L'HOPITAL GÉNÉRAL DE QUÉBEC
En 1692, l'Hôpital-Général de Québec fut fondé par Mgr. de St. Valier, deuxième évêque de Québec, dans‘le couvent de Notre-Dame des Anges, acheté par lui des-Récollets pour cette fin.
Les premières Hospitalières, tirées de l’Hôtel-Dieu de Québec en 1693, restèrent dépendantes de la maison-mère jusqu’en 1701, époque à laquelle elles se formèrent un étabiissement séparé et indépendant. C'est dans cet établissement, situé sur la petite rivière St. Charles, à une petite distance de la ville, qu’elles recurent, pendant le siége de 1759, les religieuses de l’Hôtel-Dieu et les Ursulines de Québec.
Les Dames Religieuses de cet établissement se chargaient en même temps de l'instruction des jeunes fillés aussi bien que du soin des malades, mais aujourd’hui elles ne se chargent que du soin des infirmes et des enfants trouvés. Elles ouvrirent, en 1725, un pensionnat dont la bonne tenue leur fesaient honneur. En 1853, le nombre de leurs élèves était de 82.
L'Hôpital-Général de Québec a toujours joui d’une réputation de salubrité et de prospérité fort enviable. Voici d’ailleurs ce qu’en dit M. Valère Guillet, dans un petit épisode du siége de Québec par l’armée Américaine, commandée par Arnold, en 1775.
‘ Personne n'ignore ce qu'était l'Hôpital-Général de Québec, en 1775. Des bocages, des prairies en embellissaient les alentours. Cette place était considérée comme la plus champètre et la plus salubre de la banlieue de Québec.
L'hôpital offrait, par sa situation, aux malades un air pur et sain, et, en sus, aux élèves qui y recevaient alors en grand nombre leur éducation, une retraite tranquille et tous les agréiments que prodigue une riche nature, surtout dans les saisons du printemps, de l'été et d’une partie av l'automne. Aussi trouvait-on alors, dans cette maison, des demoiselles des premières et des plus riches du pays.” (1)
L'on peut dire de plus que, aujourd'hui, même, l'Hôpital-
(1) Foyer Canadien, recueil littéraire et historique, pour le mois de décembre 1865,
Général de Québec n'a encore rien perdu des avantages qu’il offrait à ceux qui l’habitaient en 1770. Tout y est si bien coordonné et. si bien tenu que les diféreutes époques de son existence et de son administration peuvent sontenir honçrablement la coniparaison. Aussi, répoud-il parfaitement au but que ses charitables fondateurs avaieñt en vue-lors üe sa fondation, il y a près d’un siècle et troïs quarts, :
L'Hôpital-Général de Québec y fut fondé pour remplacer le bureau des pauvres, auxquels il était défendu de mendier en cette ville,
Il serait grandement à souhaiter que, par une loi sage, nos véritables pauvres d'aujourd'hui, pouvant compter sûrement, dans leurs paroisses respectives, sur les secours dont ils peuvent avoir besoin, seraient tenus de s'abstenir entièrement de mendier äix portes, dans les rues ou sur les. places publiques. La municipalité de chaque paroisse devrait se charger, par une contribution générale, d'établir, dans ses limites, un bureau de charité, sous la surveillance de personnes compétentes, pour secourir convenablement dans le besoin, les véritables pauvres auxquels il serait défendu de mendier, aussi bien qu'à ceux qui, par un abus criminel de da liberté laissée à tout le monde de le faire, en imposent tous les jours aux âmes bienveillantes et charitables. L'établissenent de bureaux de charité, s'il était général et obligatoire, aurait l'effet de faire cesser entièrement la mendicité, en pourvoyant sufisamment aux besoins des nécessiteux, et en forçant les fainéants et les-vicieux bien portants de travailler, et de contribuer, par le fait, au hien de la société, au lieu d'avoir }3 liberté d'en être à, la fois le fléau et la honte. L'industrie, l'humanité souffrante et la morale publique y vagneraient également.
Nos institutions de charité pourraient prendre soin des pauvrès qui leur seraient confiés par l'autorité suniciene, et les paroisses respectives être amenées à y contribuer volontiers. De cette manière, la charité légale ct administrative serait régulièrement faite à nn degré suffisant, et serait tout aussi chrétienne et méritante que celle souvent inadéquate, que nous faisons journellement à la porte de nos demeures, 6n pourrait en même temps apprendre aux contribuables à faire leurs contributions exigibles pour cette fin, comme des actes volontaires de charité spontanée, et aux pauvres qui en seraient l'objet et les participants, à en considérer les administrateurs comme autant d’éconômes de la Providence. dé
Les premières religieuses de l'Hôpital-Général de Québec, tirées de l’'Hôtel-Dieu de cette ville, sont :
Louise Soumande, sœur St. Augustin, supérieure.
Marguerite Bourdon, sœur St. Jean-Baptiste.
Geneviève Gosselin, sœur Ste. Magdeleine.
Magdeleine Bacon, sœur converse.
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