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lis étaient tout préparés par ceux mêmes qui voulaient l'en accabler ; le peuple souffrait , il lui promit secours , lui demanda le sien : c'est l'art qu'il employa.
Il commença par répondre à la lettre du commandant et à rendre publique cette réponse.
« Deux choses , lui dit-il ^ m'étonnent égale- » ment dans votre lettte : c'est la siaDificatioa V que vous donnez au mot public y et les doutes » que vous me manifestez sur le véritable sujet de » ce que vous appelez une effervescence affligeante.
9 Le mécontentemeilt universel , que vous ap- » pelez effervescence, a des sujets ou motife » trop connus pour ne pas lever tous vos » doutes.
» £t d'abord le peuple meurt de £adm : voilà un «sujet. Les principaux mandataires de l'autorité 9 dans cette province sont accusés depuis qua- » rante ans de brigandage sur les grains : voilà » un autre sujet. I/insolence et l'iniquité des pri- » vilégiés va en. augnlentant : voilà un troisième » sujets
9 On est indigné qu'au mépris des intentions » connues du roi et de ses lois textuelles , on » contrarie le bienfait qu'il accorde à la nation , »ou plutôt qu'on veuille le rendre impossible: » voilà un quatrième sujet.
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4 On est navré de douleur que le parlement » s'obstine à juger et à perdre les malheureux » que la faim a seule égarés ; que l'évéque de Sis- » teron ' pardonné tout haut et se venge tout bas ; » que voua cédiez, contre vos principes et votre • bonté naturelle, à de perfides et iniques de- » mandes d^ troupes ^ qui n'ont que faire là où » il n'y a pas de bruit , si Ton n'y en veut point , »qui ne doivent point être mam-/brt« de qui ne » trouve pas de résistance^ et qui vont attirer up dé- » luge de malheurs sur cette province: voilà une » foule d'autres tristes sujets de mécontentetnent y » et j'en épargne bien d'autres à votre sensibilité.»
Passant ensuite aux honneurs qu'on lui a rendus , à l'empressement de toutes les classes de citoyens à le fêter, aux nombreuses escortes qui firent de sa marche un triomphe, il ajoute t
« Vous devez comprendre, d'après ces détails, » qu'il était aussi impossible d'empêcher une pa- »reille efferveècetiee (puisqu'on veut l'appeler » ainsi ) que de la provoquer , et qu'il n'y aurait » eu de moyen pour moi d'éviter tout cela que » de fuir un poste que je serais Coupable d'aban- » donner. »
On a raisonné sur le peu d'énergie que montra
' Ml. Louis de Suffren Saint-Tropei.
M. de Caraman dans cette occasion. Mais que veut-on dire par là ? qu'il aurait dû faire agir des troupes contre Aix et Marseille, arrêter ceux qui marquaient du mécontentement , et commencer par Mirabeau ?
Mais en tout il faut voir la fin. Âurait-il été sûr de réussir dans des mesures aussi violentes? Aurait-il pu prévoir les suites de cette démarche ? Il faut bien distinguer un trouble qui naît de quelques volontés particulières ou des intérêts <le quelques hommes, d'une insurrection qui résulte d'un accord général , d'une intention commune à toute une ville, à toute une province. L'emploi de la force est alors dangereux , et avec un peu de conscience et d'estime de soi-même on doit s'en abstenir. Combien d'exemples des tristes effets de cet abus ne nous offre pas la révolution ! Dix ans , quinze ans ^ trente ans après , les peuples s'en souviennent encore , et vengent sur des générations innocente3 les fautes et les violences de leurs pères.
M. de Caramau. n'agit donc ni par faiblesse , ni par connivence, ni par égard pour son cousin, en s'abstenant de l'emploi des troupes ; mais il est aisé de raisonner et de trouver des torts à un homme lorsqu'on n'a aucune idée de ces temps d'orage.
SUR MIRABEAU. 2o3
La réponse de Mirabeau à ce commandant , rendue publique , était peu propre à calmer la fermentation ; elle aUait tous les jours en augmentant: elle était entretenue chez les uns par les difficultés que faisaient naître les nobles à la tenue des élections , suivant le règlement arrêté par le roi ; chez les autres , et surtout le petit peuple, par la rareté et la cherté des subsistances qu'il soupçonnait. , non sans quelque motif, être l'effet de la fausse politique et de la perversité de quelques magistrats.
Comme leiu*s semblables , en pareilles circonstances , ceux-ci comptaient vraisemblablement entraîner le peuple à quelque acte répréhensible , afin d'avoir un motif plausible de sévir contre lui , et de le forcer par la terreur à les laisser agir sur le reste comme ils l'entendraient: manœuvre qui réussit toujours mal, et qui tourna ici contre ses auteurs.
Mirabeau sentait toutes les conséquences d'un pareil état de choses ; il plaignait un peuple qui lui avait donné mille preuves de confiance et d'attachement ; ses conseils ne pouvaient être suspects , il les employa pour calmer les esprits et diminuer l'irritation que les menaces de l'autorité produisaient.
Il fit afficher dans tout Marseille un avis
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adressé à ses habitants : en voici quelques passages qtie je cite comme autant de preuves du talent de Mirabeau à traiter des matières ^f&ciles 9 et à en parler au peuple d'une manièi*e à le persuade^.
« Mes bons amis j je vais vous dire ce qtie je
• pense sur ce qui s'est passé de^uld trois jours' D dans votre superbe ville: écoutez-Ttioi ; je ne » désire que vous être utile, et je ne veUx pas vdus » tromper*
» Chacun de vous ne veut que le bien , pârcéqUe « vous êtes tous des honnêtes gens ; mài^ chacun » né sait pas ce qu'il faut faire î on se trompe sou* » ve^t même sur son propre intérêt .....
» Vous vous plaignez principalement dé deux » choses , du prix du pain et de celui de la viande. •Occupons-nous premièrement dû paih , et puis
• le reste viendra : le pain est l'essentiel. Il fàiit » deux choses pour lé pain , d'abord qu'il y ëh » ait, ensuite qu'il ne soit pas trop cher. Eh bien !
' Le peuple, poussé par le besoin, échauffé par les discours des mécontents, irrité par la présence des troupes, s'était porté à des excès ; dès magasins avaient été pillée, des officiers publics insultés et maltraités, edfin tout ce
qu'on doit craindre d'une multitude
« ■ Qui croit veoger sa cause et punir de» pervers. •
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» mes bons aini$ , j'ai une grande nouvelle à vous » dpnner 9 c'est que le blé ne manque pas au » moment où je vous écris. Il y en a cinquante » mille charges ' dans la ville ; ce qui donne du » pain pour trois mois et douze jours. Ce n'est pas ^ tout , nies bons ^mis : outre ces cinquante mille ») charges de blé que déjà nous avons , vos ad- » ministrateurs çt les négociants en attendent » encore une grande quantité ; il doit en arriver » d'Afrique , du golfe Adriatique , de Cagliari , de «Livourne, de la Romagne, du Nord, delà Nou- » velle-Angleterre ; plusieurs chargements ne tar- » daroht pas à entrer dans le port ; il y en aura » cent vingt mille charges , et vqilà du pain non » Sjsiilement pour vous., mais pour vos amis.
» Ainsi soye^ tranquilles , parfaitement tran- » quilles: remerciez la providence de ce qu'elle » vous donne ce que tant d'autres n'ont pas. Vous » le savez , vous l'avez ouï dire , les saisons ont » été généralement très mauvaises dans tous les » pays ; la grêle, les orages ont détruit bien des » récoltes ; on souffre ailleurs bien plus qu'ici, et «cependant ceu^c qui souffrent prennent pa- » tience.
' La charge de Marseille pèse deux cent quarante-cinq litres, poids de iparc.
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» Je vais maintenant examiner avec vous pour- » quoi le pain est fort cher. » Ici Mirabeau entre dans des détails très bien exposés; que le prix du pain étant déterminé par celui du blé, il faut avoir égard aux causes qui haussent le prix de celui-ci ; il en tire cette conséquence , que le blé qu'on apporte à Marseille venant de loin, si l'on fait payer le pain 34 deniers la livre, au prix moyen , c'est tout ce qu'il est possible de faire.
« J'espère donc, ajoute-t-il, que vous serez «tous satisfaits et tranquilles, et votre exemple » mettra la paix partout. Oui , mes amis , on dira » partout : Les Marseillais sont de braves gens. Le »roi le saura, ce bon roi qu'il ne faut pas afifli- » ger , ce roi que nous invoquons sans cesse ; et » il vous aimera et vous estimera davantage. Com- »ment pourrions- nous résister au plaisir que » nous allons lui faire , quand il est précisément » d'accord avec nos plus- pressants besoins ? Com- »ment pourriez - vous penser au bonheur qu'il » vous devra, sans verser des larmes de joie ? »
Cet avis diminua l'eflTervescence et l'irritation ; il est si aisé de calmer le peuple quand on ne méprise ni ses droits ni ses plaintes ! Il se contente de si peu ! du pain , un peu d'aisance : voilà ce qu'il demande ; voilà ce que l'injustice
lui refuse trop souvent , et qui le réveille de son paisible sommeil. On parle d'héroïsme et de vertu; et où en trouverez-vous plus que chez le peuple ? Tandis que la grandeur et l'opulence nagent dans les délices , l'homme du peuple place son ambition à pouvoir donner du pain à sa famille. Il est plus grand que vous , grands du monde : car si l'or et les dignités excitent entre vous de honteuses rivalités , lui voit avec mépris les marques extérieures de votre opulence : il n'envie ni vos repas somptueux, ni vos chars brillants ; il est au-dessus de ces tristes vanités , par sa résignation y par son courage et par l'amour des vertus domestiquas. Sa vie est un continuel sacrifice, dont la récompense ne lui est offerte que dans un autre monde.
On a reproché à Mirabeau d'avoir ici flatté le peuple pour l'égarer. Trouve-t-on qu'il ait agi ainsi dans la pièce qu'on vient de lire? Si c'est là le langage d'un habile ambitieux, ce n'est pas celui d'un agitateur , encore moins d'un vil conspirateur : si l'ambition domine ici, on y voit percer en même temps ce respect des lois , cette haine des prévaricateurs, et cet amour de la liberté qu'il ne confondit jamais avec la licence.
Cependant , les mêmes scènes qui avaient agité
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Marseille se préparaient à Aîx : les mêmes causes devaient produire les mêmes effets ; c'était le moment des élections, et il était à craindre que les ennemis de la paix n'en profitassent pour troubler les choix libres des votants. Les émeutes furent l'ouvrage d'imprudents magistrats, qui auraient pu y couper court avec plus de mesure et de réflexion dans leur conduite.
Les habitants de la sénéchaussée se consultaient sur les voix à donner. Mirabeau, exclu ps^r les nobles, avait été reçu avec empressement par le tiers-»état ; tous les électeurs de cet ordre le portaient d'un suffrage unanime à la députationi Cp n'était pas ce que voulaient les nobles ; ils n'avaient qu'avec une grande répugnance laissé exécuter le règlement donné par le roi ', et tout était préparé pour opérer une sédition qu'on pût attribuer à ceux qui l'avaient soutenu, et particulièrement au comte de Mirabeau.
La provocation fit explosion , mais non de la manière que l'avaient espéré les insensés patri-
' En voici le titre: Règlement Jait par le roi pour l'exécution de se$ lettres de convocation aux prochains états-généraux dans son comté de Provence,
Arrêté au conseil du roi tenu à Versailles le a mars 1789. Signé Laurent de Yiliedeuil.
ciensy qui en attendaient un favorable résultat ; le peuple et la bourgeoisie étaient pour Mira^ beau : ils lui restèrent fidèles.
Les électeurs avaient été convoqués en diffé* rents endroits , suivant leurs professions respec* tives : ceux qui ne tenaient à aucune corporation le furent, d'après Tordre des consuls, à l'hôtel de* ville, conformément au règlement du roi, pour y procéder aux élections. Dès ce moment le désordre commença. On voit par le procès verbal qui a été dressé de cette journée , que M. le marquis de Lafare, premier consul d'Aix, le même que nous avons vu provoquer l'exclusion de Mirabeau , alla se placer sur la porte de Thô^ tel de ville, en attendant que l'assemljilée fut complète : il y fut hué par une troupe de femmes. Alors quelques bourgeois et le second consul l'invitèrent à rentrer ; il s'y refusa, et se mit à parlementer avec la populace sur la diminution du prix du pain et la suppression de l'impôt sur la farine. Comme M. de Lafare ne disait rien à ces gens qui les satisfît , ils s'échauffèrent de plus en plus ; il crut les calmer en leur jetant de l'argent : mais , loin de s'apaiser , une des femmes du rassemblement vint lui demander avec une nouvelle audace la diminution du prix du pain ; à quoi il répondit qu'elle était faite m. 1 4
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pour manger la fiente de ses chevaux % propps &it pour accroître Tirritation. Pour en prévenir les suites, M. de Lafare ordonna à la troupe de faire un cercle autour de lui ; mais les menaces des femmes allant toujours en augmentant , le consul prit un fusil et fit mine de tirer sur elles. Dès ce moment les pierres volèrent de toutes parts et le forcèrent de rentrer dans l'hôtel de ville : on ne doute pas qu'il ne fiit resté exprès à la porte afin d'en venir à ce point. . Toutes les fenêtres de l'hôtel de ville furent brisées ; les bourgeois qui y étaient rassemblés pour l'élection dés députés barricadèrent les portes de l'intérieur pour «mpêcher la foule d'entrer. M. de Lafare voulut mettre son chaperon, signe de son autorité, et parler aux assaillants ; mais on l'en empêcha , parcequ'il y allait de sa vie : les mutins criaient , Lafare f Lafare I
Pour se tirer d'a£faire , il venait de signer un ordre d'ouvrir au peuple les greniers d'abondance ; mais son collègue et les bourgeois pré-
' Procès-yerbal de Têmeute arriyée à Aîx le a5 mars 1789, adressé ep original à MM. Necker, de Vîlledeuîl, et de Beauyau, ministres du roi; à Aix, le 27 mars
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sents lui firent sentir les inconvénients d'une pareille démarche; il retira l'ordre, et se borna à une ordonnance pour diminuer le prix du pain : il était trop tard ; le peuple voulut absolument qu'on ouvrît les greniers.
La troupe arriva , mais cette mesure ne produisit que du mal, sans empêcher le désordre. Elle tira sur le peuple , et deux hommes furent tués. Les pierres recommencèrent comme de plus belle à pleuvoir. Le jeune chevalier de Caraman, qui était de service auprès de son père , en ftit atteint , et maltraité par le
peuple.
Cependant M. de Lafare , qui avait imprudemment , ou à dessein , comme on le crut généralement , provoqué ce désordre , s'était sauvé de l'hôtel de ville ; mais la multitude n'en devint que plus furieuse. Les autres membres de la municipalité et les bourgeois, ^yoyant les portes prêtes à être enfoncées , les ouvrirent , et tâchèrent de calmer le peuple, irrité que la troupe eût tiré sur lui. On fut obligé , pour prévenir une seconde émeute , d'ouvrir les ^eniers , et le peuple emporta ce qu'il voulut du blé qui s'y
trouvait.
Cependant le comte de Mirabeau , qui était à Marseille , arriva à Aix le 26 mars à trois
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heures du matin. Il eut au moment même une entrevue avec M. le comte de Caraman pour se concerter sur les mesures à prendre. Le commandant lui remit la police intérieure, et le laissa le maître du choix des moyens de faire cesser la sédition. '
Mirabeau, persuadé, d'après l'examen des faits , qu'elle n'était pas l'ouvrage des bourgeois , confia la garde de la ville à la milice bourgeoise. Chacun s'empressa d'obéir à ses ordres ; et en moins de deux heures la troupe se retira des postes où elle était placée, et ils furent occupés par cette milice. Il monta à cheval , visita tous les corps 'de -garde, et ordonna aux capitaines de la garde bourgeoise d'exécuter les ordres de M. de Caraman.
Le peuple calmé , Mirabeau lui dit qu'il fal-* lait tout attendre de la bonté du roi et de la sagesse de ses ministres; qu'il devait se méfier des suggestions de ses ennemis, qui ne l'excitaient à la révolte que pour mieux l'asservir. Tout rentra dans Tordre accoutumé. On fit publier que les personnes qui avaient du blé audelà de ce qui était nécessaire pour leur provision le rapportassent. On vit bientôt ce même peuple , plein de confiance dans la loyauté publique,-rapporter celui qu'il avait pris, sous la
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promesse qu'on lui fit de ne point être recherché , promesse , hélas ! qu'on eut l'injustice de ne pas tenir; on vit même des habitants d'Aix, afin de se disculper du reproche d'avoir participé à l'émeute, provoquer la rigueur des tribunaux contre ceux qui y avaient pris part : les moteurs secrets restèrent impunis.
Tels sont les faits qui se passèrent en Provence : mal connus jusqu'ici , ils ont donné lieu à mille absurdes récits contre Mirabeau. On Ta accusé d'avoir provoqué la sédition , afin de parvenir à se faire nommer député ; et ses ennemis en ont donné pour preuve qu'il fut élu pendant l'émeute , et lorsque le peuple le demandait à grands cris, mais il ne fut pas le seul élu dans ce moment. Qui ne voit qu'un pareil trouble pouvant servir de prétexte pour employer la force et gêner la liberté des choix , ou les faire déclarer nuls, il se serait bien gardé de le provoquer après toutes les chances de succès dont il était sûr? Mirabeau, qui avait été si pompeusement accueilli par toute la ville , qui y était regardé comme le défenseur des droits du tiers, avait -il besoin de manœuvres séditieuses pour capter ou forcer les suffrages? Exclu de la noblesse, aucune loi n'interdisait à l'autre ordre de le choisir , et plu-
sieurs gentilshommes ont été comptes parmi les représentants âes communes. On cria plusieurs fois , Mirabeau député ! Mirabeau député ! pendant la durée de l'élection; mais qu'est-ce qui prouve que ces cris fussent l'effet de l'émeute plutôt que celui de la confiance et de l'opinion
générale?
Pendant ce combat des élections à Aix, il publia un écrit qui fit de l'impression , et ne contribua pas peu à lui concilier le suffrage des hommes qui avaient besoin de s'entretenir de la législation provisoire pour le choix des députés à envoyer aux états -généraux : c'était un développement ou examen du règlement donné par le roi pour l'exécution des lettres patentes relatives à cette convocation '. Après avoir relevé , dans cet acte du gouvernement , quelques imperfections et des contradictions, soit dans son rapport avec la loi , ou avec les besoins de la province , après avoir indiqué ce qu'il aurait cru plus convenable de faire d^à les circonstances, il finit par conseiller avec force d'obéir aux ordres du roi, comme le' seul moyen de marcher vers un but utile , et de seconder les intentions du monarque, dont il
« Aix, i5 ntiars 1789.
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parle toujours avec un respect qui ne s'^st jamais démenti'. '
■ Les députés élus de la sénéchaussée d*Aix furent y pour le clergé: M. de Boisgelin, arcbeyêque d*Aiz; M. Cousin , curé de Gucuron.
Pour la noblesse : MM. d'André, conseiller au parlement d*Aix, et Clapiers, avocat à la même cour.
Pour le tiers-état : MM. le comte de Mirabeau ; Bouche , avocat au parlement d*Aiz ; Odier-Massillon , lieutenant-général de la sénéchaussée; de Pochet, ancien consul d'Aix, procureur du pays de Provence.