‹ Mémoires sur les guerres de Napoléon, 1806-1813;Chapitre 9 sur 13 · L'HIVER AVANT LA GUERRE DE · texte numérisé non relu

L'HIVER AVANT LA GUERRE DE

comme Polonais que comme Russe. J'avais aussi les meilleures relations avec le jeune Krùdener, de la même ambassade; c'était le fils de la célèbre Mme Krùdener, qui eut plus tard une si grande influence sur l'empereur Alexandre.

Je ne dois pas oublier Gzerniszew, car il a fait beaucoup parler de lui à cette époque; il réussit à démoraliser deux pauvres secrétaires du ministère de la guerre, et leur acheta à prix d'argent les états de tous les corps de l'armée française. En possession de ces documents, il s'enfuit si rapidement que les dépêches envoyées pour l'arrêter à la frontière n'arrivèrent que quand il était déjà de l'autre côté. Très habile pour mener une pareille affaire, Gzerniszevs^ que nous n'avions vu qu'un moment au feu, à Aspern, en 1809, a laissé parmi nous un bien triste souvenir et bien peu flatteur pour un officier.

Pour en finir avec les Russes que j'ai connus à Paris, j'ai encore à parler du pope qui me donnait des leçons de russe. Certainement son gouvernement, ayant à envoyer un prêtre russe à l'étranger, avait choisi un de ses meilleurs popes. Il possédait de l'esprit naturel, mais n'avait absolument aucune culture, c'était un ignorant.

Au mois de mai, la guerre avec la Russie semblait tout à fait certaine.

Nous quittâmes notre garnison de Chantilly dans les premiers jours de mai, et nous rendîmes à Reims, puis à Verdun, où les Anglais en résidence dans la ville avaient contracté une telle amitié avec nos officiers, qu'ils souhaitaient la victoire aux Français et non aux Russes, pour que notre patrie fût reconstituée.

Je fis connaissance avec lord Blanche, lord Bogie, et plusieurs autres Anglais.

De Verdun nous allâmes par Longwy à Luxembourg, place forte très importante, qui demande une nombreuse garnison. C'est là que le général Konopka se joignit à nous. A partirde là le pays devient très beau, surtout aux environs de Trêves.

A Mayence je pris la poste. J'allai à Dresde où se trouvait ma sœur et nous partîmes tous deux pour Turwia où je restai dix jours. Je rejoignis mon régiment à Glogau, et nous allâmes à Wschowa.

L'état-major et tous les officiers du régiment descendirent à Turwia chez mon père, et nous dansâmes toute la nuit.

Nous arrivâmes à Posen dans les premiers iours de juin.

Je pensais qu'il était déjà bien tard pour

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