ARTILLERIE MOBILE
Indépendamment de cette artillerie fixe, il serait d’une grande utilité d’avoir une artillerie mobile , qui rendrait de grands services. L’on y parviendra facilement, si l’on considère que, par la même raison qu’en conservant les pièces actuelles on double le poids des projectiles, on peut, en se contentant de projectiles du poids des boulets, diminuer le poids- des pièces, qui deviennent dès lors légères, mobiles et portatives.
Ainsi pour lancer un projectile cylindro-conique du poids des boulets de 6 et de 4, il suffira de couler des pièces des calibres de 3 et 2 et de les rayera l’intérieur. Ces pièces pourront être menées sans effort, par les hommes eux-mèmes, sur tel point des ouvrages que l’on voudra, à un moment déterminé; n’exigeant point de plate-forme, elles apparaîtront instantanément et se retireront de même, pour-se reporter d’un point à un autre du
rempart, sans que l’ennemi ait eu le temps de chercher à les combattre (b).
Mobiles comme les hommes qui les mènent avec eux, elles seront insaisissables au ricochet, elles accompagneront l’assiégé dans scs sorties , ses attaques. et retours offensifs dans les fossés, dans les ouvrages, etc.; elles apparaîtront sur le sommet des brèches, se porteront sur les lianes des colonnes d’assaut et y porteront le trouble et l’hésitation.
Ces pièces mobiles, espèce de grosse mousqueterie, pourront être conservées pendant toute la durée du siège; elles formeront une artillerie insaisissable et se présentent comme un nouveau moyen de défense inconnu à Vauban et contre lequel le passage des fossés et l’attaque des brèches pourraient souvent échouer.
J’insiste sur l’usage de cette artillerie qui serait, par rapport aux bouches à feu , ce que le mortier de Coëhorn est aux gros mortiers.