‹ Mémoires sur Voltaire, et sur ses ouvragesChapitre 1 sur 19 · VI. Un Recueil de divers écrits inédits dé la marquise du · texte numérisé non relu

VI. Un Recueil de divers écrits inédits dé la marquise du

Chàtelet, du président HénauU, Piron, Dai^aiid Baculard, Thiriot, etc., tous relatifs à Voltaire.

Dans toutes les contrées où les ouvrages de

If PH£FACE.

Voltaire sont lus, les hommes instruits ont pu connaître qissez la beauté de son génie et l'étendue de son savoir. Ils ont dû également y voir des marques non équivoques d une âme élevée, d'un caractère ardent, mais noble, généreux , compatissant. Néanmoins dans ce qui a rapport à ses habitudes, ses goûts, à son personnel en général, cet homme illustre n'est peut - être point encore aussi connu qu'il doit l'être. Ses ennemis, réduits à l'impuissance de discréditer ses ouvrages, voulaient s'en dédommager en essayant de ravaler sa personne^ décrier ses mœurs, noircir son caractère, qu'ils croyaient rendre odieux par de ridicules médisances et d'absurdes calomnies. Nous ne craignons point d'avancer que les deux volumes que nous publions aujourd'hui, en y joignant celui qu'a donné le fils de Colini en 1806, seront la plus évidente et la plus ample réfutation de tant d'impostures, et que les notions qu'on y prendra sur la conduite privée et les habitudes de cet homme extraordinaire ne seront

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pas moins claires et moins certaines que celles qui sont acquises «urles qualités de son esprit par la lecture de ses œuvres.

Quelqu'un pourrait -il se flatter d'avoir mieux connu Koltaire que trois hommes qui lui ont été successivement attachés 5 et ne Font presque jamais perdu de vue pendant la moitié de sa vie? qui, sans avoir eu de relation ensemble, sans même s'être connus, ont eu tous trois ridée d'écrire naïvement ce qu'ils ont vu et entendu, étant auprès de lui? N^en ayant rien communiqué au public après la mort de Voltaire y auquel ils ont survécu long-temps, on peut supposer qu'en écrivant leurs remarques, ils n'avaient eu d'autre dessein que de se rappeler dans la suite ce qui avait excité le plus leur attention pendant leur séjour dans la maison de Voltaire y sans croire peut-être que ce qu'ils écrivaient dût être un jour connu du public.

Ces trois témoins qui se sont succédé immédiatement sont Longchampy Colini et

^agnière.Un se persuade d autant plus queleurs observations sont exactes et sincères, que ce n est pas seulement sur F^oltaire que leur témoignage est uniforme , mais qu on les voit aussi 5 en plusieurs occasions, manifester des opinions très -analogues sur d autres personnages qu'ils ont été également à portée de connaître.

M. Colini fils, secrétaire de la légation de Bade à Paris, nous ayant communiqué tout ce qu il avait de papiers relatifs à Foliaire^ nous y vîmes en manuscrit l'ouvrage intéressant qu'en avait formé son père. Nous ne pûmes que l'exhorter à publier ce travail. Il fut imprimé à Paris en 1806, sohs le tilre de Mon séjour auprès de M. de Koltaire.

On trouvera dans les deux volumes qui paraissent aujourd'hui d'amples notions sur ce qui a précédé et suivi le séjour de CoUni auprès de VoUaire. Les particularités nouvelles rapportées par fVagnière paraissent exprimées avec franchise et simplicité. Il parle sou-

vent comme témoin oculaire. Il est vrai que son style n'est pas exempt de quelques expressions et tournures qui se ressentent un peu du territoire suisse, son pays natal. Il en convenait, et sans prétention à cet égard, il parle de lut-méme avec beaucoup de modestie, en plusieurs endroits de ses Remarques. Cest une particularité assez étonnante qu il n'ait jamais pu se défaire totalement de certains idiotismes^ après avoir écrit si long-temps le plus pur français sous la dictée de F^oltaire. Il suffira d'en donner un ou deux exemples. (J^ojez la note p. 3ï de ce volume.) Au reste cela n'a donné lieu qu'à de légères corrections qui étaient indispensables.

Une chose plus essentielle dont nous sommes convaincus, c'est que fVagnièrey que nous avons bien connu, n'a rien écrit qui ne fut vrai ou dont il n'eût été persuadé d'après le témoignage de gens dignes de foi. Quant à quelques-unes de ses opinions particulières sur certains faits ou sur certaines personnes, nous

n en sommes nullement garâns, :et il serait peut-être aujourd'hui assez difficile de les bien apprécier.

Dans Y As^ertissement au-devant des Additions àe Wagnière au Commentaire historique sur les œui^res de V auteur de la Henriade^ nous avons rapporté ce qui a pu faire croire, pendant quelque temps ^ que ce Corn,mentaire était de la composition de fVagnière et de deux personnes qui se trouvaient avec lui à Ferney en 1775, et nous avons allégué aussi les raisons qui ne permettent guère de douter que cet ouvrage ne soit de Voltaire y nous y en ajouteroas une ici qui semble péremptoire. V^oltaire écrivant ou dictant ce Commentaire historique en 1774 ou 1775, eut un moment de distraction, dans lequel, oubliant qu'il parlait à la 3e personne, il dit: . « J'y ai entendu (a Bruxelles), il y a quaraxite » ans, cette beUe chanson :

'( Gnu dissons ^ nous 9 etc. »

C roy. T. XLVra, p. 2i3, édition de Kehl, in-8^)

PREFACE. Vil

Or on voit par les lettres de f^oltaire qu'il a passé quelque temps à Bruxelles, en 1 742? 4^ et 44 î ^t ^\ovs fVagnière et Cïiristin^ auteurs supposés du Commentaire historique^ n'étaient pas nés, ou venaient à peine de Tétrc. Cette preuve, en quelque sorte matérielle, ne doit laisser aucun doute sur le véritable auteur de cet ouvrage.

Les notes que nous avons cru devoir joindre au-dessous du texte, pour leclaircissement de quelques faits, seront indiquées par des chiffres, et celles de JVagnière tlLongchamp le seront par des lettres alphabétiques.

Deux notes qui m'ont été communiquées par M. Beuchot {vojr. tome I, 23 1 et 290-291) sont signées de la première lettre de son nom.

C'est toujours à l'édition de Rehl, in -8®, qu'on renvoie eu citant les œuvres de f^oltaire ^ parce que cette édition est encore la plus répandue.

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