‹ Mémoires sur quelques mammifères fossiles des phosphorites du QuercyChapitre 16 sur 43 · CAR NE · texte numérisé non relu

CAR NE

interne s’abaisse de plus en plus, alors qu'elle se rejette davantage en arrière. En un mot, lorsque l’on observe beaucoup de pièces, l’on trouve tous les passages entre les genres Stenoplesictis et Palwoprionodon, qui pourtant, à ne considérer que les-échantillons types d’après lesquels ils ont été établis, paraissent absolument différents. J'ai pu au moyen d'échantillons, faisant partie de ma collection, établir actuellement toutes les formes intermédiaires entre les Palæoprionodon et la race de Cynodictis que j'ai décrit plus haut sous le nom de Cynodictis leptorhynchus var. Viverroïdes.

STENOPLESICTIS MINOR (Filh.\

Je décrirai sous le nom de Stenoplesictis minor une toute petite forme de carnassiers dont j’ai pu réunir plusieurs maxillaires inférieurs. Malheureusement la série des prémolaires manque presque totalement sur toutes mes pièces. La carnassière seule et la tuberculeuse sont en place.

L'étendue de la série dentaire en arrière de la canine inférieure varie suivant les maxillaires entre 0M023 et 0M020. Je vais, pour les mesures suivantes, me rapporter aux deux échantillons qui m'ont fourni ces deux nombres.

Espace occupé par les prémolaires, échantillon numéro 1 : 0m016 ; échantillon numéro 2 : 0M014.

Espace occupé par la carnassière et la tuberculeuse, échantillon numéro À : 0®007; échantillon numéro 2 : 0006.

Hauteur du corps du maxillaire en arrière de l’alvéole de la canine, échantillon numéro 1 : 0004; échantillon numéro 2 :

Hauteur du corps du maxillaire sous la carnassière, échantillon numéro 4 : 0M005 ; échantillon numéro 2 : 0"0047.

Hauteur du corps du maxillaire immédiatement en arrière de la tuberculéuse, échantillon numéro 4 : 020065; échantillon numéro 2 : 0M006.

Epaisseur du corps du maxillaire au niveau de la carnassière, échantillon numéro { : 0M003 ; échantillon numéro 2 : 0m003.

Les mesures relatives aux prémolaires ou à leurs alvéoles, lorsque ces dents n'existent pas, sont les suivantes :

1re PRÉM. 9e PRÉM. 3e PRÉM. 4e PRÉM.

CR

CR PE. S TER (alv.) (alv.) (alv.) (alv.) (alv.) {(alv.) {alv.) Max.n° 1 Max.n°2 Max.n°1 Max.n°2 Max.n°1 Max.n°2 Max.n°i Max.n°2

Longr. 0m0013 0®0012 0%0030 0"0030 0®0035 0w0032 00040 00037 Saber DOUCE Om0040 ......

Largr. 0m0010 0001 0w0013 Om0012 0®0015 00015 0®0020 00017

Les mesures relatives à la carnassière et à la tuberculeuse sont les suivantes :

CARNASSIÈRE TUBERCULEUSE Max. noi Max.no2 Max. no{ Max.no?

Dosenenr ee EN aie de 0m0060 0m0055 00015 00015 Hauteur du bord antérieur ..... OnDO20MmOND020 TE NE he

Hauteur de la pointe principale. 0®0045 0®0042 Hauteur de la pointe interne.... 0w0020 0%0020 Hauteur dutalon ann. OxOOTOMOmOODIPENT SEAL A "RÈ Epaisseur maximum............ Om0026 00028 00010 00010

Ecartementcompris entre le sommet du bord antérieur etle sommet de la pointe interne...... 0m0035 00035

eleiele elel à Deco é/ofe

Setels etre ss es e

Il existe à la face externe du maxillaire deux orifices pour la sortie des vaisseaux et nerfs dentaires inférieurs. L'un correspond à la première prémolaire, le second à l’espace compris entre la deuxième et la troisième prémolaire. Ils sont distants de 0M002 du bord alvéolaire.

G. PALÆOPRIONODON (Filhol)

PALÆOPRIONODON LAMANDINI

(PL. IV, fig. 3-4.)

J’ai fait représenter sur la planche IV, figures 3,4 et 5 de ce travail, le maxillaire inférieur d’après lequel j'ai établi, dans une note communiquée en 1880 à l’Académie des sciences, le genre Palæoprionodon et l'espèce Palæoprionodon Lamandini.

Le genre Palæoprionodon avait au maxillaire inférieur la même formule dentaire que le genre Stenoplesictis. ‘

NUE Inc.3-=Can 4 Prém.£. —Carn. 1 Tub. 1:

Il se différenciait de ce dernier genre par la forme de sa tuberculeuse dont les pointes étaient plus réunies, la dernière d’entre elles ne formant point un talon détaché. Il suffit de jeter les yeux sur les figures 3 de la planche IV (Palæoprionodon) et 7 de la planche VI pour bien se rendre compte de ces différents caractères. D'autre part, la tuberculeuse inférieure des Palæoprionodon était par rapport au volume de la carnassière beaucoup plus réduite.

La carnassière inférieure de ces mammifères possédait également des caractères très distinctifs. La pointe interne de cette dent, que nous avons vu être libre dans sa portion supérieure sur les Stenoplesictis, est complétement adhérente dans toute sonétendue à la face interne de la carnassière. Par conséquent, elle a perdu toute son indépendance et elle ne s’accuse plus que sous la forme d’une simple saillie. Il suffira d'examiner les figures 2 de la planche IV et 9 de la planche VI pour saisir la valeur du caractère sur lequel j'appelle l'attention. En mème temps que la pointe interne de la carnassière à perdu sur les Palæoprionodon son indépendance, elle s’est naturellement beaucoup abaïissée et elle s’est portée beaucoup plus en arrière, découvrant ainsi davantage la face interne de la dent dont elle faisait partie. (Voy. pl. IV, fig. 2 : Palæoprionodon, et pl. VI, fig. 9 : Stenoplesictis.)

Les incisives inférieures du Palæoprionodon Lamandini étaient très petites, très serrées les unes contre les autres. L'espace qu’elles occupent sur le maxillaire inférieur mesure un millimètre seulement.

La canine était assez forte, sa couronne à sommet très effilé était convexe en dehors, presque plane en dedans. Son bord postérieur assez détaché était finement dentelé sur toute son étendue.

Les mesures relatives à cette dent sont les suivantes :

Diamètre antéro-postérieur au niveau du collet.... 0®0040 Diamètre transverse id. pe 00025 Hauteur verticale id. sie À C:0w008D Etendue de son bord antérieur mesuré en ligne droite. 0"0090

Etendue de son bord postérieur id. . 00070

Sd DE

L'espace occupé par la série dentaire en arrière de la canine etait de 0%027. Ce nombre doit être décomposé de la manière suivante :

Espace occupé par les prémolaires..... cc EU Espace occupé par les molaires......... 0®008

La première prémolaire était insérée à un millimètre du bord postérieur de l’alvéole de la canine et à un millimètre et demi en avant de la deuxième prémolaire. Cette dent à une seule racine était toute petite. Sa couronne, mesurant un demi-millimètre de hauteur seulement, avait un bord antérieur vertical légèrement convexe, et un bord postérieur concave très oblique en arrière.

La deuxième prémolaire était biradiculée. Sa hauteur était inférieure à deux millimètres, alors que son diamètre antéropostérieur en atteignait trois. Le bord antérieur de la couronne est court et un peu oblique en arrière. Le bord postérieur est concave. Au niveau de son extrémité inférieure, l'on doit noter un petit talon retroussé.

La troisième prémolaire est triangulaire, ses bords antérieur et postérieur ayant sensiblement le même développement. A la base du bord antérieur existe une petite pointe. A la portion moyenne du bord postérieur, l’on observe un petit tubercule. Enfin, à la base inférieure du lobe inférieur existe un talon bien accusé. Cette dent contraste par ses proportions, que l’on trouvera indiquées plus loin, avec celles des deux prémolaires précédentes.

La quatrième prémolaire est exactement construite comme l’est la dent située en avant d'elle. Elle se différencie de la quatrième prémolaire des Stenoplesictis par sa moindre épaisseur, par la réduction de la pointe située à la base de son bord antérieur, par la position plus élevée qu’occupe le petit tubercule situé sur son bord postérieur.

Les mesures relatives aux prémolaires, dont les caractères vien-

nent d'être successivement exposés pour chacune d’entre elles, sont les suivantes :

So

jre Prém. 2e Prém. 3e Prém.

Longneur£ Le. Om0015 0®0030 0m0048 Hauteur... 00005 0®0020 0®0010 Epaisseur :......-.n 020010 Om0017 020020

4e Prém.

En énumérant les caractères particuliers au genre Palæoprionodon, j'ai fait connaitre le mode de constitution de la carnassière. Je me bornerai à indiquer les mesures qui lui sont relatives.

Longueur, HR mises 00070 Hauteur du bord antérieur............ 00035 Hauteur de la pointe principale........ 00050 Hauteur de la pointe interne.......... 00030 Hauteur du talon ere 00020 Epaisseur maxtnum ere ER rte 00030

Les mesures relatives à la tuberculeuse, dont j'ai également fait

connaître le mode de constitution, sont les suivantes :

LODEUCDE EE racer PRE eE 0m0028 Hauteur Cie tree 00017 Epaisseur 2er. tete 00015

Les dimensions du maxillaire inférieur sont les suivantes :

Hauteur au niveau de la première prémolaire..... 00060 - Hauteur sous la carnassière...................... 00090 Hauteur en arrière de la tuberculeuse............ 00100 Epaisseur au niveau de la carnassière............. Om0045

Sur la face externe du maxillaire, l’on observe deux orifices correspondant au point d'émergence des vaisseaux et nerfs den-

taires inférieurs.

Ces orifices sont situés : le premier, au niveau de l’espace compris entre la première et la deuxième prémolaire ; le second, im-

médiatement au-dessous de la troisième prémolaire.

Les échantillons de maxillaires inférieurs de Palæoprionodon Lamandini sont assez communs, et j’ai pu en obtenir quelques-uns

= TAaUES

absolument complets. Si je ne les ai pas fait figurer à la place de celui qui est représenté sur la planche IV, figure 4, de ce mémoire, cela tient à ce qu’ils sont en partie privés de la série dentaire qu'ils supportaient. J’ai pensé que les caractères de la dentition étaient plus importants à connaître que ceux relatifs à la forme de la mandibule inférieure dont les proportions seules pouvaient avoir de l'intérêt.

Un maxillaire inférieur entier de Palæoprionodon Lamandini, dont la série dentaire occupe un espace égal (0"027) à celui qu’elle possède sur la pièce dont j'ai analysé les caractères, mesure 0050 depuis le bord incisif jusqu'à la partie la plus reculée du condyle.

La distance qui sépare le bord incisif du sommet de l’angle de la mächoire est de 0"0515. Cette dernière partie est très détachée et un peu recourbée en haut en forme de crochet. Sa longueur est de 0"005. Son bord interne se contourne assez fortement en dedans sous la forme d’une mince lamelle osseuse.

La fosse masséterine est profondément excavée. L'apophyse coronoïde possède une forme identique à celle du Proailurus medius représentée sur notre planche IV, figure 6. La hauteur de son sommet au-dessus du bord inférieur du maxillaire est de 0“020. La largeur de la branche montante, mesurée horizontalement à partir du bord postérieur du condyle, est de 0"016.

La distance séparant le bord supérieur du condyle du point le plus élevé de l’apophyse coronoïde est de 0m012.

La distance séparant le sommet de l’angle du maxillaire du bord postérieur du condyle est de 0"009.

La largeur du condyle est de 0008, sa hauteur atteignant un peu moins de 3 millimètres.

Le diamètre antéro-postérieur de la symphyse est de 0009; la hauteur de la même portion articulaire est de 0005.

Je n’ai pas encore obtenu de maxillaire inférieur en rapport avec la face, et je n’oserai donner une description de séries dentaires supérieures qui me paraissent très probablement provenir de Palæoprionodon.

PALÆOPRIONODON LAMANDINI, var. Mutabilis (Filh.).

(Voy. pl. IV, fig. 1-2.)

Plesiogale mutabilis, Filhol, Phosphorites du Quercy, p. 263.

J'avais, dans mon travail sur les mammifères fossiles du Quercy, décrit, sous le nom de Plesiogale mutabilis, un petit carnassier rapporté à ce genre par M. Gervais (1). L'étude que j'ai pu faire depuis cette époque des échantillons types de Plesiogale que j'ai fait représenter dans mon travail sur les mammifères fossiles de Saint-Gérand-le-Puy m'a montré que cette détermination générique n’était pas exacte. La carnassière inférieure des Plesiogale est très allongée et elle est dépourvue d’une pointe interne, dispositions fort différentes de celles que l'on observe sur les Palæoprionodon.

Le Palæoprionodon mutabilis est un carnassier issu certainement du Palæoprionodon Lamandini, dont il se distingue seulement par les dimensions beaucoup plus réduites de sa tuberculeuse inférieure. Cette dent, dont le volume diminue continuellement dans la série de carnassiers dont l'étude vient d’être faite, n’est plus représentée que par un tout petit organite mesurant à peine un millimètre de diamètre antéro-postérieur. Lorsque l’on peut étudier comme je l’ai fait une centaine de maxillaires inférieurs de Palæoprionodon, l'on arrive à constituer une série de pièces montrant la diminution progressive de la tuberculeuse. Un des termes de cette série est celui que j'ai fait représentersurla planche IV, fig. 1 de ce travail en regard du maxillaire inférieur type du genre Palæoprionodon. Mais j’ajouterai que sur certains maxillaires inférieurs, la tuberculeuse est encore beaucoup plus réduite qu’elle ne l’est sur celui que j’ai fait reproduire. Il est évident que cette dent tend à disparaitre. Mais en même temps que cette modification s’accomplit, l’espace occupé par la série dentaire diminue. Les dents se serrent les unes contre les autres, la première et la deuxième prémolaire n'étant plus insérées sur

(1) Gervais, Mammifères fossiles du Quercy, in Zoolog. générale ,t. II.

sur le bord alvéolaire à une assez grande distance l’une de l’autre. Les figures 4 et 4 de notre planche IV permettront de bien saisir le changement sur lequel j'appelle l’attention. On doit tirer de cette dernière observation la conclusion que la diminution graduelle de la tuberculeuse est en rapport avec le raccourcissement de la face. Il s’est passé sur les carnassiers dont je fais l’étude un fait du même ordre que celui qui a eu lieu chez nos Chiens domestiques à face courte, comme les Boule-dogues. À mesure que la face s’est tassée, les dents se sont serrées les unes contre les autres, certaines d’entre elles ont tout d’abord diminué de volume, puis elles ont disparu. Le Palæoprionodon Lamandini, variété mutabilis, représente certainement la période de modification où la face chez ces carnassiers s'est raccourcie pour revêtir un peu de l’aspect de celle des Chats.

Quant à ce qui est de la carnassière, elle a continué également à se modifier. Sa pointe interne n’a cessé de se réduire et de se porter en arrière. Elle n’a plus qu’un léger déplacement à subir pour venir se placer sur le bord postérieur du lobe moyen. Cette légère modification, en s’accomplissant, a amené la constitution du type animal correspondant au genre Proailurus.

G. PROAILURUS (Filhol).

PROAILURUS MEDIUS (Filh.).

(PL. IV, fig. 6-8.)

Le changement progressif que nous venons de voir s’accomplir dans la forme de la carnassière et de la tuberculeuse des types dérivés des Cynodictis n’est pas limité aux Sfenoplesictis et aux Palæoprionodon. Il a continué à s’effectuer, et sous son influence le système dentaire de ces derniers animaux a revêtu les caractères que nous observons sur les Proailurus. Chez ces carnassiers, la réduction de la pointe interne de la carnassière, en même temps que son transport vers la portion postérieure de la dent, ont persisté à se produire, et il suffira d'examiner la figure 2 de la planche IV (carnassière de Palæoprionodon) et la figure 8 de la planche IV (carnassière de Proailurus) pour apprécier les change-

ments qui sont ainsi survenus. La pointe interne de la carnassière des Proailurus est beaucoup moins détachée que ne l’est celle qui lui correspond sur les Palæoprionodon, et elle est en même temps plus abaissée. D'autre part, elle est beaucoup plus reportée en arrière. Quant à la tuberculeuse, les pointes de sa couronne sont plus assemblées. Cette dent est surtout moins élargie dans sa partie antérieure, et ce fait est parfaitement en accord avec la structure de la carnassière plus comprimée que dans les Stenoplesictis.

J’ai rencontré dans les gisements de phosphorite du Quercy deux espèces de Proailurus, le Proailurus medius et le Proailurus Julieni.

Le Proailurus medius (voy. pl. IV, fig. 6-8) était un carnassier intermédiaire par sa taille aux Proailurus Lemanensis et Julieni.

Les mesures relatives à l'échantillon type que j'ai fait représenter sont les suivantes :

Longueur du maxillaire, mesurée du bord incisif au bord postérieur du condyle : 0"075.

Hauteur du sommet de l'apophyse coronoïde au-dessus du bord du maxillaire : 0"027.

Hauteur du maxillaire sous la carnassière : 00411.

Longueur de la série dentaire : 0"039.

Espace occupé par les prémolaires : 0w029.

Espace occupé par la carnassière et la tuberculeuse : 0w01.

Les mesures relatives aux troisième et quatrième prémolaires et à la carnassière, qui sont les seules dents ayant subsisté sur cet échantillon, sont les suivantes :

3e Prém. 4e Prém. Carn.

HOTPHeUEPeE SE 0%006 0m007 0"010 HAUTES RECETTE 0004 0004 0005 Epaisseur............ Om002 0002 02003

Depuis l'époque à laquelle j'ai fait représenter l’échantillon figuré sur notre planche IV, j'ai obtenu des gisements de phosphorite de Mouillac de nombreux maxillaires inférieurs de Proailurus medwus, sur lesquels toutes les dents ont subsisté. J’ai eu d’autre part la bonne fortune d’obtenir la face de ce carnassier avec les maxillaires inférieurs en place. Je vais tout d'abord donner les mesures relatives aux dents inférieures et au corps de

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