‹ Mémorial de l'éducation du Bas-CanadaChapitre 72 sur 79 · EXTRAIT DU JOURNAL « L'AURORE DES CA¬ NADA S ” DU 3 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU JOURNAL « L'AURORE DES CA¬ NADA S ” DU 3 NOVEMBRE

Nous apprenons que le Dr. Meilleur, revenu ces jours derniers de sa visite dans les townsliips de l’Est, est reparti hier pour la continuer dans la partie seigneuriale de notre district, située au sud du fleuve, en commençant par les districts municipaux de Richelieu, St. Hyacinthe, etc. L’article suivant que nous traduisons du SherbrooJc Gazette, prouve que la population des townsliips n’a pas envie que la loi d’éducation soit pour elle une lettre-morte, mais qu’elle veut travailler tout de bon à l’œuvre de l’émancipation intellectuelle de la généra-

tien naissante. Nous mettons cet article sous les yeux de nos lecteurs des seigneuries, afin de leur inspirer, s’il se peut, une sainte émulation. Les intéressés pourront aussi y trouver de sages avis sur la manière de taire opérer la loi des écoles, si mal à propos embarrassée de la loi des municipalités.

“ L’Acte d’Education. — Nous apprenons que le Dr. Meilleur, dans le cours do ses visites dans les districts municipaux, a été reçu partout avec des marques de considération et de confiance par les habitants des townships, et que sa visite parmi nous va donner un nouvel essor à l’éducation. Le surintendant /ait véritablement preuve de beaucoup de zèle et d’anxiété pour mettre l’acte d’éducation en pleine opération, ot pour obtenir ce résultat si désirable, il existe beaucoup plus de facilité que le peuple ne le soupçonnait peut-être.

u Nous aimons à voir un homme qui, comme le Dr. Meilleur, est tout animé de l’esprit de la cause qu’il est de son devoir de promouvoir, fcfes démarches paraissent être réglées avec cette réserve et oetto circonspection qui caractérisent l’homme prudent et rompu aux affaires. Toutefois, sa libéralité et son amour pour l’éducation le rendent ingénieux à trouver et à indiquer les moyens de mettre, d’une manière ou d’une autre, l’acte des écoles en opération, et, après l’entrevue que nous avons eue avec lui, nous nous trouvons heureux de pouvoir donner un sommaire des avis qu’il donne {cP une manière non légale pourtant ) à ceux qui l’ont consulté sur la teneur de l’acte et sur la possibilité de le mettre en opération, sans cependant se rendre ou rendre le gouvernement responsable du résultat ou des conséquences de cet avis.

“ Le premier avis donc du surintendant de l’éducation est qu’on fasse tous les efiôrts convenables pour mettre l’acte des écoles en pleine opération et qu’on adopte et mette en usage aussi généralement que possible tous les moyens clairement suggérés dans la loi, et tels autres qu’on peut logiquement déduire du texte et de l’esprit de la loi comme favorisant le principal objet quelle a en

vue, qui est de procurer à la jeunesse du pays le bienfait d’une éducation élémentaire. Le surintendadt observe avec raison qu’après avoir fait cela, s’il paraît y avoir quelque besoin d’un avis légal, ce sera alors le temps de le demander, parce que, suivant son humble opinion, le peuple doit mettre la loi en opération- pour voir comment elle opérera, et se procurer ensuite des avis légaux, s’il est nécessaire, et non chercher des avis légaux pour mettre la loi en opération, vu qu’elle est facile à entendre, propre à opérer le bien, et qu’elle ne peut opérer que des résultats très favorables, si chaque citoyen veut faire sa part, nous pourrions dire son devoir. En même temps, observe le surintendant, les écoles étant généralement ouvertes et en opération, la jeunesse recevrait le bienfait de l’éducation, et si les procédés des parties concernées dans l’acte n 'étaient pas tous d’une régularité parfaite, l’expérience montrerait ce qu’il y aurait de défectueux et le moyen de corriger d’une manière efficace ces défauts pour l’avenir, soit par une nouvelle direction de la part du département de l’éducation, soit par un changement ou quelques amendements dans la loi, et alors le peuple étant prêt à profiter immédiatement de la nouvelle mesure, il n’y aurait pas de perte de temps.

“ Pour éviter l’irrégularité, le surintendant conseille aux municipalités cl’agir au moins autant qu’il est nécessaire pour donner une impulsion régulière à la loi des écoles, et, en agissant ainsi, de ne rien faire qu’avec l’agrément et d’accord avec les commissaires des écoles et le peuple de chaque localité dont les habitants devraient être toujours consultés de manière à les engager à agir tous de concert et assurer ainsi un résultat favorable. Mais, si le conseil municipal refuse sa coopération, après qu’elle lui a été dûment demandée, que les commissaires d’école, dit le surintendant, s’attribuent et accomplissent les devoirs de deux corps, avec autant de régularité que possible, en conformité à Vesjnit de Ici loi , de manière à atteindre son objet, et qu’ils fassent un rapport de leurs procédés tant à la municipalité (quoi-

qu’elle ne veuille pas agir) qu’au surintendant de l’éducation, et alors ces procédés peuvent être soumis à qui de droit avec quelque espoir de succès, vû que d’après la dernière clause de la 6e et 12e sections, l’acte des écoles est, pour cette année, une loi tV exception \ ils peuvent avoir une chance d’obtenir l’allocation du gouvernement. Avec cet objet en vue, le surintendant conseille de plus aux commissaires d’école de mettre entre les mains du trésorier de district un certificat de la date à laquelle leurs écoles respectives sont entrées en opération, du nombre d’enfants ( 15 au moins) assistant régulièrement à l’école, et de la somme d’argent ou au moins une garantie de la somme souscrite par les habitants de chaque localité, pour égaler celle qu’ils peuvent espérer d’obtenir du gouvernement, en proportion du nombre d’enfants de cinq à quinze ans résidant en chaque paroisse ou township. Tout moyen de prélever ou former la somme pour égaler celle du gouvernement est parfaitement légal, même lorsque cette somme est prise dans les coffres d’une église ou fabrique, dit le surintendant, parce que la loi dit i( par cotisation ou autrement .” C’est pourquoi les souscriptions volontaires sont légales et on présume que 10 chelins par année par chaque chef de famille suffiraient pour égaler l’allocation du gouvernement. Le surintendant a résolu une grande difficulté telle au moins que la loi paraît d’abord la présenter ; c’est à l’égard de la bâtisse de maisons d’école dans les districts d’école où il n’y en a point. La loi, dit le surintendant, qui est permanente , demande seulement quavec le temps une maison d’école soit bâtie dans chaque district d’école où il n’y en a point, et pour cette année au moins les habitants qui peuvent avoir loué une maison ou une chambre pour y tenir l’école, en obéissant aux autres exigences de la loi, ne seraient pas privés de leur allocation. Mais l’argent pour bâtir une maison d’écolo peut être prélevé par cotisation ou autrement , et on peut la bâtir même par corvées, si les habitants le préfèrent, vû qu’il serait beaucoup plus aisé de bâtir une grande

maison de cette manière. Dans ce cas, on conseille aux commissaires d’école de mettre dans les mains du trésorier de district un certificat de l’existence et de la valeur de la maison.

“ Dans la vue de promouvoir la cause de l’éducation avec plus de chance de succès pour les enfants en général, le surintendant donne encore les avis suivants, qui sont de moindre importance, il est vrai, mais qui, cependant doivent être pris sérieusement en considération : 1°. de ne pas diviser les townships ou paroisses en un trop grand nombre de districts d’école ; 2°. do ne pas établir des écoles dans les campagnes d’après les persuasions religieuses ; 3°. de ne pas enseigner les principes de dogme d’aucune secte religieuse, pendant les écoles, lorsque les enfants appartiennent à des parents de différentes persuasions ; parce que la pratique de ces choses pourrait tendre à affaiblir les écoles et les émoluments des maîtres, en divisant trop les pouvoirs et les moyens des commissaires d’école et des habitants, et en créant des sentiments de malaise et de dissention religieuse qui ne pourraient manquer d’apporter plus ou moins de confusion et de désordre dans les écoles. Son opinion est que, dans les campagnes, les districts d’école devraient être formés de manière à comprendre généralement entre deux et trois milles quarrés, et que les livres dont on ferait usage dans les écoles composées d’enfants de différentes religions, ne devraient contenir aucun dogme religieux particulier.

Mais tout ceci n’est qu’un avis d’ami, le surintendant de l’éducation désavouant volontiers et le pouvoir et le désir même d’intervenir le moins du monde, soit dans la religion, soit dans la politique, dans l’accomplissement de ses devoirs.”

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