‹ MemorandaChapitre 13 sur 28 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

couvrait de sa large écriture les énormes feuilles de papier de ses Mémoires, pour devenir, de par la magie de sa propre prose et pendant ces heures de travail, l'homme d'État qu'il ne pouvait être qu'alors... Il jugeait ministres et ambassadeurs. Il disait les causes profondes de l'avilissement public. Il prévoyait les inévitables catastrophes. Il découvrait la gangrène des infamies, et démaillotait de leurs langes blasonnés les âmes pourries des courtisans et des princes. Puis cette plume réparatrice une fois posée, cet encrier vengeur une fois fermé, il fallait reprendre le collier de médiocrité, subir la superbe de Louis XIV, l'insolence des bâtards, la lâcheté du régent, l'infamie de Dubois, et faire politesse à la honte, quoi qu'on en eût. Au même groupe appartient M. d'Aurevilly. Comme à Byron, comme à Saint-Simon, la littérature lui a été la fée libératrice et qui console de tout. Les con-

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