MARQUIS DE CASTEL-RODRIGO
roi d*Espagiie , et faire la demande pour lui de la fille de Savoie , sœur cadette de Mme la duchesse de Bourgogne , et Tamener au roi d'Espagne en Catalogne où il étoit pour lors prêt à passer à Naples , et commander les armées en Lombardie. Castel-Rodrigo fut déclaré grand écuyer de la reine en arrivant avec elle , et fut toujours fort compté et considéré, à. la • mort de cette princesse, il renonça à la cour , et se retira dans sa maison de Madrid. 11 perdit bientôt après sa femme. Ce changement domestique et de fortune lui affoiblit la tête , tellement que lorsque j'arrivai à Madrid, il n'étoit p]us en état de paroître ni de voir personne chez lui. Je ne laissai pas d'y aller à mon retour de Lerma , à cause de ma grandesse, et d'y retourner avec mon second fils, quelques jours avant sa couverture , comme c'est l'usage établi à l'égard de tous les grands. Je ne le vis point, comme je m'y étois bien attendu ; et comme il n'étoit plus en état de rien , je ne reçus même contre la coutume aucune civilité ni compliment de sa part.
Par la mort de sa femme, sans enfants, la grandesse de Gastel-Rodrigo passa à l'autre sœur, mère du prince Pio , quoique le mari veuf en conserve le rang et les honneurs toute sa vie. Ainsi, après sa mère, la grandesse vint au prince Pio qui fit sa couverture. C'est ce même prince Pio, capitaine général et gouverneur de Catalogne , quoique jeune, dont on a vu qu'Albéroni se joua si longtemps et si cruellement sur 1^ commande^ ment de Tarmée qu'il faisoit assembler en Catalogne pour passer en Sardaigne, etc., et le même que j'ai vu à Madrid, et qui fut fait grand écuyer de la princesse des Asturies. G'étoit un grand homme fort bien fait, poli, glorieux, ambitieux au possible, qui avoit très-bonne opinion de soi, plus de valeur que de talents et d'esprit, quoiqu'il ne manquât pas de l'un ni des autres. Il fut entraîné par le torrent qui , depuis mon départ, inonda tout à coup l'hôtel de La Mirandole, et son corps fut trouvé à une lieue de Madrid , dans une espèce de cloaque. Il laissa des enfants fort petits. Il ne laissoit pas d'être assez compté , et fort parmi le monde. Il dansa et fort bien aux bals , car en Espagne , comme je Tai déjà dit , hommes et femmes dansent à tout âge.
Gastromonte , Basxa. C'est une famille de robe , et sans alliances d'autour de Valladolid, inconnue et dans l'obscurité jusqu'à J. Baeza, second marquis de Castromonte , dont la mère étoit Lara , et le frère aîné mort sans enfants premier marquis de Gastromonte. Ce second marquis fut fait grand d'Espagne par Charles II , en janvier 1698, sans service, sans charge, sans faveur précédente, et l'acheta fort cher à ce qu'ils prétendent tous «n Espagne. U n'a point eu d'enfants de deux femmes. Le fils de son frère lui a succédé et a des enfants. C'est un homme qui paroissoit fort peu , et que je n'ai fait qu'apercevoir en Espagne.
Glarafuente, GrillOj à Gênes, de la première noblesse de la république.
Santa-Gruz , Benavidex y Baaan , majordome-major de la reine seconde femme de Philippe Y. La maison de Benavidez est masculinement issue d'Alphonse IX, roi de Léon et d'Adonce Martinez, son épouse, par don Alonzo , seigneur de Aliquer , leur fils cadet , dont le fils , Pierre Alonzo de Léon, épousa l'héritière de Benavidez, issue d'Alphonse VIII ,