SÉMINAIRE ET COLLÈGE DE MONTRÉAL
Le Séminaire de St. Sulpice de Montréal fut fondé en 1647, par des prêtres de l’ordre de St. Sulpice de Paris, et dont le supérieur, alors, était Messire J. J. Olier, d’heureuse mémoire. Ces prêtres vinrent à Montréal en cette même année, ayant à leur tête M l’abbé de Quaylus en qualité de V. G. de Mgr. l’archevêque de Rouen. En 1677, le roi de France leur accorda des lettres patentes ; mais le Collège de Montréal, qui est une fondation du Séminaire de St, Sulpice de cette ville, date du premier d’Oclobre 1773.
Le premier Collège établi à Montréal, sous le vocabtfe ÎSiw de St. Raphaël, prit naissance dans le presbytère de la Longue-Pointe, paroisse voisine de celle de Montréal, et fut installé dans le château Vaudreuil, bâti en 1723, à la place connue aujourd’hui par le nom de Jacques Cartier, emprunté au nom de Jacques Cartier, navigateur de St. Malo, qui a exploré le Canada, sous les auspices de François Premier, à trois époques différentes, depuis 1534 à 1542.
Mais, le château Vaudreuil, ainsi que l’église des Jésuites érigée sur le même terrain en 1692, étant devenus la proie des flammes en 1803, le Collège de Montréal fut bâti 1804, eu remplacement de celui de St. Raphaël, aux frais du Séminaire de St. Sulpice de Montréal, à l’endroit où nous le voyons aujourd’hui. ( 1)
connus des Canadiens qui, comme voisins oA amis, y ont eu un accès facile et avantageux.
(1) Un autre collège fut établi, so* 1'. vocabtëSÜ*: de St. Raphaël à Glengary, dans le Haut-Canada, par Mgr. Adre. McDonell, premier évêque de Kingston, où se trouve aujourd’hui le substitut de cette institution. Mgr. McDonell a légué, pour l’y établir, de belles propriétés sises au milieu de la ville. Ses successeurs, NN. SS. les évê-
Le Collège de Montréal, qui est la propriété du Séminaire de St. Sulpice de cette ville, fut ouvert à la jeunesse le 20 Octobre 1806, et l’on peut dire de suite, qu’il a formé, pour l’Eglise, et pour l’Etat, nombre d’hommes remarquables, et plus utiles encore, qui ont contribué à faire de l’une et de l’autre l’ornement et la gloire.
Messire J. Rte. Curateau de la Blaiserie, curé de la Longue-Pointe, qui avait commencé à faire une classe latine à quelques élèves réunis dans son presbytère, fut le fondateur primitif et le premier directeur du Collège St. Raphaël, établi dans le château Vaudreuil, que la torique de Montréal avait acheté pour cette fin. Messire 0. Rte. Marchand, canadien de l'ordre de St. Sulpice à Montréal, fut le second directeur du Collège St. Raphaël, Messire J. Rte. Chicoinean, du même ordre, le 3e et dernier, et Messire Ignace Raphaël Leclair, canadien, né à Québec, et décéaé curé de St. Laurent dans l’île de Montréal, fut le premier professeur de philosophie clans ce Collège. Mgr. J. O. Plessis, né à Mont¬
réal en 1762, fut aussi un des professeurs du Collège
ques Ganlin et Phelan, ont utilisé ces proprié lés, Me manière à faire honneur au zèle religieux du généreux fondateur, au leur, à la religion et à la ville de Kingston. M. l’abbé Duchaîne, canadien, a professé dans le Collège St. Raphaël à Glengary plusieurs années avant l’établissement de son substitut à Kingston, sous le vocabffiïts* de Régiopolis. Mgr. Horan, 4e évêque de Kingston, animé de l’esprit qui porta ses illustres prédécesseurs à faire cette belle fondation, ne manquera pas, sans doute, d’y donner tout le soin dont elle a besoin, pour obtenir un plein succès.
Outre cette institution classique catholique, il y en a quatre autres dans le Haut-Canada, : savoir ; une à Bytown, vel Ottaouais, une à Toronto, une à Guelph, et une à Sandwich ; ' celle-ci, connue sous le nom de Collège de l’Assomption. Ce collège ne doit pas être confondu avec celui portant le même nom sis en la paroisse de l’Assomption à 24 milles cio Montréal,
St. Raphaël. On sait d’ailleurs que cet illustre évêque est une des plus belles gloires du Canada français.
M. Michel Bibaud, littérateur, et, après Charlevoix, le premier historien du Canada, l’hon. Hugues Héney, l’hon. Juge O’Sullivan, l’hon. D, B. Viger, LL. D., et l’un de nos premiers jurisconsultes, MM. Michel Pierre Viau, V. G., Charles Ducharme, fondateur du Collège de Ste. Thérèse, N. Dufresne, membre de St. Sulpice de Montréal, Pierre M. Mignault, curé, et fondateur du Collège de Chambly, Eiiéas McDonald, de Glengary, pendant près de 40 ans professeur au Collège de Montreal, J. Bte. St. Germain, archiprêtre, curé et, fondateur de l’Académie de St. Laurent, Jacques Viger, premier maire de la Cité de Montréal et commandeur de l’ordre romain de St. Grégoire, Jean Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal, et M. A. Durante au, excuré de Lachine, sont des élèves du Collège St. Raphaël.
Mgr. Lartigue, homme de talents marquants, éloquent, d’un caractère résolu et énergique, et d’une vertu austère, fut aussi un des professeurs du Collège St. Raphaël. Il fonda l’Eglise St. Jacques, sa cathédrale à Montréal, et, d’un côté, son palais épiscopal, et de l’autre, une maison parallèle, pour y faire tenir des écoles. Il les y établit, et, avec l’aide assidue et zélée de M. le Grand Vicaire A. Truteau, son cousin, actuellement chanoine, elles eurent, sous ses auspices, un succès qui n’a pas contribué peu à donner l’exemple et l’impulsion aux autres bonnes écoles de Montréal. Dès 1831, les écoles de Mgr. Lartigue comptaient 250 élèves.
Deux autres influents cousins de Mgr. Lartigue, les honorables D. B. Viger et Ls. Jos. Papineau, contribuèrent généreusement à faire ces trois beaux établisse-
menls, qui sunl malheureusement devenus la proie des flammes en 1852 ; l’école et leglise ont été rebâties en 1857 et 1858; et cette dernière, incendiée do nouveau en 1859, se rebâtit en ce moment.
De tous les élèves du Collège St. Raphaël mentionnés dans la listé ci-dessus, les seuls survivants sont l’honorable D. B. Viger, et MM. Duraiiseau, Dufresne, Mignault et St. Germain, ces quatre derniers, tous prêtres, exerçant encore le ministère. (1)
Le vénérable Jacques G. Roque, docteur en théologie de la faculté de Salamanque, en Espagne, Y. G. et d’heureuse mémoire, fut premier directeur du Collège actuel do Montréal, et l’on peut dire que jamais directeur d’une maison d’éducation ne fut plus aimé et plus justement vénéré que lui. (2)
Le Collège de Montréal a produit nombre d’hommes remarquables parmi les plus distingués qui font honneur au pays ; il a fourni à d’autres institutions classiques plusieurs professeurs habiles, (3) et à l’Eglise nombre de prêtres et de prélats éminents. Il en est plusieurs dans
(1) Le contemporain le plus ancien, parmi les élèves du Collège St. Raphaël, c’est l’honorable D. B. Yiger, et parmi ceux du Collège de Québec, c’est l’honorable Ls. Jos. Papineau, cousins, et tous deux orateurs éloquents et patriotes zélés dont les noms sont destinés à occuper une place distinguée dans l’histoire du Canada.
(2) Voir à la suite de cet article la célébration de sa 50e année de prêtrise.
(3) Au Collège de Québec, on y a vu MM. l’abbé John Holmes et Joseph Aubry, Docteur en Théologie de la faculté de Sapience, à Rome, et, au Collège de Nicolet, MM. J. B. Roupe, J. O. Leprohon, Clément Aubry et Jacques Odelin, figurer au premier rang parmi les plus utiles. M. Odelin est d’ailleurs bien connu par la part qu’il a prise dans la fameuse discussion qui a eu lieu, en ce pays, au sujet des doctrines nouvelles, et alors très influentes, de l’abbé de Lamennais, que l’Eglise a condamnées depuis.
les Etats-Unis, dans le Haut-Canada, et un à Edimbourg, en Ecosse.
Onze evêques sont sortis du Collège ou Séminaire de Montréal, savoir : Mgr. Lartigue, premier évêque de Montréal, Mgr. Gillis, évêque d’Edimbourg, capitale d’Ecosse, Mgr. John Fitznatrick, évêque de Boston, Etat de Massachussets, Mgr. John Bacon, évêque de Portland, Etat du Maine, et cinq qui ont eu leurs sièges respectifs dans le Haut-Canada, savoir : NN. SS. Michaël Power, condisciple, premier évêque de Toronto, Marie A. de Charbonuel, second évêque de Toronto, Patrice Phelan, troisième évêque de Kingston, L. A. Pinsonnault, premier évêque de Sandwich, et Mgr. Pareil premier évêque de Hamilton.
Les fondateurs des Collèges de Ste. Thérèse et de L’Assomption sont tous élèves du Collège de Montréal.
Le nombre des professeurs du Collège de Montréal est ordinairement de 12, dévoués entièrement à l’enseignement classique et à la haute éducation, sous les auspices immédiats du Séminaire de St. Sulpice de Montréal, et le nombre des élèves qui suivent leurs cours, annuellement, est ordinairement au-dessus de 2'0. En 1855, il était de 256, tant pensionnaires qu’externes.
La bibliothèque du Collège de Montréal s’élève à plus de 10,000 volumes, et il a un laboratoire et un cabinet de physique et de chimie très au complet où l’histoire naturelle est largement représentée. Messire Léon V. Villeneuve, membre du Séminaire de St. Sulpice, et dont ie goût et l’aptitude pour l’agriculture et pour les sciences naturelles sont bien connus, a beaucoup ajouté
à ce cabinet, pendant qu’il était le directeur (le cet établissement. (1)
Le cabinet de physique du Collège de Montréal n’a pas coûté moins de ii3,000, et les minéraux, dont les échantillons sont bien variés et très nombreux, ont été en partie donnés par le célèbre abbé Haiiy, en les accompagnant d’un cabier de référence écrit de sa propre main, l’année de sa mort en 1822. Un des élèves de cet homme illustre, Frédéric Hall, A. M., qui a été l’un de mes professeurs au Collège de Middlebury, en parlait souvent avec admiration et un profond respect. (2)
En effet, la découverte et l’exposé des principes de la cristallisation des minéraux et de leur forme primitive et secondaire, et le système de cristallographie de M. l’abbé Haüy, sont déjà des œuvres bien admirables. Mais lorsque l’on réfléchit que, tout en tenant une modeste cure de province, il a travaillé à cette découverte merveilleuse, et à ce système vraiment ingénieux, pendant 20 ans, dans le silence et la retraite, notre admiration redouble. Son mérite et son succès furent appréciés avant sa mort, car il fut fait membre de l’Académie des Sciences, et nommé, en 1802, professeur de minéralogie au musée d’histoire naturelle à Paris.
Outre le Collège de Montréal et ses dépendances, le Séminaire de St. Sulpice a encore un magnifique sémi-
*(1) Jusqu’à ce jour, le College de Montréal compte sept directeurs, savoir: MM. Koque, Quiblier, Bayle, Villeneuve, Nerkam, Denis, et 0. Lenoir:ies deux derniers sont canadiens. Les deux premiers sont défunts ; les autres sont pleins de santé et d’activité.
M. Quiblier laissa la direction du Collège pour la supériorité du Séminaire de St. Sulpice de Montréal qu’il a occupée pendant 16 ans.
(2) Le professeur F. Hall est décédé en 1843, à l’âge de 64 ans,
naire qu’il vient de faire ériger sur le versant sucî-est de la montagne de Montréal, évalué avec ses dépendances à la somme de ü)30,000. Il est destiné uniquement à l’usage des étudiants en théologie, lesquels, en 1855, étaient au nombre de 60.
Avant l’existence de ce nouvel établissement, les étudiants en théologie, dont plusieurs étaient simultanément maîtres de classe, hébergeaient dans le Collège de Montréal. En 1855, le total des élèves de ces deux fondations s’élevait à 306.
Le Séminaire de St. Sulpice de Montréal, outre le Collège et le Séminaire des étudiants en théologie, entretenus sous le même toit exclusivement à ses frais, a toujours soutenu des écoles primaires sur un bon pied pour les garçons, et dés 1789, ces écoles étaient fréquentées par plus de 300 enfants. Deux de ces écoles ont été tenues jusqu’en 1837, dans la bâtisse en pierre qui était sise dans la me Notre-Dame vis-à-vis le Séminaire, et que l’on vient de faire démolir pour y ériger un cabinet de lectures publiques qui auront lieu sous les auspices des Messieurs du Séminaire.
Les écoles tenues dans cette bâtisse étaient au nombre de deux dont l’une, appelée la grande école, a été tenue avec un succès remarquable, pendant plus de 30 ans, par M. Jean Martineau, originaire de St. Laurent, île de Montréal. Instruit et tout dévoué aux devoirs de sa charge, on peut dire qu’il les a remplis fidèlement et utilement. Il fut très regretté et difficilement remplacé.
Les Frères des Ecoles Chrétiennes ont remplacé, en 1837, les instituteurs de ces écoles, et toujours aux frais du Séminaire de St. Sulpice de Montréal.
M. de Belmont, troisième supérieur du Séminaire de St. Sulpice à Montréal, y étant arrivé jeune, et avant d’avoir été ordonné prêtre, fut le premier instituteur des enfants de cette ville et des petits sauvages de la montagne.
Les Séminaires de Québec et; de Montréal ont été fondés spécialement pour l’enseignement de la théologie aux jeunes gens qui se destinent à la prêtrise et aux missions étrangères, mais l’on voit que, par une louable extension de leur œuvre, ils se sont encore chargés de l’éducation classique, et même élémentaire de la jeunesse, avec un zèle et un succès qui commandent par tout le pays l’admiration et la reconnaissance, et ce d’autant plus qu’ils iront jamais reçu du gouvernement provincial la moindre aide pécuniaire pour ces fins.
Addendum. — Célébration de la cinquantième année de 'prêtrise de Messire Jacques- Guillaume Roque, docteur en théologie de la f acid té de Salamanque , vicaire- général > ancie?t directeur du Collège de Montréal , etc., etc.
Jeudi, le 24< Septembre 1835, eut lieu dans la vaste église paroissiale de Montréal, la plus belle cérémonie dont cette ville eût jamais été témoin. Suivant les avis depuis long-temps publiés dans les journaux publics, le vénérable Messire Roque, vicaire-général, et pendant 22 ans directeur du Collège de Montréal, célébrait sa cinquantième année de prêtrise. Ses nombreux élèves, environ 500, se réunirent à neuf heures du matin aux bureaux de la fabrique, et do là partirent ayant en tête la musique (bande) du 32e. régiment, pour aller prendre le clergé au Séminaire de St. Sulpice. Le véné-
rable M. Roque, revêtu de magnifiques ornements, marchait assisté de deux prêtres, puis Mgr. Lartigue, mitre en tête, la crosse à la main, et assisté de trois prêtres, était suivi du reste du clergé composé de plus de cent prêtres revêtus du surplis. Jamais auparavant la ville de Montréal n’avait vu un clergé aussi nombreux réuni pour aucune cérémonie quelconque.
Mgr, l’évêque “ assistant-paré,” la grand’rnesse fut célébrée, avec toute la pompe possible, par M. Roque dont l’émotion grande était bien visible à la foule présente. Lorsque ce vénérable prêtre, à cheveux parfaitement blancs, et courbé sous le poids des années, vint se jeter aux genoux de l’évêque pour renouveler les vœux de sa prêtrise, tout le monde était attendri . . .
Messire Joseph Aubrv, membre du Séminaire de Québec, prononça un éloquent discours parfaitement approprié à la circonstance, et qui lit sur son auditoire distingué une profonde impression. On estimait à 8000 les personnes présentes à cette imposante cérémonie dont le motif était de satisfaire au sentiment d’une res¬
pectueuse et vive gratitude.
Le pain bénit, présenté pur les- élèves de M. Roque, était d’une hauteur prodigieuse et très bien exécuté: une charpente on bois avait été faite exprès pour ie recevoir et l’exposer dans toute sa beauté aux veux des assistants. Il était entouré de six colonnes et surmonté d’une couronne impériale ; à chaque colonne pendait un ruban porté par un élève de M. Roque, et chaque porteur était choisi de manière à représenter l’une des pro¬
fessions, savoir :
Avocat — Toussaint Pelletier.
Médecin — Dr. C. A. Lusignan.
Notaire — P. Lukin.
Arpenteur — André Truteau.
Commerçant — J. A. Donigani.
Ouvrier — L. Paschal Comte.
11 y avait, en outre, six bannières placées autour du pain bénit qui portaient des inscriptions relatives aux différentes professions, représentées par les porteurs de rubans.
• Le pain bénit, ainsi décoré et accompagné, fut présenté par Benj. Rollin, avocat, le plus âgé des élèves de M. Roque.
Pendant que la foule était encore sous l’influence du prestige de tant de munificences à la fois significatives et édifiantes, on fit une productive collecte dont le montant fut employé, plus tard, à des œuvres pies. C’est ainsi que, sous les auspices salutaires de la Religion, les joies innocentes du peuple sont converties en actes de charité et de bienfaisance substantielle.
Après la messe, eut lieu le chant solennel du Te Deum, avec tout le transport que ce cantique sacré provoque dans des cœurs honnêtes mus par la reconnaissance.
Enlevés par la sublimité de ce cantique d’action de grâces que l’Eglise entonne à la suite d’événements heureux, ceux qui y prennent part, pleins d’une sainte allégresse, sont autant d’Ambroise et d’Augustin qui s’adressent à Dieu pour le remercier d une insigne faveur reçue, et l’on peut dire que celle qu’eurent les élèves de M. Roque, de pouvoir se réunir, pour fêter avec lui sa cinquantième, étant une des plus grandes de leur vie, ils prirent
simultanément part à ce chant des saints avec une spontanéité et un enthousiasme qu’il serait impossible de décrire.
Voilà pour ce qui se passa à l’intérieur de l’église ; mais au dehors, la poésie n’étant pas indifférente au sentiment qui animait la fête, voulut y contribuer aussi, en jetant son bouquet de fleurs, composé, pour la circonstance, par Pierre Laviolette, sujet marquant parmi les élèves les plus distingués de M. Roque.
Après le Te Deum , les élèves reconduisirent M. Roque au Séminaire de St. Sulpice où M. Toussaint Pelletier fit une harangue, au nom des élèves, et lui présenta les six bannières que portaient les membres des professions. M. Roque parut très affecté de ces marques de respect et d’attachement de la part de ses élèves ; mais ils remplissaient avec bonheur un devoir dont j’aurais été extrêmement heureux de partager avec eux l’accomplissement. Des circonstances impérieuses m’empêchèrent de le faire, et toujours j’ai regretté, depuis, d’avoir été privé de cette douce consolation. Aujourd’hui au moins, je suis heureux de pouvoir combler un peu cette lacune dans ma vie, contrariée par tant de causes diverses. Je puis le faire au moyen de cette imparfaite note dont un ami a eu la bonté de me procurer les matériaux à ma demande pour cette fin.
De tous ceux qui portèrent à M. Roque les bannières du gigantesque pain bénit du 24- Septembre 1835, un seul est survivant ; c’est IVJ. Donigani. Les autres, le poëte du jour, nombre de prêtres et Mgr. Lartigue ont suivi depuis, et quelques-uns de près, le vénérable et
regretté M. Roque au tombeau. (1)...... . .
Si l’on peut dire que les hommes ayant toutes les qualités précieuses qui caractérisaient M. Roque, ne se rencontrent que rarement et qu’à de longs intervalles dans la vie, l’on peut dire, aussi, que des fêtes comme celle que lui ont faite ses nombreux élèves, ont lieu aussi rarement, et je suis heureux de pouvoir constater qu’elle était, de leur part, spontauée, et aussi sentimentale et respectueuse que bien coordonnée. Personne, avant ou depuis M. Roque, n’a laissé après lui des souvenirs plus honorables de sa carrière administrative.