M CARDINAL OB BO«ÎLLCHI MÉPRISÉ. [H
eooTietieb juridique et publique dé eeitë infamie ^ c^le du proeè» ^aiû perdit lànlessus centre la duehesse d'Aremberg ^ achetèrent de le déakli> Borer, et de lui rendre lé séjour des Pays-Bas insupportable; Il n'ftTëii plus que Home où |)ouToir aller. Il sentit , par l'éipérienee qu'il to avoit déjà faite y tout le poids de ses différentes situatiràs sur ce gftud théâtre. U y alla donc le plUs lentement qu'il put) et j artiTà Tett Pftques de 1T13.
Le mépris et l'embarras de l'y voir l'y avoient devancé* Il espètn en vaiii dés égards , ctue le pape île lui put refuser pour la part qu'il avoit eue à son exaltation ^ et fleur aveir été sacré de sa inain. Il attendit des retours dd son crédit «t de sa magnificence pasiiée; il se Hatta de re» trouver des amis de son anciehne Splendeur, et des généreux teuchés dt sa fortuné présente; enfin il compta sur la gi^ndëur de là place de de^en du sacté collège ^ qu'il se prometteit de biea faire valoir. Saidi dans tous ses revenus, il ne joulssoit que d'Ostie. Il avoit eu sein de beaucoup épargner et amasser pendant feoû exil^ mais ees somttiefl^ ^elque considérables qu'elles fussent , il n'y toucha qu'à regfêt et le moins qu'il piit. Il se mit donc au noviciat des jésuites, ses inaltérables amis de tous les temps, et il y vécut en cardinal pauvre: Tout ce qui n'étoit pas brouillé sans mesure avec le rot n'osa le voir , lii avoir seerètement avec lui adcud commerce. L'échange de Sedan non consommé jusqu'à cette heure , et le rang de sa maison \ l'un 6t l'autre si aisés à détriiire ^ lui furent une èruelle bride qui le retint de sd livrer publiquement aux ennemis de la France \ qui même lô méprisèrent trop pour le reeheréher. Il ftit donc sans crédit à Rome ; n'y eut que la censidératidQ d'éeorce qid ne se put refttâe^ au doyeu des cardinaux ^ avec les accès tu pfape ) que cette place , et ce qu'on a vu de personnel entre eux , lui avoieni acquis , mais sans aucune efttime; Ou peut juger ce qu'un homm# si prodigieusement et eU même tfemps si bassement superbe { aussi teu» •hé du pbtit comme du grand , dut souffrir d'un contraste si aceablant sdr oe premier théâtre dô l'univers , où il se trouvoit si honteusement en spetitael«. Parmi ees tourments } et dans la première place à Rome i^rès le pape, cet orgueilleux imagina d'introduire une distiaetio^ Bouvelle»
C'est la coutume en Italie parmi les ecclésiastiques d'ôter 9a calotte en patlaUt à un beaucoup plus grand que soi , et les cardinaux ont toujours les leurs à la main lorsqu'ils parlent au pape. Le cardinal de Bouillon trouva qu'il sètoit d'une gtande distinction pour les cardinaux de conserver seuls leur oaïotte sur leur tête en parlant au pape^ Il lui en parla ; lé pape sourit et ne voulut pas le refuser ) mais il y mit que cela ne se feroit qUe de concert et avec le consentement de tous les cardinaux. Bouillon en parla aux plus considérables , mais en petit nombre , jugeant des autres par lui-même , persuadé qu'ils seroient tous ravis de oetté distinction ^ de l'invention de laquelle ils lui sauroient le meilleur gré du monde. Ceut à qui il en parla lui répondirent ambigument} ils ne voulurent hi s'«fkgager à eette fantaisie ni prêter le collet au cardinal de Beuillonj qui plein de sou idée crut les avoir persuadés , et qu'ils pérsuadefoieikt lès autres. Incontineat après ^ il y eut un consistoire in-
[1715] DisTiiteTtéN ^*li) iMAeti^fe. t9%
tÊS^è. îk ^p f ekt ati Miit lÉt>itt seul , 9À^i âfths vn ftbtèUil , M ^fi mim± siÎT ae$ hMk de» detlx c«tès t ei , Sprès tiilë ce qlH sfe doit pa^^t «â éaâsiétÀirè ësi âctièfë ^ le Abfëh dés êéirdihiiili se lètë et tii Rafler Su Pt)ë , èi àpf dé lui tou^ lés èdfditiatix qui yenlëiii lui dire ^ijèlcjlië etib^. l^s faràtièi'és finies ^ lé càrdidal dé BdùiUdd alla lé premier pftMéi' Ml l^âpë^ àfini M càldité sur la tête. Dèà^u'èil s'eii aperçut, toilft ûii nitt^ ibnré géilêtal qiii s^éléVà jusqu'à riiiierrotbt)i'e. il rètoiiriîa àsseifc enlBâffii^éé à la t^léée i inftis il lé fut bieti dayaltité^é l6rè<;tti'il tit allé? lîÊk autres cardinaux au pape , et tous la calotte à la main. Il hé put , iliàl^ iàn troublé jà'»ini)êahér dé faite «igné fi ceux à qiii il àvoit parlé de Mëitfë leUt (salottë slit lèut téié ; ee fUt sahé succès au{)tëé dé ëHacUii. Il fréolissdit dé sa piftcë et le iiidtltroit ; il ii'y gagna que là honié , ëi il «dhit dU eeiiisiétoirë î^leid de dét^ii et dé cbnfiision. Ce fiii bien j^\k im-
m, offtgé par 80B àutéfité eii faf etir de Boiiillon ; mais il lé blâiUà fort A^àtdir bàSÂrdè là bfabfté sàtié en lti>é cdnveilii avec ibus les cardinaux, Êbniiiiâ 11 le lUl fltdit pteéctit. Lé Bruit Wéû contintia qtiè pluk fbri pat^i le sabré bbllé^é qui élit le fkj^ê, qiii est si iiitérëSsé en sa grandeur, ^i tiebt de liii tente la sienne ^ et ^iii n'en cbnnoit point à ses dépens. Biëà loiii dé éë trouTër flatté de cette iidagination de Bouillon, dbni rof^tiëll et les ohiinèréè lui étbiéùt toujours suspecté , et (jùi àyôit përdii iëiité cbtisidératioin péi^bdnéllë et tbiiië estiîuë parini les cardinaux , là ptèiattii« et pattout à Rotee qtii se iboqtia cbhiinuëllemeni dé lui , qiii ^ flaxii^ leë prèiiileM jbtlrs ; avdt AigH son afflkira peiis&nt la rehbùër eil fâttléift à é'autfëè cA^diUaUx; léà pi'biids furent si unanimes, si vif^, si pm Mliagéâ ijU'il en fUt bnebrë plus toucbé ^iie dé Taffroiit t)ublié â'ttteii^ ëeBbiié* A}6H il né piit plue se cacher à lùi-mémë le méprlâ èi ràvétsion dénë lësi^uéls il étoit j^énéralëmëttt tbihbé, lui qui jus^u'âlot^ rétoit ti^ujburs efforcé de se pétstittdét lé ednifairë. Il eh. toinba înalàdë aussitôt de ragé; et de rage il en inéurtii ed èinq bu six jôufs, choâé éli'ange pour ub hoiiimé si féiniliarisê àvéC là tagé , et ^ui en Vivoit de- (lUis plusieurs années. Pétsbhhë à Rome ne lé i-ëgtetta , ni en î^i>ancè fti ce li'est peut-être leé BëUiilOn. Le rbi lé iné|^risâ ati point de ne pal même homiiièr 0Ott hoifii '
hé cardinal de Bottillon étbit tih Ubmihé fort ihài^tè, hmû, de gran- Aeur ordinaire , de taillé aisée et bien pt>ise> Sbn tisàgë n'aùi'oit eu riëh' é» marqué s'il aroit eu leë yeut bomiheUii autre; mais, outï'ë (jU'il^ étoient fort ptèë du n«t, ils le re^fttdofënt touë deui à la fois Juéqu'â faire croire qu'ils ë'y vouldient Joindre, feette loùëHerie qui étoit donti- BtteUa faisoil peur, et lui dtfmioit Une physibnomie hideuse, il portoii des habits gris , doublés de rouge , avec des boutons d'br d'drfévrérie l pointe^ d'asses bëaut diamahisl jàtnàisiFêtk comihe uîi autre, èi toujours d'intention , pour se donner une diàiinctibh. il àvoit de resprit Biais eonfus , siroit peu , fort l'air et les manières du grand monde ôutert, accueillant, poli d'ordinaire ^ lUaiS tout cela éioii mêlé de tani ë'ai^ de supéf iorlté qu'on étoit blessé ttièm^ de ses pblitesseé. 6n h'étoii
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pM moins importuné de son ^nfiitigable attention au rang qu'il prét«idoit jusqu'à la minutie , à primer dans la conversation , à la ramener toujours à soi ou aux siens aveo la plus dégoûtante vanité. Les besoins le rendoient souple jusqu'au plus bas valetage. Il n'avoit d*amis que pour les dominer et se les sacrifier. Vendu corps et âme aux jésuites , et eux réciproquement à lui , il trouva en eux miUe importantes ressources dans les divers états de sa vie , jusqu'à des instruments de ses félonies. Sa yie en aucun temps n'eut d'ecclésiastique et de chrétien que ce qui servoit à sa vanité.
Son luxe fut continuel et prodigieux en tout; son faste le plus recherché , et le plus industrieux pour établir et jouir de toute la grandeur qu'il imaginoit. Ses moeurs étoient infâmes, il ne s'en cachoit pas; et le roi , qui abhorra toujours ce vice jusque dans son propre frère , le souffrit dans M. de Vendôme et dans le cardinal de Bouillon , non->seulement sans peine , mais il en fit longtemps ses favoris. Peu d'hommes distingués se sont déshonorés aussi complètement que celui-là , et sur autant 'de chapitres les plus importants. Ses débauches , son ingratitude, se», félonies ; la fabrication du cartulaire de Brioude pour se faire descendre des ducs d'Aquitaine, juridiquement prouvée, condamnée, lacérée, le faussaire condamné sur son propre aveu , les Bouillon forcés d'avouer tout au roi et aux juges , et le cardinal de Bouillon prouvé et avoué l'inventeur et celui qui avoit mis de Bar en besogne de cette fabrication ^ de concert avec son frère et ses neveux; le trait de double tromperie, lui chargé des afiairès du roi à Rome , pour duper le roi et le pape l'un par l'autre pour faire l'abbé d'Auvergne cardinal ; le spectacle de désobéissance donné à Rome ; sa prétention de n'en devoir point au roi ; la folie de sa lettre en s'évadant; l'infamie et la cause plus infâme encore du mariage qu'il fit de sa nièce avec Hesy , plaidée et prouvée juridiquement aux Pays-Bas; toutes les misères qui précédèrent sa. fuite; l'audace de se faire élire abbé de Saint- Amand par avarice , contre les bulles du pape , sur la nomination du roi ; on ne fiîniroit pas si on vouloit reprendre toutes les manières dont il s'est déshonoré , et les excès de son ingratitude et de ses félonies, lui qui devoit au roi les biens, les charges, les dignités , le rang, les établissements de sa maison , après ce qu'elle avoit commis contre Henri IV qui le premier i'avoit élevée , Louis XIII et Louis XIV dans sa minorité , et qui lui-même ne fut doyen des cardinaux , en désobéissant avec tant d'éclat , que par avoir été cardinal à vingt-six ans de la nomination du roi. Il eut en mourant la vanité de nommer six cardinaux pour ses exécuteurs testamentaires , lui qui ne pouvoit disposer de rien en France , et qui n'avoit que ce. qu'il avoit porté d'argent , de pierreries et d'argenterie à Rome. On peut dire de lui qu'il ne put être surpassé en orgueil que par Lucifer» auquel il sacrifia tout comme à sa seule divinité.
Je ne puis mieux placer la conduite d'un autre cardinal si édifiante, si sage et si sainte , qu'en contraste avec celle du cardinal de Bouillon , et qui par sa singularité même mérite la curiosité , parce qu'elle n'a point eu d'exemple auparavant ni d'imitateurs après , et je ne l'avancerai que de deux mois. Galeas Marescotti, né le 1*" octobre 1627 , étoit d'une
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famille de Rome noble, aacieime, alliée à la maison des Ursins et à d'autres fort considérables. Il fut d'abord archevêque de.Corinthe in partibusy nonce en Pologne, après en Espagne pendant la minorité de Charles II. Clément X le fit cardinal, .27 mai 1675 , à moins de quarantehuit ans. 11 s'étoit acquis beaucoup de réputation de piété et de savoir dans sa prélature , et de capacité dans ses nonciatures ; et il passa depuis pour un des plus hommes d'honneur et de bien « et des plus habiles du sacré collège. Aussi y passa-t-il par toutes les plus grandes charges qui se donnent au mérite. Il fut légat de Ferrare , et ensuite secrétaire d'£tat , deux emplois dont le premier n'a qu'un temps limité , l'autre finit avec le pape qui l'a donné. Il eut depuis plusieurs emplois importants , entre autres celui de préfet du saint-office , et qui l'est tellement que les papes se le sont presque toujours réservé depuis. Il eut d'autres préfectures, la protection des dominicains , et d'autres grands ordres , et devint en 1708 chef de l'ordre des cardinaux-prêtres. Il avoit alors plus de quatre? vingts ans, et ne voulut point passer à son tour d'option dans l'ordre des cardins^x-évêques. Peu de temps après il cessa tout commerce ordir naire , et se renferma aux fonctions indispensables.
Lorsqu'il se fut accoutumé peu à peu à cette sorte de séparation , qui iètoit grande pour lui, parce qu'il étoit extrêmement honoré, visité et consulté , il pria le pape de disposer de ses emplois , et de le dispenser de toute fonction de cardinal, résolu de ne plus entrer même au conclave. Sa santé étoit vigoureuse , et sa tête comme à cinquante ans. Le pape résista longtemps et céda enfin à ses instances. Il déclara en même temps qu'il ne recevroit plus les visites des nouveaux cardinaux, ai celles des ambassadeurs, qu'il n'en rendroit aucunes, et, pour y cpuper court , il alla prendre congé du pape et le supplier de le dispenser de plus aller à son palais. Il se renferma dans le sien , d'où il ne sortit plus que pour aller rarement dire la messe dehors certains jours fort solen* nels. Il partagea tout son temps entre la prière et les lectures spirituelles , dans une continuelle préparation à la mort. Comme il étoit fort aimé et fort honoré, et qu'il étoit savant, il choisit ce qu'il y avoit de plus pieux et de plus doctes religieux de tous les ordres, et à qui leurs emplois le pouvoient permettre , pour venir tous les jours, chez lui à une heure marquée , toujours la même ; de manière que , depuis le moment qu'il se levoit jusqu'à celui qu'il se.couchoit, il n'étoit pas un moment seul et changeoit de compagnie presque toutes les heures. Il prioit avec les uns, les autres lui faisoient des lectures sur lesquelles ils.fatsoient des réflexions , enfin il y en avoit qui après son repas servoient une heure à sa récréation. Parmi ces exercices rien de foible ni de triste, mais toujours une grande présence de Dieu et du compte qu'il se préparoit à lui rendre, sans jamais rien de vain ni de mondain. Il avoit été fort aumônier toute sa vie, il le devint encore davantage. Au mois de mai de ^ cette année , il remit au pape tout ce qu'il avoit de bénéfices et de pensions sur des bénéfices, et ne conserva que le revenu de son patrimoine. Il fut visité par Clément XI plusieurs fois, et par les papes, ses successeurs , sans qu'il soit jamais retourné en leur palais. Les cardinaux nooseulement l'invitèrent d'entrer aux conclaves qu'il y eut depuis, et l'en
303 MORT m GAIOfÏNAI} iHÀAllSëC^TL {HH']
^rtssèrtDt limfiUmMnt , tàm 4tibi4|u'l} Ifit dètn^til^ t]m ffli ; et ^ ^ eârditiatti n'Aient point é« toii qiiaiia ilâ ne ééûiffi» 8«ii^ le cdfifelîiif^, il ne laissa pad d'ra êtM ceBsiilti pbisiettM mi, et H'iiiflfie^ Mï lift élèetions qiii s*f fireiit . Bëàbtt XIII T alla Vertf aitisitôt a,^m déti eialfëlft^ , •t les autres papes lui firent le ttièâiehonnetif. il ne déiiiêntit pas d'iinèëiâ point la Tie qu'il avoit etnbrassée jusqu'à sa mdft , AtrMë le $ jtiilléi 17116 j ftjrant joui d'une bonfie sahlè Juëqtt'ft eetté dôfiiif^ë înàladié ; et dé iôtitè ea tête jusqu'à la mort, qui eut teutës lés marques de oèUeâ dëè ^rSdèâ* tiné^. Il aroit près de quaire^^vingi-dix-iieuf ilds ^ et ftit re^^^ëttd ëèifiillè l'il n'en aroit eu que ëinquatite , d«s pauvres surtodt dont il ëtdil iè père , sans toutefois atdir fait tort à sa f^MiUe. Le pape assista lùi^fiifiiâè è ses obsèqueè atec le sacré eoUége ^ it atbit plus Ûè duquàiité ilà!é 8% eardilialat. Disons ènoore tm inot dltalie.
Le due de Satoie , nduteau toi de 6ieile ^ étëit âHè ; éè^diiÉé èà H dit $ «n prendre {jussesycn^ s'jr faire bourduner^ connblifèîe payé et Ihk fcens j et ed tirer tbiit be qu'il lui ftit possible; il étfbit Inëhé !â rdfiië hk flMnmb} qui f fut aussi cbufdflliée ,• et léiiëê à Tdriti Uii ëbdàëil bien choisi , de peu de persoUnes i pour gOUVèrfiër éii soft ftbSédce. Il àirbit Hftbn la régeneé à là dubbéssé Sà idèrë ^ qtrï le pria de l'dn dliijdnéer. f amais il ne lui àroit pardonné de l'àf bir f milu fUirè rbi dé Pdftugill , an épouÀani l^infonte, sa ceusine germaine , et f àll&itt demeure^. Il Ilii pardonnoit aussi peu d'étrô toute françoiso , 6t adbréë dèilë tous ^ëè fitats et dans sa cour.* 8a jalouâie ateit été fôrt potiâéée ; àiilsi qiië lèi éé^dAts qu'il lui avoit donnés: il n'y avoit eËti*b eitt qu'ixne sèèhé bien^ feéancei Ces raisons firent que la régence (m froidénietît bfferté et éagd^ lââttt refusée. I/épeuse ^ aussi fraiiçeiàe que la inêrb , n'étoit pkà plijA heureuse. La belle-mëre et la beUé^fllle yébdrëbt toute ledr ^îé ààûH là pM intime amitié et dans la bènfiànéë là plù& {Jàrfaité: C'est bè ^iii obligea le roi de Sicile à la mener afëc liii, pOtti< qu'elle néTtii pas fê^ gente, et Madame Royale par bile; Il déblarà ré^tëlit 1« t^ritibë du P^ inont , Mn fils allié , qui étoit grand et bibti fait pohf sod ftj^ë ; êi ^^ tirailleurs {iromettoit toute» choâëS. Il èbargëa lé ebi!àëil qd'ii IsHSsâ de l'instruire et de lui rendre eomf^te de tout pdur ie forinër àui àffaifëé) et d'essayer «quelquefois ateo opiniâtreté à le laissée' Mtê ëh bèHainêl bhoSëS pour voir comment il s'y prendrbit.
Le jeune prince s'appliqua et devint capable Jusqu'à étddnèr }§ bon^ Mil) bt par la facilité de son accès ^ la sageèrse et la juâteâèe dé èes fê^ |>anses) sa modestie ^ sa politesse ^ son désir de plaire et d^bblijé^, hè déplaisir qu'il montroit quand il étoit obligé de refuser ^ et l'adouëisKè-r ineiit qd'il y ëatoit mettre ^ lui acqUi^ënt touà le^ bb&iirs. G'éâ ètdît ftop ^our un përe jaloux, qui eût été au désësl^oîl*' d'hoir iin flitt ^tiài tà^ ientft pour gouTei*ne^^ mais qtti [étoit] jaloux de s6h Mrïbrê, bt qd( âVoit trop de pénétratibii pôUr ne pas sentir qu'il étbit redouté ; màid nullement aimé dàâs ba coUr iiidand sbd pays 4 trèdVdit un ÛM dîné, âê gbi«e atië) ti^ aVànbé dans i'ëstimê et dàUs l'bffebtion géiiêl'alé, e( ^iit ravoit trop bien su mériter. Son àcbuëil à ëén l'efbiir et ses lôuâhgés i son ^ furent fort sèches. Après le pretâiei* boidpte rendu , il ne l'admit plus «1 Meuiies afi^ires, bt Ibi» ministres étirent défense dé liii fiëlif
[1715] me. DS &Aveifi bt so!? fi&s aInié; 8^3
eëmBiiiiii<[iiër. Le jétine pitttcé Bdatit ftmèremeiit «niirotédé si peu ifiè* lité^ et Id sotifl^it MUs isé pltitid^ ni paroltré même méedntent: Seii ^re rëtdii inâniitiënt d6 voir sA odur égâletaent etùpreâséè autotir dtt pdiiee, et après soti retour en tiser par amtfur et par attaehement pour âon fila eomàie si déjà il eût régné. II lui refusa doilo jusc^u'ailt plus petites bhoèés .pour le déeréâlter^ et pour diminuer oetie Ibule et evtte ooinplaisance que tous preiloient en Ui par lA craiiite de déplaire et de reculer la (brtune; Le prinbe f fut extrêmement sensible ^ sans H déranger eh rien de sa modestie, de ses respects et de ses déifoirsi Ge<9 pendant le eamaval arHya; les dîmes qui, pendant la régence dit prince $ lui avoieiit fait leur cOur ches Hadame Royale , et en étoient fort connues , lui demandèrent un bal. Il ne crut pas déplaire en a'et^ gageant d'en demander la permission au rèi bon père. Lek affairée â'atèient aucun trait atee un bal, et ce plaisir étoit de soii ftge^ de lé iâiaoli , et eenvenoit dans une DOuri II en fit donc la démande. Le roi d^ Bielle ^ qui le touloit décréditer et le nlortlfier en tOutH façons $ lé ri* fuea avec la plus grande dureté ; eè fut la dernière ^ ftprèa tant d'ântMa^ et la dernière goutte qiii ^t Verser lé Terre:
Le prince ne put soutenir un traitemeiit Èi bdrfeare, si peu mérité) souffert avec tant de respeét et de douceur, et aii^uél il li'apërfeeTOit lii bornes ni mesures. La fièvre le prit la nuit j 11 en eonfia la taùsn à lé princesse de Garignan , sa sœur naturelle ^ qui më l'a conté , et à qui il aroit accoutumé dé s'ouvrir uniquement sur les traitements qu'il reea» ▼0it: Il l'assura qu^il atoit 16 beôùr flétri et qu'il n'en revièndroit pas i et aréc peu de regret à la tie souë un tel pèrei II ne parla pab si libreiàent Mix médecins, mais il les assura toujours qu'il n'en reviendroit pas; et atec la même deùoeur il se disposa à la mort, et né pensa plue qu'à l'autre vie. Sa maladie ne dura que ûinq ou six jours ; le! deui prfaace»* ses , mère et grand'mère , la cour , la ville étoient dans le dernier Ûéti •spoir; Le malheureux père y tomba lui-lnémevil sentit en &ii derniers jours tout ce que taloit son fils ^ tout ce qu'il allait pérdfë ,• et ne put tl disiimuier qu'il en étdit lo bourreau. Ifdis Fimpt-eséion étoit foité; sél •aresses tardives ne purent rai^pelër le prinoè & la vie. 8i ee père^ bart baremënt politique ^ avoit pu lire dans l'avenir et voir de si loin quel traitement le fils qui lui rêstoit lui préparoit^ Son désespoir eût été ail eomble^ Il eut la douleur de perdre un fils accompli ^ généraléffient ré* eennu et goûté eomme tel ^ d'en Voir sa oour , sa ville ^ ses Ëtats dans lé plus vive douleur, et dans la eontiction entière que sa jalousie l'avt^ fait mourir. Retournons maintenant en Franco;
Yoysin fegorgeoit des plus grands dons de la fbrtime; ehancelier eé garde des seeaax ^ ministre et seerétaire d'Stat au dépàrtéinent ûé la guerre, avec plus d'aiitoHté qiiè Louvois^ eonsell intime de Mme d« Haintenon et de M* du Maine , inètrumont du tesianieiit du M et da tout de qae sa vieille et sOn bâtard se proj[iosôient encore d'en arracber ^ DftinidtrO unique de Tiffairè de la eonstitutien , et dane la plus iiitimtf fonfiance et dépendance des chefs de ee tedoutable parti ^ et l'âmè aussi eantéf i:$ée qu'eui , il nageoit dans la plus solide et la plus entière een^ fiance du roi, et dans la puissance la plus étendue^ î\ voulut jouir de sa