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COMMISSION D’ÉDUCATION

En 1789, lord Dorchester, Gouverneur du Canada ,Sous le nomma une commission d’éducation pour aviser auxanfïï, moyens d’instruction générale dans le pays ; mais, outre que la manière dont cette commission était composée ne pouvait qu’inspirer des craintes, le plan qu’elle proposa était pour le moins trop peu proportionné et •trop peu rassurant pour le peuple canadien et catholique. Pour représenter une population dont ils formaient

les 9 dixièmes, cette commission, composée de neuf membres, ne contenait que quatre Canadiens, savoir : MM. de St. Ours, de Léry, Baby et St. George Dupré.

Quoiqu’il en soit, cette commission, dont M. W. Smith était le président, recommanda l’établissement d’une école élémentaire par paroisse, d’une école-modèle par comté et d’une université à Québec, dans laquelle l’enseignement séculier deVait être donné aux catholiques et aux protestants réunis, sans enseignement moral et religieux particulier. Les directeurs, les professeurs et régents, et le recteur devaient être nommés par le gouvernement, et l’évêque diocésain ne paraissait pas être spécialement appelé à prendre aucune part dans l’administration de cette université.

Mgr. Hubert, neuvième évêque du Canada, 11e voyant, dans ce plan, aucune garantie pour la morale, et surtout pour la foi de ses ouailles, s’opposa à son exécution, toute fois, en réclamant les biens des Jésuites pour fonder un troisième collège classique, pour l’éducation des catholiques en Canada ; mais l’évêque Bailly, son coad-

juteur, moins difficile, agréa, sans hésitation apparente, le plan proposé par M. W. Smith (1).

Cependant, ce plan ne fut jamais mis à exécution, et l’expérience qu’on a faite, plus tard, des écoles royales, a prouvé que, si l’évêque coadjuteur Bailly était plus facile, son supérieur était plus clairvoyant et plus prudent ; car, si un système universitaire propre à favoriser le protestantisme, ou au moins l’indifférentisme en Ca-

(1) Mgr. Chs. Frs. Bailly de Messein, né à Varennes, Bas-Canada, nommé coadjuteur de Mgr. Hubert, en 1788, n’a jamais rempli les devoirs de l’épiscopat. Il est décédé curé de la Pointe-aui-Tremblea . de Québec, en 1794,

nada, n’a pas eu lieu, comme en France, c’est merci à Mgr. Hubert dont la prudence et la fermeté, dans cette occasion comme dans toute autre, ont été inébranlables.

Mgr. Laval, le premier évêque du Canada, en établissant le Séminaire de Québec, en 1663, avait sans doute, dès lors, conçu le plan d’une université dans la Nouvelle- France, car, ce moyen d’instruction devait lui paraître nécessaire comme à nous, pour compléter son œuvre ; mais les ressources étant aussi limitées que le besoin d’un semblable établissement, au commencement de la colonie française, son projet a dû être remis à une autre époque.

S’il en est ainsi, le mérite d’avoir conçu le premier le plan d’une université en Canada, appartient à notre premier évêque, mais la gloire de cette fondation nationale était réservée à ses disciples, et à un de ses successeurs éloignés, tous canadiens.

Mgr. Turgeon, archevêque de Québec, a eu le bonheur, en approuvant l’œuvre des Messieurs du Séminaire de Québec, de recueillir cette gloire en 1854, et, en concourant ainsi dans la fondation, en sa ville métropolitaine, d’une université à laquelle ils ont donné le nom de son illustre prédécesseur, il s’est immortalisé.

D’ailleurs, les évêques du Canada ont toujours encouragé la pratique des moyens d’instruction qui pouvaient répondre au besoin, sans compromettre la foi. Aussi, nous les avons vus de tout temps encourager les établissements d’éducation où ces deux grands objets pouvaient être le plus facilement atteints et propagés.

Dans la fondation du Collège de Nicolet, nous y voyons le concours de pas moins de trois évêques en succession.

pour faire et consolider cet établissement, qui est une des gloires littéraires du Bas-Canada.

C’est ainsi qu’a eu lieu la fondation de tant de Collèges et de tant d^uitres maisons d’éducation en Canada, qui se contestent le succès et le mérite, et que les Séminaires de Québec et de Montréal ont été encouragés à remplacer les Récollets et les Jésuites dans l’enseignement de la jeunesse, et à se charger des écoles que ces deux corps religieux tenaient, ou fesaient tenir dans les paroisses de campagne, par de leurs Frères, avant la cession du pays.

. Ces deux ordres religieux ayant été supprimés, après la cession du Canada à l’Angleterre, il ne restait guère plus que les Collèges de Québec et de Montréal, pour l’instruction -classique et chrétienne des garçons ; et les Dames hospitalières et les Ursulines, à Québec et à Trois-Rivières, et les Dames de la Congrégation à Mont- • réal et dans les campagnes, pour l’instruction des filles.

Cependant, les Dames de la Congrégation qui avaient laissé Québec lors du siège de cette ville en 1759, y retournèrent en. 176 9.

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