‹ Mémoires sur les guerres de Napoléon, 1806-1813;Chapitre 8 sur 13 · CHAPITRE IV l'hiver avant la guerre de · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV l'hiver avant la guerre de

BaU et soirées. — Les membres de l'ambassade russe. — Czerniszew. — La guerre avec la Russie. — En route pour Posen, — Réception du régiment chez mon père à Turwia. — Séjour à Wilna.

Nous passâmes très gaiement à Paris l'hiver de 1811 à 1812.

A son retour de Hollande, l'Empereur voulut donner des distractions à sa femme, beaucoup plus jeune que lui; aussi y eut-il beaucoup de bals, soit aux Tuileries, soit chez les sœurs de Napoléon, soit chez la reine Hortense, qui portait encore le titre de reine de Hollande, quoique ce pays fût déjà réuni à la France. Par un ordre étrange de Napoléon, ce royaume avait été supprimé : c'était en effet un étrange calcul, car comment les habitants pouvaient-ils avoir de Testime pour des monarques que l'Empereur nommait aujourd'hui, qu'il chassait le lendemain de leurs trônes, ou déplaçait sur d'autres trônes comme de simples fonctionnaires?

Après les bals chez l'Empereur et chez les membres de la famille impériale, les soirées et les réunions les plus belles étaient données par les ministres français et les ambassadeurs étrangers. C'est ainsi qu'avait eu lieu le grand bal de l'ambassadeur de Russie Kurakin, quoiqu'on parlât déjà de la guerre avec la Russie. L'Empereur Alexandre ne voulait pas ou ne pouvait pas observer les conventions du traité d'Erfurt, dont l'article le plus important était la fermeture des ports russes au commerce anglais. Je connaissais plusieurs des membres de cette ambassade : le prince Kurakin était un riche boyard, chargé seulement, comme je l'ai dit, du côté représentatif : la vraie tête de l'ambassade était Nesselrode, que je rencontrais souvent dans des réunions intimes. C'était un homme intelligent, plein d'esprit, qui représentait à tout le monde que la Russie avait absolument besoin du commerce de l'Angleterre, et qu'il était impossible à l'empereur Alexandre de lui fermer les ports russes.

Un autre membre de l'ambassade, dont j'ai déjà cité le nom, M. Boutiakin, était plus jeune que Nesselrode ; il était très aimable pour moi, et m'affirmait qu'il appartenaità une vieille famille lithuanienne, que ses parents possédaient des biens en Ukraine, et qu'il se considérait plutôt

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