VISITE DU DR. MEILLEUR, A ST. ANDRE
Mardi, 6 courant, il y a eu une assemblée au village de St. André, à l'occasion de la visite du Dr. Meilleur, Surintendant de l'éducation pour le Bas-Canada. Ja cob Barcelo, écuyer, J. P., fut unanimement nommé
président, et A. B. Johnson, écuyer, magistrat stipendiais, fut nommé secrétaire.
Cette assemblée fut une des plus respectables et des plus nombreuses qu'on ait jamais vues à St. André, pour affaire publique quelconque. Il n'y avait pas moins de 250 citoyens respectables, y compris les conseillers de la municipalité, et présentait une heureuse union d'origines et de persuasions diverses, ce qui montrait clairement que l'esprit de parti n'a pas éteint lo sentiment dans lequel le peuple de cette section municipale se dispose à envisager et à discuter le sujet très important de l'instruction publique.
Le président a ouvert l'assemblée par une adresse courte mais convenable, et a conclu par solliciter le Dr. Meilleur d'expliquer la nature et les avantages de l'acte qiù se trouve actuellement en force au sujet de l'éducation.
Le surintendant s'est alors adressé à Fassembb dans un style clair et lucide, il a fait preuve des naissances étendues qu'il a de ce sujet, et qu'il est profondément pénétré des sentiments de l'intérêt qu'il met à l'accomplissement de l'important devoir dont il s'est chargé en faveur de l'éducation dans cette province. Son discours a duré plus de deux heures, s'adressant à l'assemblée tantôt en anglais et tantôt en français. Il exposa les obligations légales imposées par cet acte au conseil municipal et aux commissaires d'école. Il développa de plus les obligations morales par lesquelles tout parent est tenu à pourvoir à l'éducation de ses enfants, quand bien même le conseil municipal refuserait d'agir, fait auquel il n'avait nulle raison de croire, et quand môme la dépense entière d'une bonne éducation [resterait à sa charge. Il dit ensuite qu'il croyait que ces dépenses, supportées par les parents, seraient regardées jpar le statut de l'éducation nomme suppléant au vote Idela municipalité, et qu'il serait payé une somme équivalente à celle que chaque arrondissement d'école aura e pour le soutien d'un maitre.
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En développant les avantages de l'éducation, il a fait contraster la position des personnes qui se trouveraient dans quelques années sans éducation, avec celles qui seraient instruites. Il a fait voir que dans le premier cas, des reproches amers seraient faits aux parents négligeant l'éducation de leurs enfants, tandis que les autres se trouveraient qualifiés à conduire avantageusement leurs propres affaires et à remplir les places publiques, qui, par les progrès d'une constitution libre, deviendront nécessaires, mais qui ne pourraient être remplies que par des gens instruits. Enfin, il termina en disant que les parents qui auront rempli ce devoir absolu, s'acquierront la bénédiction de Dieu, l'amour et la reconnaissance de leurs enfants et l'estime de leurs concitoyens.
Le Dr. Meilleur ayant cessé de parler, Messire Pâquin, curé de St. Eustache, se leva, et après avoir concouru dans les vues et les opinions du Dr. dont il loua le zèle et la capacité, proposa que les remercîments de l'assemblée fussent offerts au Dr. Meilleur pour sa visite et pour l'exposition lumineuse du sujet, laquelle proposition, secondée par le Major Barron, de la Chute, fut adoptée à l'unanimité. La matière de l'allocution de Messire Pâquin autant que la manière douce et claire avec laquelle il s'est exprimé a produit un effet des plus heureux sur l'assemblée.
Après quelques observations très convenables, faites par le Rev. M. Edwards, de Chatham, sur le bill d'éducation, l'assemblée a été terminée. Des remercîments ont été votés à M. Barselo, le président, par motion de M. Bénédic, J. P., secondé par le Major Duniouchel, puis à M. Johnson, le secrétaire, par le Capitaine Kaines secondé par M. Richot.
Cette visite à St. André de la part du Dr. Meilleur, fut accordée à la prière du Colonel de Hertel, warden du district, qui en a fait tous les frais. Les efforts de ce monsieur en faveur de l'éducation comme de toute
antre mesure d'intérêt public, sont très méritoires et dignes de la reconnaissance générale.
St. André, 8 Dec 18é2.
P. S. Je dois ajouter ici que le Dr. Meilleur a montré, à St. André comme ailleurs, un zèle digne de toute éloge en faveur de l'éducation, une tolérance vraiment chrétienne dans ses instructions, une urbanité et une douceur admirables dans les réponses qu il fit à plusieurs reprises à diverses personnes qui lui demandaient des explications. C'est avec d'aussi nobles sentiments et d'aussi honnêtes procédés que les employés de l'administration Bagot rendront de plus en plus ce nom cher