MESURES ET CONDUITE 1 TENIR
Sartement de Sa Majesté en rang et en séanee , aveo M« le Pue , le seul es princes du sang en âge , le duc du Maine et le comte de Toulouse. Que là tous assis et couverts seuls , dans la pièce , avec les trois seeré* taires d'Etat au bas bout et derrière , la séance vis-à-vis de lui , ayant une table garnie devant eux , car le chancelier étoit le quatrième , Son Altesse Royale fît un court discours de louange et de regrets du roi ^ de la nécessité urgente d'une administration , de son droit à la régence qui ne pouvoit être contesté , du soin qu'il auroit d'éclairer ses bonnes intentions par leurs lumières \ et subitement les regarder tous en leur disant avec un air de confiance , mais d'autorité : « Je ne soupçonne pas qu'aucun de vous s'y oppose ; » se lever , gracieuser un chacun , les convier de se trouver l'après-dînée au parlement , et si le roi mouroit le soir , ne faire cette assemblée que le lendemain matin , pour ne laisser pas la nuit au duc du Maine à cabaler le parlement , et au premier président d'y haranguer. Arrivé droit au parlement , lui dire qu'il vouloit, par l'estime qu'il avoit pour la compagnie , sans rien de plus , leur venir faire part lui-même et se condouloir avec eux de la perte que la France venoit de faire , et de la régence qui lui échéoit par le droit de sa naissance , et les assurer du soin qu'il auroit de se faire éclairer de leurs lumières dans les besoins qu'il en auroit; que, pour commencera leur témoigner le désir qu'il en avoit , il leur communiquoit le plan qu'il estimoit le meilleur après M. le duc de Bourgogne , dans la cassette duquel il avoit été trouvé , et déclarer là les conseils sans nommer personne. Abréger matière , et finir la séance.
Comme la régence étoit faite et déclarée avant que d'y entrer, les gens du roi n'auroient point eu à parler, ni le parlement à opiner ni rendre d'arrêt. Si M. du Maine s'étoit mis en devoir de parler , l'interrompre et lui dire que c'étoit à lui moins qu'à personne à vouloir contredire ce qui s'étoit fait comme dans toutes les régences précédentes à ceUe des deux dernières reines , dont le cas particulier de chacune d'elles demandoit la forme qu'elles avoient prise , qu'elle étoit trop nouvelle et trop différente de celle de tous les temps pour avoir la force de la changer par ces deux seuls exemples , et qu'après toutes les choses inouïes qu'il avoit obtenuee , il devoit éviter avec soin de parler de ce qui étoit de règle, comme de ce qui n'y étoit pas, et sans attendre de réponse , lever la séance. Si le premier président avoit voulu parler sur la même chose , l'interrompre pareillement , lui dire qu'il marqueroit toujours au parlement toute l'estime et la considération qu'il méritoit , mais qu'il ne oroiroit jamais que l'équité et la sagesse de la compagnie exigeât que ce fût aux dépens des droits de sa naissance et de ceux à qui il s'étoit adressé , ni qu'elle pût prétendre que deux exemples uniques et modernes prescrivissent une règle ignorée jusque-là de toute l'antiquité, et pareillement lever la séance; en se levant, passer les yeux sur tout le monde , et se faire suivre par tous les pairs , intéressés ainsi que les officiers de la couronne à soutenir ce qui s'étoit passé avec eux. Si le roi avoit fait des dispositions , ajouter qu'il auroit toujours tout le respect pour la mémoire du roi , et tous les égards qu'il lui seroit possible pour ses volontés > mais que tous les siècles appsenoient que
[1715] POUR PiUSIfimE lA R£6SNC£/ 439
lâutë Fautofité persoBiieUe dés roU finissoil avee eus^ qu'U$ n!w. «a( aucune sur u&s régence dcmt personne ne peut prendre prétexte par Ba naissance de partager Tautorité; que te seroit manquer h oe qu'il se doit à Boi-méme de souffrir que son honneur , sa fidélité pour la per-^ fionne du roi , sOn attachement au bien de l'État demeurassent soupçonnés , et par son propre aveu , en se soumettant h. des dispositions inspirées par l'ambition de qui avoit voulu profiter de la foiblesse de rage et des approches de la mort ; que les dispositions si sages et si utiles de Charles V et de Louis XIII n'avoient eu aucun effet ; que cellea de Louis XIV, qui étoit bien éloigné des circonstances qui avoieni porté cps deui grands rois à les faire , ne pouvoient donc être plua recommandahles que les leurs, kii avoir un sort plus consistant; qu'en; un mot, celles de ces deux princes n'alloient qu'à maintenir le bon ordre et le repos de l'État; que celles du roi n'y pourroient mettre que du trouble , dont il n'est pas juste que l'État soit menacé ni travaillé pour l'ambition particulière de quelques-uns , et pour exécuter aveuglément les dernières volontés du roi en matière d'État , quand celles de pas un de ses nombreux prédécesseurs qui en avoient laissé n'avoient jamais été considérées un seul moment , et étoient tombées avec eux. Cela dit , lever la séance.
Je représentai à M. le duc d'Orléans que s'il avoit affaire à un due de Guise pour l'ambition , le duc du Maine vU'avoit ni le parti ni lea soutiens étrangers , ni le personnel des Ouise ; que c'étoit un homme timide à qui il falloit imposer et à son premier président tout d'abord ; que cela seul les feroit trembler , et que dans le très-peu de gens sur lesquels ce fantôme de Guise se flattoit de pouvoir compter dans le décrl eu étoit sa personne , et l'indignation publique de tout ce à quoi il étoit parvenu, il n'y en aùroit aucun qui, sur un appui aussi odieux et aussi frêle, os&t lever la tête contre un régent unique en sa naissance,, dont la valeur étoit connue , et qui savoit montrer le courage d'espfitque je lui conseiilois, et la fermeté qui seroit son salut, et qui fonde-, roit sa gloire et son autorité entière et paisible pour tout le cours dHi sa régence. Que le parlement , adroit à se prévaloir de tout , mais n'ayant personne pour soi par l'intérêt des pairs et des officiers de la couronne t qui se trouveroient engagés d'honneur par ce qui se seroit passé lematin avec eux sur la régence à Versailles , sentiroit promptement son impuissance et l'embarras du fond et de la forme : du fond , d'ériger en loi , lui tout seul , deux exemples récents contraires à tous ceux qui les avoient précédés , et deux exemples singuliers par leurs eiroonstamseit et les conjonctures , et de se roidir à foire passer en réglé les disposi-? : tiens de Louis XIV odieuses par elles-mêmes , contre l'exemple sonstant d« teutes les autres dispositions pareilles , dont pas une n'avôit eu le moindre effet, quoique si sages et sf nécessaires; de Ut forme, par leur ifteompétence , reconnue par eux-^mêmes, de délibéré?, encore moins de dtàtuer rien en matière d'État qu'avec les pairs et par leur présence et. concours, et mandés pour ce par le roi, ou en minorité par le régent; et si dans des temps de trouble le parlement entraîné contre la couravoit quelquefois voulu entreprendre de se mêler d'Affaires d']$tat ou di.
440 CONDUITE k TENIR SUR LES DISPOSITIONS INDIFFÉRENTES
gouvernement , ce n'avoit jamais été qa'au moyen et à Vombre de la présence des pairs , et quelquefois des officiers de la couronne qu^il en- Toyoît convier d'y venir prendre leurs places , chose qui n'étoit pas à craindre en cette occasion , par l'intérêt des pairs , et des officiers de la couronne de ne se prêter pas au dessein de détruire leur droit autant qu'il étoit en eux , et leur ouvrage , pour soumettre l'un et l'autre aux magistrats qui n'en avoient aueun; que, pour quelques-uns d'eux qui, en très-petit nombre , se trouveroient nommés dans les dispositions , la jalousie du grand nombre qui n'y auroit point de part l'empêcheroit de se prêter à soutenir cette disposition et les entreprises du parlement contre eux-mêmes , encore moins quand la déclaration des conseils , sans nommer personne , leur montreroit un bien plus grand nombre de places considérables à remplir , et à y succéder par vacance , que les disposi* tiens du roi n'en auroient établi , dont l'espérance encore les retiendroit tous, et le choix achèveroit de les attacher à lui. Enfin que je m'attendois bien aux plaintes du parlement , mais qu'elles seroient si sembla^ blés à celles qu'il fît sur la majorité de Charles IX et l'interprétation de la loi de Charles Y faite au parlement de Rouen , que je comptois aussi que l'effet etla fin en seroit toute pareille , ce qui diminueroit d'autant le nom , le crédit , l'autorité du parlement , à l'augmentation du pouvoir du régent, et rendroit cette ardente compagnie d'autant plus retenue à entreprendre.
J'ajoutai un détail des pairs et des officiers de la couronne qui le de-^ voit bien rassurer , outre l'esprit qui régnoit alors si peu favorable aux bâtards, par conséquent aux dispositions que le roi ne pourroit avoir faites qu'en leur faveur. Je fus d'avis que sur tout ce qui ne toucheroit ni r£tat ni le gouvernélbent en aucune sorte , M. le duc d'Orléans se fit honneur d'en faire un entier à ces mêmes dispositions du roi , non pas comme faisant loi et par nécessité de les suivre, mais par un respect volontaire et bienséant, par sa propre autorité à lui, et pour s'éloigner de la bassesse de porter des coups au lion mort. Par la même raison , je fus d'avis que Mme de Maintenon jouît pleinement, et son Saint-Cyr, de tout ce que ces dispositions auroient fait en leur faveur , et que s'il n'y en avoit point, que toute liberté lui fût laissée de se retirer où eUe Toudroit , et que rien de pécuniaire qu'elle désireroit ne lui fût refusé. U n'y avoit i^us rien à craindre de cette fée presque octogénaire; sa puissante et pernicieuse baguette étoit brisée, elle étoit redevenue la vieille Scarron. Mais je crus aussi qu'excepté liberté et le pécuniaire personnel , tout crédit et toute sorte de considération lui dévoient être soigneusement ôtés et refusés. Elle avoit mérité bien pis de l'Etat et de M. le duc d'Orléans.
Parmi ces mesures, je n'oubliai pas celles que, dispositions du roi fûtes ou non, la prudence devoit inspirer. C'étoit de s'assurer du régiment des gardes , ce qui étoit fort aisé avec le duc de Guiche pour de l'argent. Contade , qui le gouvemoit et qui de plus étoit fort accrédité dans le régiment, étoit honnête honmie et bien intentionné, et depuis longtemps je m'étois attaché à gagner Yillars qui n'étoit qu'un avec Contade, et qui avoit son crédit personnel sur le duc de Guiche. J'ai d^à.
[1715] PRÉVOYANCES k AVOIR. 441
parlé de ees deux hommes. S'assurer de Reynold , colonel du régiment des gardes suisses , le premier et le plus accrédité de ce corps et qui le menoit , fort homme d'honneur et pea content en secret du joug du duc du Maine ; s'attacher Saint-Hilaire , qui pour l'artillerie étoit au même point que Reynold dans les Suisses ; et ne pas négliger d'Argenson. Tout cela fut fait , et avec cela rien à craindre dans Paris , ni du parlement qui se trouveroit environné du régiment des gardes quand le régent y iroit. Rien à faire dans les provinces , où personne a'avoit d'autorité , qui toutes étoient indignées de la grandeur des bâtards et qui n'oseroient branler.'. Pour les frontières , du Bourg , qui commandoit en Alsace , étoit honnête homme , sans liaisons de cour , qui vouloit le bâton de maréchal de France qu'il avoit bien mérité , et qui lui viendroit bien plus naturellement par le régent que par des troubles ; ainsi des vues et de la situation des autres principaux des frontières. Il ne restoit donc qu'à avoir du courage, de la suite, du sang-froid, un air de sécurité, de bonté, mais de fermeté , et à marcher tranquille et tête levée aussitôt que la mort du roi ouvriroit cette grande scène.
Je m'aperçus aisément que M. le duc d'Orléans étoit peiné de trouver tant d'évidence aux raisons dont j'appuyois la proposition que je lui faisois de se passer du parlement pour sa régence. Il m'interrompit souvent dans les diverses conversations qui roulèrent là -dessus; il avouoit que j'avois raison , mais il ne pouvoit ni contester mon avis ni s'y rendre , quoiqu'il ne le rejetât pas. Il falloit, pour l'embrasser utilement, plus de nerf , de résolution et de suite que la nature n'en avoit mis en lui , plus savoir payer d'autorité , de droit , d'assurance par soi-même et sur le pré, et vis-à-vis des gens et sans secours d'autrui, qu'il n'étoit en lui de le faire. Je me contentai de lui inculquer ce que je pensois, et les raisons de se conduire comme je le pensois, à diverses reprises, sans le presser au delà de ce qu'il en pouvoit porter. Sa défiance , qui n'avoit point de bornes, m'arrêta dans celles-ci. Je crus voir qu'elle venoit au secours de sa foiblesse, et que, pour se la cacher à luimême , il se persuada que je voulois me servir de lui en haine du parlement , par rapport à l'affaire du bonnet , et revendiquer le droit des pairs par rapport à la régence sur l'usurpation moderne du parlement. L'expérience de ce qui s'y passa sur sa régence le fit repentir de ses soupçons, et de s'être laissé entraîner à des gens peu fidèles que sa foiblesse favorisa , et qui le jetèrent dans le dernier péril de se perdre avant de commencer d'être , comme on le verra en son lieu. Ces gens étoient Maisons , Efûat , deux scélérats dévoués au duc du Maine et au parlement ; Canillac , gouverné par l'encens de Maisons , devenu par là son oracle ; peut-être Noce , par ignorance , ébloui du nom du parlement.
Noce étoit un grand homme , qui avoit été fort bien fait , qui avoit assez servi pour sa réputation , qui avoit de l'esprit et quelque ornement dans l'esprit , et de la grâce quand il vouloit plaire. Il avoit du bien assez considérablement , et n'étoit point marié , parce qu'il estimoit la liberté par-dessus toutes choses. Il étoit fort connu de M. le duc d'Orléans , parce qu'il étoit fils' de Fontenay ,• qui avoit été son sousgouvemeur, et il lui avoit plu par la haine de toute contrainte, par
kk% ÉTAT ET CARACTàlUB DÉ NOCE. [17 U]
9ft phU080f»}d« tout épieurieanf, par une. bruiqUAf^e qui, quAûd ^Uf n'alloit pas à la brutalité , ce qui arrivoit a$««E souyeut , étoit quelquefois plaisante sous le masque de franehise et de liberté ; d^aiUeurs ua assez honnête mondain , pourtant fort particulier. Il étoit fort éloigné de s'accommoder de tout le monde , .fort paresseux , ne se génoit pour rien, ne se refusoit rien. Le climat, les saisons, les morceaux rares qui ne se trouvoient qu'en certains temps et en certaines provinces, les sociétés qui lui plaisoient , quelquefois une maîtresse ou la salu* brité de l'air Tattiroient ici et là , et l'y retenoient des années et quelr quefois davantage. D'ailleurs poli , vouloit demeurer à sa place , ne se soucioit de rien que de quelque argent , sans être trop avide , pour jeter librement à toutes ses fantaisies, dont il étoit plein en tout genre ^ et à pas une desquelles il ne résista jamais. Tout cela plaisoit à M. le duc d'Orléans, et lui en avoit acquis l'amitié et la considération. G'étoit un de ceux qu'il voyoit toutes les fois qu'il alloit à Paris , quand Noce y étoit lui-même , avec lesquels tous je n'avois ni liaison ni connôis*sance , parce que je ne voyois jamais M. le duc d'Orléans à Paris , et que ces personnes-là ne venoient jamai$ à Versailles. Depuis la rég«nûe , je n'eus guère plus de commerce avec eux. Leur partage étoit les aovL^ pers et les amusements du régent, le mien les affaires, sans aueua mélange avec ses plaisirs.
fin sv tgnûim y^^^v^.
I. ItûBCEÀU INéBIT PB SAINT -SItfON RELATIF A L*ACADâMlE FRAI7ÇAZS6.
Pige S6.
La plupart des notes de Saint-Simon sur le Jfùutnal de Pangûau se retrouvent dans ses Mémoires. En voici une qui fait exception. En pavittàf des faveurs dont Villars fut comblé à son retour, en 1714 (yoy. page 35 de ee volume), Saint-Simon ne dit rien de son élection à l'Académie française ( 17 mai 1714). Mais dans ses notes sur le Journal de Dangeau qui mentionne cette nouvelle , on trouve le passage suivant < :
« L'Académie françoise se perdit peu à peu par sa vanité et par sa complaisance. EUe seroit demeurée en lustre si elle s'en étoit tenue i $on institution ; la complaisance commença à la gâter : des personnel) puissantes par leur élévation ou par leur crédit protégèrent des sujets qui ne pouvoient lui être utiles , conséquemment ne pouvoient lui faire honneur. Ces protections s'étendirent après jusque sur leurs domestiques par orgueil, et ces domestiques qui n'avoient souvent pas d'autre mérite littéraire furent admis. De là cela se tourna en espèce de droit que l'usage autorisa , et qui remplit étrangement l'Académie. Pour essayer de se relever au moins par la qualité de ses membres , elle élut des gens considérables , mais qui ne l'étoient que par leur naissance ou leurs emplois , sans lesquels les lettres ne les auroient jamais admis dans une société littéraire , et ces personnes eurent la petitesse de s'imaginer que la qualité d'académiciens les rendoit académiques. De l'un à l'autre cette mode slntroduisit , et l'Académie s'en applaudit par la vanité de faire subir à ces hommes distingués une égalité littéraire en places , en sièges , en voix , en emplois de directeur et de chancelier par tour ou par élection ; et tel qui eût. été à peine assis chez un autre se croyoit quelque chose de grand par ce mélange avec lui au dedans de l'Académie , et ne sentoit pas que cette distinction intérieure et momentanée ne diiféroit guère de celle des rois de théâtre et des héros d'opéra.
a Que pour honorer l'Académie , la distinction des personnes ne fût pas un obstacle à les admettre, quand d'ailleurs ils avoient de quoi payer de leurs personnes par leur savoir et par leur bon goût et s'en tenir U , c'étoit chose raisonnable ; on avoit commencé de la sorte ; ceU honoroit qui que ce fût ; Tégalité littéraire contribuoit à l'émulation et à l'union des diveis membres dans un lieu où l'esprit et les lettres seules étoient considérées , et où tout autre éclat ne devoit pas être compté,
4. Je dois ce morceau inédiwde Saint-Simon à l'obligeance de M. Amédée Lefèvre-PontaUs , auteur d'un excellent Discours sur la Fie et les Mémoires de Saint* Simon, qui a été couroDBé par rAcadémia française.
Tant que rAcadémie n'a été ouverte qu'à des prélats et à des magistrats en petit^nombre distingués en effet par les lettres , et à des gens de qualité , même de dignité s'il s'en troùyoit de tels , elle leur a donné et en a reçu un éclat réciproque ; mais depuis que , de l'un à l'autre , par mode et par succession de temps , les grandes places et celles de domestiques sans autre titre s'y sont réunies , la mésalliance est tombée dans le ridicule, et les lettres dans le néaiit, par le très-petit nombre de gens da lettres qui y ont eu place et qui se sont découragés par les confrères qui leur ont été donnés , parfaitement inutiles aux lettres et bons seulement à y cabaler des élections. On admirera la fatuité de plusieurs gens considérables qui s'y laissèrent entraîner, et celle de l'Académie à les éliro.»