ÉQUIVOQUE DU NOM DE PARLEMENT
son d^c^s assemblées , avec qui le parlement n'a rien de commun que le nom.
On a vu quelle est la totale différence de la nature des anciens parlements de France et de ceux d'aujourd'hui , et quelle est la distance et la disproportion des matières, des membres, du pouvoir de ces anciennes assemblées, d'avec celles et ceux d'un tribunal qui n'est uniquement qu'une cour de justice pour juger les causes entre particuliers ,* et dont les membres légistes devenus juges et magistrats , comme on Ta vu , sans avoir changé de nature , n*ont plus que des offices vénaux à qui en veut, héréditaires, et qui font une portion de leur patrimoine, tant par le sort principal ' , que par les gages , les taxations de vacations , d'épices', et toutes les ordures d'un produit auquel tous, depuis le permier président jusqu'au dernier du parlement , tendent journellement la main et y reçoivent le salaire de chaque heure de travail -ou de prél^ndu tel.
De tels membres sont plus distants , s'il se peut , des pairs et des hauts barons qui composoient seuls les anciens parlements , que le morceau de pré ou (le terre , que l'hypothèque sur tel bien et les chicanes mercenaires qui font la matière ders jugements des parlements d'aujourd'hui , des jugements des causes majeures des grands feudataires , et les grandes sanctions du royaume , qui étoient la matièr» de la décision de ces anciens parlements. Que si l'on compare à ceux d'aujourd'hui ces parlements tenus en divers temps de l'année , il n'y a qu'à comparer les nobles et les ecclésiastiques nommés par le roi pour les composer, avec les légistes assis sut le marchepied de leurs bancs pour les conseillers quand ils vouloient s'<éclaircir tout bas de quelque chose ; et quant aux matières, si elles se rapprochent un peu plus, il ne se trouvera pas que ces parlement* tenus en divers temps de l'année aient imaginé de pouvoir Juger les causes majeures , ni de délit)érer sur rien de public.
Si on cherche plus de similitude avec les parlements d'Angleterre ^ ceux dont il s'agit ici n'y trouveront pas mieux. Le parlement d'Angle* terre est l'assemblée de la nation , ou , suivant nos idées , la tenue des états généraux , avec cette différence des nôtres , que ceux-là ont le pouvoir tellement en propre pour faire ou changer les lois et pour tout ce qui est droit et imposition , que le pouvoir des rois d'Angleterre est de droit et de fait nul en ces deux genres sans le leur , et qu'il ne s'y peut rien faire que par l'autorité du parlement. Elle est telle , qu'encore que le droit de déclarer la guerre et de faire la paijç y soit une des préroç;a- ^ives royales , on voit néanmoins que les rois veulent avoir l'avis et le consentement de leurs parlements sur ces matières , et qu'ils n'entreprennent rien de considérable au dehors ni au dedans sans le consulter. Ce qui fait voir que subsides , levées de troupes . fortifications , armements et mille autres choses publiques sont sous la main du parlemei^t autant ou plus que des roig.
^n «eroitroe \h que po)i parlements d'aujourd'hui en voudroieot vepirt