INSECTIVORES
G. CAYLUXOTHERIUM (Filh).
CAYLUXOTHERIUM ELEGANS (Filh).
(PL I, fig. 9-13.)
Les débris d’insectivores trouvés jusqu’à ce jour dans les dépôts de phosphate de chaux du Quercy sont rares. Je me suis attaché depuis longtemps à les réunir et j’en ai rassemblé aujourd'hui un assez grand nombre. D’autre part, différentes personnes, qui collectionnent les échantillons de mammifères fossiles rencontrés journellement dans les dépôts de phosphate de chaux, ont bien voulu mettre à ma disposition les pièces qu’elles possédaient, C’est ainsi que je dois à l’extrème obligeance de M. Rossignol, de pouvoir décrire et faire figurer la tête d’un tout petit insectivore dont les caractères m’ont paru être du plus haut intérêt. Cet échantillon est reproduit sur la planche I de ce travail, figures 10 à 13, de grandeur naturelle, et figure 9, au double de ses proportions. Il m'a paru provenir d'un animal devant être placé dans un genre spécial, que j'ai désigné par l’appellation de Cayluxotherwum. La seule espèce actuellement connue est le Cayluxotherium elegans.
La formule dentaire supérieure était :
Inc. : 3. — Can.:1. — Prém. : 4. — Mol.: 3.
La première incisive, d’après son alvéole qui a seul subsisté, était forte. La deuxième et la troisième incisives sont complètement inconnues.
La canine devait avoir des proportions assez restreintes.
Pi EUR
Eile avait deux racines et, d’après la direction des alvéoles, la couronne de la dent, qu'elles supportaient, semble avoir été légèrement recourbée en arrière comme cela a lieu sur certains insectivores, les Gymnurus par exemple.
Les prémolaires allaient en augmentant de volume de la première à la quatrième. Ce caractère très important permet de rapprocher immédiatement notre petit insectivore fossile des Gymnurus, tandis qu’il l’éloigne des Erinaceus.
La première prémolaire, uniradiculée sur les Gymnurus, les Erinaceus, est biradiculée sur le Cayluxotherium. Cette dent est fortement comprimée par ses faces latérales, son bord antérieur est convexe, son bord postérieur concave.
La deuxième prémolaire est à deux racines. Sur les Gymnurus, les Erniaceus, elle n’en possède qu’une. Sa forme rappelle beaucoup celle de la première prémolaire. Les proportions sont seulement beaucoup plus fortes. Dans les genres d’insectivores vivants, que je viens de citer, les deux premières prémolaires sont de taille assez réduite, leur couronne est de forme conique et projetée en avant. Tous ces caractères font absolument défaut sur le fossile du Quercy.
La troisième prémolaire possède trois racines. Elle a beaucoup d’analogie avec la dent qui lui correspond sur les Gymnurus, maïs elle peut en être assez facilement distinguée, vu qu’elle est mains creusée en dedans et en arrière. Ce fait tient à ce que les pointes postérieures externe etinterne sont plus importantes sur les Gymnurus et plus rapprochées l’une de | autre. Cette disposition donne à la dent, qui les comprend, une forme plus triangulaire dans le genre vivant.
La quatrième prémolaire correspond à la troisième des Hérissons. Elle est presque semblabieà celle de ces animaux ; les pointes internes sont pourtant un peu moins dissociées, plus confondues les unes avec les autres et moins enlevées. Elle se rapprocherait peut-être davantage par ce caractère de la quatrième prémolaire des Gymnurus. Pourtant elle sera toujours facile à distinguer, parce que, les pointes postérieures externe etinterne sont plus rapprochées l’une de l’autre, ce qui fait que la dent a un aspect beaucoup plus quadrangulaire dans le genre fossile. La jointe postérieure et interne étant d’autre part plus rapprochée de la pointe postérieure
et externe, il en résulte que la face postérieure de la pointe antérieure et externe est beaucoup moins à découvert dans le Cayluxotherium ; en même temps elleest arrondie au lieu d’être creusé :.
La première molaire, ainsi que la dent qui la suit, a plus d’analogie avec les dents correspondantes des Gymnurus qu'avec celles des Erinaceus. Le croissant antérieur et interne appuie par son extrémité postérieure sur la partie moyenne du bord antérieur du croissant postérieur. Le croissant postérieur est très développé, beaucoup plus que sur les Gymnurus, ce qui fait que la dent est moins obliquement coupée de bas en haut et d'avant en arrière. Les mêmes caractères se retrouvent sur la deuxième molaire.
La dernière molaire du Cayluxotherium elegans est absolument différente de celle des mammifères appartenant aux genres Erinaceus et Gymnurus. Elle n’offre pas le talon que l’on observe sur ces derniers animaux, et d'autre part elle n’est pas comprimée comme sur les Hérissons.
L'étendue de la série dentaire, mesurée du bord antérieur de l’alvéole de la canine au bord postérieur de la dernière molaire, est de 0 m. 032.
Les mesures relatives à la canine et aux prémolaires sont les suivantes :
Can. re Prém. ?me Prém, S3me Prém. 4me Prém. Longueur.. O®0015 00010 0m0022 00025 00032 Hauteur.... 0w0020 00008 09016 00016 00020 Epaisseur... 00010 00005 00012 0m0020 Om0040
Les mesures concernant les molaires sont les suivantes :
{re Mol. ?2me Mol. 3me Mol.
Longueur. (00030 Om0021 Om0017 Hauteur.. 00080 0m0070 00005 Epaisseur. 0®0032 070028 00002
La largeur de la voûte palatine est :
A niveau des:CanIneS de... see eee se 9 ».010 Aer e eee 020069 = du bord interne de la {re molaire de........ 00090 — immédiatement en arrière delatuberculeuse de. 00105
Il existait sur les Cayluxotherium des lacunes de la voûte palati-
ER
ne comme chez les £rinaceus. Sur l'échantillon que j'étudie, la lame qui les séparait a été brisée. Cette disposition des orifices palatins postérieurs ne se retrouve passur les Gymnurus. Lestrouspalatins antérieurs sont tellement encroûtés de phosphate de chaux, qu’il ne w’a pas été possible de les dégager suffisamment pour les faire reproduire avec leur forme réelle. Ils m'ont paru devoir s'ouvrir assez obliquement. Par la disposition du bord palatin postérieur, le Cayluxotherium elegans se rapproche assez des Erinaceus. Il s’en éloigne par la disposition du canal guttural qui est élargi et non angulaire dans sa partie terminale. Les apophyses ptérygoïdes, fort différentes de forme de celles des Hérissons, étaient plus étendues en arrière. Il n’existait, pas comme cela s’observe sur les derniers insectivores dont je viens de parler, de cavité ampullaire entre les caisses tympaniques. Le fossile que je décris a beaucoup d’analogie avec le Palærinaceus par toute cette région ; les trous palatins postérieurs devaient avoir la même disposition dans les deux genres.
L'insectivore trouvé dans les dépôts de phosphate de chaux des environs de Caylux offre, comme on vient de le voir par la description précédente, des caractères tout à fait particuliers, qui le distinguent nettement des formes animales voisines, vivant aujourd’hui ou rencontrées jusqu'à présent à l’état fossile. Je crois que le genre Cayluxotherium devra prendre place dans le cadre de nos classifications immédiatement en avant des Palærinaceus, qui eux précèderont les Hérissons actuels.
Je termimerai cette description, en donnant quelques mensurations relatives à la tête que j’ai fait représenter :
Longueur de la tête, mesurée suivant sa face inférieure. ..... .< Om048 Longueur de la voûte palatine. ........ ss pe n 6 Ge cum maastii 00 Espace compris entre le bord palatin postérieur et l'espace
intercondylien........... ass: Fee Léropeace LUN Longueur de la tête, mesurée du sommet des os nasaux à la
portion la plus reculée de la crête sagittale.......... sons. DrUR Longueur des os nasaux.......,.... se RS ren re seen ete UN Espace comprise entre le bord postérieur des os nasaux et le
commencement de la crête sagittale........... stPRdS cree LUNUTS Longueur de la crête sagittale.......... Ro MR éoree ss ROUTS
Largeur de la tête au niveau des canines..,....,...,.. EU MOEO0E
Largeur de la tête au niveau des orifices sous-orbitaires..... .. OmOf! Largeur de la tête au niveau du point antérieur A Bu des
arcades zygomatiques.....sesessese Pau rocce UE MENU ICT Largeur de la tête au niveau du point d’origine de la crète
SAGITAIE. cm semnucenr en aiele ore.ei 6 2,97:9,9. 0 2j« eochinke Omp12 Largeur maximum de la boîte cérébrale, .,...... FO SA MOT ELT 0m02? Largeur de la tête au niveau de son extrémité postérieure..... 0018 Hauteur de la face au niveau des canines.................... Om006 Hauteur de la face au niveau des orifices sous-orbitaires...... Om010 Distance comprise entre le bord alvéolaire et le bord inférieur
dMITOLISOUS-OTDIAITO Se ame nes elrrelaele else seiers sons se soaie cle [! ONO0S Distance comprise verticalement entre le bord supérieur du trou
sous-orbitaire et le bord supérieur de la face...... em. 00007 Hauteur de la tête au niveau du bord palatin postérieur...... Om013 Hauteur de la tête au niveau de l'extrémité postérieure de la
crête sagittale........... Ce Lobedec don 0m020 Distance comprise horizontalement entre le trou sous-orbitaire
etle bord posterieur de l'occipitals". :-..:........,.,,,,:... 0n035 Hauteur de la face postérieure du crâäne.........,.......... . Om016 Largeur maximum de la face postérieure du crâne..,........ 0Om003 Diamètre vertical du trou occipital......... re OT Om035 Diamètre transversal du trou occipital....... bocal .... Om005 Diamètre antéro-postérieur des condyles de l’occipital........ 02002
NEUROGYMNURUS CAYLUXI (Filh.) (PL. IL, fig. 7, 8, 16).
J'ai signalé en 1877, dans les Bulletins de la Société Phylomatique , la présence dans les dépôts de phosphate de chaux du Quercy d’un nouveau genre d’insectivore que je proposais de désigner par l’appellation de Neurogymnurus. La pièce d’après laquelle j'avais établi cette diagnose consiste en une màchoire inférieure qui provenait, disais-je, « d’un insectivore de la taille d’un hérisson. La formule dentaire était : Inc. 3 — Can. 1 — Prém. 4 — Mol. 3. La La quatrième prémolaire seule est en place. Cette dent est fort différente de celle qui lui correspond sur les Scapanus vivant dans l'Amérique du Nord. Chez les Condylures, chaque prémolaire est composée d’une pointe principale, une petite existant en avant et
Te
une ou deux en arrière, tandis que sur le fossile des phosphorites la prémolaire, qui a subsisté, a une couronne simple, absolument semblable à celle des Tanrecs chez lesquels la formule dentaire est beaucoup plus simplifiée. La symphyse est naturellement, d’après la disposition de la canine, fort différente chez les Potamogales. Les Gymnures offrent beaucoup plus de ressemblance avec notre fossile; les différences portent sur les deux premières prémolaires qui n’ont qu’une racine, tandis qu’elles en possèdent deux sur l’insectivore des phosphorites. »
J'ai fait représenter, sur la planche IT jointe à ce travail, la pièce d’après laquelle je traçais la description précédente (PI. IL, fig. 7 et 8 de grandeur naturelle, fig. 16 grossie deux fois).
Les incisives étaient au nombre de trois et les alvéoles qui les renfermaient (fig. 16) montrent que ces dents allaient en augmentant de volume de la première, la plus interne, à la troisième.
La canine était uniradiculée. L’alvéole de cette dent est de forme ovalaire à grand diamètre antéro-postérieur. Il semble être bien indiqué par la disposition de cette cavité que la canine devait être assez fortement comprimée par ses faces latérales.
La première prémolaire était forte. Elle était supportée par une seule racine. La couronne de cette dent paraît avoir été plus arrondie, que ne l'était celle de la canine.
La deuxième et la troisième prémolaires avaient chacune deux racines. La dernière de ces dents était évidemment plus forte, que ne l’était celle qui la précédait.
Je n’ai pas à revenir sur les caractères offerts par la quatrième prémolaire, je les ai indiqués précédemment.
Les molaires allaient en diminuant de volume de la première à la dernière, qui était supportée par deux racines. L'espace occupé par les incisives mesurait 0002 ; celui occupé par la canine, les prémolaires et les molaires, 0"021. Ce dernier nombre doit être décomposé ainsi qu’il suit :
Espace occupé par la canine................ 0®002 — par les prémolaires..,........ 0m010 — par les molaires............. 0009
Le corps du maxillaire était extrêmement allongé et très peu
Ex ve
élevé. On observe sur sa face externe un orifice dentaire correspondant à l’espace séparant la deuxième prémolaire de la troisième. L’angle de la mâchoire était bien détaché et probablement, d’après la partie qui en a subsisté, recourhbé à son sommet, car son bord inférieur est convexe, tandis que son bord supérieur est concave. La branche montante était large, le condyle très projeté en arrière était beaucoup plus développé dans sa partie interne que dans sa partie externe.
Les mesures relatives au corps du maxillaire sont les suivantes :
Longueur mesurée du sommet du condyle jusqu’au bord
interne de l’alvéole de la première incisive............... 00370 Espace compris entre le sommet du condyle et le point du
bord antérieur de la branche montante qui correspond à la
Men A VÉOIRe Less 4. nest on sine e Sn 0m0120 Hauteur du maxillaire en arrière de la canine.............. 00030 — en arrière de la dernière prémolaire.. 00045 — en arrière de la dernière molaire..... 00040
Hauteur du condyle au-dessus du bord inférieur de lPangle de Ja mâchoire .......,.. en hi pur do ne PES 0w0090 20 y Qi à | 16 AQU RCE EEE PRESSE ER OS 00035 Fpaisseur du condyle,... 04/6, 3, sites Ow0017 Diamètre antéro-postérieur de la symphyse............,..... 00080 Diamètre vertical maximum de la symphyse............,,.. 0m0020 Épaisseur du maxillaire au niveau de la canine............. 00020
Épaisseur du maxillaire au niveau de la dernière molaire... 00026
J’ai pu, depuis l’époque à laquelle j'avais recueilli l'échantillon dont je viens de parler, obtenir des gisements de phosphate de chaux quelques fragments de maxillaires inférieurs permettant de mieux apprécier les caractères du système dentaire. Je les ai fait représenter sur la planche IT, fig. 4, 5, 6, 10, 41.
L’échantillon de la figure 6 permet de bien apprécier les caractères des prémolaires. Ces dents, ainsi qu’on pouvait le prévoir d’après l'échantillon type, allaient en augmentant de volume d'avant en arrière.
La première prémolaire était extrêmement réduite et ses faibles proportions contrastent de la manière la plus remarquable
Re
avec celles de la dent qui la suit. Cette dernière était très allongée suivant son diamètre antéro-postérieur. Son sommet était recourbé assez fortement en arrière. Son bord antérieur était convexe, son bord postérieur concave. Les faces externe et interne étaient convexes. L'augmentation de volume de la première à la troisième incisive, et la différence de développement des deux premières prémolaires, la seconde ayant deux racines, éloignent tout de suite le petit insectivore, que je décris, des Gymnures dont il semble se rapprocher comme on le verra par la suite par les caractères de ses molaires.
La troisième prémolaire possédait les mêmes caractères que la dent précédente. Ses proportions seules étaient plus considérables. Son diamètre antéro-postérieur était surtout beaucoup plus étendu.
La dernière prémolaire paraît être très forte par rapport aux dents la précédant. Elle est beaucoup moins allongée proportionnellement à sa hauteur. Son bord antérieur est moins oblique en arrière. Son bord postérieur est presque vertical. La partie la plus reculée de la couronne forme une sorte de tout petit talon plan.
L'espace occupé sur le bord alvéolaire par les quatre dents dont je viens de donner la description est de 0,01, comme sur le premier maxillaire dont il a été parlé. Les dimensions des prémolaires sont lessuivantes :
re Prém. ?ve Prém. 3®ePrém. 4e Prém.
Longueur.... (0®0010 O®0020 00028 00034 Hauteur ..... 0m0010 0®0020 O»0(24 00030 Épaisseur.... 00008 00013 0®0016 0®0025
Un troisième échantillon, représenté fig. 4 et 5 de la planche II, renferme en place les deux dernières prémolaires et la deuxième molaire. Les différences de proportions existant entre la troisième et la quatrième prémolaire sont encore dans ce cas extrêmement accusées. La deuxième molaire est construite absolument comme l’est celle des Gymunures, les pointes sont peut-être plus enlevées ; seulement le diamètre antéro-postérieur de la dent me paraît être moins considérable qu’il ne l’est dans le genre vivant d’insectivore dont je viens de parler, et d’autre part il n’existe pas de sourrelet à la base de la face externe de la couronne.
sa
Les dimensions de cet échantillon sont les suivantes :
Espace occupé par les deux dernières prémolaires........... 0005 Espace occupé par les molaires......... robot BdéarE nbet 0"009 Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la dernière DPORMOIMITOs esse races ends chier EEE 0005 Hauteur du maxillaire en arrière de la dernière molaire...... 0®006
Dimension des dents en place :
3me Prém. 4me Prém. ?2me Mol.
Longueur. .:....: 00024 0"003? 0w0030 Hauteur... 00017 Om0025 0w0020 Épaisseur. ....... Om0015 00022 0m0022
Un dernier échantillon, reproduit pl. II, fig. 10 et 41 , m’a permis de découvrir le mode de constitution de la première molaire. Cette dent est absolument semblable à la première molaire des Gymnurus. Elle s’en différencie seulement par l’absence absolue de bourrelet à sa base. Par conséquent les Neurogymnurus des phosphorites étaient des insectivores ayant des molaires construites comme le sont celles des Gymnures; mais ils se distinguaient de ces animaux par la forme complètement différente de leurs prémolaires.
Les dimensions du dernier échantillon dont je viens de parler sont les suivantes :
Espace occupé par les prémolaires....... 2 AP OOo 00100 — parles molaires...=...."..:. ne 2.0 0m0090 Hauteur du maxillaire en arrière de la canine.............. 00036 — en arrière de la dernière premolaire. 0®0045
— en arrière de la dernière molaire..... 00055
On doit remarquer parmi les mensurations, que j'ai fait connaître, relativement à la série d'échantillons dont il vient d'être parlé, celles qui concernent l’espace occupé par les prémolaires et les molaires. Cet espace s’est toujours montré fixé comme étendue : 0"01 pour les prémolaires, 0"009 pour les molaires.
Quel rapport existait-il entre les Neurogymnurus et les Cayluxotherium des phosphorites, les maxillaires inférieurs d’après lesquels
ete,
j'ai établi le premier de ces genres n’appartiendraient-ils pas au second ? Je ferai observer à ce sujet que la tête de Cayluxotherium a été découverte dans un gisement différent et assez éloigné de celui qui a fourni les mandibules. Je ne connais pas encore les molaires supérieures correspondant aux molaires inférieures de Neurogymnurus. C’est par suite de ces diverses raisons, que j'ai placé les débris d'insectivores que j’ai pu recueillir, dans deux genres distincts. Mais je ne serais pas surpris d’être conduit plus tard à les réunir.
NEUROGYMNURUS MINOR (Filh.)
(PI. IL, fig. 13-15, au double de grandeur).
Je décrirai sous le nom de Neurogymnurus minor une petite espèce d’insectivore possédant tous les caractères des Neurogymnurus. J'ai fait représenter sur la pl. II de ce travail, fig. 143, 14 et 45, au double de sa grandeur naturelle, le maxillaire inférieur ayant servi pour établir cette détermination. La formule dentaire inférieure était :
Inc. : 3. — Can. : 1. — Prém. : 4. — Mol. : 3.
La canine avait une seule racine , ainsi que la première prémolaire, la deuxième prémolaire étant à deux racines comme sur le Neurogymnurus Cayluxi.
La quatrième prémolaire et les trois molaires sont en place. Ces dents reproduisent très exacter1ent en petit le mode de constitution de la dernière prémolaire et des molaires du Neurogymnurus Cayluxi. Je ferai seulement remarquer que le bourrelet, régnant au niveau du collet des molaires chez les Gymnurus, se retrouve sur notre fossile des phosphorites. J’ai fait observer, qu’il était presque complètement effacé sur la première forme dont j’ai parlé.
Les dimensions de l'échantillon que je fais connaître sont les suivantes :
Etendue de la série dentaire en arrière de la canine. 00125
Espace occupé par les prémolaires................. 0®0065
Id. perlés molaires she desie 0w0060
Hauteur du maxillaire en arrière de la canine....... 0®0020 Id. en avant dela première molaire. 00024
Id. en arr. de la dernière molaire.. Om0028