DÉPÔT DU TESTAMENT DU ROI
sa cour, et elle la yoyoit souvent et souvent en particulier tète à tête, pour se le faire raconter. La reine ne s'en fit pas prier , tant elle élolt encore pleine et étonnée , et lui rendit le discours que le roi lui avoit tenu mot pour mot, comme M. de Lauzun nous Tavoit dit, et tel que je Tai exactement écrit ici.
Il parut à l'altération si fort inusitée du visage du roi , de toute sa contenance, du bref et de Tair sec et haut de son parler plus rare encore qu'à l'ordinaire , et de ses réponses sur tout ce qui se présentoit , à l'embarras extrême et peiné de Mme de Maintenon que ses dames familières virent à plein , à rabattement du duc du Maine , que la mauvaise humeur dura plus de huit jours , et ne s'évapora ensuite que peu à peu. Il est apparent qu'ils essuyèrent des scènes; mais ils lenoient tout ce qu'ils avoient tant désiré, et ils se trouvoient quittes à bon marclé d'essuyer une. humeur passagère , sûrs encore par ce qu'ils venoient d'éprouver; que > la souffrant avec patience et accortise , et reprenant et i:edoublant même leurs manières accoutumées avec lui , il se trouveroit bientôt trop heureux de se rendre et de goûter ce repos qu'il avoit si chèrement acheté d'eux.
Aussitôt que le premier président et le procureur général furent de retour à Paris, ils envoyèrent chercher des ouvriers, qu'ils conduisirent dans une tour du palais, qui est derrière la buvette de lagrand'chambre et le cabinet du premier président , et qui répond au greffe. Ils firent creuser un grand trou dans la muraille de cette tour, qui est fort épaisse , y déposèrent le testament , en firent fermer l'ouverture par une porte de fer, avec une grille de fer en deuxième porte , et murailler encore par-dessus. La porte et la grille eurent trois serrures différentes, mais les mêmes à la porte et à la grille , et une clef pour chacune des trois , qui par conséquent ouvroit chacune deux serrures. Le premier président en garda une , le procureur général une autre , et le greffier en chef du parlement la troisième. Ils prirent prétexte de la donner au greffier en chef sur ce que ce dépôt étoit tout cotitre la chambre du greffe du parlement, pour éviter jalousie entre le second président à mortier et le doyen du parlement, et la division que la préférence auroit pu causer. Le parlement fut assemblé en même temps, à qui le premier président rendit le compte le plus propre qu'il lui fut possible k flatter la compagnie, et à la piquer d'honneur sur la confiance de ce dépôt et le maintien de toutes les dispositions qui s'y trouveroient contenues.
En même temps , les gens du roi y présentèrent un édit que le premier président et le procureur général avoient reçu des mains du chancelier à Versailles le même matin que le roi leur remit son testament, et y firent enregistrer cet édit. Il étoit fort court. II déclaroit que le paquet remis au premier président et au procureur général contenoit son testament, par lequel il avoit pourvu à la garde et à la tutelle du roi mineur, et au choix d'un conseil de régence, dont, pour de justes considérations, il n'avoit pas voulu rendre les dispositions publiques; qu'il vjuloit que ce dépôt fût conservé au greffe du parlement jusqu'à la fia de sa vie; et qu'au moment qu'il plairoit à Dieu de le retirer de ce monde, toutes les chambres du parlement s'assemblassent avec tous le&"
no ÉDiT ÈÈkAMQilAâttfr si^K xjfdtidf AttENT. iïllki
pfitieeft dé ia SÉiaisoâ tot&le éi Mis leà ptôiê qui d'y pèufifélem Vtism^i îpàut, en léUr présence, f étré fait mitéfttirè da testamefit, et a|H^$l» 6» leûittre, lé^ disposition^ qu'il eotiteâoit être rendue» publique» et «fé^ cutées sans qu'il fût permis ft ^t>sOiiné û'f càùiméniï , et 16» dmpUmm dudit testament être envoyés à tous les parlement^ dU rdyautnéi éi&t, par Us ordres du conSdil dé régéfiée^ pèuf y être oâfêgidtré^.
iï fût remarquable que datiS tout eet édif il â'y eut pâf un mA fà&i pottr 1# parlement, fil d'ésttmé, ni de eonfiaiieé^ ni même un seul m&% eut le choit du greifê du parlement, potif que và^uéimei&t éfieore m greffe [fût] le lieu du dépôt, ni ndmmer rien qui pût avoir trait à te garde des clefs. !1 étoit pourtant bien naturel de gratifier le patlefiient dans un édit de cette softe , et si expressément fait sur ee dêpét, eà tifr diot de faire le moitié et le graeieui , pi|isqu*on fïtieoit le solide et l'Iifi* portant. G'étoit bien éneOre le compte et l'est^'it de M. du MâlUè d'y flâttôt le parlement qui, avec tout le ptfblic, fut surpris de n'y fien trouter du tout qu'uti sileticé sec et dur, et qui parut même àséete, pour dette compagnie. Quoique ce que le roi ftYoit dit à M. du MÀiiiê t»ur la dernière grâce qu'il lui avoit faite pour l'état de priflOè du tô&g «I l'Habititê à Ik eotirotiUe, e{ àd premier président j au procureur géâé-
fàl et à là rëiite d'Angleterre , uuf son f estiment ^ ne fût pa» pullie ^ Ui surprise eltrémed6S témoins de l'un, et rétonnemént prodigieui âei âènt magistrats et de la reine, en atoieni làisëé trati^irer quelque chose, te malaise du roi , précédent et long j avoit aussi un peu pet^. On Ignôrôit le fond et les détails , mais les gens de 1& COUf le» mieut instruite, et d'autres par mit à la cour et à là tille, savaient en ^o§ l&
^ Violence, le dépit, le Chagrin marquée du roi. Là sécheresse singulière de i'édit confirma cette pet^uasion , et on ne dotitâ point qtie le roi né 96 fût roidi â vouloir I'édit de Cette sorte par bufttenr j et qu'il n'en eût fallu passer par là.
On à dit en paàââât que la Consternation fût grande à la nouvelle du testament, c'étoit le sort de m. du Maine d'obtenir tout ce qu'il vouloit, mais àVêc la malédiction publique. Oe même soH né l'abandonna point sur le testament, et dès qu'il la sentit, il en fUt accablé, ftme de Main'* ténôft indignée , et leurs veilles et leurs soins redoublés pour enfermer iè roi de telle sorte que de murmure ne pût aller Jusqu'à lui. fis s'occupèrent jîlus qUe jamais â l'amuser et â lui plaire , et à fiiire retentir autour dé lui les éloges , la joie , l'admiration publique d'un acte si génèrent et si grand , en même temps si sage et si nécessaire au maintien du bon ordre et de la tranquillité publique, qui le feroit régner si glorieusement au delà même de son régne.
Cette consternation étoit bien naturelle, et c'est en delà même que le duc du Maine se trouva bien trompé et bien en peine. Il àvoit crû tdut préparer, tôUt aplanir en rendant M. le duc d'Orléans si suspect et odîeut ; il y étoit en eifet parvenu , mais il croyoit l'être endore plus qu'il n'étoit véritable. Ses désirs , ses émissaires lui àvoient tout grossi ; et il ie trouva dans Tétonhement le plus accablant, quand , au lieu de^' ' ^cclâmatiôn'ë publiques dont il e'étott flatté que la nouvelle dti testament sëroit accompagnée, ee fat précieément tout l'opposé.
[17141 CONSTERNATiœi QtKÈÊLkLK IT SES CAUSES. 111
Ce tt'itolt pftt qa'ta m vit très^blalMmani qiM et laslu&int m pouvott «Voir été fiilt qtt< eontrt M* I0 duo d'Orléani, puisque « li ofe ii'ett pftfl toy lu in lier , il n'étéit pae besoin d'en faire , il ne lUlolt qtte liiiser aller lee eliOMe dana rordinairo et dans i'éut nntliroL Ce n'élit pti , Ddn [dutf i que les opinioni et les dispoaitioni semées et incnlquées ate« tant d'artifiee et de suite éontre oe prinoe eussent changé 1 mais quoi qu'on en pensât ^ de quelque sinistre in^oû qu'on fût aiTeoté à ién égard ^ personne ne s'aveugloit asseï pour ne pas ^oir qu'il seroit &ée«ssalro« ment régent par le droit incontestable de sa naissanoo) que Us dispoid* tiofis du testament ne poutolent raffoiblir que par rétablissettent d'un pôuToir qUi balançât le sien ] que c'étoit fortoef deux partis dans TËlat 1 dont chaque chef seroit intéressé à se soutenir, et à abattre Vautre par tout ce que l'honneur s Tintérôt et le péril ont de plus grand et de plus vif; que personne alofs ne seroit à l'abri de la nécessité de ehoisir Tua ou l'autre ; que ce choix des deux oétés auroit mille dangers » et nulle bonne espérance pour soi-même < rais<mnable»
Torts les particuliers troavérsnt doue â gémir sur leur fortune, sur eux-mêmes, sur l'Etat livré ainsi à l'ambition des partis. le Obef du plus juste, ou plutét du «eu! JUste en sol, on Tavoit mis en bérreur. Le ebef de l'autre, et il n'y avoit personne qui n'y reeonndt M. du Maine , qui n'eh fliisoit pas moins par son ambition èffirénée qui l'avoii porté où il étoit â l'égard de la succession à la eottronne, qui Avoit outré tous les cosurs , et qtii , aux dépens des suites qu'on en prévoyait , vouloit après le roi faire Oontre au régeUt , et élever autel centre autel. On comparoit les droits sacrés en l'Un , nuls en Vautife. On eom-^ paroit les personnes, on les trouvoit toutes deux odieuses*, mais la va* leur , la disgrâce , le droit du sang l'empOrtoient encore sur tOttt Oé que Ton voyoit en M. du Kâine. Je ne parle que du gros du mondé peu iUàtrUif , et de ce qui se préàentoit natureUement de soi-même; combien plus dans ee qui l'étoit davantage, et qui U'àvoit point de raison de sortir de neutralité!
Ces considérations , dont pluâ ou ttioins fortement selon l'instruction et les lumières , mais l'universalité étoit frappée , formoient Ces plaintes et des raisonnements^ à l'oreille, d'oft nàissoit le murmure qui, bien qu'étouffé par la crainte, ne laissa pas de percer^ et qui partout perça enfin de plus en pluà.
Ce que la raison diotoit, ce que les plus eôiisidérables vouleient, ce qui eniroit même dans les têtes communes qui iont le phis grand nombre dans ce qu'on appelle le publie ^ n'êtoit rien moins qu'un testament licellé, qui tendit tout en erainte, et Jetoit en partialité. Le défaut de ces hommes illustres par leurs eiploits, par leur capaciié, par une longue et heureuse expérience , par là reconnus supérieurs aux autres , et en possession de primer et d'entraîner par leur mérite et leur réputation; le défaut d'âge de tous les princes du sang* les idées si faussés, mais si fort reçues, qui dèfavorisoieUt celui à qui de droit et de néeessité inévitable les rênes de l*Êtai se irouveroient dévolues, fàisdent souhaiter que le roi mit ordre au gouvernement qui succéderoit âU sien , mais non pas dans les ténèbres.
112 DUC d'orléans; [1714]
On souhaitoit que le roi étabUt de son vivant le gouvernement tel qu'il le vouloit laisser après lui ; qu'il mît actuellement dans son conseil et dans ses affaires ceux qu'il y destinoit après lui, et dans les places et les fonctions qu'ils dévoient remplir; que lui-même, gouvernant toujours avec la même autorité , réglât publiquement celle qui devoit suc« céder à la sienne , dans les limites et dans l'exercice qu'il avoit résolu qu'elle eût; qu'il dressât le futur régent, et ceux qui en tout genre entreroient après lui dans l'administration , à celle que chacun devoit avoir; qu'il en formât l'esprit et l'harmonie en se servant d'eux dès lors en la même façon qu'ils dévoient servir après lui , chacun respectivement au gouvernement de l'État ; qu'il eût le temps de voir et de corriger, de changer, d'établir ce qu'il trouveroit en avoir besoin; qu'il accoutumât à âe travail , et qu'il instruisit ceux qu'il ne faisoit qu'y destiner, et le reste de ses sujets à voir ceux-là en place , et à les honorer; en un mot â tout exécuter lui-même, de manière qu'il n'y eût aucun changement à sa mort , qu'elle n'interrompît pas même la surface des affaires, et qu'il n'y eût qu'à continuer tout de suite et tout uniment ce qu'il auroit établi lui-même , dirigé et consolidé. »
Mais ce qui étoit le vœu public, celui même des plus sages, le bien solide de l'État , n'étoit pas celui du duc du Maine , il craignoit trop le cri public de tout ce qu'il embloit au régent , et le prince qui devoit l'être , qui avec honneur et sûreté n'auroit pu s'y soumettre ; le parallèle de la loi et de la faveur aveugle et violente; celui de leur commune base, le sang légitime des rois, dont M. le duc d'Orléans étoit petit-fils et neveu , avec le ténébreux néant d'une naissance si criminelle que jusqu'au duc du Maine elle étoit inconnue de la société des hommes ; enfin la comparaison militaire dans une nation toute militaire ; et de la nudité entière du petit-fils de France, avec ce prodigieux et monstrueux amas de charges, de gouvernements, de troupes, de rangs et d'honneurs inouïs dont le groupe effrayant servoit de piédestal au double adultère pour fouler aux pieds tous les ordres de l'État , et y mettre pour le moins tout en confusion pour peu qu'ils voulussent se servir de la puissance qu'il avoit su arracher.
M. du Maine redoutoit les réflexions qui nallroient de ces trois fortes considérations, et le repentir du roi trop annoncé par la violence qu'il avoit soufferte , dont il n'avoit pu retenir Eei plaintes; et qu'il ne saisît l'indignation publique accrue par l'exercice des fonctions, pour détruire ce qu'il avoit eu tant de peine à édifier. Enfin il eut peur, et peut-être le roi plus que lui , des plaintes de ceux qui n'étoient pas des élus : l'un de s'en faire des ennemis qui dès lors se joindroient à M. le duc d'Orléans, l'autre de l'importunité des mécontents et des visages chagrins. Ainsi on étoit bien éloigné de voir révéler des mystères que leurs auteurs avoient tant d'intérêt de cacher.
M. le duc d'Orléans fut étourdi du coup ; il sentit combien il portoit directement sur lui ; du vivant du roi il n'y vit point de remède. Le silence respectueux et profond lui parut le seul parti qu'il pût prendre ; tout autre n'eût opéré qu'un redoublement de précautions. On en demeurera là maintenant sur cet article; il n'est pas temps encore d'entrer
[1714] SA CONDUITE SUR fX TESTAMENT. 113
dans les mesures et dans les yu«s de ce prince pour Tarenir. Le roi évita ayec lui tout discours sur cette matière , excepté la simple déclaration après coup; M. du Maine de môme. Il se contenta d'une simple approbation monosyllabe avec Tun et ayec Tautre , en courtisan qui ne se doit mêler de rien , et il évita même d'entrer là-dessus en matière ayec Mme la duchesse d'Orléans, et avec qui que ce fût. J'étois le seul avec qui il osât se soulager et raisonner à fond ; avec tout le reste du monde un air ouvert et ordinaire , en garde contre tout air mécontent et contre la curiosité de tous les yeux. L'abandon inexprimable où il étoit au milieu de la cour et du monde lui servit au moins à le garantir de tout propos hasardé sur le testament , dont personne ne se trouva à portée de lui parler; et ce fut en vain que Maisons, qui affecta de laisser passer quelque temps sans le voir, essaya par Canillac et par luimême de le faire parler là-dessus. Ce ne fut que dans la suite que le duc de Noailles et lui le firent avec plus de succès , lorsque la santé plus menaçante du roi engagea à s'élargir sur les mesures à prendre.
Il falloit qu'il y eût déjà du temps que le roi songeât à pourvoir à l'éducation du Dauphin après lui. Il étoit bien naturel que, pensant sur tout comme on le faisoit penser de M. le duc d'Orléans, il ne voulût pas lui en laisser la disposition , et songeât à la faire lui-même. Peut-être fut-ce par ce point que Mme 'de Main tenon et M. du Maine firent ouvrir la tranchée devant lui par Yoysin, pour de l'un 4 l'autre le conduire à tout le reste. Quoi qu'il en soit, étant allé à Vaucresson fort peu après la mort de M. le duc de Berry , où M. de Beauvilliers étoit dans son lit un peu incommodé , il voulut être seul avec moi. Là il me dit sans préface et sans que la conversation conduisît, car ce fut tout aussitôt que nous fûmes seuls , qu'il avoit une question à me faire , mais qu'avant de me dire ce que c'étoit , il exigeoit ma promesse que j'y répondrois sans complaisance , sans contrainte , mais naturellement , suivant ce que je pensois , et que ce n'étoit que sur ce fondement assuré qu'il pouvoit me parler.
Je fus surpris de ce propos et je le lui témoignai. Je lui demandai si depuis tant d'années de bontés et de confiances intimes de sa part pour moi , et pendant lesquelles il s'étoit traité et passé tant de choses si importantes entre nous , Touverture , la franchise , la liberté entière de ma part avec lui , ne dévoient pas lui répondre qu'il trouveroit toujours en moi les mêmes. Il me répondit avec toute l'amitié que je lui connoissois pour moi , et il ajouta que si je lui donnois la parole qu'il me demandôit, je verrois, par ce qu'il avoit à me dire, qu'il auroit eu raison de vouloir s'en assurer. Je la lui donnai donc , encore plus surpris de cette recharge et plus curieux de ce qui la lui faisoit faire.
Il me dit que le roi n'espérant guère voir le Dauphin en âge de passer entre les mains des hommes , se croyoit être obligé de pourvoir luimême à son éducation ; que le roi Ten vouloit charger et de tout ce qui la regardoit comme il l'avoit été de celle de Mgrs son père et ses oncles , qu'il s*étoit excusé sur son âge et ses infirmités qui ne lui permettoient point les assiduités nécessaires , ni d'espérer même d'achever Téducation jusqu'à l'âge qui la termine ; que le roi, persistant à vouloir l'en char-
114 àMMt n GOKfUNâX SV ROI [17141
g«f , iintftfittoll qu'il fie ftt ^0 te ^u'il pouf^oit «1 toudroil^ «t Wul âtf suite fixattt non rdgtrd plus atMiitit«»efii sur moi : « Vous étM, m» dii^il^ ûHê dt pair^ »oâ aiioisii} aufièz-ireui da la t>eind à ètt« gouveN naur eonj^iiilémëiit atiM moi , à suppléer à tout ae que }q na potttroia falra^ è agir dans «atta ftaetioû dans Ufl conoartantiar, au un mot) quoique égaui ati fdliotiQ&s at plus ancien pair qua moi , 4 n'étra pas la pramiaf r d'ast sur «ela que Je vouâ oonjorô da ma répondre nainrella*mant ) sani aomplàlsanoa ; sûr que }a ne sarai blessé da rien. Vous voyet , ajouta-i^l) quaj'fttois raison de tous an demander totra parole $ tous ms VAiét donnée ^ tenes-la^noi & présent* i»
Je lui i'épondis qué je la lu! tiëndfèis eu èftéi sans peine j que j'entao^ dois bien que sôus un nom pareil c*ôtOit Ôtrë gouverneur sous lui en tout et partent; ^ue je té âo&noissoià qUi que de fftt sans ekoeption autra que lui, avec qui je raeseptasse; mais que pour lui que j'avais toute ma tie regardé tôfÊOHe mon père ^ qui m'en avoit seryi , dont je 60Bnoissois lés talents St la teirtu ave6 Un6 vénération aussi de toute Ma vie i et là aonflanee et Tàmitié par une eitpérienca de même durée , je sèrois ateo lui et soUs lui, en tout etparlout, sans an avoir la moindre peine , at qUé mon cœur lui étoit attaché de manière que je trottvarois ma joie à lui msrquer s&ns eesse respect , déférence , et un abandon dont je lui avois doiiné une preuve plus difficile sur les renonciations. Il m'embrassa , mè dit que je le soulageois infiniment , et mille choses touehântesi
Il me denlanda un profond secret, et dé la façon qu'il me parla , j'eus lieu de croire que lorsqu'il auroit pesé et fait [touà ses arrangements et ses OhOit poUi" la totalité de TéduCàtioU, le roi ne tardèroit pas à les déôlafër après qu'il les lui aUroit proposés, le ne laissai pas de repasser d'autreâ sujets avec lui par Timportance dont la chose ma parut. Sur deut qui étOient fbtl en sa main , Je lui dis que la Vérité eXigSoit de moi que jie lui avouasse que l'un y étoit plus propre que mo! ; que pour l'autre Je m'y croyois plus propre. Il ne fit que glisser sur eui comme sur les autres dont nous parlâmes, ce n'étoit que conversation : il s'étoit fixé sur moi. Gela n'étoit pas nouveau ^ puisque Mgr le Dauphin étoit pleidement déterminé à me demander au roi pour gouverneur du frère atfié du roi d^àujourd'hui , que Je ne l'ignorols pas, et que ee prince ne pouvolt àvoif pris et s'étrê affermi dans cette résolution que par le due de BeauvillieM qUi lie vouloit pas être du tout gouverneur dé ce jeûna pHnce. ohâtgé comme il Tétoit déjà, et comme il Teût été de plus ëtt plus, de foùctiofis auprès du Dauphin qui té demandoient tout entier pour là totale COnfiâûcô de 6ë prinoe , et poui* les ftfi'aires de l'État.
Telle fut là dernière manque que M. de ÈéauVllliërs me donna dé Son estime, de son amitié, de àa confiance; tel fut SUsisi le dernier témoignage qu'il fèçut dé celle du roi, malgré la haine persévérante de Mme dé Màintenofi. SOU teu de santé dura trop peu après Cette conversation pouf 4ûe la matière en pût subsister. Elle étoit eh soi délicate; une Vie entièrement paftagée entre leS eiëtCÎCéé de piété, les fonCtiOû^ dé ses Chargés dont il né mànquoit àûcuhé dé celles qui ne se eroisoient pâs , et léà affUif es , ne lui taissdit que de courts délassements ; dans le plus ihtiâie iûtéHeUr dé Sa famille m plus étroite , et de moins eUCbf e
[1714] POUR LB DyÇ DE UUÀXjm^JMM, \\h
ihèïàe le sacrifice , mais ils né se consolèrent ni l'un ni Tautre. La mort du Dauphin lui fui éneore tout autrement sensible : il me Ta avoué bien des fois. Toute sa tendresse s'étoit réunie dans ois prince, dont il admirolt Tesprit , les talents , le travail . les desseins , la vertu , les sacrifices , et la métamorphose entière que la grâce avoit opérée en loi et y cpnôrmoit sans cesse; il éioit sensiblement touché de m confiant sans réserve, et de leur réciproque liberté à, se communiquer, à discuter et à résoudre toutes choses : il étoit péûétré de Tamour de TËtat , de Tordre , de la religion qu'il alloit voir refleurir |ei comme renaître sous son régne , et en attendant, pa^ sa prudence , sa sagesse , sa justice , sa modération , son application , et par l'ascendant que le roi se plaisoit à lui laisser prendre sur la Cour , sur les affaires , et sur lui-même. Quelque convaincu qu'il fût de sa sainteté et de son bonheur, sa mort Taocabla de telle sorte, qu'il né mena plus qu'une vie languissante, amère, dou«* Iqureuse, éans reUohe, sanà consolation. Enfin, la mort du due de cbevreuse, son cœur, son âme , le dépositaire et souvent l'arbitre de ses pensées les plus secrètes, même de piété, enfin depuis toute leur rie un autre lui-même , lui donna le dernier coup.
il fut malade près de deux mois â Vaucresson, où peu auparavant il s'étoit retiré et renfermé à l'abri du monde , même de ses plus familiers , pouf ne songer plus qu'à son saîut et y consacrer tous les instants de sa solitude. ïi y mourut le vendredi , dernier août, sur le soir, de la mort des justes^ ayant conservé toute sa tète jusqu'à la fin. Il avoit près de soiianle-siz ans , environ trois ans moins que le duo de Ghevreuse , étant né le 24 octobre 1648 d'une maison fort ancienne et très-noblement alliée , surtout en remontant.
Il étoit fils de M. de Saint- Aignan qui, avec de l'honneur et do la valeur , étoit tout romanesque en galanterie , en belles-lettres , en faits d'armes, il ayoit été capitaine des gardes de Gaston , et tout à la fin dâ 1649 , acheta du duc.cie Liancourt la charge de premier gentilhomme de la chambre du roi , lors duc à brevet. Il commanda ensuite en Berry contre le parti de M. le Prince, lors prisonnier , puis [fut] lieutenant générai de Tarmée destinée contre MM. de Bouillon et de Marsillao en Guyenne. Il eut le gouvernement de Touraine à la mort du marquie d'Aumont, e\ le, crédit de le vendre fort cher à Dangeau enoore jeune, lorsqu'à la disgrâce de M. et de tf me de Navaillei , il s'accommoda aveo lui du gouvernement du Havre de Grâce en 1664. Il fut ehevalier de l'ordre à la promotion de 1661 et duo et pair en 1^63 < (le cette étrange fournée des quatorze K II fut chef et juge du camp des derniers earrou" sels du roi, et mourut à Paris 16 juin 168T. Ù avoit épousé uneSor-* vien , parente du surintendant des finances { qu/il perdit en 1679i Au bout de l'an , il se remaria à une femme do chambre do sa femme qui y étoit entrée d'abord pour avoir soin de ses chien». Bllo fut si modeste et