‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 174 sur 200 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

pi^e tendu au msréchftl de Yilleroy , qui y 4onne en plein. — Le maréchal de Viileroy arrêté et conduit tout 4e suiie A Yilleroy. — Le roi fort atOigé, — Fuiie inconnue de Tévéque de Fréjus, découverl à BâviUe, mandé et de retour aussildl. — Fureurs du maréchal de Yilleroy. — Le roi un peu apaisé par le reiour si prochain de Tévéque de Fréjus. — Mesures à prendre avec cet évéque, et prises en effet. — Le duc de Charost déclaré gouverneur. — • Dé84»poir du maréchal de Yilieroy. — Il dévoile la eause de la fuite de Fréjus, deni cet évéque se tire fort mal. rp-. Sa joie et ses esp4-

[1 722] PrfGH TENDU A VÏLLEROY. 8W

raneef foii<)éea sqr r^lolgnoinem du maréehal. ^ Maréchal Ae Yilleroy exilé à Lyon , mais avec ses roncUons de gouTerQçur de la ville et de la pFoyipge. — Crayon léger da ce maréchal. — te roi tout consolé dq maréchal <le ViUeroy. -^ Art et ambition de la conduite de Fréjos. — Confirmation et première communion du roi. — Cardinal Dqbois, sans plus d'obstacle, tout occupé de se Taire brusquement déclarer premier minisire, emploie Belle-Ile pour m'en parler. — ConTersatlon singulière entre M. le duc d'Orléans et moi sur fkire un premier ministre, dont je ne sois point d'avis. ** Eanni du régent I0 porte à faire n|i premier minisirp ; à quoi Je n^^oppose. -^ Comparaison du feu prince de Copti, gendre dn d^rnior M. le Princç. -v Aveu «ipeère de M- le duc d'Orléans* — Considérations fnturea. r^ Cardinal Dubois biei) connu de son ipattre. — Faiblesse incroyable 4u régent. — Belle- Ile reslé en embuscade. -^ Réponse que je lui Tais.

Le dimancbe 12 août, Ù^ lo dMc d'Orléans alla suf la fin de Taprèadtnée travailler eveo U roi, comme il avoit aocoutumé défaire plu^ieura jours marqués de chaque semaine, et, comme c'étoit Tété, au retour de sa promenade , qui étoU toujours de l)onne heure. Ce travail étoit de montrer au roi la distribution d'emplois vacants , de bénéOcfs , de •ertaines magistratures , d'intendanoea, de récompenses de toute nature, et de lui eipliquer en peu de mots les raisons des choix et dea préférences, quelquefois des distributions de finances ) eofiu les premières nouvelles étrangères, quand il y ena^oit à sa portée, avant qu'elles de* Tinssent publiques. A la fin de ce travail , où le maréchal de Yilleroy ftssistoit toujours, et où qiielquefojs l|. de Fréjua se haaardoH de resr 1er, M. le duc d'Orléans supplia le roi de vouloir bien passer dans un petit arrière^cabinet , où il avoit un mot à lui dire tête à téta, Le maré-r ehal de ViUeroy s'y opposa à l'instant» M. le duc d'Orléans, qui lui ten*? doit le piège , l'y vit donner en plein avec satisfaction. Il lui représenta avec politesse que le roi entroit dans un âge si voisin de celui où il gou« verneroit par lui-même, qu'il étoit temps que celui qui, en attendant, étoit le dépositaire de toute son autortié, lui rendit compte des choses qu'il pouvoit noaintenant entendre , et qui ne pouvotent âtr^ evpliquée^ qu'à lui aeul , quelque confiance que mérit&t quelque tiera qne ce p^t être, et qu'il le prioit de cesser de mettre obstacle à une chose si oéoes-» saire et si importante , que lui régent avoit peut-être à ae reprocher de n'avoir pas commencé plus tôt, uniquement par complaisance pour lui, liO maréchal s'êciiaufTant et secouant sa perruque, répondit qu'il savoit le respect qu^il lui devoit, et pour le moins autant ce qu'il devoitau roi et à sa place, qui le chargeoit de sa personne e\ l'en rendoit responsable , et protesta qu'il ne souffriroit pas que Son Altesse Royale parlât au roi en particulier , parée qu'il devoit savoir tout ce qui 1m étoit dit , beaucoup moins tête à tête dans un cabinet, hors de sa vue, parce que son devoir étoit de ne le perdre pas de vue un seul moment, et dans tous de répondre de sa personne. Sur ce propos, M. le duc d'Orléans le regarda fixement, et lui dit avec un ton de maître qu'il se méprenoit et s'oublioit ; qu'il devoit songer â qui il parloit et à la force de ses paroles , qu'il vouloit bien croire qu'il, n'entendoit pas ; que le respect de la présenee du roi Tempêchoit de lui pépondre comme il Ig méritoit et de

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