‹ Mémoires sur les Comités de salut public, de sureté générale et sur les prisonsChapitre 16 sur 126 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

)eaù côté du Comité de salut public. Carnot n'y organisa >as toujours la victoire, mais il donna à la défense natioîale une impulsion active, raisonnée, souvent décisive.

Les Mémoires sur Carnot \ écrits par son fils d'après es papiers et ses conversations, contiennent aussi des déails intéressants sur l'organisation intérieure du Comité ilut public.

« Les membres du nouveau Comité de salut public convinrent .'abord que toute mesure serait délibérée en commun. L'affluence des ffaires (elles se montaient à quatre ou cinq cents par jour) démontra resque immédiatement que ce plan était irréalisable ; et l'on dut n choisir un autre, qui conservait la responsabilité collective imposée ar l'Assemblée, en permettant la division du travail. Chaque memre du Comité eut ses attributions distinctes ; mais pour la validité es actes, on exigea les deux tiers au moins des signatures. C'était dire ue tous engagaient d'avance leur ratification, puisque nul n'aurait u refuser la sienne sans paralyser la marche du gouvernement. Un évouement absolu à la chose publique pouvait seul faire accepter un areil arrangement, que ne sanctionna d'ailleurs ni décret ni déclaraion.

« Chacun exerçait donc une autorité presque illimitée dans son linistère. En cas d'urgence, les pièces sortant du bureau qui venait e les préparer allaient immédiatement aux bureaux les plus voisins, our y recevoir des contre-seings, lesquels se donnaient, non de conance, comme on l'a dit improprement, mais à titre de simple formalité, juelqnefois il était impossible de réunir la majorité voulue (Barère n jour se trouva seul, tous ses collègues étant en mission ou malades); .ans ce cas, le rédacteur d'une pièce qui ne souffrait pas d'ajournement, levait prendre sur lui d'écrire d'office quelques autres, noms avec e sien au bas de l'expédition, comme si tous eussent figuré sur la ninute. Inutile de signaler les désordres inséparables d'un pareil procédé. Quand il n'y avait pas urgence, on attendait la réunion du Comité, où les affaires générales étaient seules mises en délibération. La îéance s'ouvrait vers onze heures du matin, et durait jusqu'au grand Drdre du jour de la Convention ; il y en avait une autre le goir, qui se prolongeait fort tard, et durait quelquefois la nuit entière sans prési-

1 Mémoires sur Carnot, par son fils. 4 vol. in-8°, Pagnerre, 1862 , t. Ier, 2m« partie, p. 333 et suiv.

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