PRÉSÉANCE DES PAIRS AUX PARLEMENTS
droit et sans y être appelés par les rois, à la différence des hauts barods, des officiers de la couronne, des prélats et des nobles en quelque nombre, et nommément à chaque parlement, et jamais les mânes, y entroient et y jugeoient toutes les fois qu'il leur plaisoit de s*y trouver. C'est de là qu'ils y ont conservé leur entrée et leur voix délibérative toutes les fois qu'ils y veulent prendre séance , tant au parlement de Paris que dans tous les parlements du royaume , où ils précèdent sans difficulté le gouverneur de la province, et l'évoque diocésain, s'ils s'y trouvent avec eux.
De là encore cette différence d'entrer en séance au parlement avant l'arrivé du roi , lorsqu'il y vient , tandis que les officiers de la couronne , et tous autres qu'il plaît au roi de mander pour son accompagnement , ne peuvent entrer en séance qu'à sa suite et après lui , encore que les officiers de la couronne y seoient aux hauts sièges , avec voix délibérative, privativement aux gouverneurs et lieutenants généraux des provinces , et aux chevaliers de l'ordre mandés par le roi , qui seoient en bas , et n'ont point de voix , et c'est un reste de ce qui a été dit de ces anciennes assemblées où les pairs seuls assistoient de droit , longtemps seuls , puis ceux des hauts barons que les rois y mandoient , etc. Et ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'eacore que les officiers de la couronne aient leur séance aux hauts sièges , le seul chancelier a la sienne en bas , comme il a été dit plus haut , parce qu'encore qu'il soit le second officier de la couronne, et si considérable en tout, et là même en son triomphe de chef de la justice et de présider sous le roi, il n'est que légiste et maintenant magistrat , et comme tel ne peut avoir séance aux hauts sièges. La même raison le prive du traitement de cousin que nos rois donnent non-seulement aux ducs-pairs et vérifiés , mais aussi aux ducs non vérifiés , et à tous les autres officiers de la couronne.
Le parlement ainsi devenu sédentaire et perpétuel toute l'année , les légistes , devenus à vie , puis en titre et héréditaires furent non -seulement juges et magistrats , mais les seuls qui composèrent le parlement , à l'exclusion de tous autres nobles que les pairs, et comme c'étoit une cour de justice , destinée aux jugements des procès deyenus sans nombre , les pairs ne s'y trouvèrent guère que pour des cas extraordinaires ; ainsi ces magistrats , seuls maîtres du lieu , montèrent aux hauts sièges ^ dont l'usage se soutint insensiblement même en la présence des pairs.
La forme des procédures se multiplia avec les procès, et la chicane, qui la rendit d'abord nécessaire , se nourrit dans la suite de ses divers sites , dont Tune et l'autre se multiplia A l'infini , d'où naquit un langage particulier dans les requêtes et dans les arrêts, qui rendit le prononcé de ces derniers difficile souvent aux magistrats moins experts , et à tous autres impossibles. De là le président de l'assemblée continua d'en faire la fonction en présence des pairs , puis en titre , comme les lé* gistes de simples consulteurs étoient devenus magistrats.
De cette présidence en titre et de ce que la justice se rend au nom du roi , Tint l'idée de le représenter à celui qui exerçoit cet office , pua la prétention qui, à la longue, s'est consolidée, parce que personne