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Ccpemiaut la révolution française approoliail ; sous
quels heureux auspices elle semblait naître ! On crut voir S’ouvnr des temps de sagesse et de' félicité. Il- était
naturel que Rioulfe, élève de la philosophie moderne, et avec toute rincxpérîeuce du jeune âge , partageât l’cnthousiasme général ; et que nourri de la littérature des Orées et des Romains , il sc passionnât plus Uu d pour les
témérités d’un parti composé d’hommes aidons, présomptueux, qui, plus remplis de talens que de lumières, puissans quand il. fallut attaquer, faibles cputiid il. fallût se défendre, voulurent arracher au pouvoir les faibles
droits dont ils avaient juré le maintien, et préfiarèrcnt,
par l’hurtiiliatjon de l’autorité royale au -io jpin , le grand et déplorable attentat du lo août, lîîentot cet audacieux parti vit^ouruer contre lui l’exemple qu’il avait dojiné. J1 avait détruit : on lo détruisit à son tour. Des
scélérats le foulèrent sous leurs pieds, et l’enveloppèrent
dans la * proscriptiort dont il avait porté les premiers coups. Vif et sincère, dans ses all»u;liüns, Rioufj’e courut à ses amis pour s’associer à leur destinée j il sentait
qu’après avoir embrassé leur doctrine, il, devait embrasser
leurs malheurs, et eu mourant avec eux, protesten par cette mort même contre les crimes qui déshonoraient
leurs principes, et dont ils avaient d’autant pins d’hor-.
rcur , que ces eiimes^ c’étaient leurs impnudeules mains <[ui les avaient déchaînés. On verra dans les Mémoires de Rioull’e quelles furent les suites de cette résolution.
Ce lut après le .9 thermidor tjue ces iMéraoires furent composés-, ils firent dans le public une très-vive sensation'. Aucun ouvrage de œ gcjnrc u’a été écrit avec le
meme talent. RirntUc ]mblia bientôt après une brochure intitulée : « Quniques Chapitres , » brochure omil es-
Ir—
. SUK LA, VIK.de BIOUtTE,
.Miynit de raineiicr les esprits à des idée? plus exactes et plus positives sur les intérêts publics, et où il s’appliquait surtout à peindre l’amas d’horreurs et d’igiiomijiics dont se nourrit l’amc des tyrans. Vers le niènutemps se forma le cercle constitutionnel. RioulTe y prononça l’éloge de; Louvel. Ce fut le dernier ouvrage où il manifesta de l’attachement pour le gouvernement républicain. . ' .
Mais cet attachement, on s’en doute bien , çtait fort affaibli. L’inipressiou qui dominait alors dans son ame , et qui ne s’en est jamais effacée , était celle (juc lui avaient Laissée les crimes des jacobins et ‘le spectaefe des inaljieurs publics. La crainte de les voir renaitre avec la tvrannie populaire , le tint désormais en gard’e contre une démocratie redoutable , inquiète*, ombrageuse , qui a besoin de trouver sa place , mais aussi ses limites dans un système social Sagement et foiTeinent con^Vilué, et qui* ne peut, qu’à l’ombre du trône, devenir un élément de grandeur et de prdspérilé pour l’État. Lorsque les derniers eff(^rts delà faction terroriste eurent amené la chute .du Directoire , et l'étabUsseinont du gouvernement cou-* sulaire, Riouffe fut nommé membre du Tribunal ; jusquelà il n’avait appartenu à aucun corps politMjue. Il ne porta dans celui-ci qu’un sentiment -, la haine de l’anarchie; qu’une idée ; la nécessité d’en comprimer à jamais scs odieux partisans par un pouvoir à la fois fefme et sage. Ou se souvientT de la déclaration qu’il lit sur ce point du haut de la tiibune, et c[ui , pour quelques hommes aveuglas ou hypocrites ,, l’ut un si grand sujet de scandale. L’éclat de cette démarche lit penser que Riouffe, s’était vendu au pouvoir absolu ; et cependant j lorsqu’il s’agit.
d’élever sur le trône le chef du gouvernement , il vit avec
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chagrin cet excès d’amhiiion <{ui en préparait la nt d’autres j il sentait que celte fois le mal était sans le remède lui-même : il ne se prononça qu’avec réserve en faveur ' d'un agrandissement dont les suites étaient si menaçante#
" pour les libertés publujues -, tandis qu’un grand nombre .
de ceux qui avaient blâmé sa servilité avpc le plus d’amertume , eurent bâte de ramper aux pieds du poqvoir hou- •
‘ veau, et devinrent en iin jour ses plus serviles courtisans.
- Après sa sortie du Tribunal , Rioulfe fut fait préfet du • département de la Côte-d’Or. De cette préfecture il passa * â celle du département de la Meurlhe. 11 administra ce
départemelit jusqu en ‘iSrS,, époque où les désastres de ' nos armées faisaient rellucr dans rinléricur de la France
une foule de soldats exténués par les fatigues de la guerre et atteints du typhus. Mû par une juste pitié pour le inalt. heur , autant que par le senlimcut de scs devoirs , Rionfle ,
- ‘faisait de fréîjuentes visites aux malades’, et leur prodigyait les consolations et les secours. Ce fut par ces communications répétées ([u’il contracta leur redoutable imir .. ladie. Après onze jours' de soullrances intolérables , il •expira le 3o novembre i8u 3 , emportant avec .lui le près ^ smitiment de la chute prochaine de l’empire , et déplorant l’indigne abus que les hommes font des nieilleures choses, ceux-ci du pouvoir, ceux-là delà liberté.
Rioiiffe était d’une stature petite, mais bien proportionnée. Sa’ physionomie étah. tiue, vive , animée , •spirituelle. Jamais causeur n’a eu dans la cobversatiou plus de feu, d’éclat, de variété, de grâces. Il avait mi sou de . ' voix doux à l’oreille -, une parole^ facile , aboudanfé ,
pleine d’images et d’énergie -, il lisait avec un gôùt^cxqiiis ^ il possédait à fond plusieurs langues , le latin, l«s grec,
.* ritalieiiv f anglais. 11 a laissé quelques traductions ;*entre
Qigllizéd 1 -■