EXTRAIT DE LA MINERVE DU 23 FÉVRIER
Depuis quelques semaines, le Dr. Meilleur a conti-
nué la visite des districts municipaux qu’il n’avait pu terminé en 1842, pour connaître l’état des écoles de chacun d’eux. Mais comme les conseils municipaux ont refusé leur coopération, telle qu’exigée par l’acte d’éducation élémentaire, nous ne voyons, dans la continuation de la visite du surintendant, qu’une affaire de forme ou de zèle, surtout lorsque souvent il se transporte de paroisse en paroisse, puisque, malheureusement, les écoles n’ont pas d’existence légale, vû le refus des conseils municipaux de coopérer avec les commissaires d éducation, et qu’il n’est tenu d’aller qu’au chef-lieu de chaque district municipal, dont le warden étant, au terme de la loi, le président d’éducation, est censé devoir lui donner tous les renseignements nécessaires touchant les écoles de son district. Car la loi n’a pas pourvu au moyen de mettre le surintendant de l’instruction publique en rapport officiel avec les commissaires des écoles ; ils doivent communiquer avec leur warden ou président respectivement, et ce dernier avec le surintendant. D’où il suit que le surintendant n’est nullement tenu de visiter les paroisses, encore bien moins les écoles, les commissaires d’éducation étant, au terme de la loi, les seuls visiteurs des écoles de leurs paroisses respectives dont ils ont la direction absolue et exclusive.
Cependant, nous savons que le Dr. Meilleur, en fesant sa visite, s’est fait un devoir de s’arrêter un peu dans les paroisses qui se trouvaient sur son passage, pour recueillir les informations que le temps et les circonstances lui permettaient de prendre touchant l’éducation, et nous apprenons que partout ses efforts patriotiques sont bien appréciés. Partout il donne le conseil que nous aimons à répéter nous-même aux amis de l’éducation, savoir : de mettre l’acte en opération et d’établir les écoles aussi régulièrement que possible, indépendamment des conseils municipaux, en attendant que cet acte subisse les amendements nécessaires.
Un correspondant des Mélanges. Religieux donne des détails sur une mission donnée par les ER. PP. Oblats,
à la Rivières-des-Prairies, et qui s’est terminée le 13 du courant. Puis il ajoute :
“ Le Dr. Meilleur, surintendant de l’éducation, qui se trouvait là, profita de la circonstance pour adresser quelques mots à l’assemblée sur la nécessité de l’éducation du peuple ; entre autres choses, il leur dit que la religion catholique dont ils faisaient heureusement profession était amie d’une bonne éducation ; qu’il aimait à considérer la religion et l’éducation comme deux sœurs qui se tenaient par la main, pour mieux se soutenir ; qu’ils ne pourraient conserver leur nationalité qu’à l’aide de la religion de leurs pères, et de l’éducation qu’ils donneraient à leurs enfants ; que ces belles terres défrichées et arrosées par les sueurs de leurs ancêtres passeraient enfin à des mains étrangères, s’ils ne faisaient au plus tôt les sacrifices nécessaires, pour mettre leurs enfants au niveau des connaissances actuelles, etc. Le Père Léonard ayant aussi dit un mot sur l’avantage d’une bonne éducation, finit par remercier à son tour les gens de la très bonne volonté qu’ils avaient montrée dans tout le cours de cette belle mission, et que tout le reste avec l’éducation leur seraient donné par surcroît, et hœc nmnia adjicientur vobis
On nous prie d’ajouter qu’au départ des RR. PP. une adresse préparée par le Capt. Armand et le Dr. Simard leur fut présentée au nom de la paroisse, exprimant la reconnaissance de tous les habitants envers les missionnaires.”