PARLEMENT DE PARIS
qu'inutiles, et ' pourquoi. — Régence d'Anne d'Autriche ; pourquoi passée au parlement. — Avantages dangereux que la compagnie en usurpe, que Louis XIY réprime durement depuis. — Régence de M. le duc d'Orléans au parlement se traitera en son temps. — Duc de Guise, qui fait tout pour envahir la couronne, est le premier seigneur qui se fait marguitlier, et, pour plaire au parlement, laisse ajouter à son serment de pair le terme de conseiller de cour souveraine. — Dessein du parlement dès tors à l'égard des pairs. — • Le terme de conseiller de cour souveraine ôlé enfin pour toujours du serment des pairs. — Nécessité d'exposer un ennuyeux détail. — Ordre et formes de l'entrée et de la sortie de séance'aux bas sièges. — Présidents usurpent nettement la préséance sur les princes du sang et les pairs à la sortie de la séance des bas sièges. — Ordre et formes d'entrer et de sortir de la séance des hauts sièges. — Séance, aux lits de justice, des pairs en haut qui opinent assis et couverts, et les officiers de la couronne aussi; des présidents et autres magistrats en bas, qui opinent découverts et à genoux, et du chancelier en bas, qui ne parle au roi qu'à genoux, parce qu'il est légiste, mais opine et prononce assis et couvert, parce qu'il est officier de la couronne. — Présidents usurpent d'opiner entre la reine ré* gente et le roi ; sont remis à opiner après le dernier officier de la couronne en 4664 , ce qui a toujours subsisté depuis. -^ Changement par entreprise et surprise de la réception des pairs, des hauts sièges où elle se faisoit, aux bas sièges où elle est demeurée depuis 464.3. — Contraste de l'état originel des légistes dans les parlements avec leurs usurpations postérieures. — Efforts et dépit des présidents en 4^64 et depuis. — Novion, premier président, ôté de place pour ses friponneries, jaloux de l'élévation des Gesvres.
Pour prendre une idée juste de l'essence et de la nature de cette compagnie, il faut se souyenir de ce qui a été dit des légistes, de la façon de rendre les jugements , et des trois corps qui forment la nation ; que chacun étoit jugé par ses égaux; que les grands vassaux jugeoient les leurs , chacun dans son fief avec les principaux feudataires qui en rele- Yoient; et que les grands et immédiats feudataires de la couronne , connus dès la fondation de la monarchie et sous divers noms , enfin de pairs de France , jugeoient les grandes causes et les affaires majeures avec le roi , et avec lui exerçoient le pouvoir législatif et constitutif pour les 'grandes sanctions de TËtat ; ce que c'étoit que les hauts barons et les grands prélats , et qu'ils y étoient quelquefois , puis toujours appelés , mais personnellement tantôt les uns , tantôt les autres , par le roi , en sorte qu'ils ne tiroient leur droit que de ce que le roi les mandoit, ainsi que depuis les officiers de la couronne dont on avoit besoin pour ce qui regardoit leurs offices , au lieu que les pairs y venoient tous de droit , et que rien ne se pouvoit faire sans eux ; que les procès se multipliant sans cesse depuis que les fiefs eurent , contre leur originelle nature , passé aux femmes , furent devenus susceptibles de partages , de successions, d'hypothèques, et que les coutumes diverses sur toutes ces choses se furent introduites par usages dans les différentes provinces , que les ordonnances se furent accumulées , ce qui causa la multiplication des parlements aux différentes fêtes , qui duroient huit , dix, quinze jours pour vider ces procès, que saint Louis, qui aimoit la justice, considérant le peu de lumière que ces juges si nobles et si occupés de la guerre pouvoient apporter auj ugement de tant de questions