PROPOSÉ PAR LE GOUVERNEMENT
CONSIDÉRATIONS GENERALES
La presse quolidienne , de plus en plus éclairée et puissante , franchissant les barrières des empires, appelle les peuples divers à I9 participation rapide des découvertes utiles. A peine Femploi des chemins de fer, restreint, dans le dernier siècle, au voiturage par des chevaux, de la houille et des autres matières encombrantes , a-t-il été étendu , par
une heureuse et hardie tentative, au transport très-rapide des personnes, ToM. 2, StcT. 11. I
h l'aide des locomotives, que cette belle invention , préconisée dans les journaux de l'univers , a été étudiée, essayée, et a bientôt triomphé des préjugés et de tous les obstacles.
Les nations libres, toujours les plus éclairées et les plus progressives, ont été les plus intelligentes à comprendre l'étendue de la conquête de l'économie, soit du temps , soit des dépenses , par ces voies admirables ; elles ont su encourager et développer leur heureuse et générale exécution, en se conformant ftux prescriptions rigoureuses de la science et de la justice distributive.
En Angleterre, les compagnies, livrées par une loi prévoyante à la fécondité de leur génie créateur, ont ouvert des lignes d'abord isolées convergeant aux centres de production et de consommation, et ont formé avec le temps un réseau embrassant les villes principales de l'Angleterre, et liant les mines aux ports et à la capitale. Le gouvernement , dans sa prévoyante sollicitude , a compris qu'il devait s'abstenir directement , mais que sa mission l'obligeait d'honorer les entreprises et de les seconder de toute sa puissance.
Les Pays-Bas , qui apprirent à l'Europe, dans les derniers siècles, l'art de construire des canaux, ont donné des premiers cet exemple providentiel.
Le gouvernement de la Belgique , encore soumis aux traditions de l'empire , a voulu se faire entrepreneur ; il a construit des chemins, sans doter le pays de la puissance des associations. Maintenant il se trouve en lutte avec les intérêts privés des localités délaissées. Il a interverti les rôles naturels; il agit, et le public contrôle et critique. De là des froissements et plus tard des mécontentements et des dangers publics.
L'Allemagne, plus lente à imiter, entre dans la voie des améliorations avec sa prudence et sa persévérance nationales; elle surmonte les difficultés du sol et du fractionnement des états souverains. Les travaux s'exécutent par des associations généreusement aidées parles princes, ou par des administrations spéciales, indépendantes.! .sous les ordres directs des souverains.
La Russie, vaste dans ses projets , entreprend , par l'armée , des routes de plusieurs centaines de lieues, et remplit k la foia le triple but d'enrichir les provinces, d'occuper les troupes et de civiliser les peuples. Les
chemins de fer de la Russie relieront plus tard l'Europe à F Asie , la mer du Nord à la mer Noire et à la mer Caspienne.
Les Etats-Unis d'Amérique, dans leur ardente et féconde jeunesse nationale y ouvrent des voies de fer à travers des contrées à peiné habitées, et jusqu'alors peu connues , des hords de l'Atlantique aux rives de l'Ohio et du M ississipi ; ils semblent se donner à tâche de surpasser bientôt , dans les arts et l'industrie , les vieilles nations du continent , et de défier la rivalité ambitieuse des plus puissantes.
L'Italie même, soumise aux jouissances de son délicieux climat et à Foppression d'une domination absolue ou étrangère , ose entreprendre de grands projets de chemins de fer et les achève avec bonheur.
Les rail-wrays ont conquis partout les suffrages des peuples et la protection des souverains. Les transports rapides, économiques et commodes qu'ils procurent ne sont encore que des avantages secondaires. Ces inventions admirables promettent en outre la suprématie aux nations les plus habiles à les multiplier et à les développer. On devra aux chemins de fer l'instruction, Thabileté et pour ainsi dire la création de milliers de mécaniciens capables de construire, de réparer et de conduire des vaisseaux de guerre à vapeur , les dominateurs des mers dans un prochain avenir.
L'extension des chemins de fer a obligé l'emploi de milliers de locomotives , a déterminé la construction de beaucoup d'usines à fer où se fabriquent les machines à vapeur. Depuis cette découverte et par son influence l'Angleterre, les États-Unis, lesPay^-Bas, la Suède, etc , se sont enrichis de flottes à vapeur qui sillonnent les mers , avancent rapidement malgré le calme et les tempêtes ; remontent les fleuves; franchissent en deux semaines les i,aoo lieues de l'Atlantique , et ouvrent une communication régulière et rapide entre les peuples des deux hémisphères.
En présence du beau spectacle que donnent les populations civilisées par leurs progrès extraordinaires , pourquoi la France seule reste-t-relle presque stationnaire et se montre-t-elle dédaigneuse de ses antécédents glorieux et de son avenir compromis ? Tout conseille de rechercher les causes qui la tiennent comme enchaînée dans les traditions du passé, et paralysent le génie d'une génération ardente et éclairée.
$ !•'. Cau»e$ et conséquences des obstacles apportés en France par la centralisatian excessive aux améliorations et spécialement d rétablissemeni des chemins de fer, etc.
Les empires les plus exposés aux fléaux du ciel , de la terre et des mers ont moins soufiert que la France éprouvée par des convulsions politiques presque endémiques depuis des siècles.
Des révolutions pour ainsi dire périodiques ont ruiné des villes, dévasté les campagnes , décimé les populations , anéanti des milliers de familles, et laissent dans les cœurs ulcérés des regrets, des espérances, des haines profondes que le temps semble calmer et n'éteint pas.
D'une part, les populations intelligentes et laborieuses, qui ne demandent jamais que^^écurité et justice, souvent abusées, opprimées et toujours trop imposées en violation des promesses, conservent un sentiment intérieur de défiance invincible.
. D'autre part, le gouvernement, successeur de pouvoirs mobiles tour à tour vainqueurs et vaincus , se tient en éveil contre les innovations même matérielles , et par excès de précautions éloigne la confiance facile à conquérir.
Enfin, des ambitieux subalternes, liabiles en intrigues, savent mettre en état d'hostilité le peuple et le prince pour les exploiter également ; et ils prospèrent par les malheurs publics longtemps préparés et toujours alimentés par le secret concours de l'étranger.
Nés dans la servitude de la misère , ils se montrent insatiables dans leurs convoitises , gibsolus dans le pouvoir usurpé , implacables dans les vengeances.
Etrangers aux progrès des arts, indifférents aux prospérités publiques, ils célèbrent, comme modèles, les règnes fameux par les batailles, les conquêtes, les invasions, la destruction des empires et des peuples; enfin, par un enchaînement de fautes, de combinaisons audacieuses et coupables ^ ils provoquent des révolutions qui comblent d'honneurs et de richesses ces adorateurs de tous les pouvoirs absolus.
Les révolutions françaises, engendrées par des abus croissants, par la corruption des temps , ont détruit les institutions fondamentales destinées à les prévenir. Il ne reste plus de forces sociales permanentes capables de
maintenir l'équilibre entre le peuple qui a droit à une administratuJn tutélaire , paternelle , à bon marché , et le gouvernement sollicité à étendre incessamment ses attributions.
 Faide des conflits, un ordre nouveau, celui des grands financiers, s'est institué et prétend exploiter, par des monopoles, les privilèges de l'ancienne noblesse, sans en remplir les chaînes honorifiques et glorieuses , qui imposaient à celle-ci le devoir sacré de consacrer sa fortune et sa vie à la défense du trône et de la patrie.
Les convulsions politiques sont très-productives pour cet ordre nouveau ; elles abaissent ou abattent les véritables sommités sociales qu'il veut remplacer ; elles exagèrent les dépenses publiques , les impôts ; elles nécessitent les emprunts , sources de richesses pour les financiers spéculateurs; elles créent des emplois multipliés, lucratifs, dont ils réservent les honneurs et les revenus à leurs familles , par là plus puissantes.
Les partisans et exploitants des monopoles toujours funestes au peuple, demandent, par calcul, un pouvoir fort, une centralisation administrative absolue , un budget immense , dans l'espoir fondé de bénéfices considérables à obtenir.
La centralisation étant féconde lorsque son organisation est parfaite, désastreuse par ses excès, il parait nécessaire d'en fixer les attributions et les limites.
Plus cette centralisation est absolue , plus elle exige un vaste génie pour en prévenir les écarts; la prospérité et le bonheur des peuples sont donc de rares et courtes exceptions.
Les grands conquérants, comme Cyrus , Charlemagne et Napoléon , ont organisé les provinces comme leurs armées ; ils confièrent chaque branche de l'administration à leurs principaux généraux , et ^us leurs ordres; établirent dans chaque province un gouvernement, des agents et des troupes , et les firent surveiller eux-mêmes par des inspecteurs généraux , chargés d'écouter les plaintes des peuples , de recevoir leur réclamation , et d'être pour ainsi dire les yeux et les oreilles du souverain.
Cette organisation semble parfaite sous le héros créateur , supérieur à toutes les rivalités ambitieuses qu'il domine.
Mais, à sa mort, et surtout pendant les minorités, les régences, la
tkillesse ou les maladies du souverain; les gouverneurs , choisis alors par rintrigùe , devieuuent indépendants | arbitraires > poussent les peuples à la révolte par Toppression, ou les rendent esclaves par la misère; ils préparent la dissolution des empires.
' L'on^nisation d'un peuple , comme une armédi nécessite on pouvoir absolu y et entraîne k la longue de funestes résultats.
Les successeurs de Cyriis, employant, pour la guerre^ Tordre établi pour la paix, firent des entreprises' militaires gigantesques, désordonnées, ruinèrent leis peuples et furent vaincus par quelques milliers d'hommes fibres. Un siècle après sa mort , dix mille Grecs triomphèrent de troupes innombrables, au cœur d'un vaste empire, et se rendirent céldm»par une retraite^ glorieuse. Deux siècles après, Alexandre , avec trente mille hommes , fit la conquête des États de Cjrus.
A l'aide d'une centrdlisation excesmve , Louis XIY et Napoléon , disposant à leur gré des populaftions ^ envahirent l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne , etc. Mais , par une fatalité presque inévitable , ila provoquèrent les coalitions , les invasions, et ont li%ué k leors familles la proscription , et à la France des révolutions.
L'abdication de Napoléon à Fontainebleau, son voyage solitaire à l'île d'Elbe, son retour triomphal , son départ, des révolutions instantanées aux seuls cris plus de droits réunis, plus de conscriptions, attesteront k jamais que l'opinion des peuples est plus puissante qu'une centralisation absolue, toujours odieuse par les contributions et les charges excessives qu'elle impose de nécessité.
La centralisation p<4itique, bien réglée, dépeinte avec un charme de style et une séduction de brillantes pensées par notre plus célèbre publiciste, est sans contredit admirable dans son but et féconde quelquefois en grands résultats. Mais la centralisation administrative excessive , disposant de toutes les forces gouvernementales, se rendant plus abaolne par instinct, détruit l'esprit d'association, et ravit au pays l'interveolôonactive , gratuite des classes éclair^. Elle exagère les dépenses; mùlUpUe les emplois rétribués, traite les provinces en. pays 'oonqms;^le corrompt et anéantit à la longue les institutions représentatives; elle livre «au pouvoir les ressources pubËqûes^'le pousse k'des entreprises gigantesques et déplo-
râbles; elle rend le pays stationnaîre et rétrograde; epfia elle provoque^ des séditions et des guerres inteslii^es ou étrangères.
Averti par Texpérience de nos sept dernières révolutions, et éclairé par les enseignements de Thistoire, nous avons la conviction que la cen* tralisaiion administrative absolue^ instituée par Napoléon , sur les ruines des attributions locales usurpées, est la cause principale , sinon uniqMe, de tous les malheurs de la France depuis quarante ans; on lui doit Tinspixation d'expéditions aventureuses et désastreuses , la perte de trois millions d'honunes , de vingt milliards , et celle de nos plus belles colonies, une dette de cinq milliards, un budget de i3oo millions, une armée régulière nombreuse , ruineuse, dangereuse pour les libertés.
Tous ces malheurs ensemble sont à nos yeux bien moins funestes, encore pour l'avenir du pays, que les conséquences de la loi sur les chemins'de fer, si elle était adoptée, sans de grandes modifications.
Le pouvoir conféré au gouvernement d'exécuter huit cents lieues de chemins de fer, aux frais des contribuables, aurait pour premiers résultats de ruiner la moitié de la France au profit de l'autre moitié; de mettre en hostilité les départements ; de donner au ministère la faculté d'éparpiller, selon sa volonté, 3o à 4o millions, chaque année, sur cette immense étendue, d'occasionner une générale perturbation.
Enfin, nous espérons montrer que ce vaste projet est imprévoyant, ruineux et même impraticable ; qu'il est contraire aux règles fondamentales de la science, de la pratique et de l'économie politique; et qu'il n'a pu être proposé 9 appuyé que par des personnes bien intenticHinées, sans doute, mab étrangères à l'expérience de semblables entreprises.
Avant de discuter ces diverses questions, rappelons les leçons du passé.
§ % Fkinestes précédents des lois de concession de 1821 et 1822 et des lois proposées
en 1842.
En i8ai et 1833, l'élite de la représentation nationale, composée d'honmie éminents, que nos révolutions avaient conduits en vainqueti» ou en proscrits sur tous les points du globe, la plupart très*instruits ^ ayant à voter sur la loi des canaux, se prononça énergiquement en favcar
des associations contre Fintervention des financiers spéculateurs; mais alors comme toujours , des ambitieux subalternes ne pouvant s'élever que parla centralisation absolue, parvinrent k triompher des solennels avertissements, reconnus plus tard prophétiques. Us réalisèrent leur plan d'envahissement des travaux , toujours poursuivi depuis vingt ans , et aujourd'hui révélé avec plus d'éclat.
Les majorités des chambres inattentives , abusées bu complaisantes , adoptèrent, mais à regret, les lob d'emprunts, conseillées alors dans l'unique but de repousser les véritables associations, et d'en étouflfer le génie naissant constaté par d'heureux succès.
Le gouvernement trop confiant av^it espéré, sur parole , que ces grands financiers spéculateurs deviendraient de puissants appuis dans les temps d'épreuves : les faits ont parlé !
A chaque session, de 1822 à i83o , les membres éclairés des chambres dénombraient sans succès les pertes incalculables occasionnées par l'intervention exclusive de l'administration dans l'exécution des travaux. Ces critiques sévères 6nt été souvent reproduites depuis i83o. Malgré cette unanin^ité de manifestations et de votes officiek, la centralisation administrative absolue a marché à la conquête de l'osurpation des attributions des autorités locales , et de l'emploi presque exclusif des ressources financières du pays.
Les canaux concédés en 1821 et 1822, estimés 119 millions, auront coûté avec les intérêts perdus 4^0 millions , et cependant la France n'a pas une navigation complète; puisque ces canaux , d'ailleurs en chômage quatre et cinq mois par an , et qui ne rendent pas ensemble les frais de réparation et d'entretien , viennent tomber dans des rivières qui ne sont ni canalisées , ni endiguées , tantôt débordées , et tantôt à sec.
C'est dans un tel état de choses , où les fleuves ^demandent de si grands travaux, où 400 millions sont encore à dépenser pour rendre productives les dépenses déjà faites, que l'administration , succombant sous le fardeau de tant de projets à étudier, à diriger, serait -encore chargée de rinuuense entreprise de huit cents lieues de chemins de fer.
Les lois présentées en 1 842 pour l'expropriation forcée des canaux des tsoropagnies et pour le rachat des actions de jouissance , ont été conçues
par h vasie pensée amlntîeuse , persévérante, malgré les oppositions qu'elle soulève, de s'emparer de rezécutîon de tous les travaux publics.
Les actions de jouissance des canaux ne donnant que des chances de revenus hypothétiques et dans ving^-cinq ou trente ans , le gouvernement veut leur faire attribuer une valeur réelle , devancer les payements de vingt-cinq à trente ans, et mettre à la charge de là génération actuelle le remboursement anticipé d'une créance dont Tintérêt, d'ailleurs fictif, est seulement à payer par la génération future.
Cette disposition est contraire à tous les principes d'économie politique et de justice.
L'expropriation des canaux , sous le prétexte d'utilité publique, autait les mêmes caractères d'iniquité* La loi proposée serait une violation de pactes solennels passés entre des compagnies avec l'Etat; elle détruirait la confiance des associations; elle ravirait au pays les immenses ressources qu'il pourrait en obtenir; elle ferait supporter par les contrées éloignées des dépenses pour elles improductives , sinon nuisibles.
Espérons que la Chambre des pairs , où l'on compte un si grand nombre d'hommes d'Etat expérimentés, repoussera des projets de lois qui enlèveraient à la France tout avenir de prospérité.
S 3. Imprévoyance du prcja di^loi, eomidéré ious la point» de vue de la ecmce
mécanique et de la pratique dans ^exécution des travaux.
L'entreprise par l'État des chemins de fer commencés à la fois sur tous les points du royaume , ne sera pas achevée en trente ans , et restera ^ partout incomplète; le pays ne pourra profiter des perfectionnements possibles pendant cette longue période.
Puisqu'en vingt-cinq ans , les chemins de fer et les locomotives pour le transport des personnes ont été inventés et utilement modifiés, on doit donc espérer qu'avant vingt ans de notables découvertes et améliorations seront le résultat des recherches et des méditations des ingénieurs de tous les pays. Cependant les travaux des grandes lignes , conune celle de Paria à Bordeaux et à Bayonne , étant entamés et achevés sur beaucoup de pointa ToM. 2, sicr. 11. 3
isolés, il ne serait phis possible d'acknettre de noa veaux systèmes de rails, et peut-être même de locomotiTes , justifiés par le succès.
La proposition de Êiire exécuter les terrassements et les travaux d'art par l'Etat, et de charger des compagnies de fournir ks rails, n'a pu être présentée et appuyée que par des personnes étrangères aux travaux.
L'emploi des rails provisoires dodt être immédiat pour diminuer les frais de transport et le nombre des ouvriers ; sans cette ressource indis* pensable , on dépenserait quelquefois trois et quatre fois plus de temps et d'argent pour l'exécution des ouvrages d'art , des grandes tranchées , des remblais étendus qu'exigent les conditions fondamentales des tracés des chemins de fer, en lignés fM'esque droites et horizontales.
Cette disposition de la loi doit être réformée , parce qu'dle entraîne dans un surcroit de dépenses incalculables.
% 4. JHcantiénUni et injusHeê, dans certains cas, de la parOeipaihn déterminée des départements et des communes dans les dépenses t indemnités de lerrami.
Une ligne de chemin de fer coupera un département » une commune sur les limites extrêmes , sans arriver an chef-lieu , et leur sera très-défiivorable , puisqu'elle enlèvera aux populations agglomérées le commerce actuel qui les enrichit; et cependant les habitants seraient forcés d'acquitter les frais d'ouvrages évidemment préjudiciables.
Comment d*ailleurs déterminer la part contributive des communes , qui ne saurait être r^lée d'après la base unique de l'étendue du terrain à exproprier? La fixation des indemnités entraînerait , de nécessité , des débats , des retards et la suspension des ouvrages dans de telles localités , c'e8t*à--dire sur presque toute la ligne du chemin de fer à ouvrir.
S 5. riolatùmpar le projet de loi desprincipes d^éeononUe politique et de la Charte.
Les chemins de fer enrichissent les contrées traversées et particuUèrement les points de départ et d'arrivée ; ib attirent sur ces voies la vie conmierciale à une grande distance, et font déserter ks grandes routes parallèles et rivales, au détriment des populations riveraines de ces routes.
Il est donc juste de faire aequitter la pivsque totalité des frais de oonstroction et d^entretien par les voyageàrs et négocaahts qui en profitent.
Le» travaux de ces chemins sont d'une utilité non générale , mais provinciale; ainsi la Charte n'autorise pas de prélever des impôts, sur tous, pour le profit unique de quelques contrées privilégiées.
11 est juste, sans doute , que l'Etat contribue pour en assurer le succès, en raison des bénéfices que le trésor doit en retirer par les impôts et par l'économie obtenue sur plusieurs services publics; mais ^n intervention, pour être équitable, doit être généralisée; il doit ofirir, sans exception , les mêmes subventions, les mêmes encouragements à tous les travaux réclamés par les conseils généraux de chaque département.
$ 6. ÉmluaÉum des d^^erues effective» de$ huU cents lieues de chemins de fer proposées
d exécuter par VÉtat.
Huit cents lieues , entreprises d'après un même système par l'Etat , coûteront au moins 1,600,000 fr. par lieue, ou ensemble i38o millions, en raison des frais d'administration , de la lenteur des travaux et des éventualités , sans compter les intérêts perdus ; et on ne peut espérer l'achèvement de cette entreprise avant trente-six ans.
n faudra donc dépenser chaque année 38 millions ^ éparpillés sur tons les points , pendant une longue période de trente-six ans.
Mais , en comptant les intérêts composés , k dépense effective sera , non de i milliard 38o millions , mais de 3 milliards 800 millions.
Ce8t-à-(fire que chaque famille de France , composée de sept personnes, devra payer, pendant une génération , la somme énorme de 784 fir., quoique le plus grand nombre de ces familles se trouvent exposées k des pertes par ces nouvelles voies.
S 7. ImpcmSbilité de garantir le payement des huit cents lieues de chemins de fer^
diaprés le système du miniMre.
L'obligation de payer un budget de 1 ,3oo milllona par an a porté lés impôts aux dernières limites de FeÉagérAtion;
L*Etat a déjà contracté rengagement de consacrer en travaux extraordinaires, par la loi du 35 juin i84i 9 b somme de. 5oi millions. Les budgets précédents ont constaté un déficit de. . . 3oo millions.
L'arriéré et les obligations sont donc de 800 millions
non compris les dépenses extraordinaires imprévues.
Maintenant nulle réserve n'est préparée pour les temps de guerre; en sorte que les dépenses militaires , et des apparences même de guerre , détermineraient la suspension des allocations destinées aux travaux extraordinaires et aux chemins de fer en construction.
Qu'on se représente alors le désordre et les pertes occasionnés par l'interruption de tous les travaux? Qu'on évalue le montant des indemnités à payer aux fournisseurs et aux compagnies? On reconnaîtra trop tard les difficultés inextricables , les dangers et les impossibilités du système proposé par le ministère.
$ 8. Probabililés éFune perturbaiian générale occasionnée par la chemins de fer
entreprie diaprée le syMme du miniêUre.
Les populations de quarante-deux départements , ou plutôt des principales villes de ces départements , jouiraient de routes admirables , voyageraient commodément , à raison de huit à dix lieues par heure , à meilleur marché que par diligence. Les frais de construction et en partie d'exploitation seraient acquittés par le trésor.
Les populations des quarante-quatre autres départements seraient réduites à se servir de routes à pentes rapides , coupées d'ornières , où les transports continueraient à se &ire chèrement et avec une vitesse seulement d'une lieue par heure pour les marchandises» et de deux lieues pour les voyageurs.
Il est évident que tout équilibre serait rompu , que les' agriculteurs et les fabricants des quarante-quatre départements délaissés ne pourraient soutenir la concurrence avec ceux des quarante-deux départements favorisés. n y aurait bientôt déplacement d'industrie et dépopulation ; d'une part appauvrissement rapide; d'autre part accroissement d'aisance et de richesses.
ParuneauU« fieitalité, les i,38o millions à dépenser en chemins de fer seraient presque exclusivement réservés aux; grandes villes et aux contrées les plus fiivorisées , déjà en possession de tous les monopoles, de remploi de la presque totalité du budget de la guerre, de la piarine> et surtout de Tinâtruction publique, etc., et du bénéfice des foncticms publiques dévolues à la jeunesse plus riche des grandes villes de ces quarante-deux départements , d'ailleurs instruite gratuitement aux finns du trésor.
Les quarante-quatre départements traités par le projet ministériel en pays conquis, manifesteraient, avec éclat, leur mécontentement qu'autoriseraient l'augmentation indispensable des contributions et les difl&mltés croissantes de les acquitter par la vente de produits du sci déprédés par la concurrence.
$ 9. IncaiwénimU ei, dangen de rinUn^enUon du miniitére dam te choix de$ iraeéi$
ei dans la direeUan des travaux des chemins de fer.
Entre les points de départ et d'arrivée d'une grande ligne , trois ou quatre projets sont toujours possibles et paiement praticables. Ghacpie direction a de nombreux et ardents partisans. Le gouvernement , en adoptant un tracé , à l'exclusion des autres , soulève gratuitement contre lui le mécontentement dea contrées déshéritées.
Supposons enfin les huit cmits lieues votées et même , par impossible , sufiSsamment dotées. On chargerait chaque ingénieur des localités de l'exécution d'un anneau, d'un tronçon. Mais , dans le nombre, beaneoup sont inexpérimentés , n'ayant pas même eu l'occasion d'étudier, ni même de visiter les entreprises du dehors.
Chaque ingénieur en chef directeur enverrait à Paris les projets d'ensemble et détail , avec les propositions de modifications présentées par les ingénieurs des divers grades sons ses ordres.
L'administration de Paris pourrait-dle avec maturité , avec oonnaissaiice des. heuz, se prononcer sur mille projets divers , la plupart controveméri?
On sait que l'administration , par sa nature indécise, a varié souvent pen-
daat un >deiiiMiècle , mxr ka points essentiebdu tiMé descttuiuz de Bourgogne, de PioaidM* do Niveraob^ da Rhin an Rhône dans la trayeraée de Besançon , elc. Pourquoi n*en jeraitril pas ainsi des grands projets de chaoûiis de fer , dont les modifications plus nombretises seront pins vi^ vement appny ées par les délégués des départeineaitret des cantons maux ?
L'administratîoB ourrirak des chemins de fer à grands frais et avec le flaéme luxe dans les contrées désertes des landes on bruyères, entre Bordeaux et Bayonne , entre Orléans et Boui^es, entre Châlons et Nancy , commedansla Flandre française, la pkis riche et la plus peuplée dumonde.
£lle confierait la fdopart de ces ouvrages aux ingénieure des localités, il— itmmrii enoondocteura, parce qu'on leur refuse le pouvoir de modi* fier et de perfectionner les projets.
Le ministère, ayant, chaque année, 38 millions à éparpiller sur huit cents lieues , serait sollicité par chaque député des départements favorisés pour obtenir des allocations plus fortes. Chaque ville , sur les diverses lignes , rédamerait un commencement d'exécution dans la crainte qu'un changement de tracé ne fut ordonné par de nouveaux administrateun.
Les ministres, obsédés de demandes partionlières des députés et de leurs ^ëlectenn , ne pourraient plus s'occuper des grands intérêts du pays.
Quelle que soit la haute capacité d'un honmie d'Etat, s'il est condamné à recevoir, chaque jour, beaucoup de députations nombreuses, il ne peut disposer du temps , ni conserver 3a «force d'attention nécessaires è Tétude des questions politiques du dehors et du dedans.
Tout. est donc perte et péril par l'intervention du ministère, dans la direction des travaux publics.
S 10. Influence féconde el miraculeuee dé iexéeuiian exeUime det travaux publia
par de vérUabki anaciaUant.
Dans les Etats représentatifr liien aéglés, le gouvernement honore et ooMÔe les associations ; il leur accorde des «traités firvoraUes et toujours respectés; il donne des conoessioDs à perpétuité, des suliventions et des taié£i ssuflkants.
Avec ces mêmes eocounigeineiitff mdûjpeiMableft^ oai trottrennt» en France, en une afisée, des aaaecîalioiia qui {nrendraient FengagemaM d'achever, en moins de dix ans, Irait cenla lieues de chemins de fcr', tFBoés, nott selon le oaiprice administratif , mais d'après les votes, des obnatils généraux.
En adoptant un tel système , on femit cesser les animoeités des leoslilés rivales; on mettrait les dépenses des travaux k la charge des contrées et des personnes qui en profiteraient. Chaque année de nouveaux projets seraient proposés, votés et bientôt exécutés.
Le gouvernement obtiendrait des témoignages de reconnaissance des populations diverses , également appelées k la libre exécution des amé-^ liorations.
Ghaque compagnie, s*enqnérant partout des déeouvertes nouvelles, s'empresserait de les accueillir et de profiter des lumièrsS' des plus cAè^ bres ingénieurs. Elles ouvriraient des cbenûns seulement à une on à deux et trois foies, selon Facti vite des transports. Quelques-unes établi raient ces chemins avec un luxe dé âoli^té pour se pibcurer des vitesses de dix à douze lieues par heure ; d'autres recherdieraient une extrâme économie dans le choix des ouvrages et des matériaux pour retirer Fintérét des capitaux dépensés.
Ce ne serait plus une égalité aveogle et imprévoyante qui présiderait aux entreprises; on n'ordonnerait pas des ouvrages en pierres de tidlle dans les contrées pauvres. Les compagnies , dominées par la haute raison de rendre les chemins productifs, sauraient préfêrer k des mOnilmelitk d'architecture , les ponts en bob , en briques , d'une dépense quelquefois dix fois moindre.
L'intervention exclusive des associations forme des ingénieurs célèbres , inspirés par la gloire d'atta<^er leurs noms k des travaux conçus et achevés par eux ; elle produit des mécaniciens nombreux et habiles ; elle les excite k se distinguer par des découvertes qui les enrichissent. Les actionnaires des localités , diargés de diriger , de surveliUier lies travaux , acquièrent une rapide instmcticm et en font profiter leur pays dans les conseibdesViRffi et des départements. ^
Les associations unissent les habitants d'une contrée par mille liens
d^ÎDtérét et d'affection, et donnent à une nation une puissance d'agrégation, une volonté éclairée, généreuse, qui la rendent homogène» prospère au dedans et formidable au dehors- La représentation nationale, alors composée d'hommes plus expérimentés , appelée à examiner séparément chaque projet des associations soumis à sa sanction , parvient , à l'aide d'enquêtes , à les rendre plus parfaits , et contribue puissamment aux progrès des améliorations générades.
S 11. De$ oppotitions H des oppoiOÊUê àrexéeuêUm, par du eampagniei j
de$ chemim de fer ei autre$ travaux pMia.
Le système des entreprises par l'Etat est favorable aux brillants orateurs de la Chambre , aux chefs de coteries , qui , sans études préalables, sans instruction spéciale , ont la chance d'obtenir des emplois éminents. Ministres , ils exercent le pouvoir de disposer du sort de cinq cents savants ingénieurs , sortis dans les premiers i^ngs d'une école célèbre où ils n'auraient pu se faire admettre ; et ils jouissent de la faculté sans limites de r^rtir des centaines de millions , d'enrichir certaines localités de leur préférence , et de ruiner les autres par un abandon capricieux.
Une souveraineté héréditaire, dans les autres Etats, ne confère pas d'aussi nombreux privilèges, et n'est pas convoitée avec plus d'ardeur.
En France , la conquête des ministères est obtenue , pour la ruine du pays, par les succès brillants de discours académiques.
En dehors du ministère , les financiers spéculateurs , déjà enrichis par les canaux de 1821 et 1822, par les emprunts, les traités avec l'Etat, et par l'exploitation de tous les monopoles déplorables , voient avec <mibrage le concours des véritables associations du pays; ils les considèrent comme des concurrences dangereuses ; et ils les poursuivent , par anticipation , de leurs paradoxes et de leurs suppositions erronées.
Us prétendent que les Français n'ont pas l'esprit d'association , que les honunes et les capitaux manquent ; ils accusent indirectement le gouvernement de ne pas inspirer de confiance; ib caloinnient le pays qu'ik se proposent d'exploiter de plus en plus.
Ils appellent les adversaires des monopoles des ennemis de l'Etat , et ils les poursuivent de leurs sarcasmes , de leurs attaques , de leurs outrages; tels sont les monopoleurs qu'Adam Smith , dans la Richesse des nations , a dépeints avec autant de chaleur, d'éloquenpe, que de vérité.
Les compagnies financières, concessionnaires de chemins de fer, verraient aussi avec inquiétude se multiplier les associations chaînées d'enr treprises analogues , qui mettraient en émission des actions et établiraient une concurrence pour les transports. Elles savent que les travaux du gouvernement ne finissent que rarement , sont négligés , et ne peuvent offrir une rivalité dangereuse; elles préfèrent son intervention.
Une autre classe d'opposants a plus de puissance et d'intérêts pour re* pousser les véritables associations.
Les députés appelés ministériels et ceux des grandes villes favorisées au détriment des campagnes, ont la conviction, par l'expérience, qu'en abandonnant au ministère la libre et arbitraire dispensation du budget de l'Etat , leurs localités obtiendront , par des travaux de faveur, beaucoup plus qu'elles ne payent annuellement par les impôts , et que cette générosité ministérielle doit établir et étendre leur popularité personnelle.
Quoique tous ces ennemis déclarés des véritables associations et des prospérités de la France ne comprennent pas dix mille familles , que peuvent contre leur association puissante trente-quatre millions d'âmes disséminées ou isolées? Les principaux chefs de ces familles, envoyés comme dél^ués par les principales villes , ont la majorité dans la Chambre, dans les commissions , dans les conseils , et font considérer les monopoles établis comme des droits acquis par prescription. Des doctrines désolantes ont été inventées pour justifier les privilèges financiers exorbitants, et des haines ardentes s'attachent aux écrivains qui osent les combattre ; on les représente comme des utopistes , des ennemis publics , et sous les bannières des monopoleurs , le peuple abusé est conduit périodiquement à des catastrophes inévitables.
Le gouvernement et le public doivent également souhaiter et vouloir un système légal , également favorable aux populations des villes et des campagnes.
ToM. 2, sicT. II. 3
§ 12. Rémmé de$ déioiiris que recèle Uk Ici em Ui ehemine ie f&r lells qu'eUe e$i
projméepgr le minielère ei par Jki commUeùm,
Les lignes proposées , d'une étendue de huit cents tieues , coûteraient à des compagnies 1 38o millions; exécutées par TEtat, la dépense effective, en y comprenant les intérêts composés pendant trente-six ans , serait de 3 milliards 8oo millions , parce que ces travaux ne donneraient pas de revenus.
Le système de Tezécution des terrassements et des ouvrages d'art par l'Etat et de l'intervention postérieure des compagnies pour la fourniture seulement des rails , des machines , est impraticable » parce qu'il faut que ces rails et les bois soient immédiatement employés aux transports des terres et des matériaux.
Les travaux , partout commencés par VEJLàt , resteraient longtemps improductifs. A la première gnerre, par exemple, ks allocations seraient réduites ou suspendues ^ et les travaux abandonnés dans leur imperfection se dégraderaient rapidement.
Le ministère ayant it éparpiller, par as, selon sa vcrfonié, 3o à 4o millions sur huit cents lieues, serait obsédé de demandes; les membres de la Chambre obtiendraient des parts distributives plus fortes, selon leur influence et leurs votes.
La représentation nationale perdrait de sa dignité et de son action sur le pays.
La France se trouverait de plus en plus divisée en deux catég<MÎes«
L'une, jouissant dé^à de tous les monc^les, aurait &k outre des voies admirables où les transports se feraient à raison de huit à dix lieues par heure et à bas prix.
L'autre, déshéritée, réduite à des routes rares et mauvaises^ payerait les améliorations dont elle ne profiterait pas; elle verrait ses populations s'éloigner, Le coounerce et l'agriculture s'appauvrir^ les impôts enoitre et les moy^is de les acquitter s'affaiblir.
Cette partie de la France marcherait à une décadence rapide , et deviendrait davantage encore la proie des usuriers.
L'Etat lui-même , forcé de recourir à des emprunts , sans ressources contre les éventualités, et pour les cas de guerre, se trouverait à la discrétion des financiers spéculateurs , les adversaires les plus violents des véritables compagnies exécutantes.
Les chemins de fer, entrepris par l'État, ne devant être construits que lentement, ces travaux ne formeraient pas les milliers de mécaniciens indispensables pour construire, réparer et conduire les machines des vaisseaux à vapeur , sans lesquelles nos flottes à voile seraient bientôt détruites dans les temps de calme, en pleine mer, ou dans nos ports.
Les fonds consacrés , par le ministère , aux chemins de fer, quoique insuflBsants, devant épuiser les finances pendant un long avenir, la loi serait en définitive une proposition législative contre les chemins de fer. Nulle espérance d'en établir ne serait laissée aux départements répudiés, dont tontes les ressooroes seraient ravies par des impôts excessifs et croissants. La loi, concédant au ministère un pouvoir exorbitant d'enrichir oa de ruiner les départements , selon ses afiections ou ses antipathies , pourrait séduire des ambhioiis passagères ; elle comblerait des vœux ', et réaliserait une pensée vingt ans poursuivie avec une inflexible persévérance. Mais une solennelle discussion éclairera nos hommes d'Etat ; ik saurcmt préférer k une autorité éphémère et à des projets funestes , les grands exenoples donnés par Sully et Golbert , et la l^slation de Henri IV . Ik respecteront des édita, des traités et des exemples que la convention , conviée par dea populations imprévoyantes, n'a pas voulu briser ou démentir.
Nos ministres entendront les avis des députés les plut édairés, et désintéressés dmis ces questions, et devineront les rédamations unanimes de plus de seize millions d'habitants exposés à des pertes incalcidables par le projet de loi.
Ils ne voudront pas s'associer à des prétentions désordonnées de personnes qui prétendent exploiter la France au profit de leurs localités.
Us se refuseront surtout à exploiter les vastes projets de diemins de fer au profit des élections futures , et à jeter le pays dans de nouvelles convulsions; résultats inévitables d'une majorité représentative, en hostsUlé avec la majorké des populations.