‹ Mémoires sur les travaux publicsChapitre 2 sur 169 · INTRODUCTION DU SECOND VOLUME · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DU SECOND VOLUME

Les recherches historiques du premier volume , sur les canaux et monuments célèbres , entrepris depuis quarante siècles dans les divers empires du monde, nous ont conduit, par le rapprochement des faits, à en déduire des principes généraux d'économie politique, et comme application , h proposer les dispositions fondamentales de la meilleure législation des travaux publics, le but principal de cet ouvrage.

Les documents officiels nouveaux, recueillis dans des. Etats de formes gouvernementales différentes , et que nous publions , viendront confirmer les premières conclusions.

Notre époque mémorable offre aux observateurs un vaste champ d'investigations, et aux législateurs des motifs puissants d'améliorer les lois, et des chances favorables' d'obtenir les perfectionnements réclamés.

Depuis soixante ans , deux périodes successives de guerre et de paix presque universelles, ont été fécondes en enseignements utiles qui conduisent à une complète solution des questions législatives sur les travaux publics.

Pendant la période révolutionnaire et guerrière, des empires ont été démembrés ou dissous; d'autres empires agrandis ou créés de leurs débris ; des colonies émancipées ; des armées de toute nation se provoquèrent au combat des dernières limites de l'univers, parcourant le monde, tour à tour victorieuses et vaincues; des proscrits de toute opinion, l'élite des peuples par le talent , la naissance et les hautes. vertus^ ont fui , dans leur commune infortune , des patries dites civilisées, mais ingrates , impitoyables, livrées à l'intrigue, ont trouvé une hospitalité généreuse chez des peuples appelés sauvages, les ont dotés , par de saintes lois , des éléments d'une puissance extraordinaire à leur insu vengeresse.

Ces convulsions des peuples furent plus terribles dans leurs effets que les ûots de l'Océan soulevés par une tempête extraordinaire , rompant des digues séculaires, détruisant les barrières et les bornes des villages, et les traces même des habitations; toutes les révolutions politiques , les guerres générales surtout, ont coalisé des peuples ennemis, mêlé et pour ainsi dire brassé les populations du monde; ont effacé les limites des Etats, les haines et hs préjugés des nations ; ont préparé les nations aux régénérations législatives , comme le déluge a dû précéder la création.

Dans ce naufrage des empires et des peuples , où les uns ont péri et auxquels les autres ont échappé par la puissance de leurs constitutions , on a pu juger, pendant ces épreuves solennelles, le mérite des institutions diverses, et remonter aux causes de la stabilité ou de la mobilité des peuples, de la grandeur ou de la décadence des empires. .

Pendant la période de paix presque universelle et d'une durée égale à celle de la guerre , une nouvelle et heureuse carrière, est encore ouverte aux méditations.

Les nations, plusieurs fois décimées, longtemps épuisées par les guerres,

sont rentrées dans leurs nouveUes limites; elles ont cherché dans les travaux utiles, et à l'aide d*ane législation plus perfectionnée , une prompte réparation des malheurs passés. Toutes prospèrent , mais avec une vitesse plus ou moins rapide , selon le mérite de leurs institutions.

Comparés entre eux dans* leur marche progressive, plusieurs États^ semblent relativement stationnaires et rétrogrades; d'autres États acquièrent une puissance extraordinaire , formidable pour leurs voisins ; d autres enfin n'ont qu'une prospérité factice qui révèle les germes de convulsions nouvelles.

Nous chercherons , dans l'étude des faits , des conclusions utiles k la France.

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