INSTITUT POLYTECHNIQUE DE MONTREAL
(Extrait de la Patrie , 1857.)
Nous avons omis jusqu’à ce jour de parler d’une nouvelle organisation qui s’est récemment formée à Montréal. Au manque d’espace il faut attribuer notre négligence bien involontaire. Du reste, nous profitons a\ec le plus vif empressement de la première occasion qu’ont eut les membres de cette organisation, de se soumettre à l’appréciation publique, pour exprimer une opinion à leur sujet.
La société a pris le nom d 'Institut Philotechnique. Son titre annonce de suite qu’elle recrute ses adhérents parmi les sectateurs de l’Art. En effet, dans les rangs de l’Institut polytechnique, vous trouverez des poètes, des musiciens, des sculpteurs,-— les amans des neuf sœurs, en un mot. Le but de l’as-
sociation est le culte du beau idéal, si nous en jugeons par son appellation ; mais comme cette association reçoit dans son sein les amis de la science, elle a un caractère plus précis et plus positif. Elle a donc un droit incontestable au patronage de tous. Les Mécènes lui doivent leur appui, les gens spéciaux ne pourraient s’abstenir de les seconder. Elle mérite le concours de tous ; car bien entendue, bien dirigée dans ses opérations, elle profitera à tous. Sous une direction sage et habile, l’Institut Philotechnique ne saurait manquer de fructifier et de rendre, en conséquence, d’éminens service à notre population.
Celle-ci a déjà compris combien était importante une telle csuvre. L’honorabilité des personnes qui assistaient, mardi dernier, à l’inauguration, indique le degré d’expansion qu’il a obtenu. Les dames figuraient en nombre assez considérable pour permettre d’espérer qu’à la prochaine réunion, nos concitoyennes les plus intelligentes et les plus élégantes viendront par leur présence et leurs applaudissements, encourager les nouveaux sociétaires.
La séance de mardi fut ouverte par un discours de M. Maximilien Bibeau, président de l’Institut.