‹ Mémoirs et correspondance de Mallet du PanChapitre 6 sur 42 · MÉMOIRES ET G0B&ES1?0NDAI9C · texte numérisé non relu

MÉMOIRES ET G0B&ES1?0NDAI9C

digne de vous. » Montlosier oni*aît ses services pour la création de cette armée. Mais je ne sache aucun fait qui autorise à croire qu'en effet le gouvernement anglais se fût occupé activement de réaliser ce grand projet.

Les événements désastreux qui vinrent, presque immédiatement après les premiers succès, ébranler les fondements de l'alliance et disloquer son armée , donnèrent d'autres soins à M. Pitt : il fallait réparer « le mal immense que les petites considérations, ces éternelles ennemies des grandes \ » venaient de faire à la cause commune. Il fallait ramener au faisceau les volontés profondément troublées et aigries de l'empereur et du roi de Prusse. Au milieu de tels revers , quand l'Europe ne présentait plus à l'Angleterre que le concours trop peu sûr d'alliés las et défiants, l'opposition demandait de nouveau et avec plus de véhémence que jamais à ce ministère qui per^» sistait encore résolument à faire la guerre, si donc il était décidé à ne jamais faire la paix avec la république française?

L'était-il en effet , et quelles étaient à ce moment les vues positives de M. Pitt? Son parti était-il pris de ne jamais désarmer que la révolution ne fut écrasée ? La lettre qu'on va lire indique qu'à ce moment, du moins, les intentions ministérielles n'allaient pas si loin et que le gouvernement anglais appelait de ses vœux l'établissement en France d'un gouvernement avec lequel on pût traiter avec quelque sécurité. Cette lettre était adressée à Mallet du Pan par l'am-

' Lettre de Fabbé de Pradt à Mallet du Pan.

[1794] CHAPIiaE TROISIÈME. 81

bassadeur anglais à Turin, M. Trevor, plus tard lord Hampden, admirateur et chaud ami de notre écrivain, avec qui leur ami commun, le chevalier Macpherson, Favait mis en relation.

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