PARLEMENTS, LEUR ORIGZHE, ETC
eoobamssées, et da coutumes locales différentôA, mit à leun pieds des légistes pour être à portée d'eu être consultés en se haussant à eux , sans toutefois qu'ils fussent obligés de le faire, ni, le faisant, de se conformer à leur avis ignoré de toute la séance , et qu'ils ^ ne disofent qu'à l'oreille du seigneur aux pieds duquel ils se trouroient assis quand il Youloit les consulter , et que c'est de là que ces légistes ont été dits conseillers ; que le peuple , esclave par sa nature , peu à peu affranchi , puis devenu en partie propriétaire par la bonté des seigneurs dont ils étoient serfs, forma la bourgeoisie et le peuple, et ceux qui eurent des fonds appelés rotures , parce qu'ils ne pouroient posséder de fiefs , furent de là appelés roturiers ; que de ce peuple affranchi , ceux que leur esprit et leur industrie éleva au-dessus de l'agriculture et des arts mécaniques , s'appliquèrent aux coutumes locales , à savoir les ordonnances et le droit romain, qui demeura en usage en plusieurs provinces après la conquête des Gaules , et y a été depuis toujours pratiqué. Ces gens-là se multiplièrent avec les procès, s'en firent une étude, devinrent le conseil de ceux qui en avoient, et des familles pour leurs affaires. De leur application aux lois, dont ils se firent un métier, ils furent appelés légistes y et saint Louis en appela aux parlements pour s'asseoir sur le marchepied des bancs des juges qui étoient tels qu'on l'a expliqué , pour Y être à portée de leur donner à l'oreille les éclaircissements sur ce qu'il s'agitoit devant eux, et former leur jugement et leur avis, quand ces seigneurs croyoient en avoir besoin , et se baissoient à eux pour le leur demander. [Il faut se souvenir] que de là les procès se multipliant déplue en plus, et par conséquent ces assemblées pour les juger qui de parler en* semble avoient comme les grandes assemblées pour les causes majeures et pour les grandes sanctions de l'État , et par mèmç raison de parler ensemble, avoient pris le nom de parlement^ les seigneurs, tant pairs qui y étoient de droit , que ceux que le roi y appeloit nommément, s'excusèrent souvent par l'embarras des guerres ou de leurs affaires ; alors la nécessité de vider les procès fit donner voix délibérative en leur ab* sence en nombre suffisant à ces mêmes légistes, qui, profitant de l'absence des vrais juges auxquels la nécessité les faisoit suppléer, usèrent des temps, et obtinrent voix délibérative avec eux, mais néanmoine toujours séants à leurs pieds sur le marchepied de leurs banes.
Voilà comme de simples souffleurs, et consultés à pure volonté, et sans parole qu'à l'oreille des juges seigneurs, ces légistes devinrent juges eux-mêmes avec eux. De là , comme on l'a dit , cette humble séance leur devenant f&cheuse , ils usurpèrent de mettre un dossier entre les pieds des seigneurs et leur dos, puis d'élever un peu ce marchepied du banc des seigneurs qui leur servoit de siège , et d'en former doucement un banc. Telle est l'origine des hauts sièges et des bas sièges de Ui grand'chambre , et après elle des grand'chambres des autres parlements formés dans les provinces sur ce premier modèle, qui tous n'eurent d'abord qu'une seule chambre chacun , qui depuis la multiplication des procès et des juges , ont multiplié les chambres , d'où la première , auparavant unique , a été nommée en toutes [les cours] la ^rafûl'cfcmiidre , pour la distinguer des autres.
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Il tBLVLi encore se souyenir que ees parlementa , dont les juges légistes ehangeoient à chaque parlement de Pâques , la Toussaint « etc. , et les seigneurs aussi qui n'étoient point pairs , et que le roi y mandoit nom* mément , seigneurs et légistes durèrent jusqu'aui troubles des faêtione d'Orléans et de Bourgogne sous Charles YI. Ses fréquentes et longuet rechutes, qui ne lui permettoient pas de choisir les membres de ces parlements , en liyroient la nomination à. celle des deux factions qui lors avoit le dessus. Les désordres qui en naquirent firent changer Tusage jusqu'alors observé , et pour ne retomber plus à chaque parlement djms le même inconvénient, il fut réglé que les mêmes membres le demeureroient à vie , et qu'il n'y en seroit mis de nouveaux que pat mort de ceux qui s'y trouvoient , et que c'est l'époque qui a rendu les légistes juges uniques de fait , parce que , ne s'agissent plus de donner une quinzaine ou trois semaines en passant à juger des procès , les sei^ gneurs et les nobles que les rois y avoient jusque-là nommément appelés à chaque tenue , tantôt les uns , tantôt les autres , ne purent quitter l'exercice des armes , ni leurs affaires domestiques, pour passer leur vie à juger en toutes ces diverses tenues de parlement , se retirèrent presque tous , et laissèrent les légistes remplir leurs places qui n'avoient rien mieux à faire. Parmi eux l'figlise y conserva des clercs, d'où sont venus les eonsetUera^clerts , pour y veiller à ses intérêts , mais de même étoffe que ces légistes, parce que les évoques et les grands prélats, oo«« cupés de leur résidence , souvent de grandes affaires , et même de la guerre, ne purent donner leur temps à ees fréquentes assemblées, et comme la noblesse les abandonnèrent.
Ainsi les légistes devenus juges , et par le fait seuls juges , juges à vie, s'accréditèrent. Les malheurs de l'Etat et les pressant» besoins d'argent engagèrent nos rois à en tirer d'eux, pour d'une fonction à vie en faire des offices , et finalement des offices héréditaires et vénaux. Voilà donc ces juges devenus des magistrats en titre , et ces magistrats , par les mêmes besoins de finances, ont été accrus et augmentés jusqu'à U foule qu'on en voit aujourd'hui , qui peuplent Paris , les provinces sous différents noms, en divers tribunaux supérieurs et subalternes. Enfin le parlement, rendu sédentaire à Paris , agrandit ses membres légistes, et jugeant non plus par convocations diverses dans l'année , mais tout le long de Tannée, acquit une dernière stabilité qui en fit une compagnie de magistrats, modèle sur lequel la commodité des plaideurs éloignés î et le nombre des procès tcem à l'infini , fit former les autres parlements les uns après les autres ; et de là , comme on l'a dit , par le besoin de finances, vint l'idée et l'exécution de tant de créations de tribunaux partout, supérieurs et inférieurs de tant de sortes, et de cette foule d'offices vénaux et héréditaires de la robe.
Les légistes devenus par tous ces divers degrés les seuls qui formé-» rent le parlement , devenu perpétuel et sédentaire à Paris , et eux officiers en titre vénal et héréditaire, délivrés des nobles qui avoient quitté l'ecritoire passagère dès qu'elle devint continuelle , et des ecclésiastiques considérables qui comme les nobles n'y étoient plus appelés par les rois eomme avant Charles VI , n'eurent plus que les pairs avec eux , qui de