‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 25 sur 116 · L'HOPITAL GÉNÉRAL DE MONTRÉAL, OÙ SŒURS GRISES · texte numérisé non relu

L'HOPITAL GÉNÉRAL DE MONTRÉAL, OÙ SŒURS GRISES

L'Hôpital Général de Montréal fut fondé de 1692 à 1697, par trois amis, pieux laïques qui s'associèrent ensemble, en 1688, pour faire cette fondation. Leurs noms étaient : Frs.Gharon de la Barre, Jean Fredin et Pierre Leber, frere de la recluse. On les désigngit généralement par le nom commun de Frères Charon. .

Les trois amis fondèrent une communauté de Frères Hospita liers destinés à soigner les hommes pauvres e4 infirmes, et à secourir et instruire les pauvres orphelins. Plus tard, ils se chargèrent de former des jeunes gens pour les métiers, et des instituteurs pour l'instruction des garçons dans les paroisses de campagne, comme les sœurs de la Congrégation le faisaient pour l'instruction des filles,-et, en 1721, ils comptaient sept écoles dont une à Batiscan, une à Trois-Rivières, une à Boucherville, une à Longueuil et une à la Pointe-aux- Trembles. | 3

M. de Vaudreuil établit en outre, en 1722, huit instituteurs laïques pour aider les Frères Charon, les Récollets et les Jésuites à donner l'instruction aux enfants en âge de fréquenter les écoles, lorsque la population du: pays n'était encore que de 25,000 âmes. ,

L'on peut dire que l'Institut des Frères Charon, et celui des Sœurs dr la Congrégation de Notre-Dame de Montréal, ont été les premières écoles-normales en Canada. Les- Dames Ursulines ont été plus formellement les secondes, et avec beaucoup de succès, sous les auspices d'une loi passée, à cet effet, dans le parlement du Bas-Canada, en 1836.

de St. Sulpice de Montréal le 22 fvrier 1806, sacré evêque de Telmesse in partibus le 20 de janvier 1:21, nommé évêque de Montreal le 13 de mai fa, mourut à l'Hôtel-Dieu de Montréal le 23 avril 1840, à l’âge de près de ans.

Ces deux hommes distingués, membres de la maison de St. Sulpice de Montreal, et dont l'un français et l'autre canadien, eurent clacun pour père un médecin.

aalités ntrent n peuk les ‘8e ‘ureux née, et x Perui des

)97, a n 1688, Charon

recluse.

s Frères

Hospita :

es, et à 1, ils se s, et des arOÏSSes aisaient ent sept une à nte-Aux-

ituieurs s et les fréquentencore

celui des réal, ont s- Dames et avec ée, à, cet

'elmesse in 13 de mai de près de

Sulpics de 1 pour père

En 1694, le roi de France sanctionna cette communauté d'hommes, et, la mème année, Mgr. de St.-Valier l'approuva sous le nom de ** Frères hospitaliers de St.-Joseph de la Croix."

M Olivier Berthelét vient de fonder à Montréal une maison d'éducation qui paraît devoir remplacer celles des bons Frères, Charron.

Nous voyons dans l'établissement des Frères de charité à Montréal, le renouvellement des Frères Charron, plus une espèce de maison de réforme pour les jeunes gens pauvres dont le désæuvrement en a fait autant de délinquants. En les moralisant, la Congrégation de ces nouveaux Frères les forment pour les métiers et pour l'agricuiture, disons pour la société dont, sans elle, ils en auraient été le fléau et la honte.

Cependant les Frères Charron, n'ayant pas obtenu du roi la permission de prononcer des vœux, n'eurent pas tout le succès qu'ils s'étaient proposé. (li C’est pourquoi, après plus de 50 ans d'existence, ils cédèrent, en 1742, leur hospice à Madame veuve d'Youville Dufrost, née La Jemmerais.* Elle en prit possession pour faire l'établissement que nous voyons aujourd'hui, sous l'habilé direction des Dames religieuses dites les Sœurs Grises, à cause de Ta couleur de fetir habil!. lement. (?

L'œuvre de tet hospite eét beaucoup plus étendue aujourd'hui que m'était l'institution primitive. et il continue d'emnbrasser l'enseignement, surtout des enfants orphelins des deux sexes que ces Dames recueillent des mains ingrates des parents dénaturés qui les déposent.

L'œuvre des enfants trouvés fut formellement fondée en 175%, et l'orphélinat établi ar le séminaire de St.Sulpice, en 1825.

de zèle et de dévouement dans l'accomplissement de laurs devoirs. C'est pourquoi, sans doute, la communauté des Frères Charron,,ayant été empêchée de prononcer des vœux, et privée des gräces y attachées. n'a pas bien prospéré.

(2j L'admirable institution des Sœurs de charité, qu'on nomine aussi Sœurs grises, fut fondée en France’en 1634, par Louise Marillae, dirigée par St. Vincent de Paul, son directeur de conscience, ,

Nantes. Angers et d'autres villes démandèrent de ces religieuses, qui bientôt se répandirent en Italie, en Allemagne, ét ‘Pologne et jusqu'en Amérique, comme un bienfait de Dieu.

En Canada, le costume des Sœurs grises, adopté en 1748, ne fut pris solennellement qu'en 1755, c'est-à-dire, 16 ans seulement avant le décès de eur fondatrice, arrivé le 23 décembre 1771.

En 1369, LS personnes, eulauts et adultes, dont Madame d'Youville prenait soin, furent réduites sans ressource par, un incendie désastreux qui consomma toutes les bâtisses de l'établissement. Cependant, dans moins de einqg ans, elles furent reconstruites et agrandies de manière à pouvoir y recueillir (70 personnes, Outre les pauvres infirmes et les enfamts lrouvés et mème les inseusés, les Îles repentics x trouvaient aussi un refuge assuré,

Les bâtisses de l'hôpital général furent deux lois incendiées ; la première en 1545, et la seconde en 13565. Le séminaire de Montréal donna généreusement à Madame d'Youville 15,000 francs pour aider à les rebätir, Ainsi cette sainte femme, en mourant, eut la consolation de voir. son hôpital parfaitement rétabli. R

Ces constructions étant devenues insuffisantes, et d'ailleurs circonvenus de trop près par la population et surtout par le commerce, les Sœurs grises ont fait dernièrement construire de vastes bâtisses qui pourront, sous ce rapport, répondre parfaitement aux besoins actuels et pendant untrès long-temps dans l'avenir. Le terrain sur lequel celles-ci sont construites, et qui est des mieux situés sous e double rapport hygiénique et sanitaire, vient également du séminaire de St.-Sulpice de Montréal. Ilest pourvu de toutes manières que ces bâtisses pourront être doublées suivant les circonstances, prévues et étudiées d'avance.

Voici un article tout fait dans lequel nous trouvons des renseignements plus détaillés, et où nous voyons que nous devons à Messire Louis Normant, V. G. et Supérieur de St. Sulpice de Montréal, l'avantage de posséder en cette vike cette précieuse fondation.

‘“ François Charron, ayant obtenu le terrain où est aujourd'hui l'hôpital général catholique, il y bâtit le corps de logis avec l’église, comme on le voit encore occupé par les Sœurs Grises, Soulager.les vieillards infirmes et pauvres, avoir soin des insensés et. former des maitres pour instruire les jeunes gens dans les paroisses, à l'instar des Sœurs de la Congrégation, fut le dessein qu’il forma et exécuta. En 1797, il avait bâti la partie ancienne de l’hôpital avec l'église, commencée en 1692. Le Roi, en 1694, accorda des patentes à cet établissement. Mgr. de St. Valier, second évêque de Québec, l’approuva, et lui donna un règlement plein de sagesse,

Le pus fondateur étant mort sur un vaisseau devant la Rochelle, en 1719, laissa par son testament les pauvres pour ses héritiers, et son œuvre fut continuée par ceux qu’il avait formés. Mais peu à peu l'esprit de l’état se perdit ; on prit l’esprit du monde, et l’œuvre tomba tout à fait,

Marguerite de la Jemmerais, née à Varenne: le 15 octobre 1701, se maria vers ce temps au Sieur Dufrost d'Youville, gentilhomme canadien de Montréal. Après quelques années dé mariage, elle resta veuve avec deux enfants qui, devenus prêtres, moururent, l’un curé de St.-Ours sur la rivière Chambly, et l'autre curé de Boucherville et Grand Vicaire du diocèse. Cette pieuse veuve se sentit appelée de Dieu à continuer l’œuvre des Frères ‘qu’on nommait Charron, du nom

m'E tue « Log Ep E lpd

lame COR TEL l'étaurent eillir anis aient

liées ; ire de 15,000 ne, el pme

leurs par. le struire pondre -temps ruites, énique pice de Jdtisses vues eb

ms des e nous de St.e vike

burd’hui

Rochelle, itiers, et eu à peu l'œuvre

b 1701, se ilhonime blle resta l'un cure brville et ypelée de , du nom

de leur fondateur, Plusieurs Demoiselles vertueuses entrant dans sos\vues 86 joignirent à elle. Une maison fut en 1728 louée en ville, et elles y commencèrent leur nouvelle communaute.

Enfin, elles se logèrent, au bout de quelques années, dans la maison des Frères Charon qu'elles achotèrent, En 1742, Mgr. de Pontbriant, sixième évêque de Québec, approuva ce nouvel institut auquel il donna des règles qu’elles suivent encore, et en 1747, M. Normant, Supérieur du Séminaire de Montréal, dota cette cette communauté, en donnant le terrain sur lequel elle était bâtie ; car, par l'extinction des Frères Charon, le dit terrain était de droit revenu au Séminaire qui l'avait donné. C’est à M. Normant qu'on doit l'existence distincte des Sœurs Grises d'avec l'Hôtel-Dieu de Québec auquel l’Evêque et le Gouverneur voulurent l’unir; M. Normant s’y opposa, et ses raisons triomphèrent,

Cette Communauté, obligée par sa fondation à avoir soin de douze pauvres infirmes, en a eu plus du double des deux sexes. Les enfants abandonnés par les auteurs de leurs jours sont recueillis par ces bonnes Religieuses qui en prennent un soin maternel. Elles ont, pour de-bonnes raisons, renoncé au soin des insensés depuis quelques années; mais elles ont les orphelins qu'elles. élèvent et forment à la vertu et aux travaux de leur sexe. La piété et la régularité règne parmi elles. Elles ont longtemps vécu de leur industrie, ‘et avec beaucoup de peine, Leurs revenus augmentent depuis quelques années, et les mettront en état d’être un jour utiles à plus de pauvres infirmes dont le nombre croît tous les jours.

La fondatrice mourut en odeur de sainteté en 1771. On raconte d'elle des choses qui tiennent du miracle... bee Voocobéopens tend fer hove

Sa mémoire est un peu effacée du souvenir des hommes, mais. elle vit et vivra éternellement devant le Dieu qu'elle a aimé et servi, et qu’elle aime et sert encore sur ia terre par celles qui ont hérité de son esprit comme de sa communauté. Le Canada, Varennes surtout, doit s'enorgueillir d'avoir donné le jaur à cette sainte femme.’

— Echo du Pays de 1834.

Madame d'Youville west pas la seule des sefvantes de Dieu qui soit morte en odeur de sainteté, en Canada. Les pieuses Marguerite Bourgeois et Marie Guyard, d'ailleurs si liées d'amitié par Et nature de leurs établissements rospuetifs, Denoiselle Jeanne Beber et la Sœur Marie Morin nous ont laissé le même exemple d'édification et d'encouragement dans a pratique des bonnes œuvres.

Les Sœurs Grises ont fait plusieurs établissements en Canada, dont un à Québec, un à St Hyacinthe; nn à St Benoit, un à Sorel et un à Outaouais, sous les auspices de Mgr. Guigues, ler évèque de Bytown, et un à St. Boniface de la Rivière-Rouge, et quatre autres dont le dernier est au lac Labiche, et un autre à Tolédo, dans le diocèse de Cleveland, Etat de Ohio, fondé en 1859, par M. l'abhé Campion, sulpicien aujourd'hui à Montréal. A sa demande, quatre sœurs grises, savoir : Henriette Blondin, supérieure, Thérèse Brady, Mary Jane: Hickey et Suzanne Monarque, depuis décédée, se sont rendues à cet endroit, et y ont établi, avec l'autorisation du gouvernement des Etats-Unis, une maison qui donne un abri à plus de 8O invalides. Sous les auspices de Mgr. Taché,

canadien. (lt) Ces établissements sont florissants, surtout eu égard à leur position. Celui de St. Boniface compte 55 élèves, dont ?0 pensionnaires et 35° externes, outre 15 petites orphelines pauvres que ces bonnes religieuses entretiénnent et instruisent en même temps, Outre le mérite d'avoir fait cet établissement, Mgr. Taché «x encore celui de le soutenir et d'en encourager l'opération, par son zèle et son dévouement pleins de charité, Elles en ont un autre à Buffalo, état de New York.

On construit en ce moment une Eglise adjacente à l'Hôpital. Général à Montréal, et la première pierre de cette construction

a-ôté hénite dimanche le 6 septembre 1874, par Mgr. Fabre au milieu d’une grande foule attirée à cette belle cérémonie par ( le grand intérêt que l’on porte à tous nos établissements l religieux et d'éducation. ‘ Cette église sera construite sur le à style Roman-bysantin. Elle aura une façade en saillie sur le il corps principal, et sera surmontée dune flèche haute de 150 c pieds ; l'édifice aura 155 piéds en longueur sur 64 de largeur." M Les Sœurs Grises se sont chargées du soin et de la direction d de la Salle d'Asile Nazareth fondée en cette ville par M. l'abbé , V. Rousselot, en 1858, sous les auspices immédiats du Sémi. Si naire de St. Sulpice, pour l'instruction des enfants de parents pauvres, surtout de ceux qui sont sujets à s'absenter de leurs ue demeures respectives pour travailler au dehors. Plus de 200 A enfants fréquentent chaque jour cette admirable institution on

dont la charité chrétienne a ingénieusement inventé le plan et le mode d'enseignement, pour des enfants en bas âge. Mais, pour avoir une juste idée de la Salle d'Asile, il faut la visiter et en voir opérer le système,

M. l'abbé Rousselot, aujourd'hui curé de la paroisse de Notre Dame de Montréal, en vertu du décret apostolique du 22 de décembre 1865, a fondé depuis un autre asile que les sœurs grises ont également Ps sous leurs soins, et tout dernièrement encore ce charitable fondateur, aidé de quelques généreux amis de l'éducation, et particulièrement de M. l'abbé Martineau, autre membre distingué du Séminaire de St. Sulpice, à pris les moyens d'utiliser cet établissement en faveur des aveugles. Au moyen de lettres et de chiffres en relief, ces bonnes sœurs leur enseignent à lire et à compter avec une facilité et une sûreté étonnante.

Pe calcul mental est aussi pratiqué avec soin dans le cours de leur instruction, de manière à rendre leurs élèves habiles à résoudre‘aucun problème d’arithmétique. Elles cultivent ainsi l'intelligence des aveugies au point de leur faire acquérir, comme ailleurs aux sourds-muets, un degré de science et de lumière qui fait souvent le désespoir des plus clairvoyants.

PPT RDS SE AE Se ARS .

On a toujours senti le besoin de cultiver l'intelligence des ente aveugles comme celle des sourds-muets, mais la tâche était Le grande et difficile à remplir. Elle consistait, cependant, tone}

peuv

ADIEU ÿ les ce (tj Voir dans l'appendice nots 14. ° chiffir ' artic

eu 68, heet cet.

l'en ins prk. italtion au | par ents ar le ur le , 1450 eur.” ction ‘abbé sémirents leurs le 200 ution Ù lan Mais, nisiter

sse de ue du e les t tout elques l'abbé de St.

nt en res en pmpter

cours abiles ltivent uérir, » et de nts.

ce des e était ndant,

moins duus lu difficulté de trouver des moyens d'instruction assez ingénieux et praticables pour le faire que des personnes assez charitables, patientes et capables qui voulussent se charger de les mettre en pratique. Mais heureusement que la foi et la charité, encore plus que le génie, en ont inspiré en France et dans les Etats-Unis, et l'on voit dans ces pays des institutions déjà assez nombreuses pour l'instruction des sourds-muets et des aveugles.

Sous le rapport moral et religieux ces asiles sont inappré ciables. Les personnes généreuses qui ont contribué à leur établissement et celles qui les dirigent, méritent donc une reconnaissance toute spéciale, non-senulement de ceux qui en sont l'objet immédiat, mais encore de leurs parents et des amis de l'éducation, Nous ne pouvous donc trop encourager ces asiles où l'adolescence et ceux qui sont privés de certains sens sont instruits et traités avec tant de soins charitables et délicats. (1)

Les sœurs grises ont eu pendant quatre ans une maison à Sandwich, Haut-Canada.

Comme partout ailleurs où elles ont des etablissements, celui-ci faisait un bien considérable et très apprécié ; mais des circonstances fâcheuses ne leur permirent pas de continuer en cet endroit leur œuvre de bienfaisance.

D'un autre côté, nous ne devons pas oublier de mentionner un autre établissement récent, dirigé par les sœurs grises ; cest celui de la paroisse de Varennes, place natale de leur sainte fondatrice. M. Timothé Brodeur, propriétaire de l'établissement des sources salines en çette paroisse, Fayant donné à ces Dames, elles en font une succursale de l'Hôpital- Général, sous le vocable de ‘ Hospice de Varennes.”

M. Brodeur, le donateur de cet établissement, est décédé à St. Hugues, en 1862, à l'age de 57 ans.

L'établissement des sœurs grises à Tolédo, est malheureusement devenu la proie des flammes en 1862 ; mais, grâces aux contributions généreuses de Montréal pour le rétablir, il à été bientôt reconstruit sur un plan aussi commode qu'auparavant,

L'Hôpital-Général de Montréal est le 10e établissement fait dans le régime français pour des fins humanitaires et d'éducation en Canada. Ges établissements qu'on peut appele: français, ont tous été approuvés par le roi de France et par le

(1) Les sens dont sont privés les aveugles et les sourds-murts, sont, pour les premiers, la vue dont la privation les empêche de distinguer par la vision, les objets et les couleurs, et, pour les secondes, l’ouie sans lequel ne pouvant entendre ni articuler aucun son régulier, ils sont privés de la parole.

Les premicrs ne peuvent distinguer les objets que par le goût, l’ouie et la toucher, et les seconds que par la vue, le goût et le toucher. Ceux-ci ne peuvent parler autrement que par signes conventionnels qui représentent les caractères de l'alphabet, dont, en écrivant, ils font usage, ainsi que des chiffres, comme s'ils n'étaient privés d'aucun sens. Les aveugles pouvant articuler des sons réguliers, ont l'usage de la parole,

Saint-Siége, mais ils n'ont jamais été spécialemant dotés par les souverains. Ils ont été faits au moyen de contributions volontaires faites par de pieux laïques et ecclésiastiques. Ils ont.été maintenus en activité de la même mar'ère, et grande. ment aussi au moyen des profits que les occupants ont su en ürer à force de'travail et d'économie.

Ges établissements n'ont jamais, non plus, été dotés par le gouvernement provincial sous le régime anglais, et, à la seule exception de deux ou trois communautés de femmes qui ont obtenu. assez récemment de la Législature quelques modiques secours, ils ont su trouver dans leur industrie et dans leurs épargnes, non-seulement les moyens d'existence et d'entretien qui leur étaient nécessaires, mais encore de s'agrandir, et de faire respectivement des améliorations considérables. L'on neut dire en toute vérité que ces beaux établissements font le

ien sur une grande échelle et que leurs services sont inappréciables.

Mais qu'est-ce que sont ces faibles secours, accordés dans le besoin, en comparaison de la valeur des biens des Récollets et des Jésuites qui nous ont été enlevés par le gouvernement anglais depuis la cession du Canada à l'Angleterre ! Ils ne sauraient être une juste compensation de la perte de ces biens, ni mème le représentatif seulement de l'intérèt annuel de ces biens !

Page 1