‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 73 sur 200 · ROIS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

ROIS CATHOLIQUES

Infantado, duché 1475, pour Diego Hurtado de Mendoza. Il passa enfin d'héritière en héritière par mariage, vers 1680, à Hoderic de Silva , quatrième duc de Pastrane , prince d'Eboli , et est demeuré à leurs descendants masculins , qui ont tous porté le titre de duc del Infantado préférablement à celui de duc de Pastrane, comme plus ancien. On a vu, page 118, ce qui regarde Pastrane, omis ailleurs, parce que cette grandesse est sur la même tête que celte de l'Infantado.

Oropbsa, comté 1475, pour Ferdinand de Tolède. Sa postérité masculine défaillit au cinquième comte d'Oropesa, dont la fille aînée porta ce comté avec d'autres biens en mariage à Edouard de Portugal, frère puSné de Théodose II de Portugal , père du duc de Bragance , ou du roi Jean IV de Portugal, en 1640, par la révolution de Portugal en sa faveur, qui en chassa les Espagnols. Ce comte d'Oropesa, par sa femme, s'alla établir en Espagne , où sa postérité masculine est demeurée avec le comté d'Oropesa. Il falloit que cette rico-hombrerie , devenue tout de suite grandesse sous Charles-Quint , n'eût pas été mise dans la première classe lorsque les classes furent inventées depuis et établies, puisqu'elle n'y fut mise que par Charles II, eu août 1690, pour ce comte d'Oropesa qu'il exjja depuis , qui , après être revenu à Madrid , à l'arrivée de Philippe V, en fut bientôt après exilé, qui se déclara pour l'archiduc, en 1706 , qui mourut un an après à Barcelone , dont il a été parlé ici en plusieurs occasions, et dont le fils, comte d'Oropesa, est revenu depuis mon retour, et ar épousé à Madrid une fille du comte de San-Estevan de Gormaz.

Najbra, duché 1482, pour Pierre Manrique de Lara. D'héritières en héritières , A. de Guevara le porta en mariage à Jos. Ossorio y Moscoso , frère cadet du comte d'Altamire , pendant que j'étois en Espagne.

Gandib, duché 1485, pour Pierre-Louis Llançol, dit Borgia, second

178 GANDIi;.

fils ^tard du pape Alexandre YJ , et père (jle saint François da BoFgia. Ce ducaé s'est masculinement conservé dans cette maison.

SES8A I ducb^ vers 1486, pour le grand Giapitaine Àlphonsia de Gordoue, Fr. de Gordouei héritière , fit cession de ce duché et de ses autres ))ien8, n'ayant point d'enfants, au fils de sa sœur cadette et unique, Ant. Folch de Cardonne, qui paT là fut aussi duc de Baêna, et qui par son père étqit aussi duc de Somme* Ces grandesses se sont masculinement conservées dans cette maison.

BsMR, duché 1488, pour Alyare de Z^niga. Thérèse de Zuniga, héritière , porta ses hiens et ce duché en mariage à Fr. de Sotomayor , cinquième comte de Belalcazar, ep. la postérité masculine duquel il est demeuré.

Friàs, duché vers 1488, pour Bernardin«Femandez de Vels^^ço, second cpiinétahle de Gastille, de 9a maison, qui y rendit cette cha^rge héréditaire. Son père avoit eu cette charge le premier de sa maison , en 1473, après six autres cpnnét^les; ain^it^ n'ayant été qii'^ viq jusqu'à son fils, j'ai cru ne devoir Çxer son ancienneté qu'à T^rection du duché de Frias , qui est depuis masculinement demeuré à sa postérité.

YiLLAFRANCA, marquisat 1490, pour Louis Pimentel. L'héritière de Pimentel porta ce marquisat et ses autres biens en mariage à Pierre ^varez de ^olède, second Qls du second duc d'Aide, dan^ la postérité masculine [duquel] il est demeuré , laquelle à depuis acquis par des héfitièr«.s trois autres g^randesses, qui sùnt les. duchés de Montalte et de Yibonne, et le marquisat de Los Yele;. p étoii aussi duc de l^errandine, mais Yiliafr^ça étant plus ancien que ces autres titres , il leur a préféré, ainsi que ses pères • de porter le nom de m&rquis de Villafranca.

CHARLES- QXnNT.

Bgmobt esi sûrement de ce prince : je n*ai pu en découvrir la date. II y a tout lieu de croire que ce roi des Êspagnes n'oublia pas \m aussi grand seigneur de ses sujets des Pays-Bas, lorsque, à l'occasion de son voyage d'Espagne en Allemagne pour y recevoir la couronne impériale, il prit son temps d'ài^olir l'ancienne dignité des ricos-bombres, d'imal^ner et d'établir celles des grands d'Espagne qu'il y substitua , d'en faire en même temps des anciens riços-hombres par une simple conservation et transmissiOQ d'une dignité à l'autre, en dégradant tacitement ceux d'entre eux qu'il ne conservoit pas par cette transition, et de leur associer en même temps des plus grands seigneurs à la nouvelle dignité de grands d'Espagne» qui n'avoient point été ricbs-hombres ; des uns et des autres, desquels, d^^^nus grands d'Espagne, il se fit accompagner à son couronnement impérial, où il leur procura des distinctions > des rangs, et l'honneur de se couvrir en sa présence et au couronnement.

Cette grandesse est demeurée jusqu'à nos jours dans la maison d'Egr mont qui s'est entièremeut éteinte. La sosur du dernier comte d'Égmont, ^dernier mâle, mort sans enfants, hérita de ses biens et de sa gran* desse. Elle avoit épousé le duc ^e Bi^çfûa de la maison Pigm^telli, dont il a été parié plus d^une |bU ici 1 ft dout le fils prit le ppm et las armes

BfiHOHT. 179

^'Egmoi^t, ^\ 9'est établi en Fr^inoe par son ou^nag^ ayep la ^çponde fille du 4Û^ de l}uras , fils aîné et hke des inariiciiaux duc de Duras.

Ybragua, duché 1557^ pour Diegue Colomb, fils du fameu:^ Gbristopbe. fie diiQbé passa par Isabelle Çoloml), béritière, à sou petit-fils ^unez de t^ortugal» dans les descendants masculiils duquel il est de* ineuré.

Pescâirb , mar(mi$at l^âT , pour Alpbonse d'Ayalos, dans la postérité duquel cette grandesse est demeurée.

WILIPPE lï.

ÂTétoNis» marquisat Vers 1560, pour J. de Monoade , dalis la postérité masculine duquel cette grandesse est toujours demeurée.

OssulïA, duché 1562, pour Pierre d'Âcuna y Giron, dans la postérité masculine duquel cette grandesse est depuis demeurée.

Tebranova, duché 1665, pour dharles Taglîavîa. î. Tagliayia, héritière, porta ses biens et cette grandesse en mariage à Hector Pignatelli en 1679. Leur fils aîné épousa la fille héritière du septième duc de Mon» teiéon, Pignatelli aussi, dont la grandesse étoit de Philippe ni, en 1613. Ces deux grandesses sont demeurées dans leur postérité masculine ; et depuis , ces grands ont préféré de porter le nom de duc de Monteléon , oomme venant de leur maison , à celui de duc de Térrànova , plus ancien , mais leur venant par femme.

SAirtA-GauZi marquisat 1582, polir Alvare Bazan, général de là mer, aussitôt après sa victoire navale et Thorrible massacre de ààng-froid qu'il fit de tous les prisonniers françois dans l'tle de Saint-Michel, juillet 1583. Cette grandesse, d-héritiëre en héritière, tomba enfin à François Diaz de Benavidez, mort en 1680, père de celui que j'ai vu en Espagne.

Aranda, comté 1590, pour Antoine Ximénès d'Urrea. Cette grandesse passa par la maison d'Heredia, dont l'héritière la porta en mariage à Guillaume de RoeoafuU , dans la postérité màsctiline duquel elle est demeuréei

PHILIPPE m.

tJzEDA, duché vers 1610, pour Fr, Gomez de èan^oval, fi}» a!né du fluc de Lerm^, premier ministre, ei mort avant lui, dont rhéritiè.ra, après diverses générations , qupiqpe cadette , et je n'ai pu découvrir la cause de ce partage , porta la grandesse d'tizeda en mariage i. Gaspard d'Acu^a y TeUez-Gîron, qu'on a vu ici ambassadei^r d'Espagne â Rome, i la inotl de Charles H , qui fit très-bien 4 l'avènement de Philippe V ^ et qui , étant enoore son ambassadeur 4 Home , ^e jeta dans lé parti de Tarchiduc , où il est mort et a laissé un fils.

PsîïERAiTnA, comté vers 151 i , pour Alphonse de Braccafnpnte^ qui par l'héritière de Braccamonte, a été porte en mariage à Pierre Fernandez de Yelasço, deuxième marquis del Fresno. ^'ignore par que^e difficulté, en la iransmission de cette grandesse, ce mÔfue Pierre Fe^ande^: ^e Yelasco a été fait grand d'Espagne par Charles jt, d'abord à vie^ puis i>Qujr çéile aussi de son fils. C'e^i une 4ifficulté dont je n'ai pas

180 PENEBANDA.

été élairciy car les Braccamonte , comtes de Peneranda ont été certainement gprands d'Espagne À ce titre, et de la date ci -dessus de Philippe III.

MoNORJAH, marquisat, vers 1612, pour Inigo Lopez de Mendoza. Cette grandesse passa en plusieurs maisons par des filles héritières. Ce^e de Gordoue la porta enfin en mariage à Gaspard Ivannez, comte de Tendilla, qui en prit le nom , fit sa couverture en 1678, et a laissé un fils , marquis de Mondejar , que j'ai vu à Madrid.

HuAR, duché 1614, pour J. Chr. L. Femandez, d'Hijar , arrière-petitfils de mâle en mâle de J. Fernandez , seigneur d'Hijar, en faveur duquel ce duché avoit été érigé en 1483 , et n'avoit point passé en grandesse sous Charles-Quint. De filles en filles héritières il tomba dans la maison de Silva, dont l'héritière le porta en mariage, à la fin de 1688, à Frédéric de Silva, marquis d'Orani, son cousin, de même maison, dans la postérité masculine duquel il est demeuré.

HAVRé, duché vers 1616. pour Alex, de Grol, de la branche d'Arschot. Sa fille unique porta ses biens et sa grandesse à P. Fr. de Croî, second fils de Ph. de Croî, comte de Solre, qui prit le nom de duc d'Havre , et cette grandesse est demeurée en sa postérité masculine.

SuLMONE, principauté vers 1521 , pour un Borghèse, fils du frère du pape Paul Y, à qui cette grandesse ne put être refusée, et qui est demeurée dans cette postérité masculine.

Los Balbazès, marquisat 1621, pour le fameux Ambroise Spinola, dans la postérité masculine duquel cette grandesse s'est conservée , avec celle du duc del Sesto, par le mariage de la fille héritière de Paul Doria , duc del Sesto ; mais ils ont toujours préféré de porter le titre propre de leur maison à celui de duc del Sesto.

PHIUPPÈ IV.

Altamirb , comté 1621 , pour Gaspard Ossorio y Hoscoso, dans la postérité masculine duquel cette grandesse s'est conservée. Gaspard étoit pourtant le septième comte d'Altamire lorsqu'il obtint de Philippe lY la grandesse , dont ses pères étoient déchus , qui l'avoient eue par l'héritière d'Ulloa y Moscoso. Cette rico-hombrerie , érigée pour Lopez d'UlIoa y Moscoso, dans les fins du règne de Jean II, vers 1452, n'étoit pas passée en grandesse sous Charles-Quint, et étoit ainsi demeurée dégradée.

Abrantès, duché vers 1625, pour Alphonse d'Alencastro, issu par mâles de Georges, bâtard de Jean II, roi de Portugal, dans la postérité masculine duquel cette grandesse est demeurée avec celle deLinarès, par le mariage du deuxième duc d'Abrantès svec l'héritière de Norona y Silva, fille de Ferdinand duc de Linarès.

BisiGNANO, principauté 1626, pour Louis de San-Severino , dans la postérité masculine duquel cette grandesse est demeurée.

Gastbl-Rodrigo , marquisat vers 1629 , pour Chr. de Moura , qui avoit été premier vice-roi de Portugal , -et c'est ce qui me fait craindre de m'être trompé, et qu'encore qu'il fût fort vieux quand il fut fait grand d'Espagne, il ne le soit de Philippe III. Quoi qu'il en soit, son fils et son

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