‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 2 sur 126 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

de tous, celui de Mrae Roland, l'émouvant écrit de Jour-

gniac de Saint-Méard, etc Nous ajouterons quelques

pages choisies à ce martyrologe profane, à cette histoire, si curieuse au point de vue politique et au point de vue moral, de la captivité révolutionnaire.

Ce qui caractérise essentiellement les époques révolutionnaires, c'est le renversement systématique des règles établies en matière de gouvernement ; c'est l'empiétement du pouvoir législatif sur le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire ; c'est la confusion des attributions, l'avilissement des autorités, prises en bas et non en haut, résultant d'élections sans contrôle et soumises à toutes les fluctuations de la popularité. Alors la multitude règne, et une assemblée gouverne au moyen de Comités dictatoriaux échappant à la responsabilité par le perpétuel changement de leurs membres, le caractère impersonnel et anonyme de leurs décisions.

Si l'on veut avoir une idée du gouvernement révolutionnaire, il faut relire son chef-d'œuvre, le décret rendu dans la séance du 14 frimaire, l'an II de la République une et indivisible.

Ce décret sur le gouvernement révolutionnaire provisoire, qui devait durer autant que la Révolution elle-même, fut édicté par la Convention nationale d'après le rapport présenté par Billaud-Varenne au nom de son Comité de salut public, dont il augmentait encore les attributions draco-

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