‹ Mémoires sur les modifications à apporter à la fortification en raison de la portée nouvelle des armes à feu, par... V. MordretChapitre 7 sur 20 · BOMBARDES. — CHALOUPES CANONNIÈRES · texte numérisé non relu

BOMBARDES. — CHALOUPES CANONNIÈRES

Louis XIV avait voulu employer au siège de Gibraltar des batteries flottantes, qu’on fut obligé d’abandonner à cause de la difficulté de manœuvrer et de remorquer ces lourds batiments.

Cette difficulté n’existe plus depuis l'application de la vapeur à la marine. On a eonstruit des bombardes et chaloupes canonnières entourées d’une cuirasse de fer à partir de la ligne de flottaison , qui les rend invulnérables (1).

Lorsque ces bombardes, armées de canons rayés des calibres de 30 et 48 , se présentent devant une place, elles bravent les batteries, démolissent les remparts et incendient les villes; mais comme elles ne peuvent pas se défendre elles-mêmes, elles ne peuvent agir que protégées par les bâtiments de guerre.

Or l’assiégé ayant armé ses forts de canons rayés du calibre de 48 au moins et lançant des projectiles du poids de 50 kilos à cinq ou six kilomètres, avec un écart de vingt mètres au plus, tiendra à distance les bâtiments ennemis , qui n’oseront pas s’exposer . à une destruction probable en s’approchant des forts. De sorte que ces bombardes, privées du secours de la flotte, si elles veulent s’approcher de la place, seront continoellement exposées à être capturées par les bâtiments de l’assiégé qui , agissant sous la protection des forts, seront libres de leurs mouvements et forceront les bombardes à s’éloigner.

De sorte que l’emploi de ces terribles moyens de

(I) Depuis la première édition de ce mémoire, des eipériences ont prouvé que la pièce de 4 rayée et Tondue en acier, année d'un projectile de 3 kilos, perçait ces cuirasses.

destruction, contre une place maritime bien armée et bien défendue, ne me paraît pas aussi à craindre qu’on le pense généralement , et les résultats m’en paraissent fort incertains.

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