Quatre pour cent
[ 1 7 1 4J MORT ET CAlUCTÈRE DB LA DUCHESSE DE L0R6ES. 6 1
inonde et la pins folle de tout plaisir , surtout du groë jeu. BHe n'aToit quoi que ce soit des sottises de gloire et d'importance des enftints des ministres; mais tout le reste elle le possédoit en plein. Gâtée dis sa première jeunesse par une cour prostituée à la faveur de son père, avec une mère incapable d'aucune éducation, elle ne crut jamais que la France ni le roi pût se passer de son père. Elle ne connut aucun devoir, pas môme de bienséance. La cbute de son père ne put lui en apprendre aucun , ni émousser la passion du jeu et des plaisirs. Elle Tavouoit tout le plus ingénument du monde , et ajoutoit après qu'elle ne pouvoit se contraindre. Jamais personne si peu soigneuse d'elle*mème , si dégingandée : coiffure de travers , habits qui iraînoient d'un cdté , et tout le reste de même, et tout cela avec une grâce qui réparoit tout. Sa santé, elle n'en faisoit nul compte; et pour sa dépense, elle ne croyoit pas que terre pût jamais lui manquer. Elle étoit délicate , et sa poitrine s'alté* roit. On le lui disoit : elle le sentoit , mais de se retenir sur rien , elle en étoit incapable. Elle acheva de se pousser à bout de jeu , de courses, de veilles en sa dernière grossesse. Toutes les nuits elle reVenoit couohée en travers dans son carrosse. On lui demandoit en cet état quel plaisir elle prenoit Elle répondoit d'une voix qui de foiblesse avoit peine à se (aire entendre qu'elle avoit bien du plaisir. Aussi finit-elle bientôt. Elle avoit été fort bien avec Mme la Daupbine et dans la plupart de ses con* fidences. Tétois fort bien avec elle ; mais je lui dtsois toujours que pour rien je n'eusse voulu être son mari. Elle étoit très-douce, et pour qui n'avoit que faire à elle , fort aimable. Son père et sa mère en furent fort affligés.
Orcey , frère de feu Mme de Montchevreuil , qui avoit été prévôt des marchands , mourut en même temps. Il étoit conseiller d'Etat. Sa place fut donnée à des Forts; qui a depuis été deux fois contrôleur général, et qui étoit lors encore fort jeune , fils de Pelletier de Sousy et intendant des finances.
Saint-Georges , archevêque de Lyon, y mourut, prélat pieux, décent, réglé, savant, imposant, résidant et de grande mine avec sa haute taille et ses cheveux blancs. Il y avoit longtemps que cette grande Eglise, dont il avoit été chanoine ou comte, comme ils les nomment, et archevêque de Tours , n'avoit vu d'évéque ; et depuis lui elle n'en a pas vu , j'entends des évoques qui prissent la peine de l'être. Bientôt après mourut l'évêque de Lisieux, frère du comte et du maréchal de Matignon.
Il y eut un petit désordre à Lyon pour une imposition que la ville avoit nouvellement mise sur la viande. Les bouchers excitèrent le peuple , dont quantité prit les armes et fit une assez grande sédition , telle* ment que Méliand , intendant , fut obligé d'ôter l'imposition , et apaisa tout par là. Cette imposition n'avoit pas été trop approuvée : ainsi l'intendant le fut. Le maréchal de Ville roy , qui sur tous les hommes du monde aimoit A se faire de fête , se trouvoit lors à Yilleroy avec un peu de goutte. Il écrivit au roi pour lui permettra d'aller à Lyon. Il l'obtint et partit. On envoya ordre à quelques troupes du camp de la Saône d'y marcher , et le maréchal de Yilleroy trouva en arrivant qu'il n'y avoit
(18 cs^MIs A fîAipçj pîBîsçç 4 îWgLy. [1714]
mieMJc lÀ qu'à 1^ \è\9 4'ï^e fiymée.
Chairs, qu'pnftyi» Wîindé 4e Tarmée Ae^ti^éi» à B|iwlo»# , ^'^tft jt peu vrôt^ à Madri4. Il ^toiV^myéà p^^çis, dôpôcl^é Piir laprin6#^§e 4es Ur9ip9, ci ^Uf» l^yoit charge d$ lettres pQur le pardjj^M^o} Piu4|Cr9-
LAoerde nm\ ^^ cesser par )e vqi fuf g;^ ^Qu^eram^té, n\ l» p^z [était] foiûQ oonoluQ avec r£$pagae,8^9 eQ ^ire loeptioQ, Ufiûel}^ éteit demeurée seule ea arrière aoorpcliée suc ce poipt- 1>m9 çfip ffE^U%faites , le vei alla , le ma^di à9 m%i t i {larly , st y 499nA ui» iâgfiin^lili au eardinal del Giudiee.
J'étois du voyage à mou ordinaire, quoique Mme 4e Saiut-SimoA fiit restée à Versailles auprès de ^me la duchesse de Qei^ry. Le roi u-ewt pas ouï parler encore par le roi d!Sspague qu'il pensât à se remanier , beaucoup moins à une fille de Parme ; mais i\ eu étoit iuforiu^ d'ailleui^* Ce procédé enté sur la souveraineté préte&due par la priucesse des Ursi^s et sur toute sa conduite avec le roi d'Espagne depuis la mûri 4fi 2a reine ) mit le sceau à la résolution de la perdre sans retour.
Il échappa au rai , toujours si xnattre de soi et de ses pasûleSt un mot et un 80urii*e sur Mme des Ursins tellement énigmfttique « quoique freppant , que Toroy , à qui il le dit, n'y comprit rien. Pauf) sa suiqprise iUe oenta à Gastries , son ami intime , et celui-ci à Mme la duebesse d'ôsléans, qui le conta à M. le duc d'Orléatis et à moi. Nous notis oassâm^ vainement la tête pour y eomprendre quelque chose. Toutefois un mot si peu intelligible sur une personne comme lune des Ursiz^s , et qui jusqu'à ces derniers temps avoit été si parfaitement avec le roi et Vf9P lime de Maintenon, ne me parut pas CavoraMe. J'y étois confirmé par ce qui venoit de se passer sui; sa souveraineté , mais à mille lieues de la foudre que cet éclair annonçèit, et qui ne nous la développa que par sa bhute. Mais il n'est pas temps encore d'en parler.
Le mariage de Parme étoit conclu , et le roi n'en ouït point encone parler de quelque temps de la part dé KEiçagne. Tout portoit i oroire néanmoins que Obalais n'étoit venu que peur cette fifiaire, que les 4é* pèches qu'il avoit apportées au cardinal del Biudiee la regardoient. Peut-être s'en trouvèrent-ils embarrassés, et qu'ils diffésècent« Je n^ein ai pas pénétré davantage là-4essus. Peut^'ètre aussi cela ne ):egardoit-:il encore que la souveraineté manquéé, et l'ordre envoyé aux pl^nipoten-r tiaires d'Espagne de signer la paix, sans en plus parler. Quoi qu'il ea soit , Ghalais apporta lui-même les paquets dont il étoit chargé au car*; dinal det Qiudice à Marly. Il s'e|i vetpàraa sans vbitf le roi ni personne. G'étoit le samedi 2 juin.
Le lendemain dimanche 3 , le roi , satisfait enfin de rer4re du vo) d'Bspsgne envoyé à Utreoht, fit entrer le duc de Berwick dans se» cabinet, à qui il ordonna de se tenii^ prêt à partir pour le siège de Barcelone avec soixante-huit bataillons ïrançois , à qui en même temps on envoya ordre d'y marcher , et quatre lieutenants généraux , et qiiatre maréchaux de camp frànçois , outre ceux qui y sont déjà. Le duc de Morteigâart obtint d'y être le cinquième de ces mavéchftuir de camp. Pu remarquera en passant que ce départ fut l3ien retardé , tandis que lei»
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da PopoU qui 9'eu r«toiirn« yUi^iQem^i^t 4 V^dri4 dès qi^ç te siégç cpfx^ mença. Bcancav , coûtant ^u plus fort ay^^^ ^^ f^rdipal 4el Gi^dicQ , ^Toit au ordre, eomsie oi} r4| îu, 4e Vjfi^rttfir p^ ctemia, pu U repQontteroit BéTwiek,pour couférer aYeQ l^i. 1*9 roî saps dpute 8'éto|| rayi^é ç^V l^ôpinî&tMté de l'E^pàgae 4 arrêter la paU suf la apuyçrali^eté dp Mme des Ursins. Il y a?oit lengteoips qiie Branoàs et }e eardinal étoieqt àmTéa^sant qu'il fût meutiea du Répart dp Ber^Wl^ ni A^atrpupes ^ui lui étaient destinées « et l'ordre n'en fut âoui)é , comme on le f oit» qu'immédiatement après que le roi fut ae^yr^ 4^^ ^9 roi «pu petit-^1^ «voit enfin envoyé les eiena à Utr^QUt 4^ signer nans plu^ f ouger à )a souvepaiiieté.
Aussitôt après que le duc de Berwiok fut eorU 4n P^inet du rpi » il j ÈX entrer la cardinal del Gipdice , apparemment pour lui dire ce qu'il tenoit de commander , et trois jours après QMlt|g reylut pesspr quelques heures ^Marly , où Torcy le mena pour quelque» moment? dena le ^k net du roi.
Ducasee , retqmbé malade à la mer , demanda iOn congé. Qa le fit rem* plàeép par Bellefontaine , lieutenant général.
iffenager, troisième plénipotentiaire 4 fiertEuydemberg e) 4 Utrepbtf dont on a sufAsamment parlé alors pouf le foire eonnoltre, mournt d'apoplexie 4 Paris , fort riche , sans avoir été merié- Pe Ait iemws^ podr sa probité, sa modestie, sa capacité dans la eommeree e( lOn iu* telligence dans les affaires. Il n'étoit point vieux.
Mme la duchesse de Berry se blessi dans sa chambre , la samedi 16 juin ) d'Une fille qui iie vécut que douce heures. La roi « qui étOit 4 Rambouillet, hommà Mme de Saint-Simon, comme duqhesse, pour mener ce petit corps 4 Saint •> Denis, et le cœur au reteus au Val-de^ Grice. Deux heures après il dit qu'il l'avoit nommée parce qu'elle lui étoit venue la première daps l'esprit eomme étant 4 Versailles, et Mme de Pompa4our de m6me pour flemme de qualité , mais que s'il eût pensé que l'une étoit dame d'honneur , l^autre gouvernante , laquelle par son emploi y devoit toujours aller , il auroit nommé une autre duchaisse et une autre dame. Mais la chose étoit faite et de Rambouillet, et Mme dé Saint-Simon en eut la copvée. L'évèque de Sée^, premier aumô« nier de feu M. le duc de Berry , étoit avec elle , et 4 droite au fond du carrosse , portant le cœur; Mme de Pompadour et Mmede Vâudreuil^ gouvernante et sous-gouvernante au devant; le curé 4 la portière; et 4 l'autre portière le petit corps ; des gardes , des pages , des carrosses do suite. Ils en eurent pour quatorze ou quinze heures.
La princesse Sophie , palatine , veuve du pretnier électeur d'Hanovre, et mère du premier Hanovre roi d'Angleterre , mourut 4 quatre-vingtâ ans. Elle étoit fille de la sœur du roi Charles l*f d'Angleterre , qui eut la tête coupée , et fille de l'électeur palatin à qui il en prit si mal de e'être voulu faire roi de Bohême. Ce Ait par elle que le droit 4 la couronné d'Angleterre vint 4 la maison d'Hanovre , non qu'indépendamment de la ligne royale des Stuarts il n'y eût plusieurs héritiers plus proches, mais tous catholiques, et elle étoit la plus proche d'entre les peotes-