PROPRIÉTÉS DU NOUVEAU TRACÉ
Dans cc tracé, le front a 600 mètres au lieu de 360 , la ligne, de défense est portée à 100 mètres au lieu de 260 , la longueur de 400 et même 600 mètres étant la bonne portée de la carabine Minié qui devra être exclusivement employée dans les sièges et remplacer le fusil do munition.
Avec cette portée de 400 à 500 mètres, on voit de suite fig. 1 et 3 que tous les feux flanquants sont assurés et que le corps de place, quoique détaché des ouvrages extérieurs, porte dans l’intérieur des bastions et des réduits des demi-lunes des feux de mousqueterie nourris et meurtriers.
Us le seraient encore plus en employant pour le corps de place des carabines Minié du calibre des fusils de remparts, ce qu’il est facile (le faire.
Les feux flanquants fig. 1. et 3 sont ici mieux assurés avec la carabine Minié, que dans le front de Cormontaignc avec le fusil de munition. Il y aurait donc avantage pour le tracé nouveau.
La ligne de défense étant portée à 400 mètres, tou tes les autres lignes de la fortification augmentent dans la même proportion; les ouvrages sont plus grands, ils peuvent recevoir une plus grande quantité d’artillerie, un plus grand nombre de défenseurs et
offrir une plus grande résistance à l'ennemi , dont le mode d’attaque est resté le même.
On peut construire à leur intérieur des réduits qui, servant de refuge à l'assiégé, l’encouragent à défendre les brèches et lui permettent des retours offensifs contre les établissements de l’ennemi.
D’un autre côté, la grande saillie des demi-lunes place les bastions dans des rentrants très prononcés et force l’ennemi à détailler les ouvrages.
Dans ce tracé fig. 2 les ouvrages extérieurs sc composent de demi-lunes avoir réduit, de bastions détachés avec ou sans contre-garde et de tenailles avec lianes. Ces ouvrages sont protégés par les feux inaccessibles de l’enceinte qui, assurant un refuge à la garnison, permet au gouverneur de défendre jusqu’à la dernière extrémité les brèches faites aux bastions.
La suppression dos courtines. isolant les bastions entr’eux, la prise de l’un n’entraîne pas la chute des autres; de plus, une fois établi sur le bastion d’attaque , l’ennemi , pour réduire la place , est obligé de cheminer dans le bastion et de descendre sur le glacis de l’enceinte. Mais l’intérieur de ce bastion et le glacis étant vus des bastions collatéraux (1), il faudra prendre ceux-ci, c’est donc trois
(IJ Voir la fig. 15.
bastions qu’il faudra prendre au lieu d'un , ce qui donnera aux attaques un développement considérable (1).
La suppression de la courtine présente ces autres avantages : 1 ,° que l’assiégé trouve à la gorge des bastions, hors de toute vue de l’ennemi, un grand couvert d’où il peut déboucher en très-grand nombre par les fossés des flancs , pour tomber sur tout ce qui se présenterait dans les autres fossés, soit de la demi-lune soit des contre-gardes; 2.° d’organiser de fortes sorties contre l’assiégeant, établi sur le saillant des ouvrages et contre-gardes, sans retraite contre ce qui pourrait sortir en môme temps des coupures et l’attaquer de front; 3.° de donner moyen à l’artillerie et à la mousqueterie du corps de place d’agir contre les réduits et les bastions môme après leur perte, avantages dont on serait entièrement privé si la courtine existait.
Dans le système d’une enceinte continue, Cormontaigne propose de construire au point faible C (fig. 2) et à son correspondant (2) un carré bastionné, derrière lequel se retourne l’enceinte et remplace le front 1 et 2 par une citadelle (2) , dont l’un des fronts regarde la ville.
Ces ouvrages coûteux et anormaux, qui sont
(1) Voir les fig. 13 et U.
(2) Voir la fig. 12.
indispensables par la facilité que l’ennemi aurait de faire brèche à l’enceinte dans ces points faibles, sont inutiles dans le système des bastions détachés (fig. 2), forcé qu’est l’ennemi de s’établir sur trois bastions (1), dont un fait partie d’un front en ligne droite , et par suite de développer un système d’attaque, dont on peut apprécier l’importance, par ce seul fait, que la parallèle qui réunit les couronnements des saillants des chemins couverts n’a pas moins de trois kilomètres de longueur.
Quant à l’enceinte, il convient de l’établir de manière à ce qu’elle soit couverte par les ouvrages extérieurs des vues de l’ennemi, pour qu’elle reste intacte pendant tout le siège, et qu’elle puisse avoir des feux inaccessibles jusqu’à la capitulation de la place.
Le mur d’enceinte se compose de fronts bastionnés avec flancs de 10 à 15 mètres seulement; ce mur est terrassé et surmonté d’un parapet, il est précédé d’un fossé et d’un chemin couvert non , défensif, qui couvre les maçonneries contre l’établissement de l’ennemi dans les bastions.
ARTILLEKIE A HÉLICE.
Depuis longtemps on demandait de faire des
(1) Voir les ftg. 13 et U.