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L’HOTEL-DIEU DE QUÉBEC

En 1639, les religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec et les Dames religieuses dites Ursulines, arrivèrent à Québec avec le R. P. Jésuite Barthélemi Vimont.

Le Gouverneur, Charles Huault de Montmagny, chevalier de Malte, alla recevoir ces Dames à la tête de ses troupes. Cette démarche fait honneur à ce Gouverneur de la Nouvelle-France, et montre combien il savait apprécier et honorer le sacrifice et le courage de ces saintes femmes qui venaient s’y dévouer sans réserve à des œuvres humanitaires.

(1) Je n’ai pas l’intention de faire l’historique de nos communautés religieuses de filles enseignantes, mais seulement de les signaler comme telles, et, pour ce faire, je me propose d’avoir plus ou moins recours à l’excellent livre de Monsieur de Courcy (de la Roche-Héron,) sur les Servantes de Dieu en Canada, fait d’après les riches notes de Monsieur le Commandeur Jacques Viger, de Montréal En signalant ces établissements, ainsi que ceux faits pour l’instruction des garçons, je procéderai à peu près par ordre de date, et ferai abstraction de nos autres institutions de bienfaisance qui ne sont pas enseignantes, parce qu’elles ne tombent pas dans mon sujet.

L’Hôtel-Dieu de Québec fut fondé par la Duchesse d’Aiguillon qui envoya de Dieppe des Hospitalières pour en faire et diriger l’établissement, et, bien qu’il n’eût pour objet que le soulagement des souffrances de l’humanité, les Dames Hospitalières se consacrèrent aussi à l’enseignement des filles pendant près de 80 ans. Elles ont eu un pensionnat dans leur maison ; mais les infirmités à l’extérieur augmentant avec la population de Québec, il leur fallut abandonner entièrement l’enseignement pour se livrer exclusivement au soin des infirmes, leur œuvre spéciale, qui demandait tout leur temps et tout l’espace disponible dans leur établissement.

En 1658, une jeune sauvagesse huronne mourut à l’âge de 18 ans, aussi en odeur de sainteté à l’Hôtel-Dieu de Québec. Elle se destinait à la vie religieuse chez les Dames de cet établissement “ où elle avait été en partie élevée, lorsqu’elle tomba malade : comme sa maladie ne laissait pas d’espoir de recouvrement, elle fut admise à prononcer ses vœux avant de mourir, et ce fut la première religieuse tirée du soin des nations sauvages en Canada.”

Les relations des Jésuites pour 1658, en parlant de ce fait, nous font “ connaître quel soin on apportait à l’éducation des jeunes filles chez les Dames de l’Hôtel-Dieu et au couvent des Ursulines à Québec, et avec quelle sollicitude on s’occupait des jeunes sauvagesses. Ces jeunes filles des bois se révoltaient d’abord contre les bonnes religieuses ; on en vit déchirer leurs robes de couvent pour se sauver dans la forêt ; mais, ramenées par leurs parents, encouragées parles personnes qui s’intéressaient à elles, et subjuguées par la bonté des religieuses, elles finissaient par être complètement transfor-

niées et façonnées à la civilisation. En général, elles avaient beaucoup d’aptitude ; plusieurs sont devenues d’excellentes institutrices ; et quelques-unes, peu à la vérité, ont été mariées à des familles canadiennes.” (Cours d’histoire par M. l’abbé Ferland, Québec.)

Mais nos couvents de religieuses n’ont pas produit que des bonnes femmes de ménage, formé des bonnes mères de famille, que des saintes mêmes; ils ont encore fourni à la bibliographie canadienne des auteurs distingués : la Sœur Marie Barbier, seconde supérieure de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal, la Sœur Morin, l’une des supérieures de l’Hôtei-Dieu de^ Montréal, la Sœur Juchereau, la Sœur Marie Charlotte de Muy et la Mère de l’Incarnation sont de ce nombre.

L’habileté dans les affaires et les talents d’administration sont remarquables dans nos couvents de religieuses. Dernièrement, les commissaires chargés de faire le cadastre des seigneuries du Bas-Canada n’ont rien trouvé de mieux co-ordonné, ayant trait à la tenure seigneuriale, que chez les Dames de l’Hôpital-Général de Montréal qui sont seigneuresses de la paroisse de Chateauguay et de plusieurs petits fiefs. (1)

On ne verra pas sans intérêt les lettres suivantes, demeurées jusqu’à tout dernièrement inédites. Elles prouvent que l’auteur, dont la mémoire est si justement

(1) En dehors de no3 couvents, le Canada, à l’instar de la France, sa patrie primitive, a en aussi ses héroïnes : Madame de Latour et Dlle de Verchères dont les dispositions chevaleresques et le succès signalé dans des combats extraordinaires font honneur aux armes canadiennes, nou3 en fournissent des preuves remarquables. Four n’avoir pas été considérées comme sorcières, et brûlées comme telles, comme le fut l'infortunée Jeanne d’Arc, elles mont pas été moins victorieuses dans leurs sphères respectives d’actions vraiment héroïques, et leurs noms ne passeront guères moins glorieux à la postérité.

immortalisée, était aussi bon chrétien que vaillant capitaine, et combien il savait estimer le mérite des Dames de l’Hôtel- Dieu.

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