuré, à l'unique point de vue de la part prise pendant une certaine période, par Robespierre, aux actes dudit Comité S Quant à sa correspondance avec les généraux et les représentants en mission, elle n'a été l'objet, à notre connaissance, que d'un seul essai partiel de publication 2.
Pour les prisons, c'est autre chose. Dès le lendemain de la Terreur les relations pullulèrent. Chacun voulait raconter son histoire, se vanter d'avoir été jugé digne de la persécution, se féliciter d'y avoir échappé. Cette collection contient déjà le récit de Riouffe, le plus intéressant
1 Paris en 1794 et 1795, Histoire du club de la rue de la famine, par Ch. A. Dauban, Paris, Pion, 1869, in-8°, p. 363 et suiv.
2 La Révolution telle qu'elle est, ou Correspondance inédite du Comité de salut public avec les généraux et les représentants du peuple en mission près les armées et dans les départements pendant les années 1793, 1794 et 1795, mise en ordre par M. Legros. 2 vol. in-8% Paria, L. Marne, éditeur, 1837*