‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 60 sur 232 · MORT, ETC. DU CARDINAL D'ESTRÉES · texte numérisé non relu

MORT, ETC. DU CARDINAL D'ESTRÉES

lœurs. Elles étoiént belles, mariées, intrigantes; on les appèloii de leur temps les Sept péchés mertels. Voilà ce qui commença à apparenter et à mettre dans le monde le grand-père du cardinal d'Estrées. La Babou sa grand'mère étoit aussi déterminée qu'intrigante. Il est remar*quable qu'elle fut tuée à Issoire^ où elle s'étoit jetée et qu'elle défendoit) le dernier de Tannée 1593, contre les ligueurs.

Elle laissa deux fils et six filles , dont trois figurèrent Le fils aîné fut tué , un an après sa mère . au siège de Laon , l'autre est le premier maréchal d'Estrées, père du cardinal. Des filles, l'ainée ftit seconde femme du maréchal de Balagny , bâtard du célèbre évêque de Valence, frère du maréchal de Montluc. Le maréchal de Balagny s'étoit fait, par les armes et par adresse , souverain de Cambrai. Il n'y put résister longtemps aux Espagnols , sur qui il avoit usurpé le pays et la place. Sa première femme, sœur du fameux Bussy d'Amboise, et qui n'avoit pas moins de courage que lui , mourut de rage et de dépit , peu de moments Après être sortie de Cambrai, en 1595. Balagny mourut en 1608, et sa seconde femme deux ans après. Oabrielle d'Estrées fut la seconde ^ dont la beauté fit la fortune de son père , et dont l'histoire est trop connue pour s'y arrêter. Elle étoit sœur du père du cardinal , mais morte près de trente ans avant sa naissance. La troisième , qui figura , épousa !• premier duo de Villars, à la fortune duquel elle contribua beaucoup. Pour revenir à leur père , Oabrielle , dès lors pleinement et publique* ment maîtresse d'Henri lY , le fit gouverneur de Paris et de l'ile-de* France après d'O , et grand maître de l'artillerie après M. de Saint-Luc. Il en avoit déjà fait les fonctions fort longtemps auparavant pendant une longue maladie de La Bourdaisière , son beau^père, qui l'étoit. M. d'Estrées avoit été chambellan du duo d'Alebçon , gouverneur de ses apanages en partie , fort bien avec lui ; et ce prince , qui par mépris pour Henri III son frère porta toujours l'ordre de Saint-Michel , .sans avoir jamais voulu de celui du Saint-Esprit , l'avoit fait donner à d'Es* irées, en la première promotion de 1579; il se démit de l'artillerie en 1 S99 , qui fut donnée à M. de Rosny , depuis premier duo de Sully , lors en pleine faveur , lequel obtint pour vin du marché de faire passer !• gouvernement de l'Ilê-de-France du père au fils, qui est demeuré ehez MM. d'Estrées , jusqu'à la quatrième et dernière génération* L'ar* tillerie alors n'étoit qu'une charge. Elle ne devint office de la couronné «[u 'entre les mains de M. de Sully, qui le fit ériger en 1601. C'est le dernier de tous, n'y en ayant point eu d'érigé depuis.

La mère du cardinal d'Estrées étoit nièce de ce ptemièr et célèbre duo de Sully , fille du comte de Béthune son frère , si connu par sa capacité et par ses grandes ambassades à Home et ailleurs, et par ce grand nombre de manuscrits qu'il ramassa , que son fils augmenta , et qu'il donna au roi. Ainsi elle étoit sœur de ce second comte de Béthune^ chevalier d'honneur de la reine , qui fut connu aussi par ses ambassa* des, et du comte de Gharost, qui fut capitaine des gardes du corps, puis duc à brevet, grand-père du duo de Gharost, gouverneur, de là personne du roi. Ces choses ont maintenant vieilli ; il est bon d'en rafraîchir la mémoire, mais sans s'y étendre davantage.

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