REMARQUES SUR LES TABLEAUX
Comparaisons des impôts annuels payés par les habilanls des villes de Lons-le- SaïUnier , de Genève , de Bâle ; et influence de ces impôts sur Vavenir des familles.
Un habitant de la ville de Lons-le-Saulnier paye en moyenne , par an :
pour les impôts du goavernement 36 fr. 51
pour les impôts du département 2 28
pour les impôts de la ville 11 90
Ensemble. 50 69
Un habitant de Genève paye en moyenne, par an :
Dépenses cantonnales et fédérales 18 61
Dépenses de la ville. 14 35
Ensemble 32 96 32 96
Différence par an 17 73
En trente-sept ans, l'intérêt étant de 5 pour 100 et avec les intérêts composés, 17 fr. 73 c. par an, font 1,773
Ainsi une famille de sept personnes aura payé , en plus , à Lons-le^ Saulnier qu'à Genève, en trente^ept ans 12 411
C'est-à-dire que si deux familles de sept personnes , Tune résidant à Lonsle-SauInier et l'autre à Genève , dans une position sociale identique, ont chacune 12, Vil fr. de fortune, et vivent parfaitement de même , la famille de Lons-le-Saulnier sera complètement ruinée par les impôts en trente-sept ans , et la famille de Genève aura conservé la totalité de son capital.
Un habitantdeLonS'le-Sanlnier paye terme moyen, par an 50 fr. 69
Un habitant de la ville de Bàle paye terme moyen, par an 13 71
Différence par an 36 9g
Eq treote-sepi ans , l*lnbitant de Lmn-le-Saiilfiler aura pajé, Fhitérét étant à 5 ponr 100, et en comptant les intérêts composés , en pins qu'un habitant deBàle 3,698
Ainsi les impôts auront enlevé en trente^ept ans à une famille de sept personnes de Lons-le-Sanlnier, au delà des contributions acquittées par une famille de sept personnes de Bàle , la somme énorme de. . 25,886 fr
D*oîi il résulte que si deux Camjlles de sept personnes dans les mêmes conditions sociales , vivant de même , Tune à Lons-le-Saulnier et Tautre à Bftie , ont chacune un capital de 85.886 fr. , la première , après trentesept ans , sera entièrement ruinée , et l'autre^ conservera intégralement son capital.
Si elles exercent un commerce , une industrie , avec le même zèle , après trente-sept ans la famille de Bàle aura toujours gagné , an delà de celle de Lons-le^Saulnier 25,886 fr.
Si nous étendons ce calcul à soixante-quatorze ans et à des milliers d'habitants , nous trouverons des centaines de millions de diflérence perdus par les populations les plus imposées , ou gagnés par les moins imposées.
Con^parcMon de la qmUlé d/e$ impôii anmteUy de leur emploi et de leur imflum dans le dépariemmU du Jura ei dam quelquee cofiUme tuisses,
Un habitant du Jura paye, terme moyen, en impôts publics, par an : 36 fr. 51
Impôts du déparlement 2 28
Impositions de la conmiune 2 21
Total par an 41 00
Un habitant du canton de Genève paye par an. . . 18 51
Id. du canton de Vaud 12 85
Id. du canton de Berne 10 85
Jd, du canton do Bàle (ville) 13 71
Id. du canton de Neuchàtel 8 43
fd. du canton de Saint-Gall 6 88
Ensemble 71 23
ïj* sixième est de 11 87
PifTérence 29 13
Différence -29 13
OU en nombre rond. 12 00
Un habitant du Jura paye donc, chaque année, 29 fr. de plus qu'un habitant de la Suisse. La population du Jura étant de 315,355 , La somme annuelle payée en plus est de 9,145,295 fr.
Celte annuité, continuée pendant trente-sept ans , calculée à l'intérêt de 5 pour 100 et avec intérêts composés, donne Ténorme capital de 914,529,500
Ainsi les dépenses du gouvernement ont enlevé à un seul département de France, en 37 ans, près d'un milliard de plus que dans un canton suisse d'une égale population.
Ces calculs , dont on peut contester les résultats , qu'on réduira même à la moitié ou au tiers , donneront encore , dans un cas , 500 millions , et dans Tautre cas, 330 millions de perte pendant la durée d'une génération.
Ainsi s'expliquent , d'une part les richesses financières dès villes de Bàle , Genève, Neuchâtel, Berne, Zurich, Saint-Gall; le bas prix de la maind'œuvre et de rintèrèt des capitaux dans ces cantons; la prospérité extraordinaire des fabriques, dus principalement à ces deux circonstances; la prospérité et la conservation des familles ; et de l'autre Tétat stationnaire et rétrograde des départements français en montagnes , le haut prix de l'argent , les ravages de Tusure , la ruine des anciennes familles de propriétaires , d'agriculteurs et de rentiers dans les campagnes de ces départements, et les acquisitions des grandes propriétés françaises par des Suisses.
Si on passe maintenant à l'examen de l'emploi des impôts en France et en Suisse, on constatera qu'en France les contributions sont consommées par des dépenses de luxe et improductives , en expéditions ruineuses , sans chance ni de profits ni de gloire; et qu'en Suisse au contraire les impôts sont réservés à des dépenses très-productives et presque exclusivement consacrés à l'instruction , à Téducation de la jeunesse, aux travaux utiles, etc.