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CHAPITRE XXIV

La chapelle à Johannisberg est reconstituée. Les métamorphoses d'Ovide. Entretien avec Joseph II. Au sujet du chef d'orchestre Greybig. Mon premier opéra allemand.

Le prince ne revint à Johannisberg qu'assez longtemps après la conclusion de la paix ; le château dut être complètement restauré, car les troupes prussiennes s'y étaient livrées à de nombreux excès. Les musiciens de l'orchestre revinrent en notre ville et, au début de l'hiver la chapelle était entièrement reconstituée. Le prince dut toutefois renoncer à entretenir une troupe théâtrale car la guerre lui avait causé de grandes pertes pécuniaires. Quant à moi, je demeurai à Freiwaldau jusqu'au jour où le prince réclama ma présence, car je lui étais devenu indispensable. Mes fonctions de bailli réclamant une vive activité et, d'autre part, le

prince exigeant que je séjourne à Johannisberg, j'eus à nouveau recours à un secrétaire pour diriger le bailliage en mon absence. De retour à Johannisberg, j'y acquis de vastes terrains et y fit bâtir une superbe habitation (i) ; je reçus à ce sujet une indemnité de cinq mille florins du pouvoir central.

Depuis maintes années déjà j'étais sollicité par la société de bienfaisance de Vienne d'écrire un nouvel oratorio pour son concert annuel. Je m'y décidai enfin en 1786 et me rendis à Vienne diriger, les 8 et 9 avril, l'oratorio Giobbe ou Hiob. Les journaux viennois me décernèrent d'enthousiastes éloges que la modestie m'empêche de reproduire ici. Je dirai, toutefois, que la société a réalisé à ce concert un bénéfice net de dix-sept cents florins. Pendant ce séjour à Vienne, j'ai pu entendre sept violonistes étrangers, parmi lesquels Jarnowich (2), Freuzel aîné (3) et un certain S. (4), ce dernier d'origine viennoise. Ils voyageaient ensemble, de ville en ville. La spécialité de ce certain S. consistait en l'emploi de doubles cordes, arpèges et traits, mais exécutés de façon si maladroite et en dépit de toutes règles harmoniques que l'effet en était déplorable. Depuis trois années déjà j'étais occupé à écrire des symphonies illustrant musicale-

(1) L'habitation subsiste encore de nos jours (Istel).

(2) Jarnowich (Giovanni), 1745- 1804, élève de Lolli.

(3) Frauzel (Ignace), 1736-1803, violoniste de mérite.

(4) S., initiale de Jacob Scheller, excellent virtuose à 1?. fin de sa carrière (1759-1803).

ment certaines des métamorphoses d'Ovide (i) et, lors de mon arrivée à Vienne, j'en avais déjà écrit douze. A Vienne, afin de couvrir une partie de mes frais de voyage, je me livrai à quelques spéculations qui amenèrent ce qui suit : Grâce à un certain M. V. Bourguignon, j'avais obtenu de l'empereur Joseph l'autorisation de donner dans la grande salle de concerts de l'Augarten une académie (séance musicale) portant au programme six des symphonies susnommées ; le prix d'entrée était fixé à deux florins. Le baron van Swieten (2) avait eu l'obligeance de se procurer au moins cent billets pour les officiers du palais. Le temps étant déplorable le jour du concert, je priai le préfet de police de m'autoriser à remettre mon concert à une date ultérieure, ce à quoi les personnes munies de billets avaient volontiers accédé. Il fallait cependant obtenir une ordonnance impériale à ce sujet. « Rendez-vous immédiatement auprès du chancelier, me dit le préfet; vous pouvez obtenir aujourd'hui même l'autorisation et faire annoncer la date du concert dès ce soir; faites appeler M. von Bourguignon qui vous sera certes d'un pré-

(i) Des douze symphonies écrites par Dittersdorf, il n'en subsiste que six, récemment rééditées (Leipzig). En 1786, Joh. Timothée Hermès en écrit l'analyse (texte français). Ces symphonies comptent parmi ies meilleures œuvres du compositeur. L'instrumentation en est : quatuor, une flûte, deux hautbois, deux bassons, deux cors, deux trompettes et timbales.

(2) G. van Swieten, ami de Mozart et de Haydn.

cieux concours pour hâter les formalités. Peutêtre même aurez-vous l'occasion de parler personnellement à l'empereur. » — Tant mieux, fis-je, et je m'en fus au palais impérial. En effet, tandis que je me rendais auprès de M. v. B., je rencontrai l'empereur qui vint à moi et me dit : « Eh bien, mon ami, que désirez-vous? — Votre Majesté est trop aimable, je ne désire rien. — Comment? — Je ne veux pas importuner V. M. au sujet de bagatelles ; je me rendais auprès de M. von Bourguignon. — L'empereur (souriant) : S'il n'y a pas de secret, je transmettrai la demande à Bourguignon. — Ce n'est pas nécessaire, car V. M. peut elle-même me renseigner; je n'en serai que plus content. — Venez donc ! (l'empereur me conduit dans une des salles voisines). Que désirez-vous? — Le préfet de police m'envoit ici. — Oho! que s'est-il passé ? Auriez-vous quelqu'ennui avec la commission pour l'observation des bonnes mœurs? — Pardon, Sire, dans ce cas, je n'aurais pas l'honneur de me trouver en votre présence. — A présent, parlons sérieusement. Quel motif vous amène au palais? — Le mauvais temps m'empêche de donner ce soir mon concert dans l'Augarten ; le préfet de police ne peut me donner l'autorisation de remettre la séance à une date ultérieure que sur présentation d'un ordre impérial. C'est pourquoi je me suis rendu ici. — L'empereur (ouvrant la porte communiquant avec la chancellerie, à haute voix) : Bourguignon ! Ecrivez tout de suite au

préfet de police pour lui faire savoir que j'autorise Dittersdorf à remettre son concert. A propos, fit Joseph II en se tournant vers moi, votre oratorio Hiob m'a vivement intéressé et j'en ai fait copié la partition ; j'espère que vous ne voyez aucun inconvénient à cela ? — Je suis tellement heureux et flatté d'avoir rencontré l'approbation d'un connaisseur aussi délicat que V. M. — (Joseph II, froidement) : Je n'aime pas les flatteries; je préfère la vérité, même brutale. — Je n'ai dit que la vérité, Sire !

— Avez-vous entendu à Vienne les virtuoses étrangers? — J'en ai entendu sept. — Comme vous êtes vous-même un virtuose remarquable — Autrefois, oui; à présent, non.

— Comment cela? — Depuis maintes années je ne me produis plus. — Qu'importe! Vous êtes tout de même un judex competens. Lequel des sept musiciens préférez-vous? — (Moi, haussant les épaules) : Pas plus l'un que l'autre. Ils ont certaines qualités, évidemment, mais aussi de graves défauts. — Cependant, je voudrais savoir lequel vous a semblé le meilleur. — Jarnowich. — Quels sont ses qualités? — Il possède un beau son, beaucoup d'archet, une précision remarquable et chante très bien dans l'adagio, malgré certaines minauderies — Et ce n'est pas un fou comme

Lolli — Et, ce qui me plaît surtout en lui,

c'est la simplicité de son jeu; pas la moindre affectation. En un mot, il interprète l'œuvre d'art en toute sincérité et probité. — Bref, il joue comme autrefois Dittersdorf! Je

suis enchanté de ce que vous soyez du même avis que moi. Et, que pensez-vous de S. ? Parlez en toute franchise. — J'avouerai à V. M. qu'il m'énerve vivement par les procédés grossiers qu'il emploie pour faire gros effet sur la masse du public. — Bravissimo ! J'avais sur lui cette même opinion et, cependant, Gre}7big (i) le prise fort et le soutient per la vita. Il a même avec moi, à ce sujet, de longues discussions. Ce soir je le materai en proclamant que Dittersdorf est entièrement de mon avis. Greybig n'aura plus qu'à s'incliner! — Ne faites pas cela! Ce serait la guerre entre lui et moi et j'en pâtirais certainement, car le gaillard jouit d'une grande influence ! — Vous craignez donc son ressentiment? — Certainement! S'il apprend que je suis d'un avis opposé au sien, il cherchera à me nuire comme il l'a fait à l'égard de Haydn et Mozart (2). — Eh!, mais on connait déjà votre opinion ! — Alors je suis perdu ! — Mais non, la situation n'est pas aussi grave que vous vous l'imaginez. Voulez-vous m'écouter ? — Je suis à vos ordres. — Greybig dit de vous : comme violoniste, vous ressemblez à un bon prédicateur, mais beaucoup plus versé dans

(1) Fr. Greybig (1728-97), violoniste attaché à la Cour de Joseph II. Chef d'orchestre remarquable. Son nom est en réalité Kreibich.

(2) Greybig a été l'un des adversaires les plus acharnés de Mozart et de Haydn et a mis tout en œuvre pour empêcher ces deux musiciens de se faire connaître.

FAncien que le Nouveau Testament. — C'est plutôt ironique ! — Par contre, il dit de vos compositions : c'est comme une table richement et abondamment couverte. Les mets sont délicats, bien préparés ; on peut, sans risquer d'indigestion, tâter des différents plats. Moi-même j'ai, au sujet de vos compositions, la même opinion que Greybig. — V. M. est trop aimable. — Il n'y a aucune amabilité mais bien un devoir à remplir dans le fait de vous adresser ces félicitations! Séjournez-vous toujours en Silésie? — Oui, Sire. — A quel titre? — En qualité de bailli et conseiller d'état. — Et quels sont vos travaux à ce sujet?

— Publica, Politica et Judiciala. — (L'empereur, sérieux) : Ah bah! Mais avez-vous l'expérience nécessaire pour remplir ces fonctions?

— Depuis treize années que j'occupe ces fonctions, il ne m'a été adressé aucune observation. — J'en suis heureux, mais comment, diable, et où avez-vous acquis les connaissances nécessaires à votre emploi? — Je serais honteux, Sire, si je devais avouer qu'étant né et ayant été élevé à Vienne je n'avais de connaissances qu'en fait de musique.

Au contraire, j'ai reçu une instruction très développée. — Hum ! vos réponses sont nettes! — (Moi, respectueusement) : On m'a toujours conseillé de parler à V. M. de façon franche, sincère et dépourvue de flatteries. Si je me suis exprimé trop librement, j'en demande pardon à V. M. — Il n'y a pas sujet; j'aime la franchise de vos réponses. (Après un temps et

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avec affabilité) : Avez-vous déjà entendu Mozart?

— Trois fois. — Comment vous plaît-il? — Comme il doit plaire à tout vrai connaisseur.

— Et, que pensez-vous de Clementi (i)?

L'avez-vous également entendu? — Oui, Sire.

— Vous savez que nombre de musiciens, notamment Greybig, le préfèrent à Mozart. Qu'en pensez-vous? — Les compositions de Clementi décèlent beaucoup d'art, celles de Mozart, de l'art et du goût. — C'est aussi mon opinion. Vraiment, on croirait que nous avons étudié avec les mêmes maîtres, dans le même livre! — Mais, Sire, nous avons en effet étudié dans le même grand livre de l'expérience !

— Que pensez-vous des compositions de Mozart (i)? — C'est évidemment un des plus grands musiciens contemporains et je ne connais aucune œuvre de lui qui ne soit marquée du sceau du génie ; il possède une richesse, une variété d'idées, d'expressions, surprenante. Il en est même trop prodigue, car l'auditeur ne peut jouir des beautés que contiennent ses œuvres. On est frappé par une idée superbe, on veut s'y arrêter : peine perdue; une phrase musicale plus belle encore surgit à Finstant. Et il en est ainsi des premières aux dernières mesures de ses œuvres. — Mais, dans ses opéras il a, paraît-il,, commis une faute dont les chanteurs se plaignent vivement : l'orchestre couvre les voix, dit-on? — Cela m'étonne.

(i) Muzio Clementi, né à Rome 1752-1802. Excellent pianiste et compositeur.

car on peut donner au morceau une grande richesse d'accompagnement sans pour cette cause couvrir la voix. — Je sais que c'est là un de vos grands mérites, dont j'ai eu la preuve à l'audition d'Esther et de Hiob. Et, que pensezvous des œuvres de Haydn? — Je ne connais aucune de ses œuvres dramatiques. — Vous ne perdez rien en cela, car il en est de lui comme de Mozart. Mais, que pensez-vous de sa musique de chambre? — Elle fait — à juste titre — sensation dans le monde musical entier. — N'est- elle peut-être pas un peu frivole? — Certes, mais sans cesser d'être œuvre d'art. — Vous avez raison (un temps). J'ai déjà établi depuis longtemps un parallèle entre Mozart et Haydn. Donnez-moi donc votre avis au sujet de la comparaison qui s'impose entre ces deux musiciens. — V. M. me permet-elle une question préalable? — Certes ! — Que pense V. M. de Klopstock (2) et de Gellert (3)? — Hum!... Tous deux sont de grands poètes. Mais les œuvres de Klopstock exigent, pour leur entière compréhension, une lecture approfondie et même répétée, tandis que Gellert est apprécié en toute valeur à la première lecture.

(1) A cette époque, 1786, Mozart avait déjà écrit : L'Enlèvement au Sérail, Figaro, etc. En 1787 paraissait Don Juan .

(2) Klopstock, 1724-1803. célèbre poète allemand : écrit le Messie (1748-73), des drames bibliques, des odes, etc.

(3) Gellert (1715-1769). Comédies, romans et, surtout, des fables .

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Il en est de même pour nos musiciens. — Alors, vous pensez que Mozart se rapproche de Klopstock et Haydn de Gellert? — Oui. — Charmant ! Vous me donnez ainsi un nouvel appui dans mes discussions avec Greybig. — Oserais-je prendre la liberté de demander à V. M. de me faire connaître le parallèle qu'elle avait établi ? — Mais oui. J'ai comparé les compositions de Mozart à une tabatière en or travaillée à Paris et celles de Haydn à une tabatière provenant de Londres. (S'adressant au chancelier) : L'ordre est-il rédigé. Bourguignon? (Ce dernier lui remit le pli). Je suis vraiment content d'avoir fait votre connaissance. Je trouve en vous un homme essentielle ment différent de celui que l'on m'avait dépeint. — Comment, cela? — On m'avait assuré que vous étiez un égoïste, considérant tous les virtuoses et compositeurs contemporains comme insignifiants. Je suis enchanté de constater chez vous précisément le contraire. A présent, je vais' à ce sujet laver la tête à certaines gens. Voici, en attendant, l'autorisation sollicitée. Vous donnerez votre concert quand bon vous semblera. Adieu! » — Je me rendis aussitôt chez le préfet de police.

Je conterai ici une anecdote relative à ce Greybig dont nous avons parlé, l'empereur et moi, pendant notre entretien.

L'empereur s'était rendu un soir au théâtre Marinelli, à Léopoldstadt. Kasperl y chantait un air extrêmement comique. Joseph II, l'appréciant vivement le pria de se faire enten-

dre aux soirées musicales organisées au palais. Le chanteur rendit cet air maintes fois et Joseph II lui-même, certain soir, le chanta. « Eh bien, fit-il à Greybig après s'être produit, ai-je chanté l'air aussi bien que Kasperl? — O, répondit Greybig avec enthousiasme.il n'existe aucune différence entre Votre Majesté et Kasperl ! — Mais, fit l'empereur en riant, vous êtes un grossier personnage, Greybig! Me traiter ainsi devant tout l'orchestre ! — « Je présente à V. M. mes profondes excuses; je n'ai pas pensé ce qu'elle croit! — O, reprit l'empereur, je ne vous garde pas rancune. Certaines gens ne méritent pas qu'on se fâche au sujet de leurs propos. — Ce sont donc des fous? — C'est cela, reprit l'empereur. Je vous ai maintes fois traité de sot et vous vous êtes bien vengé. Seulement, la différence essentielle consiste en ce fait que je ne suis Kasperl que lorsque je chante, tandis que vous restez un sot per omnia scecula sœculoruml »

Le temps étant devenu favorable, je pus diriger mes six symphonies à l'Augârten ; les six dernières furent exécutées plus tard au théâtre. Malgré les frais de copie, très élevés, et le paiement des quarante musiciens qui composaient l'orchestre, je réalisai un sérieux bénéfice qui couvrait trois à quatre fois mes frais de voyage.

Je me disposai à regagner Johannisberg quand l'acteur Stéphani junior (i) vint me

(i) Excellent acteur et librettiste. A écrit pour Mozart le texte de L'Enlèvement au Sérail.

trouver, au nom de la direction du théâtre, pour me demander d'écrire un opéra allemand moyennant cent ducats. J'acceptai et Stéphani me remit un texte ; six mois plus tard eut lieu la première du Doktor und Apotheker (i). A la demande de la direction, j'écrivis encore deux opéras allemands et un italien, tous trois en l'espace de sept mois. Mes trois opéras allemands, Doktor und Apotheker, Betmg durch Aberglauben (2) et Liebe im Narrenhause (3) remportèrent grand succès, tandis que Democrito (4) n'en eut aucun. Avant mon retour en Silésie, en février 1787, je me rendis auprès de l'empereur afin de le remercier de ses bontés à mon égard. Nous eûmes encore un long entretien, notamment au sujet des opéras italiens. Je lui donnai, à ce sujet, mon avis en toute sincérité. — « Vraiment, fit Joseph II, nos opinions concordent toujours. Quand partezvous? — Après-demain. — Ne pourriez-vous retarder de huit jours votre départ? — Si V. M. le désire, certes. — Parfait. En ce cas, je ferai rendre votre opéra Doktor U7id Apotheker samedi soir et vous en dirigerez vous-même l'exécution ; le public en sera enchanté ! — Je ferai ainsi que V. M. le désire. — Je me rendrai

(1) Première exécution, 11 juillet 1786. Cette œuvre occupe une place importante dans l'histoire de l'opéra allemand.

(2) Exécuté le 3 octobre 1786.

(3) Exécuté le 12 avril 1787.

(4.) Créé le 27 janvier 1787; exécuté à Berlin le 4 avril 1788.

samedi au théâtre afin de vous voir ! n L'opéra fut exécuté à la perfection. Le lendemain, je reçus de l'empereur, par l'intermédiaire de M. von Horwarth, . deux cents ducats. Je m'empressai d'aller remercier vivement l'empereur qui me reçut très cordialement et me dit quand je me retirai : « Revenez à Vienne aussi fréquemment que possible; je serai très content de vous revoir et d'avoir avec vous de nombreux entretiens au sujet de la musique. »

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